Hermann

  • Lusia Nouv.

    Lusia

    Catherine Grynfogel

    • Hermann
    • 25 Août 2021

    4 septembre 1942 : Lusia, une jeune femme désespérée, jette, telle une bouteille à la mer, une lettre par la fenêtre du train qui l'emporte vers Auschwitz. Ces quelques mots rédigés à la hâte sont adressés à son fils de deux ans - qu'elle a miraculeusement réussi à cacher chez un voisin juste avant d'être raflée. Quarante-trois ans plus tard, cette bouleversante lettre d'adieu, timbrée à l'effigie du maréchal Pétain, atteint enfin son destinataire, qui découvre l'écriture de sa mère inconnue...
    Ce récit est celui d'une enquête : celle menée par Catherine Grynfogel pour reconstituer la vie de Lusia (1918-1942). Pendant près de dix ans, elle suivit ses traces et se rendit sur les lieux de sa brève existence, à la recherche d'indices qui auraient échappé aux destructions du temps et aux ruines de l'histoire. Ces pages font ainsi revivre la lumineuse personnalité de Lusia, dont la force de caractère lui permit de lutter jusqu'au bout pour sauver la vie de son enfant.

  • Bien des gens qui viennent voir un psychanalyste ou un rabbin ont d'abord l'idée qu'il va interpréter pour eux les mots et rendre explicite le non-explicite du langage, du signe ou des images qui les habitent. C'est la démarche très caricaturale de celui qui veut à tout prix que son psychanalyste interprète son rêve et lui traduise son sens sans ambiguïté. Celui-là attend de l'interprétation un éclaircissement, une sorte de sortie d'ambivalence de sens. Il veut que la vérité soit comme désobscurcie par l'autre qui détiendrait la vraie lecture et le sens authentique. Or une interprétation qui serait une théorie du signe perdrait toute sa puissance jusqu'à sa définition même, au lieu d'ouvrir le sens elle l'enfermerait dans une fidélité stérile. Tel est exactement le contraire de ce qu'exige toute interprétation. C'est ce que nous explique dans ce court texte Delphine Horvilleur, en confrontant les théories rabbiniques et psychanalytiques.

  • J'écris ce livre parce que j'ai peur. J'ai peur pour mes petits-enfants et pour le temps qui sera le leur. Et qui a déjà commencé. J'écris ce livre pour briser le silence. Celui qui règne sur la montée de l'islamisme, sur ses ravages parmi les jeunes et sur les dégâts qu'elle provoque dans notre école publique. Jusqu'à présent le silence a été la religion de l'école et le célèbre " Surtout pas de vagues ! " le credo de ses administrateurs, pour l'islamisme comme pour d'autres sujets tragiques : la pédophilie hier ou le cyber-harcèlement de nos jours.
    J'écris ce livre parce que je suis attaché à la laïcité, parce que je sais que ce principe républicain nous protège et protège nos libertés, celle de croire ou de ne pas croire, celle de changer de convictions, celle de critiquer les religions comme l'absence de religion, celle de confier nos enfants à l'école publique sans crainte qu'ils y soient endoctrinés, celle pour les croyants de pratiquer leur culte sous la protection d'un Etat neutre et fort.
    J'écris ce livre parce que le temps presse et qu'il y a maintenant urgence. Urgence à ouvrir les yeux, à voir le monde tel qu'il est et à tenter de comprendre ce qui s'y passe. Et, surtout, urgence à agir.

  • Faut-il céder à la gourmandise quitte à en payer le prix, ou bien se soumettre à la tyrannie d'un régime ? Est-il éthique de manger de la viande ou de l'huile de palme ? Tel est le genre de dilemmes auxquels nous sommes régulièrement confrontés. Aux contraintes alimentaires que la société d'aujourd'hui nous impose pour rester mince et en bonne santé, nous cherchons de plus en plus à tenir compte, dans notre alimentation, de considérations environnementales ou éthiques. Mais comment concilier ces aspirations et éviter d'être manipulé par ceux qui ont tout intérêt à nous vendre leurs produits ? Comment s'y retrouver dans cet océan d'informations et de prescriptions ? Surtout, comment devenir le maître de son destin alimentaire ?

    Maël Lemoine, s'attaquant ici à nos préjugés diététiques, nous montre qu'il est possible de manger sainement tout en gardant l'esprit critique ! Cette Petite philosophie des régimes vous donnera ainsi les clés pour choisir librement le régime qui vous convient le mieux.

  • Les convergences entre l'islam fondamentaliste et les extrémismes politiques se sont multipliées depuis les années 1920. Une première alliance idéologique, l' « islamo-nazisme », est apparue sous l'égide du « Grand Mufti » de Jérusalem, Amin al-Husseini, et des Frères musulmans. Après la Seconde Guerre mondiale et la création de l'État d'Israël, une nouvelle configuration idéologique s'est développée au sein des mouvances tiers-mondistes ou altermondialistes ralliées à l'antisionisme radical : l' « islamo-gauchisme ».

    En France, aujourd'hui, un profond clivage idéologico-politique oppose les anti-islamistes aux anti-islamophobes, lesquels sont souvent des islamo-gauchistes, c'est-à-dire des militants d'extrême gauche séduits par l'islam politique au point de s'en faire les défenseurs à travers des arguments antiracistes empruntés aux thèses décoloniales ou indigénistes. Les islamo-gauchistes forment des minorités actives sur les réseaux sociaux et dans l'espace universitaire. Ils visent à placer les citoyens devant ce dilemme : être pro-islamistes ou « islamophobes ».

    Comment échapper à cette alternative inacceptable ? Comment préserver la liberté d'expression, et plus particulièrement le principe de la libre critique des religions, quand les défenseurs de la laïcité sont accusés de faire preuve d' « islamophobie » par les islamistes et ceux qui les soutiennent, directement ou non ?

  • Moïse et l'humanisme Nouv.

    Moïse et l'humanisme

    François Rachline

    • Hermann
    • 1 Septembre 2021

    La Bible hébraïque a-t-elle réellement inventé le monothéisme ? Si oui, elle l'a fait à travers un dieu indicible. Quand Moïse s'interroge sur son nom, le texte fournit une réponse énigmatique : « Je serai ». Que signifie le silence étourdissant de cette absence d'identité ?

    Se peut-il que la question du divin n'ait pas constitué l'essentiel du message biblique et que Moïse soit d'abord le fondateur d'une éthique libératrice, l'humanisme ? Telle est la question centrale de cet essai.

  • Qu'est-ce que la cyberhaine ? C'est l'utilisation des technologies de communication pour diffuser des messages, des informations ou de la propagande antisémites, racistes, homophobes, extrémistes ou terroristes. Internet est le lieu idéal - facile d'accès, simple d'utilisation et d'une immense lisibilité - pour inciter à s'en prendre à des individus ou des groupes, et les réseaux sociaux sont régulièrement les vecteurs d'injures, d'intimidation ou de propos haineux. L'émergence de l'Internet puis son expansion dans les années 1990 ont favorisé la diffusion de toute cette haine. Depuis la fin des années 2000, les discours antisémites se sont structurés autour de trois groupes relativement distincts, mais nullement clos sur eux-mêmes : l'extrême droite plurielle, l'extrême gauche anticapitaliste, et la nébuleuse islamiste (Frères musulmans, salafistes, djihadistes). Ces discours, qui se propagent tel un virus, se caractérisent par un déferlement de passions négatives (envie, jalousie, haine, ressentiment...) et se présentent sous la forme d'accusations mensongères, de fake news et de théories du complot.À travers l'analyse de nombreux exemples, l'auteur met ici en lumière l'ampleur inégalée du phénomène et montre que l'Internet n'est pas un simple espace de communication ; il peut devenir une arme de guerre. Cet essai clair et érudit, qui expose les faits en les restituant dans leur contexte social et historique, est l'aboutissement de la réflexion menée pendant plusieurs années par Marc Knobel, l'un des meilleurs experts sur le sujet.

  • La pensée d'Edgar Morin est inclassable. Ni science ni philosophie, enjambant la science et la philosophie, les sciences humaines et les sciences naturelles, sa pensée échappe aux classements disciplinaires et aux modes de connaissance compartimentée. Edgar Morin a abordé des disciplines aussi différentes que la biologie, la sociologie, l'anthropologie, la philosophie et l'épistémologie des sciences.
    Comment résumer une oeuvre qui couvre plus de soixante années de vie intellectuelle ? Comment en dégager un esprit général qui ne soit pas une réduction caricaturale ?
    En passant par La Méthode dont la publication s'est étalée sur presque trente ans (1977-2004). Déjà en gestation dans les premiers travaux d'Edgar Morin (L'Homme et la Mort, Le Vif du sujet, Le Paradigme perdu), La Méthode est le creuset d'où sont sorties de nombreuses ramifications, sociologiques, politiques, éducatives (Terre-Patrie, La Voie, Les Sept savoirs nécessaires à l'éducation du futur), ramifications distinctes mais inséparables de la source qui les a fait naître.
    Ancien résistant et témoin privilégié de notre époque, Edgar Morin a traversé le XXe siècle en acteur de l'histoire. Il est l'auteur d'une oeuvre transdisciplinaire, abondamment commentée et traduite dans plusieurs langues, qui nous oblige à rompre avec la disjonction et la compartimentation des savoirs. Elle a pour dénominateur commun la recherche d'une connaissance non mutilée et le souci d'une pensée capable d'affronter la complexité du réel.

  • à plus forte raison : Maurice Blanchot, 1940-1944 Nouv.

    Nul n'en doute, surtout pas l'auteur de ce livre et son postfacier : Maurice Blanchot est un écrivain considérable, un penseur considérable, auquel la modernité doit beaucoup et qu'il ne s'agit d'aucune façon de réduire.

    Ce dont il est question dans ce livre, c'est de son passé politique lointain. Avant la guerre : c'était l'enjeu de L'Autre Blanchot (Gallimard, coll. « Tel »). Durant la guerre : c'est l'enjeu de celui-ci. Parce qu'il n'a certes pas tout dit à leur sujet, ce qu'on savait ; et parce qu'il est arrivé qu'il écrive des choses dont l'inauthenticité est maintenant démontrable. Silence, inauthenticité à quoi se reconnaît une certaine mémoire politique française, hémiplégique. À quoi ne doit pas se reconnaître sa mémoire intellectuelle, à plus forte raison quand c'est de Maurice Blanchot qu'il s'agit.

  • Premier ouvrage philosophique de Jean-Paul Sartre, publié par Hermann dès 1938 et constamment réédité depuis lors. La dernière édition a paru en avril 2010.

    Qu'est-ce qu'une émotion ? Pourquoi faut-il affirmer qu'elle a une signification et refuser les approches de la psychologie positive comme de la psychanalyse ? Publiée en 1938 aux éditions Hermann, L'Esquisse d'une théorie des émotions fait partie de ces premiers textes fulgurants de Sartre qui témoignent déjà de son génie philosophique et de sa capacité à saisir les enjeux de la psychologie : Sartre nous y montre la nécessité d'une approche phénoménologique, seule à même de nous faire comprendre l'essence de l'émotion. Face à l'essor actuel des neurosciences et des sciences cognitives, le texte n'a rien perdu de son actualité et montre à quel point il importe encore aujourd'hui de penser la psychologie.

  • Ainsi commence l'Entretien d'un philosophe avec Madame la Maréchale de ***, une jeune femme "belle et dévote comme un ange" qui demande au philosophe de justifier son athéisme.
    Ce savoureux dialogue a le naturel d'une conversation familière ; il en épouse les méandres. Chaque interlocuteur peut interrompre l'autre au moment où l'on s'y attend le moins. Les répliques s'enchaînent de façon imprévisible sans la moindre contrainte extérieure. Diderot ne catéchise pas son interlocutrice. Il a pour elle un respect qui n'est jamais démenti. Comme il est dit dans l' "Avis au lecteur", "il serait à souhaiter que les matières importantes se traitassent toujours (.) dans le même esprit de tolérance".
    On trouvera ici la première édition critique de ce dialogue, établie d'après la version originale diffusée dans la Correspondance littéraire en 1775 et accompagnée d'un ensemble de textes qui en éclairent le sens et la portée.

  • A travers neuf chapitres et neuf recettes, Tristan Landry convie son lecteur à une exploration de l'alimentation sous le IIIe Reich. Loin d'être anodine, la question de l'alimentaire nous transporte au coeur des préoccupations d'un Etat et de sa population, marqués par le souvenir du blocus de 14-19 et de ka faim vécue pendant celui-ci. Après un retour sur cette expérience, l'auteur passe en revue les solutions élaborées d'abord dans la République de Weimar, puis sous le régime nazi pour atteindre l'autarcie agroalimentaire. Quand ces solutions s'avérèrent insuffisantes, les comptables du Reich commencèrent à se livrer à un inventaire exhaustif des ressources caloriques des pays voisins. Les experts nazis établirent également une hiérarchie fondée sur la race et censée déterminer le nombre de calories auquel chacun avait droit. Cette hiérarchie mena aux exterminations de masse, imaginées par les experts nazis comme étant la solution finale au problème alimentaire de l'Europe. Finalement, le livre se veut une contribution à l'histoire culturelle de l'Allemagne nazie qui montre combien importante était la question alimentaire tant pour le parti nazi que pour les Allemands eux-mêmes.

  • La vocation

    Judith Schlanger

    • Hermann
    • 18 Juin 2010

    Comment vivre et que faire de ma vie ? À travers ma vocation, ma vie trouve son sens dans une activité à laquelle je m'identifie. Et comme l'activité de mon choix répond à ma nature, elle m'exprime, m'accomplit et me définit.
    La promesse de l'individualisme démocratique est que chacun puisse réussir sa vie par son travail, qui lui fera gagner à la fois son identité et son pain.
    Pour devenir soi-même, pour se réaliser, chacun doit pouvoir s'épanouir dans ce qu'il fait.
    L'artiste et le savant incarnent la figure romantique par excellence du travail voué. Pour certains, c'est le désir de savoir qui commande et organise leur existence.Mais l'exemple du travail créateur ou du travail intellectuel a un caractère d'exception. Qu'en est-il des goûts et des aptitudes en général ? Et qu'en est-il des tâches insignifiantes dans lesquelles on ne peut pas s'exprimer, et qui doivent pourtant être remplies ? Que devient aujourd'hui la grande figure idéale de la vocation ? Ce livre invite à une réflexion qui n'a rien de technique et nous concerne tous.
    Judith Schlanger a publié de nombreux ouvrages sur la pensée, ses enjeux culturels, ses métaphores, son invention, sa mémoire. En particulier : Les Métaphores de l'organisme, L'Invention intellectuelle, La Mémoire des oeuvres.

  • La philosophie du soin, que l'on parle aujourd'hui de care, d'attention ou de sollicitude, est maintenant bien installée dans le paysage intellectuel. À tel point que parler de moment du soin, à l'intersection entre philosophie, sciences humaines et sociales, arts et politiques, est devenu un point d'accord. Cet ouvrage, en s'installant au coeur d'une philosophie du soin, cherche à en tirer les conséquences dans quatre champs explorés singulièrement : le travail, le numérique, l'architecture et l'écologie.En quoi penser et agir en termes de soin a-t-il des effets sur notre manière d'éclairer ce qui s'engage dans les métiers et les professions dans une philosophie du travail ? Quels aspects du soin le numérique, de la robotique à l'intelligence artificielle et aux logiciels, vient-il soutenir, déplacer ou abîmer ? Comment le soin s'explicite dans des manières spécifiques de ménager l'espace, dans les questions d'architecture et d'urbanisme ? Enfin, à quel point d'intersection, entre santé et environnement, le soin permet-il d'accompagner la transition écologique ?

  • « Les poètes et les romanciers sont de précieux alliés et leur témoignage doit être estimé très haut, car ils connaissent, entre terre et ciel, bien des choses que notre sagesse scolaire ne saurait encore rêver », écrivait Freud.

    Les impressions analytiques que propose ici Laurie Laufer, à partir de différentes oeuvres, parlent des épreuves de la vie : le deuil, la mélancolie, la mort. Ces oeuvres ouvrent des traversées dans notre rapport à l'image et au corps. Elles peuvent nous soulever, nous offrir des formes d'émancipation. Si la cure analytique déplace le sujet, défait les certitudes, déconstruit les identités et les identifications, lire Mallarmé, Gary, Perec, Van Gogh, Chloé Delaume et Simone de Beauvoir permet aussi d'emprunter des chemins de traverse. Les oeuvres d'art et les livres sont ici des amis qui murmurent à l'oreille de la psychanalyse. Jean Genet avait bien compris que « l'avenir est à Freud ».

  • Quel discours se soucie encore de la vérité  ? Pourquoi tenir cette exigence de vérité quand la parole est noyée dans des flux permanents d'informations et de duplications  ? La littérature et la psychanalyse partagent un rapport singulier à la parole  : celui du déploiement.
    A l'inverse de l'information, la littérature et la psychanalyse continuent à croire en la révélation d'une parole étrangère à l'intérieur de soi. En reprenant la scène de la rencontre entre Diane et Actéon des Métamorphoses d'Ovide , Yannick Haenel offre au lecteur une réflexion sur l'amour et le langage comme exposition d'une solitude sans laquelle aucun discours vers l'autre ne serait possible

  • « Lucrèce, philosophe épicurien, est aussi un immense poète. Le paradoxe est que sa poésie semble prendre perpétuellement l'épicurisme à contre-pied, comme si le poète, chez lui, donnait tort au philosophe - à moins que ce ne fût l'inverse. C'est ce que j'ai essayé d'exprimer (notamment en retraduisant les plus beaux passages de son chef-d'oeuvre) et de comprendre. De la philosophie d'Epicure, la plus lumineuse, la plus douce, la plus sereine, peut-être la plus heureuse de toute l'Antiquité, Lucrèce a tiré le poème le plus sombre, le plus âpre, le plus angoissé, le plus tragique. Cela nous dit quelque chose sur l'homme qu'il fut, certes, mais aussi sur l'épicurisme, sur la philosophie, et sur nous-mêmes. Si nous étions des sages, nous n'aurions pas besoin de poètes. Mais aurions-nous besoin de philosophes ? » ANDRÉ COMTE-SPONVILLE

  • L'arrivée d'un monde virtuel a considérablement modifié nos comportements au point de venir interroger nos subjectivités : mon avatar - véritable identité numérique - est-ce moi ? Et si ce sujet du virtuel est une part de mon identité subjective, où se situe-t-il entre le sujet de la conscience et le sujet de l'inconscient ? Elsa Godart introduit ici la notion de subjectivité augmentée pour traduire cette transformation du sujet dans son expression virtuelle. Or, cela n'est pas sans poser de nouveaux enjeux pour la subjectivité : qu'en est-il du rapport à l'image de soi ? Qu'en est-il de nos liens aux autres ? Doit-on repenser la relation entre le sujet et l'objet ? Assistons-nous à l'émergence de néo-symptômes propres à nos usages dans la virtualité ? Et qu'en serait-il d'une éthique du virtuel ? Plus que d'une métamorphose, ne tendons-nous pas vers une véritable hybridation ? Enfin, quel avenir pour la question du désir ou encore de la liberté ?

    Telles sont les questions développées dans cet ouvrage qui marque le troisième et dernier temps d'une métamorphose : celui de la transformation et l'avènement du sujet du virtuel.

  • Souvenirs

    John Rawls

    Souvenirs, proposé ici dans une traduction inédite, est l'un des derniers textes publiés par Rawls. Ce petit texte atypique écrit en 1977, attachant, drôle et parfois émouvant, est sans doute l'un des textes les plus personnels de Rawls.
    Au-delà du caractère autobiographique de ce livre, Souvenirs propose aussi une typologie comparative des grands intellectuels de la fin du XXe siècle et, au-delà, cherche à définir ce qui constitue une écriture proprement philosophique, une écriture dans laquelle l'entourage du philosophe et sa communauté intellectuelle jouent un rôle prépondérant.

  • La liberté est-elle un pouvoir neutre et indifférencié de choix et d'action qui est octroyé à tout individu, et qu'il exerce identiquement avec tout autre, ou n'est-elle pas plutôt une capacité qui n'échoit qu'à lui seul d'accomplir son être propre dans ce qu'il a d'unique ? En souscrivant à la seconde branche de cette alternative, Claude Romano s'efforce de préciser les conditions de possibilité de qu'il appelle « liberté intérieure », c'est-à-dire la capacité de vouloir et de décider en l'absence de conflit intérieur, de telle manière que cette volonté et cette décision expriment l'être que nous sommes et manifestent un accord de cet être avec lui-même. En soulignant les limites de la conception largement dominante, de Platon à Harry Frankfurt, de cette liberté comme une subordination de nos désirs et tendances affectives spontanées aux « désirs de second ordre » qui découlent de notre réflexion rationnelle, l'auteur défend une conception originale de l'autonomie qui rejette une telle hiérarchie. Il étaye son propos par l'analyse d'un exemple littéraire, la décision finale de la Princesse de Clèves dans le roman éponyme de Mme de Lafayette.

  • Qui aurait cru qu'un virus apparu dans un marché chinois de Wuhan allait mener à une pandémie mondiale qui a coûté la vie à des centaines de milliers d'individus en l'espace de quelques mois et forcé presque tous les pays à imposer des quarantaines, à confiner des villes entières et à fermer leurs frontières ? Et pourtant, ce sont les images qui nous resteront en tête lorsque nous repenserons à l'année 2020. En raison des dimensions et des effets de cette crise, il est clair que nos sociétés en ont des leçons à tirer et il est tout aussi évident qu'elle entraînera de profondes transformations dans l'ordre international. Quelles sont ces leçons et à quelles sortes de changements devons-nous nous attendre ? Ce livre cherche précisément à répondre à ces questions.

    Ces essais portent un regard critique sur l'évolution des démocraties libérales, montrent le potentiel que cette crise sanitaire globale nous offre pour reprendre le contrôle de la mondialisation telle que nous la connaissons depuis 50 ans, en plus d'expliquer en quoi cette pandémie pourrait accélérer la fin de l'ordre libéral international.

    En tant que premier livre portant sur cette pandémie, ces essais critiques et sans complaisance seront d'un intérêt pour tout lecteur intéressé à comprendre les enjeux politiques de cette crise et à s'interroger sur la manière dont les sociétés ont cherché à combattre ce virus mortel.

  • Dior, Balmain, Lanvin... Si l'Histoire a retenu le nom de ces grands couturiers français pour leur apport considérable à la haute couture, elle a négligé leur rôle dans les relations internationales de l'après-guerre. Cet ouvrage entend lever le voile sur cet aspect méconnu en montrant de quelle façon le gouvernement français, ses diplomates et l'industrie textile ont réussi à exercer une influence mercatique aux États-Unis par le truchement de la haute couture. Réalisant le potentiel de ce secteur, ces acteurs ont fait appel aux couturiers parisiens entre 1946 et 1960 pour stimuler les exportations vers les États-Unis et promouvoir le prestige de l'Hexagone. Pour permettre de bien apprécier la réussite de cette entreprise, ce livre mobilise les statistiques douanières françaises et américaines, peu étudiées dans l'histoire de la mode, ainsi que les archives de l'ambassade de France aux États-Unis, ouvrant un nouveau champ en histoire des relations internationales et en études de la mode.

  • La politique

    Aristote

    • Hermann
    • 1 Avril 1996

    Traduction nouvelle, présentée et annotée par Pierre Louis. Première édition de ce texte capital du philosophe grec sous une forme accessible à un large public. Cette traduction, qui n'est jamais littérale, vise à être exacte et lisible ; elle se veut plus conforme à l'esprit qu'à la lettre et met en lumière une modernité parfois surprenante.

  • éprouver Auschwitz

    François Rachline

    • Hermann
    • 8 Janvier 2020

    Auschwitz est à part. Temporellement et spatialement. C'est un passé métamorphosé en présent perpétuel, un lieu et un non-lieu. Une plaie qui ne cicatrise pas, béante sous les yeux de qui veut bien les ouvrir. Il n'est pas d'autre endroit sur terre où l'être humain peut s'exposer à ce que l'humanité a engendré d'extrême à partir d'elle-même. C'est un seuil. Une frontière. Une limite. Un trou noir aussi. Effacement de l'espace, fracture du temps. Auschwitz ne laissera plus les vivants reposer en paix.

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