Pu De Nancy

  • Le colloque pluridisciplinaire tenu à Langes et à Chaumont en 2017 a réuni vingt-quatre spécialistes du monachisme cistercien pour se pencher sur les réalités du réseau tissé par Morimond à l'échelle de l'Europe.Fondée vers 1117, à la limite des diocèses de Langres, de Toul et de Besançon, cette fille de Cîteaux essaima à travers toute la chrétienté grâce au dynamisme incessant de ses abbés dont le message trouva un écho auprès des institutions et des fidèles. Prolongeant les travaux de Michel Parisse sur les origines de l'abbaye et l'analyse des vestiges archéologiques trouvés sur le site, l'ouvrage illustre l'importance des sources écrites médiévales et modernes et la fécondité de les croiser avec les données matérielles en variant les angles d'approche. La connaissance des bâtiments abbatiaux, du cloître et de la nécropole en sort précisée et renouvelée. Une attention particulière est portée au rôle des abbés comme Henri de Carinthie au XIIe siècle, Antoine de Bosredon au XVe siècle, ou Jean Coquet au XVIe siècle qui continua à jouer un rôle international malgré les soubresauts de la Réforme. Précisant et complétant les listes d'abbés de la fin du Moyen Âge, l'enquête souligne l'activité de ces hommes en perpétuel mouvement entre les filles de l'Ordre. Gravement touché par les troubles qui secouèrent le continent au XIVe et XVe siècle, il manifesta sa vitalité retrouvée en pratiquant une gestion efficace de son temporel et en menant à bien la reconstruction de nombreux établissements. Des résumés en trois langues et un index des noms de lieux et de personnes complètent cet ouvrage et en font une référence et un outil de travail indispensable à tout chercheur tourné vers la compréhension de la nébuleuse cistercienne.

  • L'abbaye de Morimond est fondée aux confins de la Lorraine, de la Bourgogne et de la Champagne vers 1117 par des moines venus de Cîteaux. Elle s'installe sur le site d'un ancien ermitage comme en témoigne la pancarte de fondation datant elle de 1126. Elle fut cependant très largement ruinée durant la Révolution et l'Empire au point que les moines blancs renoncèrent à y rétablir une communauté durant la Restauration.L'historiographie de cette antique abbaye du Bassigny a été significativement renouvelée ces dix dernières années avec l'organisation de colloques et la multiplication des publications historiques et archéologiques.Les fouilles dirigées par Benoît Rouzeau dans les années 2003-2013 passées au crible de la documentation écrite médiévale et moderne donnent un nouvel éclairage de ce que fut la quatrième fille de Cîteaux.Le monastère a disposé rapidement d'un patrimoine architectural de tout premier plan. Les fouilles et les recherches ont mis en lumière les conditions d'implantation des bâtiments dans la grande clôture. La trame du réseau hydraulique imposée en partie par l'hydrographie a préfiguré l'emplacement des édifices claustraux qui sont édifiés durant les XIIe et XIIIe siècles. Avec l'archéologie du bâti, les techniques de construction de l'abbatiale sont maintenant mieux connues. Un imposant groupe de bâtiments à l'ouest de l'enclos associé à l'hôtellerie est livré à la sagacité des chercheurs et montre au combien les moines blancs ont eux-mêmes très largement transformé leur enclos avant les reconstructions du siècle des Lumières.Cet ouvrage a pour but de présenter une grande variété des artefacts livrés par la fouille. De la céramique culinaire à la vaisselle en verre, en passant par le mobilier métallique et les monnaies, ces études présentent un matériel de qualité à la croisée des influences lorraine, bourguignonne et champenoise.À la lecture de ces pages histoire et archéologie se mêlent constamment pour faire revivre ce que fut le monastère de Morimond.

  • « Philippe Séguin, un intellectuel en politique? » Ce titre vise à interpeller, sinon à provoquer. En effet, à l'heure où les personnalités politiques se rendent sur le plateau de Cyril Hanounah, que certains se prennent en photo sur les réseaux sociaux en train de chasser le pokémon, qu'un ancien ministre de l'Intérieur est surnommé « le kéké de la République », le terme « intellectuel » paraît rendre compte d'un contraste, qui prend parfois la forme d'un fossé, entre la vision intellectualisante de la politique selon Philippe Séguin et la manière dont elle se conduit généralement. Mais la dimension intellectuelle nous permet surtout de nous intéresser aux idées, à la pensée, de Philippe Séguin. Alors que de nombreux observateurs expliquent son échec politique par son caractère et ses failles humaines, l'étude de ses idées, placées dans le contexte idéologique de son époque, éclaire davantage sa trajectoire politique avortée. Cet ouvrage collectif livre une étude pluridisciplinaire sur une personnalité dont les réflexions sur la République, le Gaullisme, la Démocratie, les Affaires sociales, l'Europe dévoilent un homme aux convictions fortes qui n'échappe pourtant pas aux paradoxes ni à certaines ambiguïtés.

  • Le club, l'école sont des micro-sociétés, des endroits de socialisation dans lesquels se réalise l'apprentissage de la relation à l'autre.
    La personne handicapée est un individu qui occupe une position socialement reconnue comme extérieure, différente voire inférieure par rapport à celle des autres membres de la collectivité. En fait, elle subit un phénomène d'exclusion sociale. Considérant l'ambiguïté et l'indétermination dans lesquelles se trouve placée la question de l'intégration des personnes handicapées " entre inclusion souhaitée et pratiquée et exclusion (mise à l'écart), constatée, rédhibitoire " et à partir de nos expériences d'accompagnement sportif, l'ambition de cet ouvrage est de penser une meilleure approche de différentes notions telles que l'exclusion, le territoire.
    Cet ouvrage se propose d'établir des constats sur la réalité de l'intégration par le sport, à travers les politiques et les dispositifs mis en place pour favoriser ce phénomène. Ce sont ces aspects particuliers pris en compte dans la loi du 11 février 2005 que nous abordons dans une première partie. La virtualisation des corps aujourd'hui est une nouvelle étape dans la fin du concept de handicap. En devenant hybride, le corps du sujet se libère de la contrainte naturelle en intégrant la communauté des corps métissés.
    Le concept d'hybride ne se réfère plus au monstre, à l'handicapé, à l'infirme car il intègre le fauteuil, la greffe ou la technologie dans le fonctionnement même du corps. Le schéma corporel de l'hybride constitue une expérience propre, efficace et fonctionnelle qui doit être décrite en première personne afin de comprendre les modifications de l'image du corps, de l'estime de soi, des performances du corps hybride.
    De nouveaux enjeux se dessinent alors, c'est tout l'enjeu de la deuxième partie de cet ouvrage.

  • Je suis un homme. Je suis une femme. Ces deux affirmations semblent pouvoir s'écrire sans difficultés. Et pourtant, sur quelles connaissances se basent-elles ? Dès lors qu'on se questionne un peu, les évidences vacillent et les certitudes sont mises à mal. Tout comme Simone de Beauvoir écrivait on ne naît pas femme, on le devient, on pourrait tout aussi bien écrire on ne naît pas homme, on le devient.

    Les auteurs, spécialistes de diverses disciplines (biologie, sociologie, histoire, droit, cinéma, linguistique, littérature, etc.) se sont penchés sur les notions de sexe et de genre pour nous offrir des pistes de réponses et de réflexion.

    Au fil des pages transparaît toute la complexité et la contemporanéité des études menées autour de l'Homme, objet de recherches inépuisables.

  • Le début du 20e siècle marque le départ d'une expansion sans précédent du nombre d'étudiants étrangers au sein des établissements d'enseignement supérieur des pays d'Europe occidentale (Allemagne, Suisse, Belgique, France...) qui sont les principaux pays d'accueil pour les étudiants venus majoritairement des parties orientales et balkaniques du continent (Russes, Polonais, Bulgares, Roumains, Serbes et dans une moindre mesure Yougoslaves ou Grecs).

    En France, Paris constituait traditionnellement le principal centre d'attraction d'étudiants étrangers, mais des études ont permis de mettre en évidence la relation entre la création des instituts techniques supérieurs délivrant des diplômes d'ingénieurs et le mouvement de redistribution des flux d'étudiants étrangers vers des centres de moindre renommée.

    Les monographies d'instituts (ancêtres des écoles d'ingénieurs d'aujourd'hui) décrivent les initiatives et les réalisations originales dans certaines villes de province au début du 20e siècle que ce soit à Nancy, Strasbourg, Nantes ou Rouen. Elles illustrent la diversité des politiques locales d'accueil des étudiants étrangers et leurs conséquences sur le développement de ces instituts.

    En ce qui concerne les pays du Maghreb, c'est seulement après leur accession à l'indépendance que se développe un mouvement significatif d'étudiants autochtones vers les écoles d'ingénieurs françaises, que ce soit dans le cadre de politiques inter-étatiques ou dans celui de mobilités individuelles. Le cas des étudiants marocains dans une des écoles nancéiennes (l'ENSEM) témoigne de la rémanence des liens qui se sont établis depuis cette époque.

    Aujourd'hui, par leur intégration dans les équipes cosmopolites des grandes entreprises internationales, une partie de ces anciens élèves contribue à diffuser le modèle de formation « à la française ».

  • Notre-Dame de L'Épine, « splendide fleur de l'architecture gothique » ( V. Hugo ) a jailli sur la plaine champenoise au XVe siècle, comme une petite cathédrale des champs. Depuis elle ne cesse d'étonner les voyageurs et de voir affluer les pèlerins. Construite pour accueillir les nombreux fidèles, la basilique entreprise en pleine Guerre de Cent Ans surprend par sa monumentalité.Ce livre retrace six siècles d'histoire du sanctuaire marqués par des embellies ( des « recharges sacrales » ) et parfois des temps de reflux. Le dynamisme et le rayonnement du sanctuaire ont beaucoup fluctué. À l'origine, L'Épine, à proximité de Châlons-en-Champagne, était presque un pèlerinage péri-urbain pour les Châlonnais, attirant occasionnellement des pèlerins plus lointains. Se trouvant sur un axe est-ouest, le village et le sanctuaire sont, depuis les origines, halte pour les voyageurs et les pèlerins en itinérance vers les lieux plus lointains. À la fin de l'Ancien Régime, malgré des tentatives pour accorder les pratiques à l'esprit de la réforme catholique, le sanctuaire n'attirait plus guère que des ruraux, le pèlerinage, pratique traditionnelle, creuse le décalage avec les efforts pastoraux de l'Église. Dans le réveil spectaculaire du pèlerinage au XIXe siècle, se mêle une part de spontanéité et des offensives du clergé pour relancer et mieux encadrer les pèlerinages.La pratique pèlerine a évolué, entre ses tendances individuelles et collectives, spontanées ou encadrées dans une pastorale. Des récits légendaires aux images de dévotion, s'est dessiné un imaginaire pèlerin. La Vierge de L'Épine, honorée depuis les temps troublés de la Guerre de Cent Ans, est la mère des souffrants, la Vierge du Stabat Mater, au pied de la Croix. Mais c'est aussi la protectrice de l'enfance, L'Épine étant devenu un sanctuaire, tout spécialement consacré aux enfants.

  • L'année 2016 a vu la célébration des 250 ans de la réunion de la Lorraine à la Couronne de France. En cette année de festivités, et à l'invitation des historiens du droit, s'est tenue à la Faculté de Droit de Nancy, une journée d'étude intitulée De la Lorraine ducale à la Lorraine française. Les organisateurs de ce colloque sont aujourd'hui heureux de présenter les différentes études suscitées par cet évènement. Si l'influence française se fait très tôt sentir, nul n'ignore la fière Majestas de la Lorraine sous le règne de René II - qui obtient une victoire décisive lors de la bataille de Nancy du 5 janvier 1477 - et sous celui de ses successeurs immédiats. Mais la puissance française va s'affirmer et, de manière progressive, parfois heurtée, par des jeux et des calculs subtils ou le recours à la force, la souveraineté des rois se substituera à celle des ducs. Le départ de François III ne marque pas néanmoins une prise de possession réelle de la Lorraine par le roi de France. La souveraineté française ne sera entière qu'au décès accidentel de Stanislas le Bienfaisant en 1766.

empty