• Le musée de la photo

    Phaidon

    • Phaidon
    • 5 Novembre 2020

    L'édition revue et augmentée du best-seller des éditions Phaidon a été enrichie d'oeuvres témoignant des dernières évolutions de la photographie. Elle rassemble une collection unique de plus de 550 superbes clichés illustrant le travail des meilleurs photographes au monde, du XIXe siècle à aujourd'hui. Classés par ordre alphabétique, les photographes présentés sont des pionniers de la photographie tels que Gustave Le Gray ou Daguerre, des artistes cultes comme Robert Capa ou encore des artistes contemporains, dont Richard Wentworth, Cristina de Middel et Carolee Schneeman. Les clichés couvrent des domaines variés allant de la mode au sport, en passant par l'histoire naturelle, le reportage, les portraits, le documentaire et l'art.

    Un ouvrage de référence de la photographie, du XIXe siècle à aujourd'hui. Cette édition augmentée s'est enrichie de nouveaux artistes, mais aussi de nouvelles techniques liées aux avancées de la photographie. Chaque photographie est accompagnée d'analyses détaillées apportant un éclairage sur l'oeuvre et sur son auteur. L'ouvrage propose de nombreux liens entre les artistes, ainsi qu'un glossaire complet des techniques et des mouvements photographiques.

  • Le présent recueil réunit les textes que Nicolas Bouvier a écrit sur la photographie entre 1965 et 1996. A de nombreuses occasions, l'auteur genevois avait parlé de son métier d'iconographe, notamment dans le petit livre Le hibou et la baleine, paru en 1993, mais sa réflexion sur l'acte photographique restait à découvrir. Jusqu'à ce jour, les écrits qu'il a dédié à ce sujet (préfaces, articles de presse, introductions à des catalogues d'exposition) restaient dispersés. Près de quarante textes se trouvent ainsi rassemblés ici. Parmis eux, certains relatent également son activité de « chercheur-traqueur d'images », qui aura été son gagne pain durant près de trente ans. Il nous a paru intéressant de les reprendre ici, d'autant plus que quelques-uns de ces textes sont totalement inconnus et n'ont jamais été republiés.
    Photographe à ses débuts (par nécessité), portraitiste (par accident), chroniqueur (« aliboron ») : la photographie est une constante dans le parcours de l'écrivain voyageur. Nicolas Bouvier s'intéresse à la photographie parce qu'il entretient un rapport passionnel à l'histoire de l'estampe. Les images qu'il affectionne n'appartiennent jamais à la « grande » peinture classique mais toujours à l'art populaire. Dans les textes qui composent ce recueil, il est beaucoup question de ses tâtonnements : l'important pour l'écrivain étant d'élaborer une esthétique de l'effacement puis de se « forger une mémoire iconographique ». Il tirera son enseignement de ses nombreux voyages et des recherches infatigables dans les bibliothèques du monde entier.

  • À l'évocation des mots photojournalisme ou photographie de guerre, la mémoire convoque des icônes dont les plus anciennes remontent aux années 1920 et 1930. On imagine ainsi que les conflits d'avant la Grande Guerre n'ont été que peints, dessinés et gravés ; figés dans un héroïsme un peu innocent avant que les violences du XXe siècle ne soient saisies sur pellicule dans leur réalisme cauchemardesque.
    Des albums privés des soldats coloniaux aux fonds des premières agences d'images, ce livre, véritable archéologie de la photographie de conflit, est une invitation, et une éducation, à lire l'image-choc pour la désarmer plutôt que la subir. L'auteur se focalise sur les clichés de la violence physique et de la destruction armée, pris non pas comme de simples illustrations mais comme les supports d'une relation sociale. Dans ce monde de la fin du XIXe siècle, les conflits se multiplient de façon inédite et les abus coloniaux ponctuent les conquêtes. En les capturant, l'appareil photographique, devenu portable et abordable, transforme profondément l'économie visuelle de la violence, et ce bien avant 1914.
    Au-delà d'une histoire des photographies des corps brutalisés et des violences armées, cet ouvrage, loin d'une pornographie du désastre, est aussi une proposition. Comment présenter des photographies montrant les atrocités indicibles pour les penser et en faire l'histoire ? L'observateur, y compris lorsque son regard plonge au coeur des ténèbres, peut retrouver dans les photographies les hommes et les femmes du passé, et non des victimes passives et anonymes figées sur le papier.

  • Les photos argentiques étaient des images-choses statiques, à regarder.
    Les photos numériques sont des images dynamiques, à échanger. Elles circulent en flux ininterrompus sur les réseaux planétaires : à la fois incorporelles et agissantes, ce sont des forces à part entière.
    Elles instillent subrepticement et continûment dans la subjectivité de chacun la rationalité néolibérale : instantanéité, accélération, fluidité, circulation, horizontalité, partage et ubiquité. Cette dissémination du modèle du marché - même là où il n'est pas question d'argent - fait exploser les anciennes limites entre l'ici et l'ailleurs, la nation et le monde, le privé et le public.
    Dans le sillage de Theodor Adorno qui a théorisé l'art comme fait social, l'auteur, un des meilleurs connaisseurs de l'histoire de la photographie et des images, élabore une critique globale des processus esthétiques, techniques, économiques et politiques à l'oeuvre actuellement.
    Il montre comment la photo-numérique a ouvert une nouvelle ère qui se caractérise par la profusion d'images aberrantes, l'apparition de nouveaux pouvoirs, l'essor d'une nouvelle économie et la fabrique d'un individu néolibéral.

  • Originaux et provocants, les écrits de John Berger sur la photographie font partie des textes les plus révolutionnaires du 20e siècle. Ils analysent les oeuvres de photographes tels qu'Henri Cartier-Bresson et Eugene Smith avec un mélange d'intensité et de tendresse, tandis qu'ils sont toujours portés par une implication politique réelle. À leur manière, chacun des ces essais tente de répondre à la question suivante : comment regardons-nous le monde qui nous entoure ?
    Regroupant des textes issus de catalogues d'artistes, expositions, articles, etc., Comprendre une photographie est un voyage à travers les oeuvres de photographes divers, d' André Kertész à Jitka Hanzlová, en passant par Marc Trivier, Jean Mohr ou Martine Franck. Certains des articles regroupés ici ont déjà fait partie de choix de textes de John Berger publiés notamment aux éditions de L'Arche, Champ- Vallon ou Le Temps des Cerises, tandis que d'autres sont traduits en français pour la première fois. La présente sélection reprend l'édition anglaise intitulée Understanding a Photograph, établie par Geoff Dyer et publiée en 2013 chez Penguin Books.
    « La photographie, pour ces quatre auteurs [ Roland Barthes, Walter Benjamin, John Berger et Susan Sontag ], a un intérêt particulier, mais ce n'est pas une spécialité.
    Ils approchent la photo non avec l'autorité de curateurs ou d'historiens du médium mais comme essayistes, comme écrivains. Leurs textes sur le sujet ne sont pas tant les produits d'un savoir accumulé que la consignation active du mode ou processus d'acquisition et de compréhension d'un savoir. » Geoff Dyer, extrait de l'introduction à Comprendre une photographie

  • Hissez-vous « sur les épaules des géants » en vous appropriant les règles d'or des grands photographes, praticiens contemporains et icônes du passé, d'Ansel Adams à Sebastião Salgado, en passant par Henri Cartier-Bresson, Lee Friedlander, Graciela Iturbide, Martin Parr et bien d'autres. Une source inestimable de conseils techniques, idées esthétiques ou pensées humanistes qui témoignent de leur expérience et de leur maîtrise, illustrés par quelques-unes de leurs plus puissantes réalisations. À votre tour, vous apprendrez à exercer votre oeil « comme un musicien répète ses gammes » (Éric Bouvet), à privilégier « subtilité et économie de moyens » (Anne Williams) ou encore à faire « confiance à votre intuition et à la vivacité de vos réflexes » (Jacques-Henri Lartigue). Un livre précieux pour tous les photographes qui souhaitent parfaire leur pratique et donner du sens à leurs images, et plus largement pour tous les amoureux d'un art exigeant et passionnant auquel se sont consacrés certains des plus illustres créateurs de notre temps.
    « L'appareil photo est votre passeport pour découvrir ce monde, et la photographie le témoin de l'expérience que vous en tirerez et de l'interprétation que vous en ferez. » Paul Lowe

  • Dès son invention, la photographie fascine. Ses adeptes sont toujours plus nombreux. Nous vivons aujourd'hui dans un monde saturé d'images. Prises autant par des artistes, des professionnels, que par des amateurs, elles nourrissent nos mémoires, sont exposées au musée, affichées dans la rue, publiées dans des livres et des journaux, elles circulent sur les écrans. La photographie a pour singularité d'être au croisement des techniques, des sciences, de l'art, de l'intime, du commerce, de l'information. D'apparence accessible, elle se révèle complexe, d'autant qu'elle se réinvente sans cesse, dans ses pratiques comme dans ses formes, pour répondre à des usages qui évoluent.Fort de son principe de clés historiques, techniques et esthétiques rigoureusement articulées, ce nouveau guide de la collection Hazan nous invite à mieux décrypter des images réalisées de 1838 à nos jours, le plus souvent par des auteurs de premier plan.Qui sont les photographes  ? Pourquoi photographient-ils  ? Comment abordent-ils un sujet  ? Comment les images sont-elles diffusées  ?En huit chapitres et plus de 240 photographies commentées, les auteurs proposent un tour d'horizon original, pratique et intelligent. 

  • La ville est à la fois un sujet inépuisable et une immense source d'inspiration pour tous les photographes, qui peuvent s'adonner à la photo de rue, de portrait, de paysage urbain ou encore de nuit. Photographier la ville, photographier en ville, c'est bénéficier d'une variété sans équivalent de sujets, de décors, de lumières et de couleurs, un même lieu offrant de multiples possibilités en fonction du regard que vous portez dessus, du moment ou encore des conditions météo.
    Barcelone, Berlin, Birmingham, Dubaï, New York, Paris... Dans ce livre, Tim Cornbill partage sa passion pour les villes du monde. Il aborde tous les thèmes de la photo urbaine en dévoilant son savoir-faire et en distillant de précieux conseils : choisir les bonnes focales, repérer le terrain, s'informer de la météo, saisir l'instant, révéler le caractère singulier d'un lieu, sublimer la lumière et les perspectives, dompter la nuit... et enfin retoucher puis diffuser ses images. L'ouvrage s'accompagne en outre des portraits commentés de sept visionnaires, parmi lesquels Brassaï, Martin Parr et Henri Cartier-Bresson.
    Un ouvrage motivant et inspirant, destiné aux passionnés de photo urbaine sous toutes ses formes.

  • Le cinquième numéro de Transbordeur explorera l'histoire des relations entre photographie et design du XIXe au XXIe siècle. Différentes thématiques seront abordées : la photographie du design et le rôle de la photographie dans les publications liées à ce champ ; les relations entre photographes et designers, notamment l'apprentissage de la photographie dans les écoles de design ; la photographie comme matériau pour le design et les usages de la photographie par les designers (collecte visuelle, expérimentations, réflexion sur le projet, exposition, archives et publicité) ; enfin, l'introduction du design dans la photographie et notamment dans le domaine des appareils photographiques. Ouverture sur des champs de recherche encore peu explorés, ce numéro voudrait avant tout esquisser une histoire croisée de la photographie et du design sur le temps long.

  • Quelle est la première photographie considérée comme étant une oeuvre d'art ?
    Comment le photo-journalisme est-il né ?
    Qu'est-ce que la photographie d'avant-garde ?
    En quoi la photographie a-t-elle influencé la mode au XXe siècle ?

    Trente historiens de l'art, critiques, experts et artistes ont participé à l'élaboration de cet ouvrage indispensable et complet - repères chronologiques, biographies d'artiste, détails, index - pour nous aider à mieux comprendre l'évolution de la photographie.

    - Tous les mouvements clés de l'histoire de la photographie - 150 chefs-d'oeuvre incontournables analysés - Plus de 1 200 oeuvres commentées.

  • La légitimité culturelle et artistique de la photographie est récente. Longtemps tenue pour un simple outil dont on se sert, elle est désormais, dans les galeries et musées, contemplée pour elle-même.
    Apparue avec l'essor des métropoles et de l'économie monétaire, l'industrialisation et la démocratie, elle fut d'abord l'image de la société marchande, la mieux à même de la documenter et d'actualiser ses valeurs. Mais si elle convenait à la société industrielle moderne, elle répond aujourd'hui difficilement aux besoins d'une société informationnelle, fondée sur les réseaux numériques.
    La photographie est donc l'objet de ce livre : dans sa pluralité et ses devenirs, du document à l'art contemporain ; dans son historicité, depuis son apparition, au milieu du XIXe siècle, jusqu'à l'alliage présent «Art-photographie» qui conduit André Rouillé à distinguer «l'art des photographes» de «la photographie des artistes».

  • En quelques courts chapitres, Jean-Christophe Béchet et Pauline Kasprzak cernent la question de l'acte photographique sous la forme d'un dialogue philosophique. Ils interrogent la prise de vue photographique à travers trois thèmes centraux : le cadrage et la composition, le rapport à l'appareil photo et l'editing. Ce petit traité se veut également didactique, notamment grâce aux petites conclusions de Pauline qui résument ce qui a été mis en lumière dans chaque chapitre.

    Elle connaît bien le langage philosophique et découvre avec plaisir la nature concrète de l'acte photographique. Il connaît bien la photographie sous tous ses aspects et juge les approches philosophiques souvent trop éloignées de la réalité concrète du terrain.
    Pauline n'a pas vraiment connu la photo argentique.
    Jean Christophe continue à la pratiquer.
    Tous deux sont aujourd'hui plongés dans l'univers numérique.
    Ils cherchent donc, chacun depuis son point de vue, à comprendre la photographie contemporaine, aussi bien sur le plan technique qu'esthétique. Car les deux approches sont liées. Intimement. Et tous deux pensent que le passage de l'analogique au numérique n'est pas une simple évolution technique et le changement de quelques habitudes. Il s'agit d'un bouleversement radical du statut de la photo, d'autant plus difficile à cerner qu'il se cache derrière un rideau de fumée. Le numérique s'est glissé dans les habits de l'argentique, récupérant les termes valorisants et utilisant à merveille les attentes du grand public.
    Il n'est pas question ici de regretter un âge d'or ou un passé idéalisé. Mais d'interroger le présent de la photographie, dans un rapport pratique et concret. Car trop de gens écrivent sur la photo sans la pratiquer.
    Du coup, des généralités sont énoncées. Ici, le parti pris est contraire. Nous entrons dans la complexité des choses, nous la décortiquons et l'analysons. Non pas pour en tirer une théorie générale, mais pour agiter les idées et les notions. Et nous espérons aider ceux qui prennent des photos à y voir plus clair !

  • Sans que nous en ayons toujours conscience, nos yeux exercent une forme d´intelligence immédiate. Au fil du hasard, ils ne cessent de se laisser captiver à tout moment. L´intuition photographique examine l´art de traduire en images ces moments de présence. Arnaud Claass y commente son activité d´observateur de la vie, des impressions visuelles, des pensées. Une rue londonienne, un orage à Venise, une image de reportage vue dans la presse, des visites d´expositions, des errances à travers la campagne, la méditation sur un concept, des films du cinéma indépendant ou grand public, la photographie africaine contemporaine, les étrangetés du système de l´art : tels sont certains des sujets abordés. À ce texte viennent s´ajouter, sur un registre nettement plus introspectif, les brèves notes de Regard perdu. L´auteur y cerne les conséquences provoquées sur la nature de son regard par la perte récente de son épouse Laura.

  • Alors que tout semble promettre la photographie, activité sans traditions et sans exigences, à l'anarchie de l'improvisation individuelle, rien n'est plus réglé et plus conventionnel que la pratique photographique et les photographies d'amateurs.
    Les normes qui définissent les occasions et les objets de photographie révèlent la fonction sociale de l'acte et de l'image photographique éterniser et solenniser les temps forts de la vie collective. aussi la photographie, rite du culte domestique, par lequel on fabrique des images privées de la vie privée, est-elle une des rares activités qui puisse encore de nos jours enrichir la culture populaire : une esthétique peut s'y exprimer avec ses principes, ses canons et ses lois qui ne sont pas autre chose que l'expression dans le domaine esthétique d'attitudes éthiques.

  • Comment l'arrivée du numérique a-t-elle changé les habitudes des professionnels du médium photographique autant que celles des amateurs ? Il suffit d'aller en ville pour remarquer la quantité incroyable de photos qui se prend à l'aide de téléphones portables. Mais qu'arrive-t-il de ces photos ? La plupart d'entre elles ne seront jamais regardées. Vivons-nous encore le moment présent ? Choisissons-nous réellement ce que nous voulons prendre en photo ou sommes-nous seulement rendus avides de quantité ? Pourquoi prenons-nous toutes ces photos ? Cet essai lève le voile sur notre désir constant d'être en représentation, sur notre façon de lire les images et sur les mutations du métier de photographe.

  • François Rouan, Photographies n'est pas un livre de photographe. C'est le livre d'un peintre qui, à intervalles plus ou moins réguliers, se saisit du médium photographique pour le faire résonner avec son travail de peinture.
    Depuis plus de vingt-cinq ans, cette pratique témoigne avant tout pour Rouan du dialogue qu'il tisse avec les modèles qui posent pour lui dans l'atelier. Elle lui permet de laisser trace du vivant de ces échanges tout en maintenant à distance l'idéalisation de la belle forme par un dispositif qui, d'entrée de jeu, défait la littéralité du sujet. Il y parvient en choisissant de travailler avec une machinerie délibérément anachronique dont il débraye l'avancée mécanique.
    Dès la première prise de vue, par l'effet de cette progression à l'aveugle et d'un cadrage aléatoire brouillé par les glissés et les superpositions, l'image se trouve dans le même temps impressionnée et déjà troublée par la suivante. La bande ainsi traitée est ensuite déposée au réfrigérateur pour y être conservée aussi longtemps que l'artiste le désire.
    Plus tard, éventuellement des années après ces prises de vue dans l'atelier, l'artiste, au gré de ses promenades sur la côte picarde, les plages normandes, en Engadine, en Italie, ou encore en Dordogne au château de Hautefort, se saisit du rouleau réembobiné et le charge des paysages traversés qui s'impriment sur le corps des modèles pour les tatouer, les voiler ou les masquer. Les tirages qui résultent de ce processus condensent ainsi les strates de temps différés et d'espaces disjoints.
    Plus que des photographies, ce sont alors des blocs de mémoire qui invitent le regard à circuler entre les veines d'un feuilletage marbré de corps, de ciel, de terre ou d'eau, griffé parfois d'empreintes peintes.
    Les pages d'un journal d'atelier rassemblant notes et fragments écrits par François Rouan entre 2012 er 2018, évoquent, au centre du livre, et en contrepoint aux travaux photographiques, l'espace mental où s'élabore la peinture.

  • Décrire ou penser la photographie ? Telle est la question introductive à cet essai, qui se conçoit plus comme un dictionnaire à l'usage des jeunes photographes que comme un manuel à portée conceptuelle.

  • C'est une histoire de la photographie éminemment personnelle que nous propose Denis Roche (1937-2015) photographe, écrivain  et poète. Cent photographies, cent   textes, qui composent un parcours, de Nicéphore Niepce à Bernard Plossu, en passant par les plus grands artistes mais aussi par quelques inconnus, dénichés dans des boîtes en carton ou des albums de famille. Ici, rien n'est dû au hasard, chaque image ayant été choisie avec lenteur et discernement, chaque texte, dans la vie de l'artiste, dans le moment photographique. On apprend beaucoup à la lecture de ces textes et, plus que tout, on apprend à regarder la photographie.  «  Je voulais faire le tour de ma table, aller ouvrir ma bibliothèque vitrée, sortir un appareil photo, n'importe lequel, dévisser l'objectif qui serait dessus et plonger mon regard dans le creux du boîtier à la recherche de ce trouble et de cette douceur que la mélancolie de cet art y mise depuis le début.  »  Paru en 1999 aux éditions Hazan, Le Boîtier de mélancolie est devenu un livre mythique, un ouvrage unique, dans lequel Denis Roche écrivain rejoint Denis Roche photographe.  Cet ouvrage a reçu le prix André Malraux décerné à une création artistique représentant le thème de l'engagement.

  • Rien n'est plus grave que l'acte photographique. Pour un écrivain, s'y livrer c'est signer chaque fois un « départ d'orgueil ». C'est aussi abandonner à tout bout de champ les simulacres et les stratégies, échapper à la contrainte des persuasions, à la subtilité obligatoire des enchaînements. J'ajouterais même : au savoir-faire, si je n'étais sûr du contraire, sûr qu'il s'agit là d'un leurre qu'on rajoute tous les jours au débat sous une forme différente. Tout gain de liberté (et chaque instantané photographique en gagne) va de pair avec une augmentation de savoir-faire. C'est ça qui fait le style. Et c'est le vertige éprouvé à leur course commune, au sursaut qu'ils font sur l'abîme, qui définit bien sûr cet art.

    /> D'où l'importance accordée tout au long de ce livre ? par le biais d'approches voulues aussi diversifiées que le sont l'essai, l'interview, la fiction, le journal intime, ou encore une série de photos commentées comme autant de schémas pensifs ? à la prise photographique elle-même, moment de sensation éperdue qui dit textuellement ceci : toute photo est une intelligence qu'épuise une lumière.

    Les lucioles disparaissent peu à peu, cantonnées dans quelques réduits occasionnels de la nature. Mais tandis que ces charmants animaux à la lumière se font rares, nous autres photophores prenons le relais. La fabrication des photos ne laisse rien dans l'ombre, et surtout pas l'instant de folie pure qu'abrite le déclenchement de la photo.

    Devant la gravité de telles certitudes, l'écrivain que je suis est renvoyé à la solitude, à l'angoisse, à la pénombre de sa durée. Mais à la beauté aussi, circulant entres elles et lui, qui valait bien le voyage.

    Chaque photo répète la phrase de Proust : « Nous disions : après, la mort, après, la maladie, après, la laideur, après, l'avanie ».

    On verra bien.

    Denis Roche.

  • Engagé dans un projet artistique d'envergure, le photographe Philippe Bazin propose une réflexion sur son travail à la lumière des photographies des autres. Il oriente sa pensée sur la question de la photographie comme document critique et réunit ses analyses d'oeuvres de photographes importants comme Lewis Baltz, Allan Sekula, Martha Rosler ou encore Bruno Serralongue, en les rapprochant de photographes moins connus comme Géraldine Millo ou Mahaut Lavoine.
    Les articles rassemblés dans ce court volume sous le titre Pour une photographie documentaire critique témoignent d'une pensée féconde et cohérente prenant en compte les contextes historiques, esthétiques et idéologiques dans lesquels cette photographie se crée aujourd'hui. Chaque écrit ouvre une nouvelle facette d'un même objet d'étude. La conclusion unifie l'ensemble et propose de développer une méthodologie originale que l'auteur qualifie d'« attitude documentaire » inspirée des avant-gardes artistiques et inscrit la démarche d'écriture dans sa profondeur historique et expérimentale.
    Ainsi, tout le livre se veut un manifeste prospectif pour une ouverture pragmatique, dans le sens d'une politique des images, sur l'avenir de la photographie documentaire et le monde. Chez Bazin, une distance constante est recherchée, d'avec une forme d'humanisme qui ne serait plus que de l'humanitarisme condescendant, d'avec une pure satisfaction des émotions, au profit d'un travail collaboratif aussi bien lors de la production que de l'exposition, proposant un partage du sensible pouvant réintégrer une « émotion documentaire » (selon l'expression de Christiane Vollaire). Le livre ne recule pas devant ses possibles aspects polémiques et veut créer le débat autour des rapports des images à l'espace public et d'une photographie critique comme contre pouvoir.

  • « Éthiopies singulières » ? Georges Courrèges, photographe averti, et Alain Sancerni, écrivain, éthiopien d'adoption, n'ont de cesse de s'interroger sur la singularité éclatée et éclatante de ce pays paradoxal où la réalité la plus rude se marie avec les spiritualités les plus intenses et l'imaginaire le plus débridé.
    Ce livre n'est pas la somme d'une traversée hâtive et mécanique d'une Éthiopie simplifiée qui n'aurait été que parcourue ou visitée.
    C'est un livre d'images vraies, reflets d'une expérience toujours revécue, d'un pays habité et vivant, ondoyant et insaisissable dans ses contradic- tions.
    L'Éthiopie millénaire, jamais colonisée, n'est pas un « musée » bigarré de monuments antiques et de corps sublimes. C'est un pays comblé d'his- toire et en perpétuel renouveau, riche de cent millions d'âmes, dont le passé refait partout surface, dans un présent en pleine effervescence où les plus vieilles traditions s'entremêlent aux enjeux et aux crises, aux es- poirs et aux craintes.
    Une journée au coeur de la capitale va servir de fil d'Ariane à cette découverte : de Lalibela à la vallée de l'Omo en passant par Gondar et Aksoum, l'Éthiopie y retrouve son chatoiement et l'étonnante symbiose de ses multiples ethnies, de ses régions, de son histoire, de son passé dans son présent, et de son présent partagé dans les singularités qui en font l'insoutenable attraction.
    Passionnant et beau.

  • Quelles sont les secrets cachés des photographies les plus réussies? Pourquoi trouvons-nous certaines photographies plus belles ou plus percutantes que d'autres? Comment parvenir à un tel résultat? Pour répondre à ces questions, cet ouvrage présente 100 analyses d'images, classées par grands thèmes photographiques: paysages, portraits, noir et blanc, street photo, voyage, architecture. Chaque analyse fait l'objet de deux pages en vis-à-vis: à gauchela photo accompagnée d'un court texte d'introduction, àdroite, son «analyse» constituées de différentes rubriques de texte et d'images.
    - «Où, pourquoi, comment?» présente le contexte de la prise de vue;
    - «Pourquoi ça marche?» analyse l'image, dans ses dimensions techniques et esthétiques;
    - différents «zooms» (focus sur certaines zones de l'image) permettent d'illustrer l'analyse;
    - «Pourquoi ça aurait pu ne pas marcher? » présente une image apparentées (même scène, ou mêmes conditions de prise de vue et/ou même thème) mais «ratée» ou simplement décevante, ainsi qu'un texte expliquant ce qui ne va pas.
    A travers ces analyses, le lecteur prendra conscience de ce qui peut faire le succès d'une photographie (sujet, lumière, composition, angle de vue...).

  • Dans Visions de Mandiargues, essai sur André Pieyre de Mandiargues (1909-1991), écrivain, poète, critique d'art, surréaliste de la seconde génération et auteur passionné par l'image dont il a constamment irrigué son écriture, sont d'abord invités les oeuvres ou les témoignages de ses contemporains : écrivains (André Breton, Alejandra Pizarnik, William Burroughs), artistes et plasticiens (Leonor Fini, René Magritte, Wifredo Lam), photographes (Hans Bellmer, Henri Cartier-Bresson, Man Ray) ou cinéastes (Michelangelo Antonioni, Walerian Borowczyk, Nelly Kaplan). Mais aussi, au fil de brèves liaisons imaginées et contre toute attente, apparaîtront les citations d'oeuvres d'artistes contemporains dont l'univers, à de multiples égards, propose un reflet de son esthétique dans le champ de la peinture et des plasticiens (Claude Lévêque, David Reed, Philip Taaffe), de la photographie (Martine Aballéa, Denis Roche, Hiroshi Sugimoto), de la vidéo (Kenneth Anger, Eija-Liisa Ahtila, Bill Viola), du théâtre (Jan Fabre, Jacques Vincey, Krzysztof Warlikowski) ou du cinéma (David Lynch, Raoul Ruiz, Apichatpong Weerasethakul). Dès lors, fortes de ce nouvel éclairage, des thématiques telles que l'oeuvre de Marcel Duchamp ou le baroque, l'art des jardins ou la sémiologie, l'érotisme ou la plasticité des images mentales, la notion de genre ou celle de livre d'artiste composent Visions de Mandiargues pour approcher l'incandescente modernité de son écriture : son expérience au xxie siècle. Enfin, des photographies, respectivement de Bernard Plossu, Bona Pieyre de Mandiargues, Florence Chevallier, Érik Bullot, Gérard Macé, Nicolas Comment, Sara Imloul, Kourtney Roy, Muriel Pic et Françoise Nuñez, ouvrent chaque chapitre de Visions de Mandiargues comme une invitation de l'image à l'écriture qui pourrait en être l'écho.
    A. C. & I. T.-C.

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