• Victor Serge a participé à plusieurs mouvements révolutionnaires du XXe siècle (anarchistes français, Russie, Espagne), mais il a toujours su résister à la force grisante de la foule et surtout, il s'est toujours fermement opposé, au prix de sa liberté, au totalitarisme que certains d'entre eux couvaient en leur sein.

  • Les poèmes réunis sous le titre de « Résistance » ont été écrits en 1933 à Orenbourg dans l'Oural, où Victor Serge, dissident russe, se trouvait en exil. Témoignant des conflits politiques et culturels de la première moitié du 20e siècle, ces textes sont un éloge à ses proches amis et camarades, et rendent compte de la vie des exilés dans les steppes. Ils se font la voix des sans-voix, des humiliés, des offensés, des hérétiques et appellent à la résistance permanente ainsi qu'au refus de l'oubli.
    Initialement parus en 1938 dans la revue Les Humbles, les poèmes de Victor Serge ont été publiés par les éditions François Maspero, dans la collection « voix », sous le titre Pour un brasier dans le désert. En 1998, les éditions Plein Chant publient une nouvelle fois ces poèmes dans la collection « Type-Type ».

  • Ce livre se veut un tableau véridique, vivant et raisonné des premières luttes de la révolution socialiste russe. Désireux par-dessus tout de dégager aux yeux des prolétaires les enseignements d'une des époques les plus grandes et les plus décisives de la lutte des classes dans les temps modernes, je ne pouvais qu'exposer le point de vue des révolutionnaires prolétariens. Cette façon de faire aura pour le lecteur étranger aux doctrines communistes l'avantage de lui faire connaître comment ceux qui ont fait la révolution la comprenaient et la comprennent.
    L'An 1 reconstitue la chaîne des événements qui ont transformé l'État-Commune de 1917 en dictature du Parti à la fin de l'année 1918. Victor Serge décrit les succès et les difficultés de cette première année, saisissant dans un même mouvement l'héroïsme populaire qui a donné naissance à la démocratie des soviets et les circonstances dramatiques dans lesquelles les acquis d'Octobre ont commencé à être entamés. Il rapporte aussi l'insurrection d'Octobre, la Paix de Brest-Litovk ou encore la naissance de l'Armée rouge.
    Commencée en 1925, quand Serge fait parti de l'opposition de gauche du parti bolchévique, et achevée en 1928, après son exclusion pour « activité fractionnelle », cette fresque porte la marque de la répression dont a été victime son auteur, constamment surveillé, puis emprisonné par la police secrète stalinienne : l'ouvrage a été conçu en fragments autonomes pouvant facilement être envoyés au fur et à mesure à l'étranger, voire être publiés indépendamment en cas d'arrestation. L'An 1 est accompagné d'une longue postface critique écrite en 1947, qui ouvre « le chapitre difficile des erreurs et des fautes ».

  • Peu après le début de la Seconde Guerre mondiale, Victor Serge (1890-1947), figure révolutionnaire majeure, entame une brève collaboration au quotidien grand public L'Intransigeant. Dans une quinzaine d'articles, réunis pour la première fois dans cette édition, il analyse les prémisses du conflit.

    Alors qu'il est minuit dans le siècle, Serge éclaire les origines et les raisons du pacte germano-soviétique, l'état intérieur de l'URSS et l'impitoyable répression qui y sévit. Fin analyste des rapports de force internationaux, il pointe aussi les limites de cet accord, la concurrence préventive que se livrent l'Union soviétique stalinienne et l'Allemagne nazie et la guerre qu'entreprend Staline contre le « petit peuple » finlandais.

    Introduction et notes de Charles Jacquier.

    " Ce n'est pas la girouette, chacun le sait, qui tourne, et parfois vite, c'est le vent. N'importe. Les poignées de mains échangées par Staline avec M. von Ribbentrop provoquent dans les bibliothèques, l'enseignement, les consciences serviles, des remaniements qui ne sont pas près de finir. Et 170 millions de citoyens soviétiques, réduits à cette seule pâture intellectuelle, chaque année remaniée à la suite des exécutions et des tournants imprévus de la tyrannie, sont mis ainsi de force à l'école du cynisme le plus outrageant. "

  • À quoi pourrait ressembler une littérature révolutionnaire ? Telle est la question à laquelle s'attaque Victor Serge dans cet essai publié en 1932.

    Contre toute doctrine de parti, contre les dérives de l'avant-garde ? il n'est pas tendre avec le surréalisme d'André Breton ?, contre le roman psychologique à la mode, Victor Serge propose un « humanisme prolétarien » qui répondrait aussi bien à la révolution en gestation dans les pays occidentaux qu'à la révolution déjà trahie en Union soviétique.

    On retrouve dans Littérature et révolution l'extraordinaire lucidité de Victor Serge sur les enjeux politiques et culturels. Sans illusion sur la littérature que les partis communistes préconisent, il nous présente ce que pourrait être une littérature libre, plurielle et intègre.

  • Comment concilier individualisme et lutte collective ? Quelles sont les qualités individuelles qu'il faut cultiver et répandre pour qu'une révolution sociale change effectivement la vie ? Comment comprendre, dans la pensée nietzschéenne, la contradiction entre la générosité de l'esprit libre et la volonté d'une hiérarchie sociale ?

    Autant de questions que Victor Serge, figure révolutionnaire incontournable du XXe siècle, cherche à résoudre par sa lecture personnelle du philosophe.

    Publié en 1917 dans le journal anarchiste barcelonais Tierra y Libertad, ce texte, inédit en français, apporte un éclairage tant sur les oeuvres de Nietzsche que sur l'usage qu'en fait Serge et sur l'évolution politique de celui-ci.

    Édition illustrée par Vlady.

  • En un quart de siècle, l'Européen d'aujourd'hui a vu la guerre mondiale, des révolutions victorieuses, des révolutions vaincues, une révolution dégénérée, les fascismes, la crise économique, le réveil de l'Asie, de nouvelles guerres coloniales...
    On comprend qu'il soit las et inquiet. On se souvient qu'il a beaucoup écopé dans tout ceci. Et pourtant, on voudrait lui crier que ce crépuscule d'un monde a besoin de lui, besoin de chacun de nous ; que plus les heures sont noires et plus il faut de fermeté à considérer les choses en face, à les nommer par leurs noms, à accomplir malgré tout le simple devoir humain. Le nouveau Moyen Age, où nous plongent les soubresauts du capitalisme finissant, nous impose la plus grande lucidité, le plus grand courage, la solidarité la plus agissante.
    Aucun péril, aucune amertume ne justifient le désespoir - car la vie continue et elle aura le dernier mot. Aucune évasion véritable n'est possible, sauf celle de la vaillance.

  • Les années sans pardon

    Victor Serge

    • Agone
    • 14 Septembre 2011

    S'il y avait encore quelque part dans le monde une autre réalité, elle ne tenait plus dans la mémoire humaine que la place d'un souvenir plus teinté de doute et de peine que de regrets.
    Les vieilles gens gardaient le mieux l'empreinte du passé mais leur rabâchage en devenait exaspérant. Il leur faisait plus de mal encore qu'à ceux qui se demandaient comment les faire taire. Combien de guerres y a-t-il eu ? La révolution, c'était aussi une guerre ! Les réponses de ceux qui, en un demi-siècle, semblaient avoir vécu tant d'événements qu'ils exagéraient certainement, restaient obscures ; et le prix d'un bon dîner, le confort des voyages en chemin de fer, devenaient des contes à dormir debout ou plus exactement des bobards de cinglés.
    Parcours de figures indésirables dans une Europe qui court à la catastrophe, ce roman posthume évoque les derniers jours du Paris d'avant-guerre et le siège de Leningrad, en passant par la chute de Berlin pour finir dans la sierra mexicaine. Confrontés à l'implacable terreur, les protagonistes essayent de sauver leurs amours et cherchent à "s'évader d'un monde sans évasion possible".

  • Lorsque le Maréchal Pétain se rendit en visite officielle à Marseille les 3 et 4 décembre 1940, la Préfecture de Police ordonna de nombreuses arrestations "préventives" afin d'assurer la sécurité du susnommé. Au nom de la Patrie et de l'Ordre - celui de la Révolution dite nationale -, on procéda à de multiples perquisitions, arrestations et rafles, notamment parmi les réfugiés politiques en attente de visas. Il fut également décidé de transférer à bord d'un paquebot, le Sinaïa, le plus possible d'entre eux qui, ainsi confinés, furent gardés en pleine mer, loin de Marseille. L'écrivain Victor Serge figure parmi ceux qui furent contraints de " prendre le large ". Son patronyme russe, Kibaltchitche, ainsi que la mention "apatride" apposée sur sa carte de séjour (provisoire) perturba l'un des policiers chargés de l'embarquement qui lui demanda s'il était Juif. Sans s'émouvoir, Victor Serge répliqua avec calme et fermeté :" Je n'ai pas l'honneur ! ". Dans ce contexte, une telle réponse aurait pu ajouter aux difficultés de sa situation, alors plus que précaire. Victor Serge en était conscient mais entendait clairement manifester sa solidarité avec tous les Juifs. Cette solidarité, il n'avait pas attendu la fin de l'année 1940 pour la traduire en actes. Depuis plusieurs années - comme le lecteur pourra le découvrir avec les textes réunis dans ce volume -, il informait régulièrement militants et citoyens du sort inhumain infligé aux Juifs de par le monde et il dénonçait aussi bien les idéologies que les politiques xénophobes et antisémites.

  • L'affaire Toulaév

    Victor Serge

    • Zones
    • 8 Octobre 2009

    Dans la froideur d'une nuit moscovite, le camarade Toulaev, un apparatchik de haut rang, est abattu en pleine rue. L'enquête commence et la machine bureaucratique du parti-Etat stalinien enclenche ses rouages totalitaires. Les suspects, arrêtés et interrogés les uns après les autres, sont pris dans les mailles d'un filet qui étend ses ramifications jusqu'à Paris et Barcelone. Ces inculpés, dont Victor Serge fait le portrait saisissant, n'ont de commun que l'innocence du crime dont on les accuse. Avec ce roman rédigé entre 1940 et 1942, véritable classique méconnu de la littérature du XXe siècle, Victor Serge signe l'un des plus forts récits jamais écrits sur les procès de Moscou et les purges staliniennes, dont il offre ici une fresque panoramique, complexe et belle malgré sa noirceur. Ici se joue la comédie humaine d'un Etat policier, le roman noir d'une révolution trahie qui dévore ses propres enfants en leur faisant confesser des crimes qu'ils n'ont pas commis. Au-delà de sa dimension historique, le livre expose, avec une subtilité que seule permet la fiction, les mécanismes sociaux et psychologiques qui rendent possible la soumission à la tyrannie - mais aussi la résistance.

  • Cette trilogie de romans reflète la vie aventureuse de leur auteur, le révolutionnaire Victor Serge (1890-1947). Né à Bruxelles de parents russes anti-tsaristes, il s'engage à 15 ans dans l'anarchisme. En 1913, Victor est condamné à 5 ans de pénitencier à la suite de l'affaire dite des « bandits tragiques ». Expulsé de France en 1917, il rejoint à Barcelone les anarcho-syndicalistes, puis répond à l'appel de la révolution russe. Après avoir une nouvelle fois été arrêté en France, il arrive à Petrograd en 1919. Ce périple est la trame de Naissance de notre force. Mais la révolution que rejoint Serge connaît la famine, le froid et la Terreur blanche, et y répond par la Terreur rouge. Serge relate cette tragédie dans le dernier volet de la trilogie, Ville conquise.
    Opposant inconditionnel au régime totalitaire, Serge est arrêté en 1928, puis relâché par Staline en 1936 grâce à l'intervention de Romain Rolland. De retour en Europe, il dénonce les Procès de Moscou, s'engage avec le POUM dans la révolution espagnole, et traduit Trotski.
    En juin 40, il quitte Paris, vit un moment à Marseille aux côtés de Varian Fry et d'André Breton, et part en exil au Mexique. Il y termine deux autres de ses chefs-d'oeuvre, Mémoires d'un révolutionnaire et L'Affaire Tulaèv avant de mourir dans la misère en 1947. Longtemps marginalisé sous l'influence des communistes, Serge jouit désormais d'un grand regain d'intérêt : il est traduit dans une dizaine de langues et régulièrement réédité en France.

  • Cette trilogie de romans reflète la vie aventureuse de leur auteur, le révolutionnaire Victor Serge (1890-1947). Né à Bruxelles de parents russes anti-tsaristes, il s'engage à 15 ans dans l'anarchisme. En 1913, Victor est condamné à 5 ans de pénitencier à la suite de l'affaire dite des « bandits tragiques ». Expulsé de France en 1917, il rejoint à Barcelone les anarcho-syndicalistes, puis répond à l'appel de la révolution russe. Après avoir une nouvelle fois été arrêté en France, il arrive à Petrograd en 1919. Ce périple est la trame de Naissance de notre force. Mais la révolution que rejoint Serge connaît la famine, le froid et la Terreur blanche, et y répond par la Terreur rouge. Serge relate cette tragédie dans le dernier volet de la trilogie, Ville conquise.
    Opposant inconditionnel au régime totalitaire, Serge est arrêté en 1928, puis relâché par Staline en 1936 grâce à l'intervention de Romain Rolland. De retour en Europe, il dénonce les Procès de Moscou, s'engage avec le POUM dans la révolution espagnole, et traduit Trotski.
    En juin 40, il quitte Paris, vit un moment à Marseille aux côtés de Varian Fry et d'André Breton, et part en exil au Mexique. Il y termine deux autres de ses chefs-d'oeuvre, Mémoires d'un révolutionnaire et L'Affaire Tulaèv avant de mourir dans la misère en 1947. Longtemps marginalisé sous l'influence des communistes, Serge jouit désormais d'un grand regain d'intérêt : il est traduit dans une dizaine de langues et régulièrement réédité en France.

  • Fichage, surveillance, filature, écoutes, infiltrations, manipulations et provocations ? autant de techniques policières que les régimes de tout poil ont toujours employées contre ceux qui entendaient contester l'ordre établi.
    Au lendemain de la révolution russe, les archives secrètes de la police politique tsariste ? la sinistre « Okhrana » ? sont tombées entre les mains des insurgés. Victor Serge les a dépouillées. De sa lecture de centaines de rapports et fiches de police, il a tiré une sorte de guide pratique des techniques de répression policière, publié pour la première fois en France en 1926. Si les technologies répressives se sont depuis considérablement modernisées, les grands principes de leur fonctionnement, dévoilés ici, demeurent toujours d'actualité à l'âge de la surveillance électronique.
    Après une analyse minutieuse du fonctionnement de la police politique et de la mentalité des « agents provocateurs », Serge pose la question du rapport à la légalité, et livre des conseils de base aux militants : comment repérer une filature, résister à un interrogatoire, déjouer des manoeuvres de provocation... Loin de toute paranoïa, la leçon fondamentale de ce petit manuel reste éclairante : « Il n'est pas de force au monde qui puisse endiguer le flot révolutionnaire quand il monte, et face auquel toutes les polices, quels que soient leur machiavélisme, leur science et leurs crimes, sont à peu près impuissantes. » Ce document est éclairé par un avant-propos d'Éric Hazan en lien avec l'« affaire Tarnac » et une actualisation de Francis Dupuis-Déri sur les techniques contemporaines de contrôle policier.

  • Un hôtel borgne, dans le quartier du Marais, à Paris. Nous sommes en 1940, à la veille de l'Occupation. Les ministères évacuent leurs archives. Rouen brûle. Amiens est en ruine. Devant le comptoir du bistro attenant à l'hôtel Marquise, on échange des bobards, tandis que les filles continuent leur ronde sur le trottoir. Et les personnages défilent. Demain ils vont se disperser sur les chemins de l'exode. Ce sont les pensionnaires de l'hôtel. Il y a là, autour d'Anselme Flotte, le propriétaire du bistrot, un bougnat, Augustin Charras et sa fille Angèle, un réfugié russe, le docteur Ardatov, un révolutionnaire espagnol, Pepe Ortiga, le courtier Mortiz Silberstien. Ils partiront ensemble. {Les Derniers Temps} sont les ultimes instants de liberté, d'une certaine façon de penser et de vivre. Thème humain dont Paris est le symbole. De ce Paris, à la veille et au début de l'Occupation, il trace d'amples tableaux où passent, s'agitent, vivent des personnages remarquablement observés...

  • Intellectuel marxiste et révolutionnaire clandestin en Russie tsariste, élu président du soviet de Saint-Pétersbourg pendant la Révolution russe de 1905, condamné à la Sibérie, évadé puis exilé, Léon Trotsky retourne en Russie en 1917, rejoint le parti bolchevique de Lénine, et se jette corps et âme dans la révolution. De nouveau élu président du soviet de Pétersbourg, il organise l'insurrection décisive d'octobre 1917. Commissaire aux Affaires étrangères, il négocie la paix avec l'Allemagne. Nommé au commissariat de la Guerre, il fonde l'Armée rouge et la mène à la victoire. Après la mort de Lénine, l'organisateur de la victoire se retrouve isolé par Staline, qui s'entoure de bureaucrates communistes. Trotsky, lui, prône la révolution mondiale et la lutte antibureaucratique, défendues par une minorité de révolutionnaires comme Victor Serge. Exclu du Parti en 1927 puis banni, Trotsky se retrouve de nouveau exilé et consacre le reste de sa vie à la lutte internationale contre le capitalisme et le régime totalitaire de son ennemi, Staline. Ce dernier l'accuse d'être un agent d'Hitler et le fait assassiner au Mexique en 1940. C'est cette vie, entièrement intégrée à l'Histoire en mouvement, que Victor Serge et Natalia Sedova, la veuve de Trotsky, se sont efforcés de retracer dans une biographie objective et véridique.

  • {S'il est minuit dans le siècle }(1939) décrit la Russie de Staline comme une machine à broyer les hommes. Avant Koestler et Soljenitsyne, il dénonce ce qui ne s'appelait pas encore le "goulag".

  • " c'était déjà les temps noirs de la disette dans les villes, de famine dans les campagnes, de terreur.
    " mer blanche, l'impasse saint-barnabé et l hôpital de léningrad, trois des nouvelles qui composent ce recueil (initialement publié en 1972 aux éditions françois maspero), évoquent l'atmosphère du début des années 1930 en urss, quand staline imposait dans le chaos et par la terreur ses plans déments d'industrialisation et de collectivisation forcée. dans mer blanche, kirk - vieux communiste idéaliste heureux de pouvoir encore servir la révolution en dépit des directives absurdes, des statistiques truquées, des arrestations insensées - entre dans le néant blanc du grand nord pour rédiger un rapport sur l'industrialisation d'une pécherie ; sa vision de l'homme dans la nature est aussi lumineuse, aussi exaltante que le pays de neige qu'il évoque.
    Le réalisme critique et visionnaire de l'impasse saint-barnabé est proprement balzacien : dans cet appartement collectif, véritable " pension vauquer " soviétique, chaque locataire vit ses envies, ses haines, ses réves face à la société en transformation. l'hôpital de léningrad, dernier volet de cette trilogie soviétique, est le récit terrifiant d'une visite à l'hôpital psychiatrique délabré oú la guépéou " envoie ses clients quand elle n'en peut plus rien faire d'autre ".
    écrite au lendemain de la seconde guerre mondiale, la nouvelle le séisme évoque des expériences de réve, de bombardement, de cataclysme géologique et historique à l'ombre d'un volcan naissant qui engloutit un village indio.

  • Ville conquise

    Victor Serge

    • Climats
    • 26 Février 2004

    En 1919, Victor Serge arrive à Petrograd et plonge immédiatement dans le tourbillon dont s'accompagne l'aurore bolchevique. Avec Ville conquise, il parvient à donner vie à toute une ville, à une foule d'hommes jamais anonymes, qui subissent l'événement au niveau le plus humble, en proie aux horreurs et aux lassitudes mesquines du désordre et du brigandage. L'ouvrage montre que la ferveur qui anime son auteur n'est pas aveugle. Les grandeurs et servitudes, les splendeurs et misères du militantisme révolutionnaire y sont évoquées sans oeillères.

  • Parmi les premiers à dénoncer les horreurs du stalinisme, l'Histoire convoque un nom, un homme russe au singulier parcours de vie, un militant pour la vérité et la liberté, Victor Serge.
    Le présent ouvrage s'intéresse à la première période d'écriture de Serge. Il semblait néanmoins indispensable d'insérer, dans son intégralité, sa Lettre-testament.
    Dans son édition du 28 avril 1910, la revue L'anarchie présente un texte de Victor Serge, L'illusion révolutionnaire. Article portant les germes du combat à venir : lutte contre les autoritarismes, qu'ils soient parlementaires ou révolutionnaires. Anarchiste convaincu, Victor Serge explore l'alternative révolutionnaire, en mentionnant toutefois ce qu'elle peut revêtir de totalitaire.
    La même revue, quelques mois plus tard, publie Vers les mirages, ainsi que Leur paix?!
    En Février 1933, alors qu'il se sait menacé, Victor Serge rédige une missive qui progressivement s'apparente à un testament politique et moral, sa Lettre-Testament.

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