• À Madagascar, l'heure est aux défis : une vie politique à réinventer, une prospérité économique à fonder, une justice sociale à instaurer. Des défis qui ne peuvent être relevés sans que soit abordée la question de la culture. Car la crise de la société malgache s'enracine dans une crise de ses valeurs traditionnelles. Sylvain Urfer, analysant chacune de ces valeurs et posant les conditions de leur réappropriation, apporte une contribution déterminante à la réflexion sur l'avenir de la Grande Île. (Illustrations en noir et blanc).

  • « Madagascar compte parmi les pays les plus pauvres. » « Madagascar est le paradis des lémuriens. » « Madagascar est la patrie de la vanille. » « Les Malgaches vivent au rythme du mora-mora. » « Madagascar est un pays francophone. » « A Madagascar, on retourne les morts. » « Madagascar est une destination importante pour l'écotourisme. »

  • Suivi d'une étude de Jacques Van Nieuwenhove sur Présence chrétienne en société socialiste.

  • Madagascar, l'île rouge, l'île heureuse comme certains l'appelaient il y a encore quelques années. Il est vrai que tout est là pour entretenir le mythe : paysages somptueux, faune et flore exceptionnelles, hospitalité souriante de ses habitants, traditions encore vivaces...
    Pourtant, l'observateur attentif ne manque pas de souligner la grande pauvreté, les crises politiques à répétition, la violence sous-jacente qui écornent sérieusement cette image de carte postale. Regard croisé d'une Malgache et d'un Français, cet ouvrage montre que, si Madagascar n'est pas, et n'a jamais été, l'île heureuse rêvée par certains, elle n'est pas davantage l'enfer que pourraient décrire les statistiques...

  • Le poids de l'esclavage, traditionnel et moderne, pèse sur la société malgache. En brisant le silence, cet ouvrage vise à aider les descendants d'anciens maîtres comme ceux d'anciens esclaves, à assumer les réalités de l'histoire. Dans la même logique, il incite les responsables des servitudes actuelles et leurs victimes à s'affranchir du non-dit et à améliorer les conditions de vie de tous. La première partie évoque l'histoire de l'esclavage à Madagascar pendant le XIXe siècle, et les effets de la traite jusque dans l'« île éparse » de Tromelin. Elle rappelle le rôle du christianisme depuis son origine et sur tous les continents, et celui de l'Église catholique dans la Grande Île qui, sous l'impulsion du premier évêque d'Antananarivo, avait choisi de racheter les esclaves pour les libérer. Depuis lors, « l'esclavage moderne » a pris la relève. À Madagascar, il désigne notamment les conditions de vie inhumaines infligées aux enfants, aux femmes et aux travailleurs. S'y ajoutent les exigences de la tradition et des coutumes qui, toujours vivaces, peuvent être assimilées à une nouvelle forme d'esclavage. Ces servitudes plus récentes font l'objet de la deuxième partie. Reste à trouver « les chemins de la libération », ce que se propose de faire la troisième partie. Pour surmonter son passé douloureux, la société malgache dans toutes ses composantes devra sortir de son silence, se juger avec lucidité et agir sans crainte. Ainsi la libération physique et juridique pourra-t-elle s'épanouir en libération intégrale de l'être humain, qui est à la fois personne et société.

empty