Sciences sociales / Société

  • Ce livre est devenu un classique pour apprendre à éviter les « maladies de la raison sociologique » et compte parmi les contributions les plus importantes et les plus novatrices de la sociologie contemporaine. Une première partie « manifeste » dresse un portrait de ce que doivent être les sciences sociales selon les trois sociologues. Une seconde partie composée de près de 50 extraits de textes fondateurs des SHS, préalablement introduits par les auteurs, fait de cet ouvrage un véritable manuel aussi bien des sciences sociales que de la philosophie des sciences. Cette nouvelle édition propose une préface inédite de Paul Pasquali remontant aux origines du projet, à sa gestation et au rayonnement considérable qui suivit sa publication.

  • écrire sa vie, devenir auteur : le témoignage ouvrier depuis 1945 Nouv.

    Tout au long du XXe siècle, des ouvriers et des ouvrières ont écrit sur leurs univers professionnels, sociaux, politiques et intimes, faisant ainsi perdurer une tradition de l'écriture prolétarienne. Ce livre retrace cette expérience à partir de l'étude d'une centaine d'auteurs dont les témoignages ont été publiés, en France, depuis 1945. À travers un ensemble de récits - individuels et collectifs - et une enquête orale, il s'intéresse aux trajectoires des auteurs, à la place de l'écriture dans une vie ouvrière et à son cadre - militant, professionnel, intime -, aux pratiques littéraires diversifiées, aux lieux et aux moments de prise de plume, aux étapes de la composition d'un récit. L'analyse réserve aussi une place à la publication et à la diffusion des témoignages, ainsi qu'aux rencontres et collaborations qu'elles suscitent entre les éditeurs et les auteurs. Ces écrits ne sont pas seulement des récits de vies ouvrières, ils se font également les traces de pratiques et de choix d'écriture, qui interrogent le rapport des écrivains-ouvriers au témoignage et à la littérature. Dépassant le seul ressort militant de l'écriture ouvrière, Éliane Le Port rend compte des identifications multiples à l'oeuvre dans les récits et des manières différenciées de témoigner pour soi et de soi au nom d'une classe sociale.

  • Présenter avec brièveté 100 livres qui, année après année, depuis la Seconde Guerre mondiale, ont marqué de leur empreinte la construction des sciences sociales, en France et à travers le monde : tel est le pari que relève avec succès ce livre.

    Les éditeurs de l'ouvrage ont sollicité certains des meilleurs chercheurs actuels, en France et à l'étranger, pour présenter, à l'attention d'un public de non-spécialistes, l'intérêt et l'argument profond de chacun de ces 100 livres et pour dire son héritage et son actualité pour la recherche d'aujourd'hui. Il en résulte un panorama par défi- nition incomplet et néanmoins suggestif. Il offre une vue renouvelée sur des oeuvres majeures du patrimoine des sciences sociales, comme sur d'autres moins connues du grand public. Mais il permet aussi d'apercevoir d'où viennent ces sciences et de quelle manière elles sont en train d'évoluer, en révélant au passage leur profonde unité, au-delà des divisions disciplinaires auxquelles trop souvent le regard s'arrête.

  • L'étude des émotions collectives exige une confrontation aux différentes théories de l'émotion. Dans les travaux contemporains, les émotions ne sont plus réduites, comme au début du xx e siècle, à des réactions instinctives ou à des sensations irréfléchies. Elles sont vues comme une véritable force organisatrice qui permet d'unifier des sensations, des actes et des événements épars dans la totalité de l'expérience. En un sens, toute émotion peut donc être dite sociale. Mais à quel moment devient-elle collective ?

    L'analyse des émotions collectives concerne précisément le qualificatif « collectif », qui renvoie à une très grande hétérogénéité de phénomènes et pose ainsi problème.
    Si l'une des caractéristiques communes des émotions dites « collectives » est d'être « partagées » ou encore éprouvées « ensemble », il reste à clarifier ces termes qui sont d'une grande ambivalence sémantique. En effet, les émotions ne peuvent pas être partagées comme peuvent l'être un bureau ou un repas. Et tout comme il y a plu- sieurs manières de partager un chagrin, une joie, une peur, une indignation, il y a plusieurs manières d'être, d'agir et de subir « ensemble ».
    Les enquêtes théoriques et empiriques que présente ce volume déploient les diffé- rentes significations du terme « collectif » quand il s'agit des émotions, de mesurer leur pertinence et d'évaluer leur portée heuristique. Il est ainsi question des attentats, du populisme, du Téléthon.

  • Après avoir organisé et dirigé des hôpitaux militaires pendant toute la première année de guerre, d'août 1914 à octobre 1915, Max Weber intervient de plus en plus fortement, comme orateur et comme rédacteur de mémorandums et d'articles de presse, dans le débat public sur la guerre, la politique et les indispensables réformes sociales et constitutionnelles que l'Allemagne devrait mettre en oeuvre après la guerre. Les trois discours et l'article de presse reproduits dans ce livre, traduits pour la première fois, montrent un nationaliste convaincu, critique féroce de la politique du gouvernement allemand et des ambitions annexionnistes des pangermanistes, autant que des visées françaises sur la Sarre et du traité de Versailles dont il avait pu suivre de près les « négociations » comme expert au sein de la délégation allemande.

  • Initiateur de L'Année sociologique, proche d'Émile Durkheim, Célestin Bouglé (1870-1940) était plus connu encore pour son activisme dans les réunions populaires, son « pays de prédilection ». Science de la société et science pour la société, la sociologie ne peut à ses yeux remplir son rôle qu'à condition d'être diffusée au plus grand nombre.
    Il s'y emploie par la parole : de la lutte contre le racisme et l'antisémitisme à la promotion des réformes sociales, en passant par la défense du féminisme, ce recueil de conférences restitue les combats au coeur de son engagement savant et politique.

  • Au lendemain des attentats du 13 novembre 2015, des personnes de tous horizons se sont rassemblées dans les rues de Paris, aux abords des lieux attaqués, pour rendre hommage aux victimes. Des mémoriaux se sont formés, faits de milliers de messages, de bougies, de fleurs et d'objets les plus divers. Durant des semaines, les Archives de Paris en ont collecté le contenu qui appartient aujourd'hui au patrimoine national.
    Fruit d'une collaboration inédite entre chercheurs et archivistes, cet ouvrage enrichi de près de 400 photographies revient sur cette transformation et constitue ainsi un véritable livre-mémorial. Les textes de ce livre retracent le parcours de ces mémoriaux et sont autant de reportages illustrés sur leurs aspects, leur collecte ou leurs usages sociaux. Des courtes notices les accompagnent sur des sujets aussi divers que les citoyens s'étant érigés en gardiens des mémoriaux éphémères, le rôle des agents de nettoyage de la Ville de Paris dans le travail de collecte, la mémoire des attentats de 2015 à Saint-Denis, ou encore la relation particulière des supporteurs du PSG à la mémoire des attentats du 13 novembre.
    Eclairant sous un angle nouveau un événement majeur et récent de l'histoire de France, cet ouvrage est à son tour un mémorial unique et précieux, une réflexion originale et illustrée sur la manière dont une société est appelée à ne pas oublier.

  • Aujourd'hui, alors que la société se constitue en objet de connaissance scientifique, l'État-nation de type européen atteint une première forme d'achèvement, ce qui explique le fait imposant, écrasant, de l'État pour les sciences sociales. N'est-il pas la caractéristique distinctive des socié- tés modernes, considérées selon la terminologie qui s'est imposée dès le xix e siècle comme des « sociétés à État » ?

    Ce volume reprend le problème sociologique de l'État pour le reformuler dans des termes au croisement des développements récents d'une philosophie politique soucieuse d'intégrer l'apport des sciences sociales et d'une sociologie politique prête, à partir de ses enquêtes, à questionner ses propres catégories.
    Deux traductions, tirées de conjonctures qui ont rendu particulièrement saillant le problème sociologique de l'État constituent le point de départ de la réflexion.
    Celle-ci se poursuit dans une série de contributions, philosophiques et sociologiques, voulant découvrir un concept d'État propre à une science sociale du politique.
    L'enjeu de ce volume n'est pas seulement d'interroger la nécessité de l'État pour les formes modernes - entendons démocratiques - de l'organisation politique. Il est de contribuer à spécifier l'État dans ce qui le rend socialement nécessaire. Cette démarche ouvre la possibilité d'identifier des critères sur la base desquels l'État existant peut être évalué et critiqué à nouveaux frais, à l'écart du cadre libéral dans lequel la critique de l'État est ordinairement condamnée à s'enfermer.

  • Dans de nombreux pays, la « vie chère » occupe aujourd'hui une place centrale dans les difficultés matérielles et les sentiments d'injustice ressentis au quotidien par les classes populaires. Au Burkina Faso, l'augmentation du prix des biens de consommation courante a suscité des mobilisations parfois violentes depuis le début des années 2000. Elle alimente également un mécontentement diffus à l'encontre des autorités jugées responsables, comme si personne ne pouvait sérieusement croire que les prix résultaient du libre jeu de l'offre et de la demande. À partir d'une longue enquête menée dans les quartiers populaires de villes burkinabè, ce livre aborde un phénomène peu étudié : la place croissante des prix dans l'expression contemporaine de la colère populaire. Car au-delà de ce pays ouest-africain, il s'agit de proposer une réflexion plus générale sur l'évolution des modes de gouvernement et de leurs contestations à l'ère néolibérale.

  • Les sciences sociales, lorsqu'elles oublient leur vocation critique, ne produisent plus que de simples discours idologiques, ou d'expertise, prompts conforter la pense commune.

  • Dfaut de pouvoir exprimenter, le chercheur en sciences sociales construit ses objets : il les collecte, les classe et les compare, comme l'adepte des sciences de la nature, et s'efforce ainsi de transcender la singularit historique et psychologique de ses observations initiales.

  • En 1895, Hobbes est au programme de l'agrégation de philosophie.
    Nous voici en présence des notes inédites prises par Marcel Mauss pendant le cours que donne Emile Durkheim devant un public fidèle et actif. Sont ainsi mises en relief les préoccupations du sociologue au milieu des années 1890. Déchirement du tissu social, rôle de l'Etat et de la famille, fonction sociale de la religion: comment fait-on pour vivre ensemble ? - des questions centrales pour l'histoire des sciences sociales que posait Hobbes et qu'actualise Durkheim.

  • Que voit un voyageur quand il visite un Nouveau Monde déjà saturé de commentaires ? Que saisit un savant invité par ses pairs de la science élaborée dans un autre pays ? Le séjour de Maurice Halbwachs à l'université de Chicago à l'automne 1930 répond à ces questions et constitue de ce double point de vue une expérience fascinante.
    Ces Ecrits d'Amérique regroupent pour la première fois l'ensemble des archives, abondantes et largement inédites, de ce voyage du sociologue français. De l'homme, on découvre une correspondance quasi quotidienne avec son épouse restée en France, où sont relatées ses rencontres à l'université, ses longues promenandes dans la ville, ses impressions et réflexions sur un pays "je ne sais quoi de plus riche et plus libre".
    Du voyageur, on lit une chronique anonyme publiée dans un grand quotidien républicain lyonnais, Le Progrès, où est donnée l'image d'une Amérique assimilant ses immigrants mais déchirée par le problème noir et qui ne peut exister comme nation qu'en obtenant de chacun l'oubli de ses origines et le conformisme le plus strict. Du savant enfin, on revisite de grands articles scientifiques sur les budgets des familles ouvrières américaines et sur Chicago, métropole à la croissance fulgurante.
    Une question sous-tend ces textes : la théorie que Halbawachs avait bâtie sur les classes sociales, et particulièrement sur la classe ouvrière, résiste-t-elle à la double épreuve de l'abondance économique et de la "diversité des types et genres de vie ethniques" ? Les écrits d'Amérique permettent d'observer de façon quasiment ethnographique les rapports entre l'homme privé et le savant.

    Ils prennent ainsi la valeur d'archives de la sociologie de Maurice Halbwachs et en rendent possibles de nouvelles lectures.

  • Encore étudiant, le doctorant est souvent déjà chercheur et enseignant et n'a pas toujours conscience des enjeux et des mécanismes du contexte dans lequel sa thèse s'inscrit. Car s'il y a de toute évidence des règles du jeu, il y a différentes manières de s'y conformer ou de les contourner. Beaucoup d'aspects de la thèse passent pour évidents alors qu'ils méritent d'être étudiés. Comment y réfléchir à titre individuel quand on est pris dans des enjeux qui nous dépassent ? Et surtout, peut-on tenter d'y répondre collectivement ? Abordant à la fois la situation du doctorant, les publications, l'insertion dans des réseaux de recherche, la présentation orale de son travail, les perspectives de carrières après la thèse, ou encore les différentes facettes de l'engagement du chercheur dans le monde social dont il fait partie, ce livre appréhende la recherche en train de se faire.
    Etablir le lien entre, d'un côté, une expérience par définition individuelle, nécessairement conditionnée par la place centrale qu'y occupe l'écriture et qui pousse souvent le doctorant à se remettre en question sur le plan personnel, et de l'autre, le contexte institutionnel de la recherche, par définition collectif, dans lequel les doctorants se sentent souvent laissés pour compte : tel est l'enjeu de cet anti-manuel.
    Faire de la recherche et écrire une thèse sont des savoir-faire qui non seulement s'apprennent, mais qui se transmettent : un exercice de réflexivité collectif plus nécessaire que jamais.

  • Quelles sont les transformations les plus significatives intervenues dans les sciences sociales depuis 25 ans? Jean-Louis Fabiani croise et confronte une série d'ouvrages français et états-uniens qui ont fait date, et par ses lectures critiques configure un espace de connaissance inédit. Défense et illustration de la notion de leet01; cet ouvrage est aussi une introduction à la sociologie contemporaine. Rendre compte d'un livre, c'est s'installer d'emblée au centre du savoir des sciences sociales.

  • Voici la première sociologie du modèle du cinéma français. Olivier Alexandre retourne la perspective habituellement retenue, en interrogeant non plus les fùms mais ceux qui les font. Là où les médias portent la lumière sur une poignée de stars et de réalisateurs, il revient sur le système, les logiques et manière-faire d'un univers dont la puissance de séduction cache une organisation codifiée, essentiellement rigide et stratifiée.

  • Quel système de concepts employer pour décrire les positions sociales et leurs mouvements ? Sur quels critères justifier ces choix ?

    L'ouvrage passe en revue l'ensemble des théories sociologiques de la stratification et de la mobilité sociales, produites depuis le xix e siècle en langues anglaise et française.
    Rémi Sinthon se livre ensuite à une critique de ces théories à l'aune d'une série d'im- pensés récurrents qui les traversent : essentialisation et routinisation des catégories d'analyse, conception symétrique de l'ascension sociale et du déclassement, préten - tion à un point de vue englobant, limitation des dimensions des positions sociales, etc. Plusieurs causes de ces biais sont identifiées, notamment la pensée d'État, et quelques conséquences en sont examinées : interférence de préoccupation d'action, présupposé de la stabilité des catégories d'analyse, idée fausse qu'une société prise isolément puisse monter ou descendre, découpage mal justifié de l'espace social en quelques grandes classes, etc.
    Rémi Sinthon dresse alors un bilan prenant parti sur les théorisations les plus perti- nentes, sur le critère de la protection qu'elles assurent contre les impensés rencontrés.

  • Et si, par-delà la dichotomie classique sujet-objet, les artefacts étaient appréhendés comme des agents voire des événements, et considérés dans leur rapport au temps et à l'espace ? Ce dossier propose l'étude des phé- nomènes, dispositifs et contextes par lesquels les objets adviennent en Grèce ancienne.

  • Omniprésent dans le débat public en France, mais souvent réduit à quelques activités distinctives comme l'agriculture et le tourisme, ou associé à des moments de crise (zones à défendre, scandales sanitaires, etc.), le monde rural est peu étudié par les sciences sociales.

    S'appuyant sur une enquête de terrain collective menée dans une région rurale du centre-est de la France, cet ouvrage propose une analyse renouvelée des campagnes françaises, attentive à la diversité des groupes sociaux et aux rapports de classe qui traversent ces territoires.
    En étudiant différentes scènes sociales - une entreprise publique, une société commu- nale de chasse, des élections municipales, les mobilisations contre les fermetures de classes, etc. -, il donne à voir un ensemble d'interactions entre agriculteurs, ouvriers, cadres ou enseignants. Cette approche permet d'affiner la compréhension des moda- lités d'implantation locale des groupes sociaux, de faire apparaître des proximités et alliances ou des différenciations et clivages rarement mis en évidence.

  • Le numéro 1-2018 des Annales est consacré à un dossier portant sur un sujet au coeur des débats historiographiques internationaux, les rapports entre micro- histoire et histoire globale. En effet, si l'approche microhistorique a été centrale dans la méthode historique au cours des deux dernières décennies du xx e siècle, on a pu avoir le sentiment d'un retournement complet à partir des années 2000 en faveur d'une histoire « globale » ou « connectée ». Cependant, cette opposi- tion relève largement du malentendu et certains des travaux les plus originaux publiés depuis dix ans combinent la microanalyse contextuelle avec une pers- pective mettant en avant l'échelle mondiale des phénomènes sociohistoriques.
    L'introduction et les articles réunis dans ce dossier chercheront à exposer ces enjeux méthodologiques à partir d'études de cas portant sur des circulations de pratiques, de personnes et d'objets, entre l'Asie, l'Afrique et l'Amérique du Sud entre le xvi e et le xix e siècle.
    Ce numéro comporte également un ensemble de comptes rendus portant sur l'histoire globale et l'histoire impériale, ainsi qu'une étude sur l'imprimerie véni- tienne à la Renaissance et une note critique sur le travail dans le monde romain antique.

  • Ce dossier entend étudier l'économie russe/soviétique par le prisme des pratiques semi légales de ses acteurs, c'est-à-dire en partant d'une interrogation sur la manière dont les Russes/Soviétiques entreprenaient certaines actions économiques dans le contexte contraint de pénurie et en dehors les directives de la planification. À travers des études de cas se situant dans différents contextes historiques - sous le stalinisme, les années 1960 et les années 1970-1980 -, les auteurs suivent au plus près, comment des directeurs d'entrepôt, des associations caritatives ou des clubs d'amateurs s'approprient biens et marchandises pour les utiliser d'une manière détournée de leur usage premier.
    Ce questionnement d'histoire matérielle, sur les parcours des objets et des mar- chandises se double d'une réflexion sur l'intention des acteurs sociaux et écono- miques. Les articles reconstituent leur perception sur la manière dont l'économie fonctionne réellement, en marge des circuits officiels. Faisant preuve de créativité, ces entrepreneurs se positionnent dans un système d'échanges hors les règles, mais répondant pourtant à un certain nombre de prescriptions morales. Le passage par une étude de cas, ou par l'épreuve de la micro-histoire, permet de faire émerger d'autres formes de rationalité économique et d'autres circuits d'échanges qui ont tout autant structuré l'histoire économique de cet espace que les régulations légales, réglementaires. Ces études demandent à être systématisées sur le long terme de l'histoire soviétique, voire de l'histoire russe.

  • Ce numéro est consacré à l'hospitalité en tant que paradigme conceptuel permet- tant de rendre compte de certaines formes d'échange, de mobilité et de gouver- nance particulièrement développées dans les sociétés de l'Asie centrale et orientale (Mongolie, Chine, Japon), aujourd'hui comme par le passé.
    En distinguant entre formes d'accueil institutionnalisées (hosting), pratiques de réception, et accumulation d'objets (hoarding), les contributions réunies montrent à quel point le paradigme de l'hospitalité permet d'appréhender une grande diver- sité de pratiques religieuses et politiques, aussi bien dans des sociétés hautement hiérarchisées que dans des démocraties individualistes.
    Deux études Varia viendront compléter ce dossier thématique par une réflexion sur l'hospitalité dans le cadre des politiques d'accueil et d'expulsion européennes à l'égard des migrants.

empty