• L'éclipse

    Serge Rezvani

    Que reste-t-il de l'amour quand l'âme neuronale de l'être cher est inexorablement détruite par la maladie ? Tout à la fois journal, récit, document, ce texte bouleversant, écrit au quotidien des ultimes "années Lula" (Danièle Rezvani, 1931-2005), constitue un exceptionnel témoignage sur la maladie d'Alzheimer.

  • L'énigme

    Serge Rezvani

    Que s'est-il passé à bord de l'Ouranos, le cabin-cruiser de la famille Knigh, retrouvé dérivant en mer, vide, la coque striée de griffures sanglantes ? Lequel des Knigh, tous écrivains, donc tous rivaux - autant dire tous suspects - a délibérément noyé les autres, avant de s'infliger sans doute le même sort ?
    Pour déchiffrer les indices - carnets, brouillons, poèmes - découverts sur le navire, l'Enquêteur du Domaine maritime et son ami le Poète Criminologiste ont fait appel à un spécialiste : le scrupuleux Théseur.
    Aussitôt s'engage une enquête diligente mais trompeuse, pleine de rebondissements, de fausses pistes, de coups de théâtre...
    S'enivrant peu à peu de cette énigme qu'ils redoutent de résoudre tant elle les tient en haleine, les trois enquêteurs explorent les ténébreux secrets de la famille Knigh, les dangereux chemins de la création, l'insondable mystère de mourir... donc d'exister.

  • L'origine de l'incendie criminel qui va ravager en 2020 le Grand Musée tient d'abord à la folie de Bergamme, nain cleptomane et iconoclaste. Pour sauver ce qui, selon lui, dans l'Art serait unique, il prétend dérober, retoucher, inachever les plus célèbres tableaux - à commencer par L'Origine du monde devant lequel il vient si souvent faire scandale au Grand Musée...
    Mais la responsabilité de la tragédie incombe également à Gerbraun, conservateur en chef, apôtre de la duplication en série des chefs-d'oeuvre, qui ouvre à Bergamme les coulisses du prestigieux établissement subitement envahi par une dangereuse ébriété sexuelle.
    En peintre et en romancier, Rezvani passe au crible d'une imagination provocante les aspirations les plus élevées et les ridicules les plus achevés de nos pratiques muséeuses, et fait de l'amour de l'Art une passion aussi ambiguë que dangereuse.

  • Rezvani, auteur dramatique, romancier mais aussi peintre, nous livre un ensemble de textes autour du théâtre.
    Il nous encourage à considérer la scène et le théâtre comme un des derniers lieux poétiques mais aussi à rester vigilant face à une certaine agonie de l'art, du trop vite pensé, du tout vu, des lois du marché qui dominent, du commentaire qui fait l'oeuvre, de la versatilité de nos enthousiasmes, etc.

  • 20 ans après l'écriture et deux ans après notre réédition de La Traversée des monts noirs, son oeuvre littéraire majeure jusqu'alors, Serge Rezvani nous en propose la suite dans son dernier texte : Vers les confins. Celui-ci peut cependant se lire indépendamment du premier. Il en reprend essentiellement les personnages ainsi que le mode d'écriture singulier qui substitue l'oralité du dialogue à tout élément descriptif et narratif, lesquels ne sont présents qu'à travers les paroles des uns et des autres. Il n'y a donc pas tant une action à résumer que la mise en scène d'une conversation continuée, commentant avec ironie et provocation le destin humain, à partir d'une relecture critique de la Bible et de ses mythes dans le cadre historique du désert des Esséniens. Au fil du voyage mystérieux qu'accomplissent les personnages, les développements de ces mythes sont suivis jusqu'à leur retentissement actuel tout en passant par une interprétation de la peinture du Tintoret. La fin, sans fin, entraine vers le fantastique. Ce récit polyphonique et enlevé conduit le lecteur de surprise en surprise, alternant surprise verbale (traits d'esprit, joutes spirituelles, évocations drôles ou terribles, contes.) et profondeur de pensée. Un livre confondant d'intelligence, d'invention et de poésie, qui ne se prend jamais au sérieux, se plaçant constamment sous le signe du jeu : jeu du langage, jeu des récits que les hommes se tiennent à eux-mêmes, ce jeu fût-il tragique dans ses conséquences historiques et morales.

  • L'origine de l'incendie criminel qui va ravager en 2020 le Grand Musée tient d'abord à la folie de Bergamme, nain cleptomane et iconoclaste, atteint de la pire des "pathologies nauséeuses".
    Pour sauver ce qui, selon lui, dans l'Art serait unique, cet étrange personnage prétend dérober, retoucher, inachever les plus célèbres tableaux - à commencer par L'Origine du monde devant lequel il vient si souvent faire scandale au Grand Musée... Mais la responsabilité de la tragédie incombe également à Gerbraun, conservateur en chef, apôtre de la duplication en série des chefs-d'oeuvre. Séduit, amusé, puis fasciné par les baroques provocations du nain, c'est lui qui ouvre à Bergamme - dans quel secret dessein ? - les coulisses du prestigieux établissement.
    En haut, veille l'inénarrable commissaire Quevedo, chargé de la sécurité - un "déveinard" de la pire sorte, flanqué d'un chien doué de parole : M. Bull. Au laboratoire s'activent la pulpeuse Roberte, restauratrice en chef, et l'hygrométreur Alf, qui élève (secrètement) des rats-taupes glabres originaires du Kenya, et voue à L'Origine du monde un culte fétichiste. Dans les combles s'entasse depuis des siècles un véritable millefeuille de toiles abandonnées.
    Là, forant l'épaisseur des chefs-d'oeuvre pourrissants, le personnel de l'établissement a creusé des niches où les uns et les autres s'adonnent à tous les plaisirs du commerce amoureux. Est-ce la présence obsédante de L'Origine du monde ? Une dangereuse ébriété sexuelle semble avoir envahi le Grand Musée - à quoi s'ajoute désormais la menace que constitue, dans ce temple de la conservation, l'inquiétante folie de Bergamme, qui confessera ses crimes au narrateur...
    En peintre et en romancier - en créateur indiscipliné -, Rezvani passe au crible d'une imagination provocante les aspirations les plus élevées et les ridicules les plus achevés de nos pratiques muséeuses. Avec une inimitable manière de dire gaiement les choses les plus graves, il poursuit ici une " poétique du désastre " entamée avec La Traversée des monts Noirs (Stock, 1992) puis La Cité Potemkine (Actes Sud, 1998), et fait de l'amour de l'Art - après celui de la Science - une des passions les plus ambiguës et les plus dangereuses du monde.

  • Phenix bab n.115

    Serge Rezvani

    Au terme d'une longue méditation, cham décide d'abandonner la peinture pour l'écriture.
    Alex, sa femme est la complice de cette métamorphose. entre leur retraite méridionale et la ville d'italie oú ils aiment s'enfuir, en dépit des sollicitations des marchands et des collectionneurs, ils parcourent dans une grande solitude amoureuse le chemin d'une renaissance. et ensemble découvrent que l'oeuvre que cham a tenté de détruire par le feu agit à la fois comme miroir et mémoire et, nouveau phénix, sera la matière même du renouveau.

  • Théatre complet t.2

    Serge Rezvani

    L'écriture de ces pièces de théâtre s'étire sur quelque trente ans.
    Des Immobiles (1965) à Isola Piccola (1993), ces pièces sont la trace du regard que j'ai porté sur le monde, ses valeurs, ses mutations, et du lent rétrécissement de nos espoirs de le réformer. Mais surtout elles représentent pour moi les étapes d'une pénétration de l'écrit - puisque chaque pièce correspond de plus ou moins près à l'élaboration parallèle d'un roman dont soit les thèmes soit même certains personnages apparaissent déjà " chargés " dans cette éphémère magie qu'est l'espace scénique.
    Bien de mes romans ont trouvé leur solution dans la " pause " que représentait pour moi l'écriture de la pièce qui leur devenait en quelque sorte complémentaire. Et bien de mes pièces doivent quelque secret aux arrière-plans d'un de leurs romans frères dont elles représentent la charge. L'alternance de ces deux écritures divergentes m'est essentielle.

  • Le vol du feu

    Serge Rezvani

    Ce feu qui vole de colline en colline, ravage les Maures et déferle vers le rivage, n'est pas seulement le sujet principal de ce roman : il est en quelque sorte son mouvement même. Dans ses tourbillons, c'est lui qui dé- busque, embrase, révèle chacun des multiples personnages. Dans sa fureur, c'est lui qui porte jusqu'à l'incandescence les secrets et les haines d'une population hétéroclite - forestiers et chasseurs, vieilles souches pastorales ou nouveaux nomades de la "beat generation". C'est lui enfin qui donne à la phrase de Rezvani sa véhémence, son lyrisme parfois hallucinatoire.
    Ce livre au titre prométhéen - qui dans sa première édition s'intitulait Feu - n'étonne pas moins par sa qualité visionnaire. Décrivant par avance le grand incendie qui dévasta les Maures quelque temps après sa parution, Le Vol du feu est aussi une ample et tragique méditation sur les passions, sur l'animalité de l'homme et sur son inextinguible désir du divin.

  • La glycine

    Serge Rezvani

    Cette pièce est un fait divers esthétique.
    C'est l'histoire d'une "folie" italienne, sa découverte, sa résurrection et sa mort. trois hommes tombent amoureux d'une ruine au milieu d'un parc à l'abandon - une " folie " datant du siècle dernier. le premier (landor) s'établit non loin de ce lieu et se contente de contempler. le second (ellison) désire ce que le premier ne possède que par l'imagination - et s'en rend acquéreur. le troisième (le faune) s'identifie à la "folie", lu restaure, la fait revivre, en perd la raison et meurt par elle et avec elle.
    Peut-on posséder la beauté ? qui possède la beauté ?.

  • Quand tombe la nuit +cd

    Serge Rezvani


    quand tombe la nuit, la forêt est pleine de jeux.
    tous les animaux se mettent à parler. ils s'amusent, ils chantent et ils dansent. le petit garçon et la petite fille se sont réveillées. vite, ils courent dans la forêt pour les voir. toi aussi, tu peux chanter avec eux.

  • Au bonheur des sphères

    Serge Rezvani


    les deux filles sont montées dans la capsule spatiale du champ de foire, avec des garçons de rencontre.
    un peu plus tard, ils les emportent sur leurs motos, jusqu'au repaire de la bande. sudre, le chef, a jeté son dévolu sur stella : les autres se partageront vanina, la fille noire. non loin, deux enfants tentent de surprendre, fascinés, les jeux cruels de la domination et du sexe, les lois de l'amour qui ne se dit pas, la furtive lueur des corps dans le ruisseau. puis c'est l'apaisement sur une plage qu'on dirait lunaire - hypothèse de douceur sous l'inexorable mécanique céleste.
    publié pour la première fois en 1980 dans le recueil la table d'asphalte (ramsay). ce récit brille d'un éclat singulier parmi les grands romans autofictionnaires ou philosophiques de rezvani.

  • Supposons que le tout dernier représentant d'un des plus grands noms de France éprouve, avant l'ultime nuit, le besoin d'éclairer certains secrets qui touchent à sa famille ;
    Supposons qu'il éprouve quand même l'irrépressible besoin de « raconter » l'épisode crépusculaire d'une histoire si intimement mêlée à celle de la France, quels moyens si ce ne sont ceux de la « littérature » choisirait-il pour s'en décharger ?
    Ne pouvant signer, d'un nom si prestigieux, des faits qui ne lui appartiennent pas vraiment, il ne lui restait que deux possibilités : soit faire paraître anonymement ces écrits sulfureux (ce à quoi les éditeurs se sont refusés), soit les faire signer par un prête-nom - ce qui est le cas en cette circonstance.
    Quand le premier jet du manuscrit m'est parvenu, sur la prière de son auteur, je lui ai apporté quelques corrections en supprimant certains faits trop connus qui auraient pu faire soupçonner celui qui tenait si impérativement à rester masqué.
    On assiste, dans ce livre testamentaire, au parcours d'un prêtre masqué « de haut lignage » à l'âme torturée par les démons déposés depuis l'aube des temps par le fondateur du nom dont il pensait, en vain, se débarrasser dans les grisailles de la prêtrise. Lequel nom s'était forgé dans le sillage de Gilles de Rais (ce sérial killer tellement prisé des surréalistes !) puisque cette Histoire bien française, remonte aux quelques compagnons proches de la divine sorcière brûlée vive par les Anglais.

  • En supplément au rêve de d'Alembert.
    À travers les Monts Noirs d'une Russie en tempête, un train brise-glace convoie des ornithologues vers une réserve où doit se tenir un symposium d'ornithologie. Parmi les voyageurs, un spécialiste des oiseaux migrateurs et sa jeune collaboratrice attirent la curiosité d'un mystérieux français. Bien que sachant le russe, ce témoin singulier le dissimule à ceux qu'il espionne, s'appropriant ce qui s'avouera devant lui au cours de cette rude traversée ainsi que pendant son séjour dans la Réserve.
    Au centre de cette Réserve: le Planétarium - reproduction miniature du cosmos. Son ciel aux constellations artificielles permet d'abuser les fauvettes prisonnières et d'observer les pulsions d'envol qui les entraînent depuis vers Israël...
    Alors que se développent des séries de dialogues entre les scientifiques participant à ce symposium, le narrateur français, omniprésent et muet, sera le lecteur d'une prolifération de récits entrecroisés ainsi que des interrogations que se posent ceux qui - comme jadis dans Le Rêve de D'Alembert - s'efforcent aujourd'hui encore de trouver un sens au non-sens du monde.

  • Pour changer de vie, Landor s'est exilé dans une campagne du sud italien.
    Mais voici que son vieil ami le producteur de cinéma Ellison le retrouve. Il achète le Domaine voisin, une " folie " en ruine. A Silvio, un jeune italien aux allures de faune, il confie la restauration et l'entretien des lieux. C'en est fini de la tranquillité de Landor. Désormais, d'été en été, on vit au gré des séjours d'Ellison, de son cynisme, des humiliations qu'il inflige à sa compagne Anna, et surtout à Silvio, le jeune faune, si attaché au Domaine qu'après l'incendie et le déclin de celui-ci, il se donnera la mort...
    Un fait divers esthétique, c'est d'abord le récit liminaire et objectif de ces événements, dont le narrateur adresse la version écrite aux protagonistes du drame. Et c'est ensuite leurs réponses : trois variations par lesquelles Landor, Ellison et Anna fouillent tour à tour le clair-obscur de leur mémoire, accusant ou se justifiant, réexposant douloureusement les mêmes scènes, soulignant les mêmes épisodes obsédants, construisant peu à peu les perspectives tragiques et baroques d'un fait divers à la beauté changeante, insaisissable et vénéneuse...
    Le même narrateur avait consacré jadis une pièce de théâtre - La Glycine - au Domaine et à ses occupants. Quelque quinze ans plus tard, leurs voix se sont épanouies en monologues contradictoires, telles des dépositions à l'audience d'une affaire criminelle. S'y entrecroisent les affinités de l'art et du mensonge, l'ambivalence des liens affectifs, les tentations régressives de l'esthétique, et le triomphe d'un insidieux " mal du siècle " qui peu à peu contamine les protagonistes de ce drame noir, itératif, construit comme Rashomon, le magnifique film de Kurosawa...

  • Dans ce livre illustré de dessins inédits, Rezvani rend hommage à l'ancienne civilisation forestière (chasseurs et charbonniers, exploitants du liège et des châtaigniers, paysans cultivant les restanques) qui a façonné les somptueux paysages du massif des Maures où lui-même s'est établi il y a près de quarante ans.
    Au fil d'une suite de " promenades " il en évoque des aspects méconnus et souligne les menaces dont elle est l'objet...
    Du même auteur et dans la même collection : Le Roman d'une maison (mai 2001).

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