Célanire cou-coupé Célanire cou-coupé
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Célanire cou-coupé

À propos

"...
Elle ne parlait guère. Elle ne semblait pas curieuse, excitée comme ses compagnes, impatientes de commencer leur apostolat. En plus, sa couleur la mettait à part, cette peau noire qui l'habillait comme un vêtement de grand deuil. Elle n'était pas franchement négresse. Plutôt métisse d'on ne savait combien de races. Elle ne portait pas l'habit religieux, n'ayant pas prononcé de voeux. Elle était vêtue d'une stricte robe grise et portait autour du cou un foulard coupé en deux par un ruban qui soutenait une massive croix en or.
Hiver comme été, matin, midi et soir, elle ne quittait jamais ce foulard, toujours noué serré, assorti à la couleur de ses vêtements. D'où sortait-elle ? De la Guadeloupe ou de la Martinique. Enfin, d'une de ces colonies qui n'ont de françaises que le nom, habitées par des nègres baptisés, qui font quand même bamboulas, jurent comme des païens, battent le tambour et boivent des alcools forts... " Une nouvelle fois, avec la force et la cruauté qui hantent son oeuvre, Maryse Condé met en scène le supplice des peuples opprimés et plus particulièrement celui des femmes martyrisées.
Dans ce roman " endiablé " où les vivants et les morts se mêlent parfois amoureusement, Maryse Condé trace à l'encre rouge sang le destin de Célanire Pinceau, bébé sacrifié à sa naissance sur l'autel de la réussite politique d'un Blanc et qui n'aura pas assez de toute sa vie pour se venger du crime dont elle a été la victime.

Rayons : Littérature générale > Romans & Nouvelles

  • EAN

    9782221086292

  • Disponibilité

    Indisponible

  • Longueur

    24 cm

  • Largeur

    15.2 cm

  • Épaisseur

    1.9 cm

  • Poids

    400 g

  • Distributeur

    Interforum

  • Support principal

    Grand format

Infos supplémentaires : Broché  

Maryse Condé

Maryse Condé est née Maryse Boucolon en 1937 à Pointe-à-Pitre. Sa mère était enseignante, son père travaillait dans une banque. Après son bac, elle étudie en France, au lycée Fénelon, puis à la Sorbonne. Elle a publié son premier roman en 1976, après avoir longtemps vécu en Afrique, où elle a puisé la matière de "Ségou" (Robert Laffont, 1985), l’un de ses plus grands succès. Elle a écrit une douzaine de romans dont "La Vie scélérate" (prix Anaïs-Ségalas de l’Académie française, 1988), "Le Cœur à rire et à pleurer" (prix Marguerite-Yourcenar, 1999). Elle vit aujourd’hui à New-York, où elle enseigne la littérature à l’université de Columbia. En 1993, Maryse Condé a été la première femme à recevoir, pour l’ensemble de son œuvre, le prix Puterbaugh décerné aux États-Unis à un écrivain de langue française. "Ambassadrice" de la littérature caribéenne, elle est en effet lue dans le monde entier, et plus particulièrement sur le continent américain. Elle y est étudiée dans la plupart des départements de langue et littérature française et francophone, dans les départements d’anglais ou d’études féministes, et son œuvre fait l’objet de thèses de doctorat. Son statut de grande dame de la littérature l’a aussi amenée au Japon, en Afrique du Sud ou en Amérique du Sud.

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