• Voici qu'Utamaro, délaissant les portraits de courtisanes qui l'ont rendu célèbre, décide cette fois d'aller contempler la neige ou la lune ou, encore, d'inventorier ce qu'une mer délaisse sur le sable quand elle se retire. Ce qui touche dans les trois albums de peintures réunis ici, c'est peut-être d'abord cela, cet abandon du regard aigu sur une société raffinée, pour retourner à la beauté native de la nature. On peut alors se faire proche d'une grève, d'une lune vagabondant dans le ciel nocturne, d'un pont perdu dans la brume, ou de coquillages ouvragés émaillant le sable. Présentées avec la traduction des poèmes qui les accompagnent, ces estampes nous éblouissent par la fraîcheur intacte de leur pinceau et la délicatesse de leurs couleurs poudrées d'or.

  • Depuis la ville d'Edo, où Hokusai est né, jusqu'au Mont Fuji, dont ses "trente-six vues" restent célèbres, en passant par la figuration du bouddhisme dans son art ou encore les traditionnels cerisiers en fleurs, ce roman graphique explore la vie d'Hokusai parallèlement à sa vision du Japon. Le lecteur découvre ce pays grâce aux oeuvres de l'artiste, qui ont fortement participé à en forger l'imaginaire collectif, au Japon mais aussi dans le monde occidental. Depuis les impressionnistes, l'art d'Hokusai a influencé nos notions de force et d'harmonie. Ce roman graphique réunit des éléments biographiques avec des descriptions écrites et illustrées de la culture et de la tradition japonaises, deux aspects qui ne peuvent être dissociés.

  • Chef d'oeuvre de Frans Masereel, tout à la fois roman d'apprentissage, récit d'aventures picaresques et récit biographique, Mon livre d'heures relate les pérégrinations de l'alter ego de l'auteur aux prises avec les réalités du monde. Articulé en une série de séquences narratives, le récit prend forme au gré de ses déambulations et de ses rêveries. Anarchiste libertaire déclaré, il préfère jouir des plaisirs de la vie que des joies du travail.
    Citoyen du monde qui ignore frontières et préjugés, il choque les esprits étriqués et vit sa vie sans contraintes en pleine liberté.

    1 autre édition :

  • Cet ouvrage est le fruit du travail de trois amoureux de la gravure : un artiste et deux enseignantes. Souhaitant partager leur passion avec le plus grand nombre, ils ont mis en place une série d'ateliers, dans un cadre scolaire ou de loisirs.
    Ce livre propose un panorama complet des différentes techniques de gravure à disposition des amateurs (gravure sur gomme, linogravure, taille-douce, etc.). Pour chacune d'entre elles, les auteurs décrivent le matériel indispensable et les techniques de base. Ils proposent ensuite deux ateliers, l'un à réaliser avec des enfants, l'autre pour adultes débutants. Création de livres d'artiste, de badges, de tee-shirts, etc. : il y en a pour tous les goûts

  • Cet opus de "L'Oeil curieux" vous donne rendez-vous dans le quartier des plaisirs de l'époque d'Edo, ce Tokyo du XVIIe au XIXe siècle où les beautés - hôtesses de maisons de thé, geishas et courtisanes - offrent les divertissements les plus raffinés et les plus fastueux. Un univers secret. A travers une quarantaine d'estampes exceptionnelles, le monde secret et voluptueux des geishas s'ouvre au lecteur et révèle les codes de la séduction et du libertinage.
    Une esthétique du plaisir. Le livre montre une époque où les artistes rivalisent d'imagination pour imposer leur idéal de beauté, mythifier la beauté féminine, créatrice du désir. Des portraits-énigmes. Regarder le portrait de ces beautés japonaises, c'est apprendre à déchiffrer une énigme. A travers l'ouvrage, l'oeil s'exerce et repère peu à peu le jeu subtil qui distingue chacune de ces belles...
    La grâce singulière d'une main, un éventail, un bouquet d'iris ou une coupe de saké deviennent autant d'indices... Au-delà des idées reçues. Le livre nous fait découvrir, aussi, que les beautés japonaises d'alors n'étaient pas seulement des courtisanes ou des "top modèles", mais également des jeunes femmes cultivées, danseuses et musiciennes de talent, créatrices de parfums, auteurs de poèmes et peintres à leurs heures.

  • L'impression en série n'est pas qu'une affaire d'érudits. L'équipe du Vostok Printing Shop le sait bien.
    Dans la joie et la bonne humeur, elle s'est donné pour mission de mettre des techniques d'impression artisanale à la portée de tous.
    Pochoirs, gravures, tampons, offset maison, sérigraphie DIY, résines photosensibles ou flexographie, le lecteur découvrira dans cet ouvrage les secrets de l'impression traditionnelle et pourra laisser libre cours à sa créativité.
    Cet ouvrage s'adresse particulièrement aux artistes, aux graphistes, aux illustrateurs et illustratrices, et à celles et ceux qui veulent apprendre à reproduire leurs créations en série, par leurs propres moyens.

  • Après les Haïkus des quatre saisons illustrés par Hokusai, ce nouveau volume des "Classiques en images" renoue avec la tradition du poème court japonais : 67 haïkus de Basho, choisis pour égrainer le temps qui passe... Une journée, une année, une vie sous le pinceau d'Hokusai. Un recueil qui nous invite à penser le temps autrement.

  • Exposition présentée par l'Hôtel de Caumont - Centre d'art, Culturespaces, Aix-en-Provence, du 8 novembre 2019 au 22 mars 2020.

    Reconnue internationalement pour sa richesse et sa qualité, la collection d'estampes japonaises ukiyo-e de Georges Leskowicz est l'une des plus importantes au monde. L'Hôtel de Caumont-Centre d'art en présente pour la première fois en France plus de cent cinquante xylogravures signées Hokusai, Hiroshige, Utamaro, Harunobu, Koryusai, Hokkei, Kunisada, entre autres, dont un ensemble extraordinaire de surimono. Grâce aux textes d'Anna Katarzyna Maleszko et de Geneviève Aitken, spécialistes internationales d'art japonais, cet ouvrage retrace tout l'éventail des thèmes caractéristiques de la vie et de la culture japonaises de l'époque Edo (1600-1868), que les artistes ukiyo-e ont si finement décrits : les motifs naturels et les scènes de la vie quotidienne ; la représentation des acteurs du théâtre kabuki et des courtisanes ; les objets liés à la célébration du Nouvel An ; les scènes de genre et érotiques ou, encore, les héros et les légendes traditionnelles.

  • Clef des songes

    Michel Delaporte

    Dans ce livre à placer sur sa table de chevet, on trouvera 108 splendides images de rêves, accompagnées de leurs très peu freudiennes interprétations.

    Publiée en 1836, la Clef des songes est le chef-d'oeuvre de Michel Delaporte, artiste alors âgé de 30 ans et atteint d'un glaucome qui devait le rendre aveugle quelques mois plus tard.

    Avec ses ombres chinoises évoluant sur des arrière-plans estompés et fantomatiques, elle constitue l'une des expressions les plus radicales du romantisme en lithographie, surréaliste avant la lettre, au même titre que les dessins de Grandville et Victor Hugo.

  • Ce nouvel opus de « L'oeil curieux » présente une quarantaine d'estampes choisies au sein de l'oeuvre de Goya conservées au département des Estampes et de la Photographie de la Bibliothèque nationale de France.
    Cet ouvrage montre avec quelle maestria le peintre-graveur a exploré toutes les ressources plastiques de l'estampe, des Caprices - la célèbre suite d'eaux-fortes publiée à Madrid en 1799 -, aux Taureaux de Bordeaux, lithographies exécutées à la fin de sa vie, en passant par les planches de la série des Désastres de la guerre consacrée aux « conséquences fatales de la guerre sanglante en Espagne avec Bonaparte ».
    En pleine époque des Lumières, l'artiste s'est attaché à dévoiler la face sombre de l'humanité tout en livrant ses propres noirceurs. Oscillant entre critique sociale et fantaisie visionnaire, ses planches qui ont fasciné les artistes et les écrivains tout au long du XIXe siècle, continuent d'étonner par leur modernité.

  • Pendant des années, l'oeuvre graphique de Léon Spilliaert (1881-1946) n'a été étudié que fort peu ou pas du tout. Ce n'est qu'en 1982 qu'une première exposition lui fut consacrée. Les estampes de Spilliaert, ses illustrations de couvertures et de livres sont sans doute moins connues que ses oeuvres originales sur papier, mais elles sont au moins aussi mystérieuses et attrayantes, et aussi variées quant à leur sujet : portraits, figures, paysages, vues de villes, forêts et parcs.
    L'Ostendais Léon Spilliaert est, ainsi que son concitoyen James Ensor, considéré aujourd'hui comme un des pionniers de l'art moderne belge. Plus de 35 ans après la première exposition et à l'occasion de l'exposition Léon Spilliaert. La collection de la Bibliothèque Royale de Belgique dans les Galeries vénitiennes d'Ostende, du 30 juin au 30 septembre 2018, les éditions Pandora Publishers publient une édition nouvelle et augmentée du catalogue des estampes de Léon Spilliaert par Xavier Tricot.

  • La collection d'estampes japonaises de la fondation Georges Leskowicz est l'une des plus impressionnantes qui soit en Europe. Comportant plus de 1800 pièces, elle offre un panorama complet de l'art de l'ukiyo-e de la période Edo. Elle rassemble les chefs-d'oeuvre des plus grands maîtres tels qu'Hiroshige, Hokusai, Utamaro, Sharaku, Harunobu. Parmi ses trésors, la fondation possède un ensemble unique et rarissime de 165 surimono, ce qui en fait l'une des plus grandes collections privées au monde.
    A l'inverse des estampes produites par les éditeurs pour le grand public, les estampes de surimono sont des commandes privées non commerciales, pièces rares et précieuses, éditées en très petit nombre, 20 à 100 pièces. Ses estampes sont commanditées par des cercles littéraires et des fans clubs d'acteurs lors d'occasions particulières : invitations, nouvel an, commémoration, nouvelles représentations théâtrales, etc. Les surimono sont créés et adressés à une élite citadine bourgeoise, férue de littérature, naviguant entre culture classique et distractions contemporaines.
    Libérés de contraintes commerciales, ces surimono se caractérisent par des impressions luxueuses, utilisant des pigments métalliques rares et des techniques d'impression raffinées : gaufrage, polissage du papier, laquage. L'artiste jouit d'une grande liberté d'expression et d'interprétation artistique. La valeur du surimono tient à la double complexité sémantique des poèmes et de l'image.
    L'art des surimono est encore peu connu des européens et pourtant, experts et collectionneurs ne peuvent que saluer la virtuosité technique de ses oeuvres particulières, la rareté et la richesse visuelle autant que littéraire. Ce livre constitue la première publication en langue française sur ce sujet.

  • Kuniyoshi

    Matthi Forrer

    Utagawa Kuniyoshi (1798-1861) est l'un des plus grands maîtres japonais de l'ukiyo-e. Si les représentations de batailles et des samouraïs légendaires ont largement contribué à sa renommée, ses paysages, ses portraits de femmes ou d'acteurs de kabuki et ses animaux fantastiques démontent la richesse de son répertoire.
    Ce coffret exceptionnel en édition limitée comprend une monographie illustrée sur la vie et l'oeuvre du maître. Replaçant son parcours dans le contexte historique et culturel du Japon au XIXe siècle, le spécialiste Matthi Forrer présente les séries les plus remarquables de l'artiste et met en valeur sa créativité extraordinaire. En parallèle, un ensemble de trois fac-similés permet au lecteur de s'immerger pleinement dans l'univers de Kuniyoshi : un imaginaire foisonnant de monstres et de merveilles.

    1 autre édition :

  • 22 planches détachables en couleurs du maître de l'estampe japonaise.
    Andô Hiroshige (1797-1858) joua un rôle prépondérant dans le développement de l'estampe de paysage. Issues de sa prestigieuse série Cent vues célèbres d'Edo qu'il réalisa entre 1856 et 1858, ces planches sont empreintes de délicatesse et de mystère. Une vision éminemment poétique du Japon.

  • Attention chefs-d'oeuvre ! Les plus belles estampes du maître de l'eau-forte.
    Reconnu aujourd'hui comme le plus grand aquafortiste de tous les temps, Rembrandt s'était déjà fait connaître à l'étranger de son vivant, en grande partie grâce à ses eaux-fortes. Ce bel ouvrage monte la diversité des genres qu'il a abordés (autoportraits, portraits, scènes de genre, scènes religieuses et mythologiques, paysages, nus), révélant l'ampleur spectaculaire de son talent. Il met en lumière les dialogues que Rembrandt a entretenus avec les grands noms de l'histoire de l'art, lui qui collectionna les estampes de ses prédécesseurs et de ses contemporains jusqu'à en faire faillite.
    Chaque gravure semble pour lui un champ d'expérimentation. Il joue avec toutes les subtilités techniques pour rendre avec le plus d'acuité possible l'expression de ceux dont il fait le portrait et renforcer la dramaturgie de la scène choisie. Ses quelque trois cents estampes forment un petit théâtre où se donne en spectacle la comédie humaine.
    Ce coffret accompagne l'ouverture du cabinet Rembrandt à Grenoble, qui expose par roulement la collection exceptionnelle du fonds Glénat pour le patrimoine et la création.

  • LA GRAVURE CONTEMPORAINE recouvre des pratiques très variées. Certains artistes se spécialisent dans une technique particulière, qui leur semble être le moyen d'expression le plus apte à exprimer leur sensibilité. D'autres laissent chaque projet dicter le processus à adopter, le choix de la méthode pouvant dépendre de l'image recherchée ou d'un désir de spontanéité. D'autres encore sont motivés par le processus lui-même...

    Ce manuel aborde toutes les techniques de l'estampe employées aujourd'hui. Les procédés traditionnels constituent le coeur de l'apprentissage : la gravure en relief ou taille d'épargne (gravure sur bois et linogravure), la gravure en creux (taille-douce, dont pointe sèche et eau-forte) et l'impression à plat (lithographie et monotype). Les procédés numériques et la sérigraphie sont mis en avant tant les progrès technologiques ont un impact sur la discipline. La collagraphie et les techniques mixtes ouvrent encore d'autres horizons. Des illustrations (photos et croquis) montrant étape par étape les procédés, des informations pratiques sur l'agencement de l'atelier et le matériel, ainsi que des descriptifs précis de la marche à suivre pour éviter tout accident font de cet ouvrage une "boîte à outils" pour tous ceux qui veulent s'engager dans une approche personnelle de la gravure.

    Dans cette seconde édition, certains chapitres ont été étoffés afin de compléter et mettre à jour des informations techniques (notamment sur des pratiques plus respectueuses de la santé et de l'environnement). Un nouveau chapitre examine les rapports entre "penser" et "faire" à la lumière des possibilités qu'offre la gravure en tant que source d'inspiration artistique.

    Pour illustrer leurs propos, Bill Fick et Beth Grabowski ont sélectionné des oeuvres d'artistes internationaux, représentatives de la diversité des approches esthétiques actuelles.

  • Lorsque Käthe Kollwitz entame en 1901 son cycle de gravures La Guerre des Paysans, elle s'attaque à un épisode marquant de l'histoire de la partie occidentale de l'Allemagne. La guerre dite « des paysans » couvre une série d'insurrections, campagnes guerrières et batailles en 1524-1525 qui gagnèrent, à leur paroxysme, de larges parties du sud de l'Allemagne dont l'Alsace, ainsi que les pays alpins, les pays du Rhin et le centre de l'Allemagne. L'espoir des paysans d'obtenir à travers elles une atténuation des corvées et l'abolition du servage se solda par un échec. Leurs soulèvements furent brutalement réprimés. La libération des paysans n'aura lieu qu'au XIXe siècle et trouvera son accomplissement en Prusse avec les réformes engagées après la Révolution de 1848.
    En sept planches, produites entre 1902 et 1908, Kathe Kollwitz narre la misère du peuple, et, suite à un nouvel acte de violence, l'insurrection qui gronde, éclate puis sera violemment réprimée. C'est une figure féminine, probablement inspirée du personnage historique de la « Métayère noire », qui joue un rôle central à la fois dans le déclenchement et dans l'organisation de la révolte.
    Le cycle se distingue, outre sa puissance expressive, par une extrême virtuosité technique et formelle. Käthe Kollwitz varie dimensions, compositions et techniques pour conférer à chaque scène une extrême puissance dramatique. La dimension tragique de l'épisode historique acquiert une dimension universelle.
    L'ouvrage propose dans un portfolio des reproductions soignées des sept planches autonomes accompagnées d'un texte de présentation qui en donne les clés historiques, techniques et iconographiques.

  • Ces dernières années, les grandes expositions consacrées à Hans Hartung ont célébré le peintre et le dessinateur mais aussi le photographe, nous permettant, en quelque sorte, de le redécouvrir. On a toutefois facilement oublié que Hartung avait aussi réalisé un ensemble de six cents estampes. Ainsi manquait-il une publication qui rendît justice à son oeuvre gravé en montrant sa diversité et en retraçant son évolution. Ce manque était d'autant plus étonnant que le travail gestuel expérimental était particulièrement important pour l'artiste chez qui gravure et la peinture se sont nourries mutuellement. Le présent ouvrage est né de circonstances multiples. En 2009 et 2010, la Fondation Hartung-Bergman a procédé à trois importantes donations d'estampes respectivement au Cabinet des estampes des musées nationaux de Berlin, au Cabinet d'arts graphiques des Musées d'art et d'histoire de la ville de Genève, et au département des Estampes et de la Photographie de la Bibliothèque nationale de France. Dans ce contexte, les trois institutions ont décidé de présenter ces donations non seulement par trois expositions selon des thématiques originales, mais aussi par un ouvrage qui rende compte de l'ensemble. S'ajoute à cette initiative, depuis l'été 2010, la mise en ligne par la Fondation Hartung-Bergman de sa banque de données, consultable par tous sur la page d'accueil de son site ;
    Celle-ci comprend le catalogue raisonné des estampes de Hartung, qui a été constitué de 1979 à avril 2005 par Rainer Michael Mason, alors directeur du Cabinet des estampes de Genève, avec l'appui de Geneviève Laplanche et en collaboration avec la Fondation Hartung-Bergman. La présente publication accompagne et illustre cet outil en ligne. Outre trois essais, une présentation de la banque de données en ligne et une bibliographie complète, le volume contient une biographie détaillée qui, pour la première fois, met en lumière la place centrale de la gravure dans la vie et l'oeuvre de Hartung.

  • L'oeuvre gravé d'un des plus grands artistes du XVIIe siècle.

    On connaît Rembrandt, le peintre. Le graveur est tout aussi génial. Il maîtrise comme personne l'art de l'estampe (eau-forte, burin, pointe sèche), et comme il procède lui-même, en artiste artisan, à l'impression de ses plaques de cuivre, on peut voir l'oeuvre se créer d'une épreuve à l'autre, d'un état à l'autre. Chaque gravure semble pour lui un champ d'expérimentation. Il joue avec toutes les subtilités techniques (hachures du dessin, choix d'encrage, choix du papier, etc.) que lui offre cet art pour rendre avec le plus d'acuité possible l'expression de ceux dont il fait le portrait et renforcer la dramaturgie de la scène choisie. Dans ses autoportraits, il apparaît tour à tour grimaçant, stupéfait, pensif, rieur, comme un acteur de théâtre qui chercherait son personnage devant sa glace. On voit ici défiler des marchands ambulants, des mendiants, des musiciens, ailleurs ce sont des ecclésiastiques, des médecins qui prennent la pose. Les quelque 300 estampes qu'il nous a laissées forment un petit théâtre où se donne en spectacle la comédie humaine. Même dans les scènes bibliques il poursuit son exploration des passions humaines.

    Le fonds Glénat pour le patrimoine et la création a eu la chance de pouvoir acquérir, au printemps 2017, la collection de gravures du collectionneur britannique Neil Kaplan, constituée principalement de portraits, d'autoportraits et de scènes bibliques et qui a été depuis complétée. Riche de plus de soixante-dix gravures, cette collection, comme en filiation directe avec la bande dessinée, raconte une époque, une histoire, des histoires et permet d'appréhender le génie stupéfiant de cet artiste. À partir de 2019, un cabinet Rembrandt accessible au public sera installé à demeure au couvent Sainte-Cécile à Grenoble.

  • Réalisé à la fi n du dix-huitième siècle par Itô Jakuchû, l'un des « Excentriques » de Kyôto, ce recueil de peintures utilise une technique originale à l'expressivité particulièrement puissante.
    Connue sous le nom de taku hanga , elle s'inspire de la pratique chinoise de l'estampage. Sur un fond d'un noir profond, fl eurs, plantes, insectes, animaux se détachent en blanc, selon les lignes d'un tracé d'une énergie et d'une intensité saisissantes. Ces images en négatif, au titre évocateur de Fleurs précieuses du jardin mystérieux , n'étaient pas destinées au grand public mais réservées à un cercle restreint d'amis lettrés. Leur singulière précision, leur pouvoir de suggestion, sur ce noir à la profondeur soyeuse, presque magnétique, subjuguent par leur extraordinaire modernité.

  • « J'ai deux mains merveilleuses, mais gratter les autres là où ça les démange m'est di cile », disait Qi Baishi. Celui qui signait ses peintures sous les noms d'« Ermite de la Pierre-Blanche », « Vieillard Lentille d'eau » ou « Serviteur sans attaches, habitant temporaire des mirages » est le plus grand peintre chinois du vingtième siècle. Son oeuvre est d'une liberté et d'une spontanéité totale, comme s'il avait digéré des millénaires de tradition artistique pour aboutir à cette sûreté de trait qui s'appuie sur le vide pour déployer toute sa force expressive.

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  • Croquis variés par Daumier est le titre d'une plaquette rare et précieuse parue en 1854 à Paris qui est maintenant publiée en facsimilé aux éditions Pagine d'Arte.
    Le cahier propose une série de 30 gravures sur bois accompagnées par des légendes, comme s'il s'agissait d'une séquence proche de la bande dessinée.
    Cette suite fascinante et amusante reflète aussi la sensibilité sociale de Daumier qui raconte par images la vie des simples, marginaux et vagabonds qui peuplent encore aujourd'hui les rues de Paris. Au sommaire figurent aussi les illustrations ironiques des gens de justice et celles en rapport au monde des arts : on passe ainsi de la salle des pas perdus aux pavillons des expositions.
    La proposition de cette plaquette méconnue permet aussi de mieux comprendre la valeur des gravures sur bois de Daumier considérées à tort inférieure à la vaste production lithographique.

  • Anton Seder, formé autour de 1870 à la Kunstakademie de Munich, qui est alors la capitale artistique de l'Allemagne, devient directeur de la nouvelle école des arts décoratifs à Strasbourg (Kunsgewerbeschule) au moment de sa création en 1890. Il y met en place une pédagogie inédite, accordant une large place à l'artisanat (ateliers spécialisés, dont l'excellence de l'actuelle Haute école des arts du Rhin porte encore la marque) et à l'observation de la nature, en intégrant par exemple une serre au bâtiment même de l'école. Il est l'une des figures marquantes du renouvellement artistique de la ville, de par ses principes pédagogiques et aussi bien que ses productions, même si le retour à la France en 1918 tendront à effacer, jusqu'à aujourd'hui, l'importance de son influence. Son oeuvre d'artiste se caractérise par de nombreuses collaborations avec des artisans (orfèvres, ferronniers, céramistes) mais aussi par un volet éditorial majeur : la publication d'un splendide ensemble de portfolios de planches décoratives, qui s'inscrivent dans la tradition ancienne du répertoire de modèles, remis au goût du jour notamment part les artistes du courant « Arts and crafts ».
    Ces portfolios explorent des thématiques différentes (plantes, animaux, formes abstraites) et croisent avec virtuosité des influences variées : Jugendstil, japonisme, Renaissance, symbolisme, qui enrichissent un univers visuel formel éclectique et étonnant, entre élégance délicate et surcharge ornementale.
    L'ouvrage se présente comme un bel album, aux allures de fac simile, rassemblant une soixantaine des quelques 300 planches publiées par l'artiste. Deux textes remettent en contexte aussi bien le travail du pédagogue à la tête de l'institution, que celle de l'artiste, notamment à la lumière du contexte éditorial de cette fin du xixe siècle. L'occasion de découvrir une figure dont les aléas de l'histoire ont fait méconnaître l'oeuvre, qui synthétise brillamment nombre d'influences contemporaines et dont les productions décoratives, aux accents parfois fantasmagoriques, ne manqueront pas de trouver de nombreux amateurs encore aujourd'hui.

  • Le plus célèbre graveur sur cuivre du 18e siècle, Giovanni Battista Piranesi (1720-1778), dit Le Piranèse, a forgé sa renommée grâce à sa série d'eaux-fortes représentant la Rome Antique. Ses surprenantes images de clair-obscur, qui imprègnent les ruines archéologiques de la cité de drame et de romantisme, sont vite devenues les souvenirs préférés de ceux qui effectuaient le Grand Tour, parcourant l'Italie en quête de culture et d'enseignement classiques.

    Aujourd'hui, Piranèse est non seulement célèbre pour avoir façonné l'image que l'Europe se fait de Rome, mais aussi pour ses séries élaborées de prisons fantasmagoriques, les Carceri d'Invenzione, qui ont depuis influencé des générations de créateurs, des surréalistes à Samuel Taylor Coleridge, en passant par Edgar Allan Poe, Jorge Luis Borges et Franz Kafka.

    Librement inspirés de décors plutôt que des véritables cachots sordides de l'époque, ces images très travaillées défient le réalisme architectural, préférant les jeux de perspective, d'éclairage et d'échelle. Les escaliers existent sur deux plans simultanés, de vastes plafonds voûtés semblent s'élancer jusqu'aux cieux, les distinctions entre dedans et dehors s'effacent. Vues d'en bas, peuplées de petites silhouettes fragiles, ses prisons prennent l'aspect de monstrueuses mégapoles carcérales, considérées aujourd'hui encore comme des chefs-d'oeuvre du drame existentialiste.

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