Allemagne

  • Cette histoire globale de l'Allemagne s'articule autour des grandes césures politiques de son histoire. Elle commence en 1871, avec la création du Kaisereich qui réalise son unité politique : l'Allemagne devient un empire, forgé entre 1850 et 1870, en un enchaînement funeste grâce aux guerres d'unification voulues par Bismarck en 1864, 1866 et 1870. Suit l'affermissement de sa puissance économique par ses révolutions industrielles. Viendront ensuite, la Première Guerre mondiale et le diktat du traité de Versailles, la République de Weimar, l'arrivée d'Hitler et son accession au pouvoir avec le NSDAP, le glissement et l'infiltration de l'idéologie nazie au coeur de la nation, la Seconde Guerre mondiale, les camps d'extermination, la défaite, le partage du pays entre RDA et RFA mais aussi ce formidable moment d'histoire, qui dépasse le cadre de la seule Allemagne,qu'est la réunification en octobre 1990.

    Tenant compte des dernières recherches historiographiques, Marie-Bénédicte Vincent relève le défi de faire comprendre cette histoire à la fois riche et douloureuse au moyen d'une grande synthèse. Retraçant de manière concise l'évolution de l'Allemagne depuis le XIXe, elle insiste notamment sur les échanges, les circulations qui traversent les frontières politiques tout en analysant les courants idéologiques, politiques et culturels. Un futur classique.

  • La collection L'âme des peuples répond aux questions que se posent voyageurs, hommes d'affaires, étudiants, touristes ou hommes politiques sur les ressorts profonds des pays et des peuples qu'ils rencontrent.
    Une démarche centrée sur la compréhension des peuples et de leur patrimoine intellectuel et culturel, en Europe d'abord, dans le reste du monde ensuite.
    Une façon de découvrir les nuances d'un pays et d'un peuple sans se perdre dans des références culturelles ou historiques compliquées.
    Une occasion unique de donner la parole à de grands témoins sur les réalités cachées - ou négligées - de leurs pays.
    Une équipe d'auteurs, écrivains-journalistes aux regards originaux, nourris de leur familiarité avec le pays concerné, sa langue, sa culture, sa géographie, son histoire et sa population.
    Parce que pour convaincre les peuples, il faut d'abord les comprendre.

  • Qui est Marthe Hoffnung alias Fräulein Ulrich - cette femme de l'ombre, au service des Résistants français et luttant contre les forces nazies ? Marthe, la blonde, qui maîtrise l'allemand comme personne d'autre, est une espionne juive qui a infiltré les lignes ennemies. Elle parvient à saboter les opérations allemandes de l'intérieur et brave ainsi tous les dangers de la guerre - le froid, la faim, les guets-apens - et de l'espionnage - les manipulations, les dénonciations, les machinations, l'attente de l'action, l'angoisse du danger qui rôde - jusqu'à transmettre aux forces alliées les renseignements décisifs qui permettront de détruire l'ennemi. Rédigés à la manière d'un récit épique, ces mémoires témoignent du destin singulier d'une femme hors du commun qui mena une lutte acharnée contre le mal.

  • C'était l'époque des bals costumés, de Metropolis et de Josephine Baker; des découvertes scientifiques cruciales, de la verve littéraire et du chaos politique engendré par la République de Weimar. Après le succès fracassant de Hollywood dans les années 1930 et Jazz. Dans le New York des Années folles, l'illustrateur Robert Nippoldt s'est associé à l'auteur Boris Pofalla pour évoquer la métropole trépidante et libre qu'était Berlin dans les années 1920.

    Composé comme une visite touristique de la ville à travers le temps, Berlin of the Roaring Twenties raconte la dimension urbaine et les épisodes complexes d'une décennie de mutations, des longues artères illuminée par le nouveau réseau d'éclairage électrique aux planchers qui vibrent dans toute la ville au rythme du fox-trot et du tango. Faisant montre de sa maîtrise graphique de la lumière, de l'ombre et de l'expression, grâce à la patine que confère le tirage argentique, Nippoldt alterne portraits et paysages pour montrer le décor changeant et les centres dynamiques de cette capitale en plein essor et en pleine industrialisation, ainsi que les personnages extraordinaires qui peuplaient ce vivier artistique, scientifique et idéologique.

    Animé par une curiosité sincère pour les excentriques et marginaux, qui façonnèrent cette époque entêtante, autant que pour les «puissants», Nippoldt dresse le portrait de personnalités comme Lotte Reiniger, Christopher Isherwood, Albert Einstein, Kurt Weill, Marlene Dietrich et George Grosz, mais aussi de Thea Alba, « la femme aux dix cerveaux », de Magnus Hirschfeld, le « Einstein du sexe », et du fameux criminel local Adolf Leib. C'est ainsi que le livre pose un regard particulier sur certains des phénomènes culturels et politiques les plus marquants de l'époque, et s'attache aux plus grandes vedettes du grand écran ou à l'atmosphère chaotique engendrée par le gouvernement de Weimar.

    Au-delà des protagonistes et des lieux, le livre saisit surtout l'esprit incomparable et ineffable d'un endroit et d'un moment, d'une époque suspendue entre deux guerres mondiales et d'un pays tiraillé entre l'audace de céder à la joie de vivre et la noirceur envahissante du national-socialisme. Avant que la nuit tombe, Nippoldt nous montre tout: le feu des projecteurs et les murmures en coulisses, les usines qui sortent de terre et la physique théorique, le rugissement des stades et le silence feutré des théâtres, les chansons des Comedian Harmonists, les satires de George Grosz et l'icône Marlene Dietrich, qui ébranle les caractéristiques du genre avec sa cigarette, son chapeau haut-de-forme, son smoking, et son fameux regard aguicheur.

  • Il n'existe pas d'ouvrage consacré à l'histoire de la Prusse à proprement parler : elle ne constitue généralement qu'une partie de l'histoire de l'Allemagne. Son cas est pourtant unique : pourquoi le puissant État de Frédéric II et de Bismarck choisit-il de disparaître pour devenir au XIXe siècle l'instrument de l'unité allemande ?

    De sa naissance au Moyen Âge à sa dilution dans l'Empire allemand, cette étude retrace l'histoire de la Prusse en mettant en lumière son héritage prégnant, militaire, mais aussi religieux, culturel, moral et juridique, indispensable pour comprendre l'Allemagne contemporaine.

  • Très concrètement,s?évader implique de quitter le camp au péril de sa vie, de voyager pendant plusieurs jours en terre ennemie, au milieu d?une population hostile dont on peut ne pas maîtriser la langue et de traverser des frontières ou des lignes de démarcation, parfois des mers. » Après avoir combattu héroïquement lors de la bataille de France, en 1940, Géraud de Bonnafos est fait prisonnier par les Allemands et interné dans un camp pour officiers. Mais son caractère, et les valeurs militaires qu?on lui a enseignées, le poussent à résister, et à entreprendre tout ce qui est en son pouvoir pour s?évader. Il réalise plusieurs tentatives malheureusement infructueuses. Ses conditions de détention se détériorent et son état de santé se dégrade. Sa vie est en danger et, en 1942, il est libéré pour raison sanitaire, les Allemands jugeant impossible que ce mourant reprenne un jour le combat.
    Le lieutenant de Bonnafos continuera la lutte à sa manière : en enseignant les techniques d?évasion ! Ce manuel est tiré d?une conférence qu?il a prononcée pendant la guerre dans un sanatorium. Il y détaille les conditions de détention et toutes les techniques d?évasion qu?il a vu réussir. Surprenant et plein d?humour, ce texte fait découvrir l?incroyable ingéniosité dont ont fait preuve ces soldats français qui ont réussi à s?échapper?

  • Histoire de Dresde

    Philippe Meyer

    • Cnrs
    • 23 Mai 2019

    13 février 1945 : le centre de Dresde est réduit à une immense ruine par les bombardements alliés. En quelques heures, trente-cinq mille hommes périssent et des tas de pierres anonymes recouvrent des siècles d'une riche histoire culturelle.
    Car cette ville des bords de l'Elbe n'a cessé d'attirer de nombreux artistes, qu'ils soient peintres, compositeurs, écrivains ou architectes. Les musées de Dresde renferment des toiles vénitiennes, florentines et allemandes, de Canaletto à Emil Nolde. Jean Sébastien Bach, Chopin, Weber, Liszt, y ont écrit des oeuvres admirables et Wagner y a découvert l'inspiration. La Madone Sixtine de Raphaël, acquise par Dresde, fut aussi un talisman pour des auteurs comme Friedrich Nietzsche.
    Il fallait donc revenir sur l'histoire de cette ville étonnante qui devient, à la fin du XVe siècle, la capitale du duché de Saxe. Profitant des opulentes mines d'argent, les illustres princes saxons ont fait rayonner cette ville jusqu'à susciter l'intérêt des principales capitales européennes. Mais Dresde a succombé au péril du jeu politique. Elle s'est trompée d'allié en adhérant à la mégalomanie de Napoléon Ier, et a dû subir la revanche des souverains européens au XIXe siècle. C'est au XXe siècle que l'histoire de Dresde est la plus noire : du bombardement à l'occupation soviétique jusqu'au succès électoral du parti populiste droitier AfD, la trajectoire de cette ville unique n'a pas fini de nous surprendre.

  • En France, l'Allemagne est vue par certains responsables économiques et politiques comme un modèle : faible taux de chômage, fort excédent budgétaire, organisation politique décentralisée, succès de la Réunification illustré par le rattrapage presque achevé du retard économique qu'avaient pris les Länder de l'Est. Néanmoins, la « crise » migratoire de l'été 2015 et l'accueil de près d'un million de réfugiés ont eu des conséquences politiques négatives. L'AfD a profité de cette arrivée soudaine et « massive » pour défendre l'identité de la nation allemande que ses leaders estiment menacée ; et faire une percée forte et rapide. L'Allemagne rejoint ainsi les États européens confrontés à des partis d'extrême droite nationalistes et hostiles aux institutions européennes. En outre, la situation économique est-elle si solide que les excédents budgétaires le laissent supposer ? L'industrie allemande est dépendante de ses exportations hors pays européens. Elle subit donc directement le ralentissement économique de la Chine, qui, de plus, commence à produire elle-même les biens qu'elle importait jusqu'à présent. Par conséquent, le troisième (et dernier) mandat d'Angela Merkel se déroule dans un contexte moins favorable que les précédents et elle n'apparaît plus comme la leader incontestable de l'Union européenne. La question militaire, à travers l'adhésion à l'Otan, interroge aussi le rôle de l'Allemagne dans la politique internationale.
    Qu'en est-il réellement de l'Allemagne en 2019, trente ans après la chute du Mur ? La prospérité économique cache-t-elle quelques faiblesses ? Ce numéro a été réalisé avec la collaboration de Boris Grésillon, chercheur au Centre Marc-Bloch de Berlin, et de Christophe Strassel, professeur associé à l'université de Lille.

  • C'est à un mystère que s'attelle ici François Heisbourg, relatant le parcours de l'étrange baron Franz von Hoiningen. Cet officier allemand qui traverse deux guerres mondiales, s'engage spontanément dans le parti nazi, puis sauve des centaines de Juifs et de résistants - dont le père de l'auteur -, qui s'évade d'Allemagne avec la Gestapo aux trousses après avoir été « mouillé » dans le complot contre Hitler, finit son odyssée dans les bras de sa femme au Luxembourg et disparaît de tous les écrans radar. Au point que ce récit aurait pu s'appeler « L'homme sans visage », tant il a été difficile de trouver une trace photographique de lui.
    Qui était-il ? Comment passe-t-on à un moment donné du mal au bien ? Quelle est l'alchimie de cette « banalité du bien » ?

  • Dans ce texte de 1915, Émile Durkheim revient sur l'origine de la Première Guerre mondiale. Selon lui, son déclenchement ainsi que la conduite de l'Allemagne durant la guerre ne s'expliquent pas en termes géopolitiques mais trouvent bien leur origine dans la « mentalité allemande », dans son caractère national. Cette nouvelle édition, à cent ans de distance, est éclairée par une conférence de Bruno Karsenti dans laquelle il révèle en quoi ce pamphlet procède bien de l'analyse sociologique.

    Publié pour la première fois en pleine hécatombe de la Grande Guerre, L'Allemagne au-dessus de tout est un texte de combat. En sociologue, Durkheim y révèle la dynamique sociale dont la guerre est le résultat. Tel un médecin sur son patient, il se penche sur le cas allemand, et son diagnostic est sans appel : l'Allemagne est malade de sa volonté car elle pratique l'idéalisme de façon pathologique. Pourtant, considéré comme un texte de circonstance, voire de pure propagande nationaliste, cet écrit de Durkheim fut longtemps occulté par les sociologues français.
    Levant le voile sur le caractère sulfureux du texte, Bruno Karsenti montre comment il condamne au contraire le nationalisme et s'insère parfaitement dans la sociologie d'Émile Durkheim, ses théories sur les dangers inhérents aux sociétés modernes et sur les typologies du suicide.

  • Ce livre retrace avec précision et une multitude d'anecdotes l'histoire du Mur de Berlin et de l'Allemagne divisée puis réunie pacifiquement. Les Codes-QR intégrés invitent à revivre en vidéo sur YouTube les moments importants du mur et de sa chute.

  • Européens, Anglo-Saxons ou Asiatiques, anonymes et personnalités célèbres, ils furent nombreux à sillonner l'Allemagne de 1933 à 1939. Flânant de Brême à Heidelberg, ces touristes parcoururent les lieux de pèlerinage du nazisme en action, Munich-Nuremberg-Berchtesgaden, jusqu'au camp de concentration de Dachau.
    Quelles furent leurs impressions face à ce pays aussi séduisant qu'effrayant, doté de structures d'accueil performantes ? Tantôt parodie de voyages-Potemkine, riche en mises en scène, tantôt fenêtre entr'ouverte sur l'autoritarisme, l'Allemagne nazie a su attirer des sphères aussi variées que les cercles mondains, les anciens combattants, les diplomates, les journalistes, le monde des arts ou les grands dirigeants économiques. Des préparatifs, véritable tour sur soi avant la confrontation au nazisme, à la diffusion du retour, les différents temps du voyage révèlent une chronologie propre aux méthodes de séduction mises en place par le Troisième Reich à l'égard de l'étranger.
    En s'appuyant sur une riche documentation littéraire, Frédéric Sallée dresse un tableau nuancé et novateur des relations internationales de l'Allemagne des années trente. De l'approbation aveugle au rejet inconditionnel d'un séjour en « Hitlérie », la gamme variée des réactions des voyageurs révèle comment le pays façonna son image aux yeux du monde.
      Agrégé, Frédéric Sallée est docteur en histoire de l'université de Grenoble-Alpes. Spécialiste de l'Allemagne nazie et de ses représentations, il est membre associé au laboratoire universitaire Histoire Cultures Italie Europe (LUHCIE).

  • Richard Müller (1881-1943), à la tête du réseau des délégués d'atelier, fut plus que les spartakistes l'artisan de la chute du régime impérial en 1918 et par la suite l'un des acteurs principaux de la longue séquence de la "révolution allemande" (jusqu'en 1923). L'échec de celle-ci sera une des causes de la dégénérescence de la Révolution russe et plus tard de la victoire du nazisme. La biographie de cet ouvrier tourneur permet de retracer l'événement sous un autre angle, un peu différent de l'épopée spartakiste construite autour de la figure mythifiée de "Rosa" et du rôle de Liebknecht, car pris depuis le coeur la classe ouvrière. Cette biographie écrite par l'historien allemand R. Hoffrogge a paru à Berlin en 2008 et y a connu un grand succès.

  • Saskia Hellmund est née en 1974 en RDA. Elle a 15 ans quand les manifestants envahissent les rues de Leipzig et de Berlin pour faire tomber le régime socialiste. Elle a 16 ans quand la réunification des deux Allemagnes est scellée. Alors, son pays natal n'existe plus, elle n'a plus de patrie.
    Dans son récit autobiographique "La fille qui venait d'un pays disparu", Saskia Hellmund témoigne de cette époque trouble qui a forgé sa personnalité. Elle décrit son vécu et livre en même temps une analyse des événements historiques qui ont changé le coeur de l'Europe il y a tout juste 25 ans.
    Lesmanifestations contre le régime est-allemand, les dangers, les incertitudes, les bouleversements pour la population, les conséquences de la réunification pour l'Allemagne de l'Est.l'analyse des faits historiques dévoile une autre vision de la fin de la Guerre froide, jusqu'alors inconnue en France.
    La Chute duMur a été un moment de grande émotion,mais également un choc pour les Allemands de l'Est. Devoir s'adapter du jour au lendemain à une autre façon de vivre, à d'autres valeurs et exigences, faire face aux fléaux de la société actuelle comme l'insécurité et le chômage : la nouvelle liberté acquise a eu une face cachée. Perdre son pays, ses habitudes et voir dévaloriser ses origines ont été des expériences traumatisantes.
    Saskia Hellmund est historienne de formation et a enseigné à la Sorbonne. Actuellement, elle travaille comme guide touristique en Bretagne.

  • Lors de son procès à Jérusalem en 1961, Adolph Eichmann se présenta comme un petit bureaucrate qui n'aurait fait qu'obéir aux ordres. Envoyée par le New Yorker pour couvrir le procès, Hannah Harendt écrivit quant à elle qu'Eichmann était certes un criminel antisémite notoire devant être châtié, mais qu'il n'aurait fait preuve d'aucun fanatisme particulier : davantage préoccupé par sa carrière qu'autre chose, il aurait été incapable de distinguer le bien du mal. Cette thèse dite de la « banalité du mal » déclencha un tollé lors de sa parution.
    Très respectueuse de la grande spécialiste du totalitarisme, la philosophe et historienne allemande Bettina Stangneth démontre ici, nouveaux documents à l'appui et l'on en reste saisi d'effroi que cette thèse ne saurait s'appliquer à celui qui fut l'un des plus grands artisans de la « solution finale ». Comment pourrait-il en aller autrement alors que, fuyant en Argentine avec la complicité du Vatican en 1950, celui qui s'assura que les Juifs soient massacrés dans les camps de la mort osa déclarer que même si l'Allemagne nazie perdait la guerre, il sauterait dans la tombe avec joie parce qu'avoir cinq millions de victimes sur la conscience lui procurait une intense satisfaction ?
    S'il n'était que cela, cet ouvrage salué par la critique mondiale serait déjà un grand livre. Mais il y a plus. Il démontre qu'aujourd'hui encore l'abcès Eichmann est loin d'être vraiment percé.

    Titre VO : Eichmann vor Jerusalem, das unbehelligte Leben eines Massenmörders  

  • Après Marthe et Mathilde et La Robe de Hannah, le nouveau livre de Pascale Hugues.

    Pascale Hugues vit en Allemagne depuis quinze ans. Elle est correspondante pour Le Point à Berlin. L'Allemagne n'est pas encore son vrai Heimat, le sera-t-elle jamais d'ailleurs ? Et la France a cessé d'être le pays familier de son enfance. Qu'elle soit en France ou en Allemagne, Pascale Hugues observe et sonde le monde qui l'entoure :
    Un été torride sur une plage de nudistes au bord d'un lac vous en dit long sur le rapport des Allemands à leur corps, à l'érotisme, à la liberté. Un déjeuner à la cantine du Sénat à Paris et quelques jours plus tard à celle du Bundesrat à Berlin est plus instructif que tout traité de droit constitutionnel sur le fonctionnement de la démocratie dans les deux pays. Une promenade au jardin du Luxembourg et dans son pendant berlinois le Tiergarten montre combien l'ordre et la nature sont des concepts différents pour les Français et les Allemands.

  • Cet ouvrage offre un panorama complet de l'histoire allemande depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il retrace les destins parallèles de la RFA et de la RDA jusqu'à la réunification et présente les racines et lignes de conduite qui font aujourd'hui de l'Allemagne la puissance majeure de l'Union européenne. Cette étude comparative des deux régimes, de part et d'autre du Mur, est inédite. L'auteur prend soigneusement en compte les dernières recherches des historiens allemands, tout en apportant un éclairage original.

  • Au début du siècle, le Reich est une puissance économique mondiale fière de ses succès. Pourtant derrière cette façade perce, chez de nombreux artistes et intellectuels, une inquiétude face aux bouleversements qui engendreront les mutations politiques et sociales ultérieures.

  • L'histoire de l'Allemagne de 1918 à 1945 s'inscrit entre deux catastrophes : la défaite de 1918 suivie de la chute du régime impérial et l'année zéro de 1945. Toute la période est rythmée par des crises et par la violence. Née de la défaite, la république de Weimar connaît des débuts chaotiques, faute de consensus. Après 1923, le régime paraît s'enraciner grâce à une certaine prospérité mais la crise économique de 1929 va servir de marchepied aux nazis. Hitler accède au pouvoir le 30 juin 1933 et instaure avec les nazis un État de non-droit, centralisé et dictatorial qui mènera à la Seconde Guerre mondiale.
    Cette histoire générale de la république de Weimar et du régime nazi a pour originalité de rompre avec la traditionnelle approche structurelle et thématique, et d'opter pour la dimension chronologique qui permet de mieux situer les évolutions. Entre autres problèmes, elle prend en compte le renouvellement de l'historiographie sur la vie économique de Weimar, le fonctionnement et les prises de décision du pouvoir nazi.

  • Qu'elle séduise ou qu'elle inquiète, l'Allemagne charrie de nombreux mythes et idées reçues. Mais désormais elle regarde son passé en face et peut retrouver son histoire longue. Depuis le temps où les pays germaniques se fondaient dans un vaste ensemble politique, le Saint-Empire, jusqu'à la réunification « à marche forcée », en passant par l'unification tardive de 1870 ou le bouillonnement culturel sous la République de Weimar, c'est une autre histoire de l'Allemagne que livrent les plus grands spécialistes.

  • Les armes blanches allemandes comportent une forte dimension symbolique qui séduit les collectionneurs du monde entier. L'armée impériale allemande de 1914 possède des épées héritées des diverses principautés qui la compose. En 1919, sous la République de Weimar, une simplification intervient. Ces épées et ces sabres vont servir de base aux créations du nouveau régime nazi qui impose, à partir du décret de 1934, l'ajout de croix gammées. Cette pratique ne se généralisera jamais, mais la période est propice à la création d'armes blanches, oeuvres des grands artistes de Solingen. L'auteur les présente en fonction de l'Arme ou de l'Administration à laquelle elles furent attribuées. L'ouvrage contient des fiches techniques sur les principaux modèles et de nombreux clichés d'époque.

  • Les rapports de Berlin

    Jean-Marc Dreyfus

    • Fayard
    • 12 Octobre 2016

    En octobre 1931, André François-Poncet est nommé ambassadeur de France en Allemagne. Dans ses longs rapports  et ceux de ses consuls  transmis à Paris jusqu'à sa nomination à l'ambassade de Rome en novembre 1938, le diplomate tente d'alerter son gouvernement de l'ampleur et des dangers du national-socialisme, cette « philosophie du monde » qu'Hitler ambitionne de « répandre » à travers l'Europe. Au jour le jour, François-Poncet rapporte aussi bien l'acclamation sans précédent du dictateur lors des Jeux olympiques de 1936 et l'embrigadement de la jeunesse que la préparation du pays à la guerre par la constitution clandestine de stocks. Mais il se fait surtout le témoin de la persécution des juifs, depuis le boycott des boutiques juives à Berlin jusqu'à la saisie à Vienne des biens des Rothschild ou du baron Ephrussi.
    L'historien Jean-Marc Dreyfus a recueilli et classé ces rapports en grande partie inédits comme autant de témoignages indispensables de la progressive mise en place du projet hitlérien dans l'Allemagne des années 1930. Grand observateur de cette époque fondamentale de l'histoire du xxe siècle, François-Poncet écrivait alors : « Quand les dieux ont soif, il arrive qu'ils oublient eux-mêmes leur principe et qu'ils choisissent des hommes comme Hitler pour faire d'eux les instruments de leur catastrophe. »   Jean-Marc Dreyfus est historien, Reader à l'université de Manchester (Royaume-Uni). Spécialiste de la Shoah et des génocides, il est l'auteur de nombreux ouvrages, dont Des camps dans Paris. Austerlitz, Lévitan, Bassano, juillet 1943-août 1944, en collaboration avec Sarah Gensburger (Fayard, 2003). Son habilitation à diriger des recherches a été publiée sous le titre L'impossible réparation : déportés, biens spoliés, or nazi, comptes bloqués, criminels de guerre (Flammarion, 2015).
     

  • Préface, V Introduction, IX PREMIÈRE PARTIE Une méditation sous le signe de la défaite CHAPITRE PREMIER - L'Allemagne au banc des accusés, 5 CHAPITRE II. - L'occupation alliée : facteur de refoulement ou de remise en cause ?, 25 CHAPITRE III. - La réflexion sur le nazisme : un grand débat intellectuel, 49 DEUXIÈME PARTIE Le nazisme, déviance allemande ?

    CHAPITRE PREMIER. - Une inversion radicale de la perception du passé, 81 CHAPITRE II. - Dénonciations libérales et catholiques de la déviance, 103 CHAPITRE III. - Les marxistes face au passé allemand, 135 CHAPITRE IV. - Les conservateurs : une remise en cause difficile, 177 TROISIÈME PARTIE Le nazisme, mal de la modernité ?

    CHAPITRE PREMIER. - Les dérèglements d'un monde sans Dieu, 215 CHAPITRE II. - Vers une démocratisation de la pensée conservatrice, 257 Conclusion, 305 Liste des abréviations, 311 Présentation des sources, 313 Orientation bibliographique, 327 Index, 341

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