La Boite A Pandore

  • Contrairement aux idées reçues, on peut sortir du terrorisme. À tout moment, un individu peut en effet rompre le processus d'engagement terroriste et quitter les rangs, certes avec des risques, même si pour l'État Islamique le risque est plus important. Plus important encore, une organisation peut mettre fin à son action terroriste et certains de ses chefs peuvent devenir des politiciens ou chefs d'État, dont quatre vont être des prix Nobel comme nous le verrons. Toutefois, il faut savoir qu'on peut aussi renter dans le terrorisme très facilement et très jeune.

    Comme il est dit ailleurs dans cet essai, « On ne naît pas terroriste, on le devient » et on ne le reste pas nécessairement à vie. Comment « on le devient ?» reste la question essentielle, que cet ouvrage tente de clarifier autant que possible. Les motifs d'affiliation à une cause, organisation ou projet ne sont que l'aboutissement et la concrétisation de ces parcours, mais également d'une conjoncture qui aboutit à l'adhésion à une cause.

    L'objectif central de l'auteur se résume ainsi : comprendre pour mieux faire face aux terroristes. Sa démarche concernant la compréhension des terroristes et du terrorisme repose sur plusieurs caractéristiques qui sont propres à tout terroriste (identitaire, idéologique ou religieux, ancien et nouveau) ; la dissimulation, la déshumanisation de l'adversaire, l'utilisation de la violence armée et la vision du monde, divisé entre « eux et nous ». On retrouve ces caractéristiques chez tous les terroristes, de toutes époques et cultures sans exception.

  • Laura a vécu 9 mois au sein de l'État islamique. Elle quitte clandestinement la Belgique en mars 2014 avec son mari rencontré sur internet et son fils de 4 ans. Elle fera le chemin inverse dans des conditions périlleuses, enceinte d'un deuxième enfant et suivie par son mari. Aujourd'hui, Laura est capable de faire le point sur ce qui l'a poussée à partir, sur ce qu'elle a vécu. Elle intervient dans les écoles pour témoigner et pour prévenir les jeunes filles de ce qui les attend réellement là-bas.  En 2014, dévastée par l'échec de son premier couple, devant un vide et la certitude que sa vie ne vaut pas la peine d'être vécue, Laura décide donc de quitter la Belgique pour rejoindre la Syrie « pour recommencer à zéro »  et pour vivre dans « un pays réellement musulman » raconte-t-elle.

    Son mari devient émir et part en camp d'entrainement, la voilà seule avec son fils dans une maison de femmes. Laura, bien malgré elle, va vivre une vie qu'elle n'a en fait pas voulue. Elle ouvre petit à petit les yeux et raconte dans son livre la réalité comme jamais aucune femme revenue de là-bas ne l'a racontée.

    Poussée par son instinct maternel et un poulet-frites-salade (une anecdote qui déclenche la prise de conscience), elle décide de rentrer en Belgique. Commencent alors 6 mois de dissimulation et d'échec de tentatives. Soutenue par ses parents, Laura convaincra son mari de rentrer avec elle (fait rarissime, peu d'hommes rentrent, ils savent que la prison les attend pour un long moment).

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