Tragédie antique

  • Représentée pour la première fois en 1659, oedipe marque le retour de Corneille au théâtre, après sept ans d'absence.
    Le dramaturge achevait alors ses trois Discours sur le poème dramatique, dans lesquels il expose ses principes de composition en un dialogue constant avec la Poétique d'Aristote. Il était donc tentant de traiter le sujet de l'oedipe roi de Sophocle, désigné par le philosophe comme le chef-d'oeuvre du genre tragique. Ce n'est qu'ensuite que Corneille en aurait mesuré la difficulté : l'histoire de ce roi qui se découvre parricide et incestueux heurte de front l'impératif de bienséances. Pour « remédier à ces désordres », il apporte des modifications considérables au mythe, qu'il adapte selon ses propres préceptes dramatiques. Lire l'oedipe de Corneille, c'est ainsi l'occasion de comprendre, peut-être plus clairement qu'avec toute autre pièce du XVIIe siècle, ce qu'est une tragédie classique.

  • «Une sorte d'épouvante emplit Eschyle d'un bout à l'autre ; une méduse profonde s'y dessine vaguement derrière les figures qui se meuvent dans la lumière. Eschyle est magnifique et formidable, comme si l'on voyait un froncement de sourcil au-dessus du soleil.» Victor Hugo.

  • Oedipe

    Sénèque

    La peste ravage la ville de Thèbes, royaume d'oedipe et de son épouse Jocaste. Punition divine, car l'assassin du roi Laius, le premier mari de Jocaste, n'a jamais été retrouvé. oedipe décide de mener l'enquête. Mais, victime d'une malédiction - l'oracle de Delphes lui a prédit qu'il tuerait son père et épouserait sa mère -, ne serait-il pas lui-même le responsable des malheurs de Thèbes?
    Tableaux sanglants, détails morbides : Sénèque fait de l'histoire d'oedipe une tragédie baroque avant l'heure, mais aussi un traité de stoïcisme en acte, où il s'interroge en philosophe - comment en vient-on à commettre pareilles transgressions? comment concilier liberté individuelle et fatalité du destin?
    Oedipe est le héros tragique absolu : monstrueux, excessif mais infiniment digne de pitié.oit.

  • Electre ; Oreste

    Euripide

    Un frère et une soeur unis dans la vengeance de leur père assassiné par l'amant de leur mère. Telle est l'histoire d'Électre et Oreste, les enfants terribles de Clytemnestre et Agamemnon. Euripide raconte, dans ces deux pièces qui fonctionnent comme un diptyque, l'amour de deux enfants pour un père, la détestation d'une mère, la folie meurtrière et l'inévitable remords. Aux côtés d'oedipe, Antigone et Médée, Électre et Oreste rejoignent les rangs des héros passionnés, intransigeants et torturés.

  • ODA matériau

    Arnaud Poujol

    ODA matériau, ce sont quatre métamorphoses racontées à travers le témoignage, en 2010, de quatre septuagénaires non-voyantes. ODA métamorphose I, Orphée aveugle : De l'obscurité des Enfers surgissent les voix de quatre femmes non-voyantes qui se racontent et disent leur quête pour retrouver l'être aimé. Un homme les écoute et leur répond avec la dureté de ceux qui portent la souffrance comme un privilège. En dévoilant son nom, Orphée devient le témoin de leur métamorphose en ménades. / ODA métamorphose II, À l'orée, Daphné : La nuit, à l'orée du bois, un veilleur s'adresse à une jeune marginale qui feule comme un chat sauvage afin de fuir le désir qu'elle inspire aux hommes. Il lui raconte le mythe de Daphné, ensemble ils se découvrent une langue commune. / ODA métamorphose III, Les filles du roi cornu : Au fond des forêts, nous retrouvons les ménades, elles sont là pour perpétuer l'histoire d'Actéon et garantir le prolongement de leur espèce en offrant la plus jeune d'entre elles, au fils du fils des fils du roi cornu. / ODA métamorphose IV, Tu me veux papillon : Après l'étreinte, l'homme dépose sa défroque de cerf et raconte à celle qu'il vient de déflorer l'histoire d'Eros et de Psyché.

    EXTRAIT 1 Orphée aveugle se joue dans le noir. Les spectateurs voyants font l'expérience (provisoire et toute relative) de la cécité, accompagnés par des non-voyants jusqu'aux portes du Ténare. Les Enfers sont peuplés d'ombres qui vont et viennent. Orphée n'a pas la primauté ni le privilège d'aimer pas plus que la tristesse d'avoir perdu l'être aimé.
    Les ombres funestes, elles aussi ont connu l'amour. Et si celles qui se confent n'étaient pas seulement les ombres des morts, qui seraient-elles ?

    LA PREMIERE : Écoutez-moi, c'est moi qui vous parle avec ces yeux qui ne savent qu'entendre. Je suis venue vous dire qu'il n'y a rien. Rien. Si ce n'est l'amour. L'amour à la fn. Tu entends, dis tu entends ce que disent mes yeux ?
    Il faut que je dise mon nom ? Est-ce que je dois dire mon nom ? Il y a quelqu'un, est-ce qu'il y a quelqu'un ? Je sais bien que là-bas - même s'il ne m'est pas permis de distinguer ce qui appartient à l'obscurité des ténèbres avec lesquels je commerce depuis bientôt quarante ans - (mais) là-bas, il y a quelqu'un qui m'attend. Je sais que là où il est, il m'entend.

    EXTRAIT 2 LA TROISIÈME : Consentir.

    Évidemment, il y a bien le ciel et le sang des bêtes sur les mains, celui que je n'arrive pas à nettoyer, celui qui ne veut pas partir, mais consentir, ça non, je ne peux pas. Je ne veux pas.
    Cela ne peut pas sufre, cela n'est pas sufsant pour dire que je vis ici avec vous, et que je partage avec vous autre chose que des mots, et pourtant, excusez-moi de vous le dire : ces mots ne font pas une langue.
    Non, cela n'est pas sufsant, nous sommes orphelines, vous m'entendez, orphelines, il n'y a pour nous aucune langue. Aucune. La langue des mères, la langue maternelle, nous a été interdite. Nos mots sont troués au milieu. On a arraché l'ombilic qui nous reliait aux autres.
    Tu sais où elle est ? Où est-elle ? Tu le sais ? Est-ce que quelqu'un sait, ou disons, est-ce que quelqu'un pourrait me dire, enfn, la demande que je fais me paraît raisonnable, compte tenu de la situation, et de la folie qui m'environne, simplement, je souhaitais savoir si quelqu'un ici, se souvient si l'Autre, la Chasseresse, la Sagittaire, appelle-la comme tu veux, il ne m'appartient pas de nommer les choses ici-bas, je ne suis pas celle-ci, pour ça, il vaut mieux s'adresser à ma soeur, elle, elle sait faire ces choses : nommer, moi, non ; je ne peux pas, simplement, je voudrais savoir si Elle, oui Elle, si Elle parlait une langue, une langue qui était autre chose qu'un cri ? Tu sais ?
    Non, tu ne sais pas. Est-ce que quelqu'un m'entend ? Il y a quelqu'un ? Rien pour nous, rien si ce n'est le cri, le cri de ceux qui vivent perdus dans la forêt.

  • À travers une pièce en huis clos qui réunit deux frères postulés jumeaux en regard d'une certaine version et compréhension de l'Ancien Testament, Laurent Bernard interroge le mythe de Caïn et Abel sous la forme d'un dialogue.

  • Il y a près de 350 ans paraissait la tragédie historique de Jean Racine, Bérénice. oeuvre classique par excellence du théâtre français, c'est à partir de cette trame que Jean-Luc Marchand a décidé de dévoiler le destin de Drusilla, soeur de Bérénice et fille d'Agrippa Ier, provisoirement oubliée par l'Histoire. Au prix d'un investissement sans failles et de nombreuses recherches sur les événements et protagonistes de l'époque, l'auteur est parvenu à transposer en alexandrins les péripéties de la jeune Drusilla. En ce temps-là, au royaume de Chalcis, la princesse Drusilla va rencontrer le jeune Épiphane, fils du roi de Commagène, auquel elle a été promise lorsqu'ils étaient enfants. Elle en tombe immédiatement amoureuse, mais le complot des hommes en a décidé autrement. En parallèle, bien des intrigues se trament au palais. Avec talent, Jean-Luc Marchand parvient ainsi à nous transporter en l'an 49, « là où l'ancien royaume d'Alexandre et le nouvel Empire romain se chevauchent ». Au coeur d'une fiction historique peu commune, alliant forme traditionnelle et pensée d'aujourd'hui, il remet au goût du jour l'art classique de la tragédie antique.

  • Les tragédies de Sophocle sont de pures merveilles du monde antique grec, prouvant, si ce n'était pas le cas, le génie de cette culture. Sur les 123tragédies écrites par l'auteur, seulement 8pièces ont réussi à parvenir jusqu'à nous. Nous avons souhaité publier 7 d'entre elles, afin de conserver cet héritage précieux. Dans ce livre, nous trouverons donc Oedipe Roi, Oedipe à Colone, Antigone, Philoctète, Electre, Ajax et les Trachiniennes.
    Tous ces noms nous parlent. Oedipe est même une référence moderne tout comme Antigone ou Electre, mais sommes-nous tous capables de citer leur auteur? Que dire de Sophocle, de cet auteur né en 496 av. J.-C. et dont les tragédies nous semblent pourtant si familières.

  • Tragedies oeuvres completes Nouv.

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