Parascolaire

  • Le développement historique de la culture écrite a favorisé l'émergence d'une posture lettrée d'analyse réflexive des textes. Pour assurer aujourd'hui leur réussite scolaire, les élèves doivent parvenir à adopter à leur tour cette même posture métalangagière à l'égard des énoncés qu'ils ont à déchiffrer ou à rédiger. S'inscrivant dans la lignée des travaux de Jack Goody et de Bernard Lahire, la recherche d'Anne-Sophie Romainville interroge le développement des compétences métalangagières, et particulièrement métadiscursives, chez des élèves de l'enseignement secondaire engagés dans différents types de parcours scolaires.
    L'ampleur et la rigueur de la collecte des données réalisée permet à l'auteure de montrer combien la formation des compétences méta-langagières est l'objet de soins attentifs dans les établissements et les classes où se concentrent les "héritiers", alors qu'elle apparaît négligée dans les autres, où l'on permet aux élèves, au nom d'un enseignement "adapté", d'échapper à ses contraintes. Au plus intime des pratiques enseignantes, la démocratisation scolaire apparaît ainsi suspendue à la rupture avec la norme du donner moins à ceux qui ont moins, au profit d'une pédagogie de l'exigence intellectuelle pour tous.

  • L'avenir démocratique de nos sociétés apparaît suspendu à la généralisation de l'accès aux savoirs élaborés de la culture écrite. La majorité des enfants des milieux populaires est aujourd'hui encore privée d'une telle perspective, que les politiques dites de « l'égalité des chances » ont échoué à réaliser dans les dernières décennies du vingtième siècle, les politiques actuelles dites « du socle commun » se contentant de prendre acte de cet échec.
    L'ouvrage de J-P Terrail : « Pour une école de l'exigence intellectuelle » (La Dispute, 2016) appelait à ne pas renoncer, soutenant qu'en lieu et place des pédagogies « concrètes » et « ludiques » recommandées pour ces publics depuis les années 1960, la solution passait par le maintien à leur égard d'une forte ambition scolaire, et bien sûr par la mise à leur disposition des moyens effectifs de répondre à l'exigence.
    Le présent ouvrage s'inscrit dans le prolongement de cette visée, puisqu'il rassemble les contributions de dix enseignants qui, du CP à l'université, du français aux maths et de l'économie à l'histoire, proposent avec succès à des publics « vulnérables » un enseignement exigeant, s'opposant ainsi au bon sens apparent d'une pédagogie « adaptée » s'avérant presque toujours, à l'expérience, ségrégative. Ces dix enseignants qui refusent de « baisser les bras » explicitent et illustrent ici leur conception du métier et leur façon de le pratiquer.
    Malgré l'urgence historique, la perspective d'une véritable démocratisation scolaire peut sembler lointaine, voire utopique. Son avènement supposerait un changement profond des missions de l'institution scolaire, ainsi qu'une confiance du monde enseignant dans l'éducabilité de tous les élèves, confiance loin d'être acquise aujourd'hui.
    Si la première de ces deux conditions est au prix d'une conquête politique et d'une décision d'État, la réalisation de la seconde se joue sur le terrain des pratiques quotidiennes. La conviction qu'il est irréaliste de prétendre assurer à tous les jeunes une formation de haut niveau se nourrit du constat, réitéré année après année, des difficultés et des échecs d'une partie importante des élèves. Bien des enseignants s'investiraient volontiers au service d'une réussite ambitieuse pour tous, car il en va de leur bonheur professionnel, si l'expérience pouvait les convaincre que l'entreprise avait quelque chance d'aboutir. Ils trouveront dans cet ouvrage collectif de quoi nourrir leur réflexion à cet égard.
    On mesure ainsi l'importance politique de cette publication, entreprise totalement inédite, qui démontre par la pratique la possibilité d'une pédagogie à contre-courant de l'opinion dominante.

  • Initialement paru en 2007, cet ouvrage consacré à la sociologie de la transmission scolaire des savoirs entendait en présenter les oeuvres majeures et en donner à lire les textes parmi les plus essentiels.
    Une décennie plus tard, les raisons de l'entreprise perdurent. Les ratés de l'entrée dans la culture écrite se sont plutôt aggravés, contredisant les besoins sociaux les plus évidents et accentuant le mécontentement des familles. Comprendre comment les apprentissages scolaires en viennent à échouer est une exigence qui s'impose plus que jamais. La vitalité d'une discipline de recherche qui interroge dans leur réalité la plus factuelle les pratiques de transmission et les processus d'apprentissage, aux côtés de celles qui s'orientent principalement vers l'édiction de normes, telles la pédagogie et la didactique, reste en ce sens cruciale. Il importe toujours autant d'en faire connaître le patrimoine et d'en favoriser l'appropriation par les jeunes générations de chercheurs et d'enseignants.
    Nous insistons beaucoup, dans cet ouvrage, sur le caractère relativement marginal de cette partie de la sociologie de l'éducation qui se préoccupe au premier chef de la transmission des savoirs. Seule une minorité de sociologues interroge de ce qui se passe dans l'école elle-même ; et lorsque c'est néanmoins le cas, cette minorité s'intéresse davantage aux conditions du maintien de l'ordre scolaire qu'à l'efficacité des pratiques pédagogiques ou aux contenus d'enseignement. Nous exprimons aussi une autre préoccupation, regrettant que dans les travaux s'emparant effectivement des questions de la transmission, l'attention des chercheurs se focalise de façon parfois exclusive sur les comportements des élèves, comme si le déroulement des apprentissages devait tout au milieu culturel des familles et rien à la conduite pédagogique de la classe. Nous étions en effet convaincus, dès avant 2007, de la nécessité, pour comprendre l'échec scolaire, de « détourner le regard des élèves pour le porter sur l'institution »1.
    À ce dernier égard, la décennie écoulée a vu l'amorce d'heureux changements. Pour nous en tenir à la France, on constate qu'un certain nombre de chercheurs, anciens ou nouveaux, ont choisi en effet de s'intéresser aux contenus d'enseignement, aux dispositifs pédagogiques, aux pratiques enseignantes, du point de vue tant de leur genèse que de leurs modalités et de leurs effets sur les apprentissages. Ceux de ces travaux qui ne sont pas restés en l'état de rapports de recherche ont trouvé une issue éditoriale, pour l'essentiel, dans plusieurs ouvrages collectifs dus au moins pour partie à l'activité du groupe ESCOL de l'université Paris VIII, ou dans la collection « L'enjeu scolaire », à La Dispute, inaugurée en 2007 par le présent ouvrage, et qui a publié depuis une quinzaine de titres.
    Parmi les publications de recherche récentes concernant les contenus d'enseignement, on signalera l'ouvrage d'Isabelle Harlé qui relance, en s'appuyant sur le cas de trois disciplines, la réflexion sur les facteurs socio-historiques à l'oeuvre dans la détermination et l'évolution des programmes scolaires2 ; et celui dirigé par Stéphane Bonnéry sur la tendance à l'élévation des exigences imposées par l'école3. Parallèlement, le GRDS (Groupe de recherches sur la démocratisation scolaire) a lancé en 2013 un séminaire public consacré aux contenus d'enseignement qui a suscité l'élaboration, par des spécialistes des domaines concernés, d'historiques réfléchis des programmes dans une douzaine de disciplines scolaires4.
    Le renouveau des investigations empiriques concerne aussi le domaine des dispositifs pédagogiques et des pratiques enseignantes, l'intérêt des recherches tenant largement à ce que la plupart d'entre elles ont adopté une démarche d'observation « in situ », impliquant la présence du chercheur dans les classes elles-mêmes, démarche peu usitée jusque-là dans la tradition de la sociologie de l'éducation.
    Certaines de ces recherches ont concerné l'école maternelle5 ou le secondaire6 ; un plus grand nombre se sont intéressées à l'enseignement élémentaire, au moment décisif de la confrontation des élèves aux bases de la culture écrite. C'est le cas des enquêtes interrogeant l'efficacité des pratiques d'enseignement de la lecture au CP7, comme de celles qui, du CP au CM2, s'attachent à mettre en regard la conception des procédures d'apprentissage et le cheminement intellectuel effectif des élèves, et d'appréhender le comportement des enseignants confrontés aux difficultés de ces derniers8.
    Les observations de classe ont un avantage décisif : elles se mènent là où se joue au plus près le succès ou l'échec des apprentissages. Elles ont de ce fait une portée purement locale, et toute généralisation hâtive de leurs résultats peut être aisément contestée.
    Quand elles sont répétées, toutefois, dans des conditions suffisamment diversifiées, et que leurs constatations convergent régulièrement ; quand on est dès lors suffisamment assuré que leur réitération n'apporterait pas d'information nouvelle susceptible de modifier significativement les conclusions auxquelles on est déjà parvenu, le nombre relativement limité d'études de cas n'est pas de nature à obérer la solidité de ces conclusions. D'autant, en l'occurrence, que ces dernières viennent confirmer et/ou éclairer les investigations sociologiques et les enquêtes statistiques menées dans les années 1960/80 et dont nous faisons état dans le présent ouvrage.
    Le socle de connaissances critiques ainsi établi ouvre la voie à la compréhension des liens essentiels entre les modalités de fonctionnement de notre système éducatif et la persistance de fortes inégalités sociales dans les parcours scolaires. Il devient dès lors aujourd'hui possible d'identifier les réaménagements dans l'organisation des scolarités9 et dans la conduite des apprentissages10 qui seuls permettraient une véritable démocratisation de l'accès aux savoirs élaborés de la culture écrite ; et d'ouvrir le dossier des contenus d'enseignement qui pourraient être appropriés à une tel objectif11.
    Les apports empiriques et les avancées théoriques des auteurs que nous présentons dans cet ouvrage ont pesé de façon décisive pour que puissent émerger aujourd'hui ces nouveaux horizons de pensée.

  • On assiste depuis une vingtaine d'années à un renouveau des interprétations de l'échec scolaire en termes de difficultés psychologiques (phobie scolaire, estime de soi en berne) et de troubles des apprentissages d'origine neurobiologique ou génétique (dyslexie, hyperactivité, précocité intellectuelle, etc.). Certains médecins soutiennent désormais que la plupart des élèves en grande difficulté scolaire seraient atteints par un « trouble » d'origine médico-psychologique et leurs propos sont abondamment repris par les médias. Ces manières d'appréhender l'échec scolaire se sont largement diffusées dans les milieux pédagogiques où, ayant acquis la force des évidences, elles ne sont plus véritablement interrogées. Le recours aux professionnels du soin a explosé et semble se banaliser puisqu'un tiers des élèves sont aujourd'hui suivis par un orthophoniste ou un psychologue.
    En France, les chercheurs en sciences sociales qui ont ces dernières années pris pour objet ce renouveau des interprétations médico-psychologiques de l'échec scolaire se sont principalement focalisés sur des troubles particuliers : la précocité intellectuelle ou la dyslexie. À ce jour, il n'existe pas de synthèse permettant d'expliquer sociologiquement le phénomène dans son ensemble. C'est ce manque que ce livre entend combler.
    L'auteur ne propose pas tant de réduire la médicalisation aux effets de l'impérialisme médical que de comprendre sa construction au carrefour d'univers sociaux très différents : hauts fonctionnaires et experts chargés de définir les politiques de lutte contre l'échec scolaire, chercheurs, professionnels du soin, enseignants, parents d'élèves, etc.
    Attentif à la spécificité du processus de médicalisation dans chacun de ces univers, l'ouvrage montre néanmoins que ce phénomène est l'expression plus générale de profondes transformations tant des manières de penser les inégalités scolaires, que des objectifs assignés à la démocratisation de l'école

  • Les ."héritiers".
    Ces élèves dont les parents font partie des classes supérieures. bénéficient d'un patrimoine culturel familial censé les protéger des difficultés scolaires. Or. ce privilège ne s'exerce pas systématiquement. Ainsi Prune. dont le père est ingénieur, ou Laurent. dont les parents sont professeurs agrégés. ont ils redoublé une classe de l'école élémentaire. Pourquoi ces élèves n'ont ils pas profité de l'héritage scolaire propre à leur milieu familial ?

  • Comment l'école interprète-t-elle les facilités et les difficultés d'apprentissage des élèves ? Comment cette interprétation influence-t-elle leur scolarité et l'idée qu'ils se font d'eux-mêmes ? Les résultats de l'enquête -menée pendant plusieurs années dans des écoles maternelles, pour l'essentiel - présentée dans ce livre permettent de répondre à ces questions. En croisant les regards sociologique et psychosocial, Mathias Millet et Jean-Claude Croizet décortiquent le quotidien des classes et révèlent comment les difficultés cognitives, pourtant nécessaires aux apprentissages, sont transformées en un problème.
    Ils montrent que ces premiers apprentissages scolaires sont aussi, pour les élèves, une première confrontation aux inégalités. L'étude met en évidence les logiques quotidiennes d'une violence symbolique par laquelle élèves comme enseignants se persuadent que les verdicts scolaires disent la valeur des individus. Elle montre comment ces élèves et ces enseignants développent, dès l'école maternelle, des interprétations qui personnalisent les "échecs" ou les "réussites" et, ce faisant, les détournent des apprentissages.
    Cet ouvrage contribue ainsi de manière décisive à l'analyse de la manière dont l'école réduit ou augmente les inégalités sociales.

  • Tableau d'ensemble inédit de ce que font aujourd'hui les enseignants de l'école élémentaire dans leurs classes. L'auteur fournit des éléments d'information et de réflexion indispensables au projet d'une démocratisation du système éducatif, qui passera d'abord et inévitablement par un réexamen critique des fonctionnements actuels de l'école élémentaire.
    Il représente la première tentative de bilan d'ensemble de ce qui a été un véritable bouleversement des façons de concevoir l'enseignement, qui a particulièrement affecté l'enseignement élémentaire.

  • La société des diplômes

    ,

    • Dispute
    • 22 Septembre 2011

    Aujourd'hui. plus de deux millions de diplômes sont attribués chaque année. Dans tous les champs de la société, le diplôme s'est imposé comme allant de soi. L'essor de la scolarisation est en effet allé de pair avec celui du diplôme, qui est devenu peu à peu une injonction et une norme sociale. Celles et ceux qui en sont aujourd'hui dépourvus, les "sans diplômes" sont stigmatisés, voués à une obligation de formation et fragilisés sur le marché du travail. Il est urgent, dès lors, de penser les diplômes autrement que comme des parchemins administratifs : ils ont des histoires et des usages sociaux variés, sont des enjeux de luttes, vivent, meurent et informent sur l'état de notre société et ses visions du monde. A quoi servent-ils ? Comment sont-ils créés ? Quels en sont les enjeux sociaux, politiques ou économiques ? Quelles sont leurs "valeurs" sur le marché du travail ? Y a t il trop de diplômes, ou trop de diplômés ? A l'heure de la commémoration pour certains diplômes (le baccalauréat a eu deux cents ans en 2008, le CAP en aura cent cette année), cet ouvrage collectif est une invitation à réfléchir à la manière dont les diplômes et leurs évolutions transforment notre rapport à la société, aux hiérarchies sociales et au marché du travail.

  • Monde apprenti (le)

    • Dispute
    • 18 Septembre 2003

    En 2002, 360 000 apprentis préparent un diplôme professionnel ou technique (du CAP au diplôme d'ingénieur) en alternant temps en entreprise et séjours en centre de formation. Ils n'étaient que 220 000 dix ans plus tôt. Qui sont les apprentis ? Cet ouvrage lève le voile sur le monde mal connu de ces jeunes qui se tournent vers l'entreprise, souvent dès 16 ans, alors que d'autres poursuivent leurs études à l'école. Il le fait sans parti pris ni compromis, à partir d'enquêtes de terrain, et donne à voir tant l'histoire de l'apprentissage, les transformations en cours, que la vie apprentie, ses conditions de travail et d'insertion. Suffit-il de s'immerger en entreprise pour apprendre ? Cette question est cruciale pour les apprentis, tant l'apprentissage peine à trouver un équilibre entre deux forces centrifuges : la production et la formation. Le chemin qui mène aux emplois d'ouvriers, d'employés ou de techniciens n'est pas pavé que de bonnes intentions. L'éducation professionnelle reste à construire.

  • Dirigée par Jean-Pierre Terrail, la collection "L'enjeu scolaire" intervient dans le débat sur la démocratisation de l'école. Privilégiant l'apport de connaissances, elle s'intéresse à la transmission des savoirs, aux pratiques des agents scolaires, aux comportements des élèves et des familles. Déjà disponible dans plusieurs pays européens, cet ouvrage propose pour la première fois un état des lieux de l'école en Europe. Il montre non seulement la cohérence et la profondeur des transformations des politiques scolaires actuellement en cours, mais aussi le danger qu'elles représentent. Réunissant des chercheurs européens qui s'appuient sur des enquêtes en grande partie inédites en France, "L'Ecole en Europe" dirigé par Ken Jones, professeur à l'université de Londres, analyse la manière dont ces transformations sont déclinées dans les différents pays de l'Union européenne - autonomie locale, étapes vers la privatisation, etc. -, et leurs effets concrets sur les dispositifs pédagogiques : accroissement des inégalités, renoncement aux savoirs... Il réfléchit également sur l'émergence progressive de stratégies de résistance et d'alternatives à ce nouvel ordre scolaire européen. "L'Ecole en Europe" est un outil pour celles et ceux qui veulent comprendre les transformations de l'école en France et renouer avec le projet d'une école plus juste et plus démocratique.

  • Autrefois réservé à une minorité, l'enseignement secondaire s'est heureusement ouvert depuis quelques décennies à l'ensemble des jeunes. Ce bouleversement a provoqué une croissance sans précédent de la difficulté scolaire et une montée corrélative de l'incertitude professionnelle des enseignants. La crise est aujourd'hui telle qu'elle nourrie un débat public intense mais passablement confus. Jérôme Deauvieau, sociologue, maître de conférences à l'université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines et membre du laboratoire Printemps, s'attache à comprendre comment les enseignants font face aux difficultés du métier. Son étude s'appuie sur de nombreux entretiens avec de jeunes enseignants et sur le traitement d'enquêtes statistiques. Il a également suivi des professeurs de sciences économiques et sociales pendant leurs premières années dans le métier et observé leurs façons d'enseigner. Ce dispositif original permet de répondre à plusieurs questions : Comment devient-on enseignant ? Quels sont les traits saillants de la formation des enseignants ? Quelle est la nature exacte des difficultés rencontrées ? En rendant intelligible les différents moments de la "fabrique des enseignants", ce livre donne à voir les mécanismes qui façonnent les pratiques enseignantes. Il lève un coin du voile qui entoure l'école, introduisant de nouveaux éclairages et arguments dans le débat sur le fonctionnement de l'institution scolaire, préalable indispensable à la fondation d'une école réellement démocratique.

  • Cet ouvrage inédit de Lev S. Vygotski présente les travaux du grand psychologue russe autour des fondements de la pédologie, la science du développement de l'enfant. Le projet d'élaboration de cette science, à laquelle une grande partie de son activité professionnelle était dédiée, constitue une dimension centrale de l'oeuvre de Vygotski.
    Dans ces cours à l'Institut pédagogique Herzen de Leningrad en 1933 et 1934, ainsi que dans trois textes complémentaires qui définissent le rapport de la pédologie à d'autres sciences et techniques proches - notamment la pédagogie -, Vygotski présente des données empiriques et des propositions théoriques permettant d'expliquer le développement de l'enfant. L'auteur y aborde un problème crucial : celui des rapports - spécifiques chez l'enfant - entre hérédité, système nerveux, milieu, histoire et développement physique et psychique de l'individu.
    Ce recueil de textes permet également de mieux comprendre la méthode par laquelle Vygotski a tenté de résoudre concrètement les problèmes essentiels diagnostiqués dans son analyse de la crise en psychologie ; de même, les avancées scientifiques récentes dans les domaines de la psychologie du développement, la psychologie cognitive et la psychologie sociale peuvent être comprises à la lumière du projet vygotskien d'une science du développement de l'enfant.
    Après les rééditions récentes de la Signification historique de la crise en psychologie en 2010, et Pensée et langage en 2013, ainsi que la parution de Histoire et développement des fonctions psychiques supérieures en 2014, cet ouvrage - qui comprend un glossaire des principaux concepts utilisés par Vygotski en pédologie et d'un index des noms avec une présentation de chacun des auteurs -, complète le projet éditorial de La Dispute de mise à disposition en langue française de l'oeuvre d'un des pères fondateurs de la psychologie scientifique.

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