• Après Montaigne, Antoine Compagnon nous invite à passer un été avec Pascal. Un siècle de différence entre les deux hommes qui sont tous les deux fondateurs de notre modernité, c'est-à-dire de la liberté d'esprit. Pascal (XVIIe siècle) comme Montaigne (XVIe siècle) traite de l'homme, de la société, de l'univers, du pouvoir, de la foi, de l'angoisse, de la mort, du jeu : le tout et le rien. Nous connaissons tous les sentences célèbres de Pascal : "Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie", "Qui veut faire l'ange fait la bête", "Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît point".
    Antoine Compagnon évoque à la fois la vie du génie Pascal (auteur du traité des Coniques), tout en allant chercher la signification de ses pensées elliptiques. Avec cette tournure d'esprit combinatoire, Pascal explore tous les possibles de la réflexion. En quarante et un chapitres (dont six inédits) il s'intéresse aussi bien à la question de la violence et de la vérité, de la tyrannie, à l'esprit de finesse, au divertissement et au juste milieu.
    Antoine Compagnon nous fait découvrir l'écrivain du miracle et de la grâce dont la pensée permet de mieux nous connaitre.

  • Nous voyons aujourd'hui l'Émile comme une anticipation révolutionnaire des méthodes nouvelles en éducation. Mais, en 1762, sa publication et son succès mettent le feu aux poudres : la façon dont Rousseau y nie le péché originel lui vaut condamnation de l'Église. Convaincu d'une forme de bonté naturelle de l'enfant, que n'aurait pas encore pervertie la société humaine, Rousseau en vient à l'idée que l'enfance est un moment essentiel de l'existence et que son développement obéit à des lois générales sur lesquelles tout bon pédagogue devrait s'appuyer.

    Les deux premiers livres de l' Émile portent sur les deux stades initiaux de l'enfance (de la naissance à 2 ans et de 2 à 12 ans), au cours desquels la pédagogie est, d'emblée, un enjeu des plus sérieux. Mettant en scène un gouverneur et son jeune élève à travers une narration théorique d'une infinie richesse, Rousseau nous donne à penser les questions les plus cruciales soulevées par toute réflexion sur l'enfance.

    Dossier.
    1. Les sources de la pensée éducative de Rousseau.
    2. L'Émile, un précis d'anthropologie rousseauiste.
    3. La pédagogie et l'enfance à l'époque des Lumières.
    4. Les approches de l'enfance d'inspiration rousseauiste.

  • Le texte fondateur de la philosophie moderne et de la raison occidentale. Son approche déductive, fondée sur la vérification des évidences, apporte une nouvelle architecture à l'édifice du savoir. Avec un dossier comportant des extraits commentés, organisés autour de thèmes tels que la méthode et la connaissance, la morale, la métaphysique, la physique ou encore la physiologie.

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  • 1677. Un groupe d'intellectuels publie à Amsterdam un livre intitulé oeuvres posthumes avec pour nom d'auteur : B.d.S. Qui se cache derrière ces initiales ? Bento de Spinoza, certes... mais pas seulement. Son livre est le produit d'échanges palpitants entre les savants de toute l'Europe, de querelles entre les communautés juives et chrétiennes mal unies, d'amitiés éternelles et même d'amours déçues.

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  • éloge de la folie

    Erasme

    L'Éloge de la folie est l'un des textes les plus célèbres d'Érasme et fut un bestseller européen dès sa parution en 1511. Le savant de Rotterdam y met en scène la déesse Folie s'adressant facétieusement aux hommes pour leur montrer qu'elle gouverne le monde. "Véritable dispensatrice de bonheur", fille d'Ivresse et d'Ignorance, Folie préside à toutes les circonstances de l'existene humaine: elle rend possible le mariage, la maternité, gouverne tous les métiers, soumet les rois et les prélats à son empire.
    Savoureux, comique mais aussi polémique, cet opuscule est un brillant exemple de la réinvention des formes antiques à la Renaissance.
    Parangon de l'éloge paradoxal et du jeu sérieux qu'affectionnaient les humanistes, cette courte déclamation parodique joua le rôle de détonateur du vaste mouvement de la Réforme protestante.

  • Les Lumières, selon Kant, c'est le fait pour chacun de se libérer des autorités et des préjugés qui l'empêchent de penser par soi-même. Mais penser par soi-même, cela ne veut pas dire se replier sur soi. C'est au contraire exposer ses idées dans l'espace public pour les partager avec toute l' humanité. Car les Lumières sont un progrès collectif : émancipation de la raison, liberté d'expression, éducation de la jeunesse - autant d'idéaux contenus dans cette devise, que Kant t'adresse : ose savoir !

    Dossier : Chronologie / Introduction à l'oeuvre / Plan du texte /Glossaire / Fiches thématiques / Enjeux contemporains / Bibliographie.
    En GF PHILO', le texte de l'oeuvre est donné à lire, dans son intégralité, sur la page de droite. En regard, des extraits tirés d'autres oeuvres viennent l'éclairer, le questionner, le prolonger.

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  • Je fus est l'oeuvre philosophique majeure de Bernard Charbonneau, qu'il considérait comme telle. Véritable odyssée philosophique, somme inspirée, testament d'un grand penseur, ce livre s'articule autour du concept qui aura été central dans toute la pensée de Charbonneau : la liberté. Il lui donne sang, chair, esprit, d'une manière incomparable. Un grand livre pour quiconque cherche à être libre.

  • Le sens de la vie, la beauté, la mort : pour comprendre ces concepts, il n'est pas nécessaire d'avoir fait dix ans d'études, ni de connaître le grec et l'allemand. Cet ouvrage vous invite à dialoguer avec les plus grands penseurs. Basé sur de nombreux exemples et anecdotes, il présente dans un langage accessible un panorama de l'histoire de la philosophie de l'âge classique à nos jours.

    Découvrez comment :
    - Aborder le rationalisme et l'empirisme ;
    - Comprendre la philosophie des Lumières ;
    - Découvrir la philosophie moderne et contemporaine ;
    - Trouver la réponse à dix grandes questions philosophiques ;

  • Emmanuel Kant est un philosophe allemand du milieu du XVIIIe siècle fondateur du criticisme (philosophie critique tendant à se baser sur les fondements, étendues et limites de notre connaissance). Son ouvrage le plus connu, La critique de la raison pure, explore cette thématique: que puis-je connaître? Que dois-je faire? Que m'est-il permis d'espérer?
    Dans cet ouvrage, l'auteur vulgarise les principes fondamentaux de la philosophie kantienne qui selon lui est une philosophie positive, raisonnable dans ce que nous pouvons connaître, altruiste, et faite d'une vision saine de l'homme.

  • Quel est le gouvernement le plus adapté à la nature humaine ? Posée au XVIIIe siècle par Montesquieu, cette question est profondément actuelle. Ce traité de théorie politique publié en 1748 expose les grands principes régissant l'histoire des sociétés politiques. Il examine les différents types de gouvernements, monarchie, aristocratie, république et despotisme. Et il pose la question de l'existence d'un régime politique universellement valable. Personnalité essentielle du Siècle des Lumières, Montesquieu a marqué le monde intellectuel en tant que philosophe de l'histoire et figure fondatrice de la science politique.

  • Véritable somme politique, De l'esprit des lois (1748) est le chef-d'oeuvre de Montesquieu. L'auteur y engage tout à la fois une réflexion sur les différents gouvernements, une enquête sur les sociétés humaines et une analyse comparée des lois, afin de former tout homme à évaluer l'intervention législatrice. En s'attachant à saisir "l'esprit des lois" - ou rapports que les lois entretiennent avec le climat, la religion, les moeurs, les richesses et le commerce de chaque peuple -, il propose une manière nouvelle d'appréhender la réalité sociale.
    Cette anthologie, qui rassemble et présente les livres les plus célèbres de L'Esprit des lois, permet au lecteur de saisir les principaux enjeux philosophiques de cet ouvrage incontournable.

  • Dans cet ouvrage, à la fois synthèse encyclopédique et programme de recherche novateur, Jonathan Israel propose de réviser en profondeur notre représentation des Lumières et de la modernité : il nous invite tout d'abord à considérer comme un ensemble la période qui va de l'âge d'or du rationalisme classique au Siècle des Lumières, à ne pas limiter notre regard à la France et à l'Angleterre, autrement dit aux deux pays qui se disputent habituellement le rôle de centre géographique et historique des Lumières, mais à l'étendre à toute l'Europe, et à ne pas nous en tenir aux grandes figures qui peuplent le plus souvent le panthéon des manuels d'histoire et de philosophie ; surtout, il analyse les effets de l'onde de choc durable provoquée en Europe par l'oeuvre de Spinoza : pour Israel, pendant un siècle et demi, l'Europe a été travaillée en profondeur par le spectre du spinozisme. Le « spinozisme », cette constellation transeuropéenne de penseurs radicaux, a ainsi selon lui contribué de façon décisive, par son travail de sape des autorités établies, à définir de manière polémique la modernité qui est encore la nôtre. C'est donc une histoire alternative des origines de l'Europe contemporaine que nous donne à lire Jonathan Israel.

  • Un portrait en négatif du philosophe qui a le plus influencé les libertins français des 17 et 18e siècles, Giulio Cesare Vanini: cet «athéiste et blasphémateur» brûlé vif à Toulouse en 1619 a suggéré, après Giordano Bruno, que l'univers est infini, que Dieu se confond avec la nature, que l'âme meurt avec le corps, que les religions sont des impostures... Il a frappé les esprits en mourant «en philosophe», plaisantant et blasphémant jusqu'au bûcher - on a dû lui arracher la langue. Vanini, portrait au noir donne à lire les récits de son exécution, qui ont fait de lui un martyr, et les attaques haineuses des dévots, qui ont paradoxalement diffusé sa pensée. Avant cette anthologie de documents, une longue présentation donne une vue plus objective du personnage, de ses idées et de son influence.

  • Peut-on concilier variété des désirs individuels et quête universelle du bonheur ? Y aurait-il un dénominateur commun aux désirs de chacun ? Peut-on imaginer des principes nous permettant de bien vivre ? Spinoza distingue d'emblée actions, portées par la raison, et passions, contraintes depuis l'extérieur. Parce qu'indépendantes de notre seule volonté, les passions sont généralement mauvaises. Le libre examen et l'intelligence confèrent au contraire à l'homme une puissance d'agir, garantie de son bien-être. Il faut donc oeuvrer à parfaire ses facultés d'entendement. D'un même allant, être de nature, l'homme ne peut faire fi des contingences extérieures, et encore moins d'autrui. Spinoza expose les fondements de la sociabilité humaine, vertu à laquelle accéder par l'exercice de la raison.

  • Profondément déçu par la vie, Baruch Spinoza cherche un bonheur qui ne soit pas "vain et futile", mais au contraire qui lui procurerait "une joie continuelle et suprême pour l'éternité". Un vaste programme qui va amener progressivement le jeune homme sur la voie de la philosophie.Cette démarche est le sujet du Traité de la réforme de l'entendement, oeuvre initiatique fondamentale pour aborder la pensée de Spinoza, ici vulgarisée avec talent et humour.

  • « Prince des philosophes », selon Deleuze, « moment crucial de la pensée moderne », selon Hegel, Baruch Spinoza (1632- 1677) est considéré comme le philosophe le plus dérangeant du XVIIe siècle. Héritier dissident de Descartes, il décida de suivre la raison jusqu'au bout et élabora ainsi une philosophie radicalement neuve, aux conséquences révolutionnaires.
    Ce volume permet d'accéder à l'intégralité de ses écrits dans les traductions originelles de Charles Appuhn, depuis Les Principes de la philosophie de Descartes jusqu'au chef-d'oeuvre qu'est l'Éthique, en passant par le Traité politique, le Traité théologico-politique, le Traité de la réforme de l'entendement, le Court Traité, les Pensées métaphysiques et la correspondance.
    Outre la rigueur métaphysique préfigurée par le Court Traité et accomplie dans l'Éthique, on voit ici se déployer une réflexion de grande envergure et aux directions multiples. Politique d'abord : Spinoza traite du droit naturel, du contrat social, de la nature des régimes et des États, comme de la place des affects dans l'élaboration d'un champ social. Théologique ensuite : il teste une nouvelle méthode littérale de lecture de la Bible, en attribuant à l'interprétation une portion congrue. Morale enfin : le philosophe interroge les thèmes de la liberté, du bien et du mal dans leur existence même.
    Autant de domaines où s'affirme la volonté de n'obéir qu'à la raison et d'en accepter les verdicts et les principes. Nul n'a mieux défini que Spinoza ce que signifie philosopher : « Ne pas rire, ne pas déplorer, ne pas haïr, mais comprendre. »

  • Lettres philosophiques

    Voltaire

    En 1726, contraint de s'exiler de Paris à la suite d'une altercation, Voltaire choisit l'Angleterre. Très vite, il constate que cette «île de la Raison», rivale de la France depuis toujours, a pris de l'avance : monarchie constitutionnelle, tolérance religieuse, liberté de pensée... N'y a-t-il pas là matière à réflexion, pour une France ruinée par les guerres de Louis XIV et agitée par les scandales de la Régence?
    Nourri des lectures de Shakespeare, de Newton et de Locke, Voltaire entreprend d'écrire son premier ouvrage polémique : les Lettres philosophiques (1734) ont l'effet d'une bombe. Vif et mordant, ce petit livre explosif respire l'optimisme des Lumières. On y trouve en germe l'ensemble des idées qui constitueront la philosophie de Voltaire et qui feront de lui le maître à penser de toute une époque.

  • Dans cette fresque, Élisabeth Badinter, observatrice de l'évolution des moeurs et des mentalités, éclaire de façon inédite la société des Lumières, cette « tribu » intellectuelle qui inaugure les Temps modernes, ses grandeurs et ses faiblesses. Les savants et philosophes qui jusque-là constituaient la République des Lettres travaillaient le plus souvent en vase clos. Assujettis aux institutions, ils n'échangeaient qu'entre eux et pour leur seul profit. Avec l'émergence, au milieu du XVIIIe siècle, d'une opinion publique éclairée et de plus en plus puissante, le pouvoir change de camp. On voit naître chez les intellectuels trois « passions » successives qui suscitent rivalités et surenchères au prix d'affrontements parfois terribles.
    La première de ces passions est le désir de gloire, et à travers lui l'apparition d'une nouvelle figure incarnée par d'Alembert, codirecteur de l'Encyclopédie avec Diderot : celle du philosophe soucieux de s'imposer comme le meilleur, qui aspire tout à la fois à séduire l'opinion et à s'attirer la reconnaissance de ses pairs. C'est ce même d'Alembert qui introduit une deuxième passion : l'exigence de dignité. Ayant conquis notoriété et autonomie aux yeux de leurs contemporains, les encyclopédistes, conscients du savoir dont ils sont les détenteurs, appellent désormais au respect de leur indépendance et se refusent à toute concession à une autorité extérieure. C'est alors qu'on assiste à la naissance et à l'affirmation de leur troisième grande passion : la volonté de pouvoir, représentée par Voltaire avec un courage qui force l'admiration. Autour de lui se forme un vrai parti politique, le parti des philosophes, qui modèle peu à peu la pensée de la bourgeoisie et prépare l'avènement de la Révolution au nom de la justice, de la liberté et de l'égalité entre les hommes.
    Dans cette étude de grande ampleur, Élisabeth Badinter fournit autant de clés pour comprendre et décrypter l'histoire d'un monde intellectuel dont l'influence sur celui d'aujourd'hui est loin d'être dissipée.

  • Essai sur l'origine des langues Lettre sur la musique française Examen de deux principes avancés par Monsieur Rameau La pensée esthétique de Rousseau fait de la musique son modèle privilégié et, pour la comprendre, retourne à sa matrice : les langues. Les trois textes proposés ici délimitent leur cible : l'esthétique classique et son représentant illustre, Rameau. Mais au-delà du débat polémique, ils engagent une philosophie tout entière. Parler, chanter y sont analysés en fonction d'enjeux moraux et politiques. Homme du besoin ou homme du désir, harmonie ou mélodie, alphabets ou hiéroglyphes ? Questions de priorité, questions d'origine auxquelles Rousseau s'attelle et dont les réponses dessinent une grande philosophie qui voit dans la musique le prototype d'un langage en deçà des langues et dans la représentation des états d'âme, dans l'accès à l'intimité psychique, la fin que devrait se proposer tout artiste.

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  • Cette fable politique du XVIIIe siècle, trop souvent réduite à l'idée que « les vices privés font les vertus publiques », est ici présentée par Dany-Robert Dufour. Il montre dans son introduction pourquoi ce texte est le ferment de la pensée libérale et comment, dès sa sortie en 1723, il déclenche un scandale, les esprits bien-pensants de l'époque jugeant l'ouvrage pernicieux et diabolique.
    Bernard de Mandeville démonte dans une fable aussi impudente qu'effrontée les artefacts de la morale commune. Contrairement à Rousseau pour qui l'homme est naturellement bon, Mandeville le conçoit comme un véritable fripon. Cette fable, publiée dans une nouvelle traduction, est accompagnée d'autres textes de l'auteur qui permettent de comprendre l'importance de l'utilité sociale de l'égoïsme et les ressorts économiques de la prospérité.

  • Biographies revisitées, correspondances inédites, interprétations nouvelles... Le père de la psychanalyse continue de susciter toujours plus de publications et de controverses. En a-t-on tiré une meilleure connaissance de sa personne et de son oeuvre ? Qui se souvient vraiment de ce que nous devons à Sigmund Freud ?
    En laissant volontairement de côté les nombreux développements et les commentaires qui ont suivi, Jean-Michel Quinodoz, psychanalyste praticien, nous présente dans toute leur fraîcheur et leur originalité les notions-clés découvertes par Freud.
    Il offre ainsi l'occasion de retourner à l'essentiel d'une pensée révolutionnaire qui, éclairant le travail clinique quotidien des psychanalystes, n'a rien perdu de sa portée.

  • Dans ce texte important dans son oeuvre, le philosophe russe décrit déclin de la spiritualité et la déshumanisation d´un monde qui bascule vers le totalitarisme (1936). Il analyse notamment l´idée de guerre, imposée par des régimes politiques collectivistes qui font régner le matérialisme et le mépris de l´individu, mais aussi la servitude volontaire de ce dernier, qui aspire à la force au détriment de lui-même et de sa liberté. La technique, les concepts nouveaux de race, de nationalité, les totalitarismes sur le point de tout emporter Berdiaeff prophétise quelques années avant la guerre que l´homme est en voie de bestialisation, au point de se demander s´il mérite encore d´être appelé tel. Comme souvent dans son oeuvre, Berdiaeff s´appuie sur son christianisme pour appeler à une renaissance spirituelle, en admonestant toutefois les chrétiens et leur hypocrisie.

  • Dans le premier volume de ce diptyque, L'Esprit du Temps présentait le premier texte de Pierre-Joseph Proudhon Qu'est-ce que la propriété, daté de 1842. Dans ce second opus, dénommé "Théorie de la propriété" - ouvrage posthume publié en 1871 par ses collaborateurs - le célèbre inventeur de la formule "la propriété c'est le vol" approfondit ses réflexions et ses recherches et soumet au lecteur une toute nouvelle théorie philosophique et sociale sur l'organisation de la société en déclarant : "la propriété c'est la liberté". Ce texte bien moins connu que celui réédité récemment est à (re)découvrir. On y décèle le fruit de ses rencontres avec Auguste Blanqui et Karl Marx. Proudhon tout en affirmant sa pensée, ses théories, fait preuve d'une honnêteté intellectuelle que peu de penseurs ont su développer... Il soutient, depuis 1862, que "la propriété, c'est la Liberté". Au-delà des phrases chocs et de la polémique ou des caricatures, ces textes et discours permettront au lecteur de mieux appréhender la vision sociale de cet extraordinaire penseur. Enfin réunis, son discours et ses textes, proposent le cheminement de la pensée de ce grand théoricien et révolutionnaire, trop souvent caricaturé - et on comprendra pourquoi - à notre époque où le capitalisme néolibéral triomphe.

  • Avec ce volume, nous inaugurons le passage progressif en collection de poche de certains titres épuisés en grand format de notre nouvelle édition des oeuvres de Léon Chestov, les rendant ainsi accessibles au public des étudiants en philosophie et en littérature.
    La Philosophie de la trage´die est son troisie`me livre, une oeuvre de sa premie`re pe´riode, publie´e originellement en 1901 dans Le Monde de l'art, la ce´le`bre revue de Diaghilev, puis en volume en 1903.
    Chestov poursuit ici la re´flexion amorce´e dans Shakespeare et son critique Brande`s, qui e´tait de´ja` « une apologie de la trage´die » telle qu'elle apparai^t dans Hamlet, Lear ou Macbeth. Son second livre, L'Ide´e du bien chez Tolstoi¨ et Nietzsche, rompait plus nettement encore avec l'ide´alisme en opposant la philosophie de Nietzsche, dont la rencontre l'a bouleverse´, a` la sagesse du romancier russe.
    Tolstoi¨ (encore vivant a` l'e´poque de la re´daction du livre) est e´galement pre´sent dans La Philosophie de la trage´die, mais Chestov s'attache ici, d'une manie`re si personnelle qu'elle trahit sans doute une expe´rience autobiographique, a` e´clairer chez le romancier de La Voix souterraine et chez le philosophe de Humain trop humain le moment ou` les convictions ide´alistes entretenues dans leur jeunesse se sont trouve´es bouleverse´es et ou` ils ont pe´ne´tre´ dans un domaine de l'esprit humain ou` les hommes n'entrent d'habitude qu'a` leur corps de´fendant. Or c'est la`, a` proprement parler, pour Chestov, le domaine de la trage´die.
    De`s ce moment, et c'est ce qui rend son oeuvre actuelle et prophe´tique, Chestov de´crit l'ide´alisme comme « semblable aux e´tats despotiques orientaux » : « Du dehors tout apparai^t splendide et ba^ti pour l'e´ternite´ ;
    Mais a` l'inte´rieur, c'est atroce. » Aux tenants de l'ide´alisme, c'est-a`-dire a` la quasi-totalite´ de la tradition philosophique, il pre´fe´rera donc toujours les Nietzsche et les Dostoi¨evski : ceux qui donnent la parole a` « l'homme souterrain » qui s'offense des lois de la nature et, dans la souffrance, cherche « la` ou` personne n'avait cherche´, la` ou`, selon la conviction ge´ne´rale, il ne peut y avoir que te´ne`bres et chaos », ceux qui brisent les chai^nes qui entravent l'esprit humain, avide de liberte´.

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