• On trouvera dans ce livre des histoires de canots de sauvetage qui risquent de couler si on ne sacrifie pas un passager, de tramways fous qu'il faut arrêter par n'importe quel moyen, y compris en jetant un gros homme sur la voie. On y lira des récits d'expériences montrant qu'il faut peu de chose pour se comporter comme un monstre, et encore moins pour se comporter comme un saint : une pièce de monnaie qu'on trouve dans la rue, une bonne odeur de croissants chauds qu'on respire en passant ... Le but de ce livre est de proposer une « boîte à outils » intellectuels pour affronter le débat moral sans se laisser intimider par les grands mots et les déclarations de principe. C'est une invitation à faire de la philosophie morale autrement, à penser l'éthique librement. Ce livre a obtenu le prix Procope des Lumières 2012.

  • Dans cet essai très personnel, Ruwen Ogien suit et questionne avec humour et perspicacité le parcours du malade, les images de la maladie, les métaphores pour la dire, pour l'oublier ou pour en faire autre chose qu'elle n'est. Ne dit-on pas souvent qu'elle serait un défi à relever, un test pour s'éprouver, une expérience qui, une fois dépassée, pourrait même nous enrichir ? Farouche adversaire d'un tel « dolorisme », le philosophe ne trouve aucune vertu à la souffrance : à ses yeux, ce qui ne tue pas ne rend pas plus fort, et si on peut expliquer la maladie par des causes, on ne peut certainement pas la justifier par des raisons.La pensée de Ruwen Ogien est une bouffée de liberté décapante, un cadeau précieux aux bien portants comme aux malades et à leurs proches désemparés. Dorothée Werner, Elle.Ruwen Ogien brave superbement la lugubre comédie des supplices et la face hideuse de la compassion. Jean Birnbaum, Le Monde.Prix spécial Psychologies 2017. 

  • Conçue comme un objet provocant et paradoxal, la réflexion est à la portée de tous car l'auteur tente de répondre philosophiquement aux questions de l'importance de l'amour dans la vie, si l'amour est possible sans raison, s'il est disponible sur commande...

  • Imaginez un monde dans lequel vous pourriez être jugé « immoral » pour vos actions non seulement à l'égard des autres, mais aussi de vous-même. Qui aimerait vivre dans un tel monde, où rien de ce qu'on est, pense ou ressent, où aucune de nos activités, fût-elle la plus solitaire, n'échapperait au jugement moral oe
    C'est pourtant ce que propose aujourd'hui l'éthique, largement ralliée aux thèses maximalistes d'un Aristote, qui nous recommande tout un art de vivre et pas seulement un code de bonne conduite en société, et de Kant, pour qui nous avons des devoirs moraux à l'égard d'autrui comme de nous-même.
    C'est oublier les éthiques alternatives, minimalistes, pour lesquelles le monde moral, moins envahissant, se limite au souci d'éviter de nuire délibérément à autrui.
    Toute l'histoire de l'éthique aujourd'hui est l'histoire de l'opposition entre maximalistes et minimalistes.

  • C'est en compagnie de Montaigne et de son merveilleux essai sur les Cannibales que j'ai choisi d'écrire ce Journal philosophique - car c'est chez lui que j'ai trouvé un point d'appui très fiable pour mon éthique minimale. On y trouvera [entre autres] des observations irrespectueuses sur la tendance, chaque jour plus vive, à poser des limites à la liberté de création et sur la persistance des politiques autoritaires dans les affaires de sexe, de filiation et de procréation...
    Au fond, ce que j'ai voulu montrer dans ce Journal écrit au fil de l'actualité, c'est qu'il est possible de penser notre monde en évitant les deux maux qui frappent tant de bons esprits d'aujourd'hui : l'optimisme béat et le catastrophisme dépressif.

  • Qu'est-ce que la haine ? Est-elle "irrationnelle" ? Peut-elle être bonne ? Et peut-on en parler sans céder à l'inévitable pathos que semble appeler ce genre de sujet ? Ruwen Ogien montre ici que la haine est une "relation" qui possède sa "logique" et que «si la haine est répugnante, ce n'est pas parce qu'elle est irrationnelle », mais parce qu'elle est intrinsèquement mauvaise.
    Réédition en poche du premier livre de Ruwen Ogien, aussi logico-philosophique que facétieux, paru en 1993, et dont le sujet semble avoir eu ces dernières années des "applications" nouvelles, qui seront évoquées dans la préface à cette nouvelle édition.

  • Pour aborder, sans préjugés ni précipitation, la grande question de la morale à l'école, Ruwen Ogien, dans ce nouvel ouvrage incisif et décapant, s'attaque à bien des idées reçues, révèle les lignes de force et les insuffisances d'une ambition profondément conservatrice : substituer à l'analyse des problèmes de notre temps en termes de justice sociale leur compréhension en tant que conflits de valeurs. Car pourquoi vouloir enseigner la morale ? Et d'abord, quelle morale ? Pourquoi faudrait-il surtout qu'elle soit « laïque » ?

  • Pourquoi est-il si difficile de définir la pornographie ? S'agit-il d'une " invention " moderne ? Est-elle une forme insidieuse de discrimination sexuelle ? Porte-t-elle atteinte à la " dignité humaine " ? Nuit-elle gravement à la jeunesse ? Qu'est-ce qui dérange, finalement, dans la pornographie ? Les arguments dits de la " dégradation des femmes ", de La " protection de la jeunesse ", de l'" incitation à la violence sexuelle " sont constamment mis en avant par ceux qui voudraient justifier l'interdiction de la pornographie écrite ou visuelle ou des restrictions très importantes dans sa diffusion. Penser la pornographie veut montrer que ces arguments son infondés ou qu'ils ne peuvent servir à justifier des décisions publiques dans des démocraties laïques comme les nôtres. Cet essai n'est pas une " défense de la pornographie " en bonne et due forme, mais il propose néanmoins une critique systématique des arguments contre la pornographie les plus utilisés dans le débat public et une critique du " moralisme " en général, au nom d'une " éthique minimale ". Tout en prenant clairement parti contre toute forme de censure des oeuvres à caractère sexuel, quelle que soit leur qualité " artistique ", ce livre présente aussi les différentes pièces du dossier. Il a obtenu le prix Sade en 2004.

  • « Faire durer le suspense comme Shéhérazade, en évitant de me mettre à dos les soignants, c'est le mieux que je puisse espérer, si j'ai bien compris la nature de ma maladie. » Dans cet essai très personnel, Ruwen Ogien suit et questionne avec humour et perspicacité le parcours du malade, les images de la maladie, les métaphores pour la dire, pour l'oublier ou pour en faire autre chose qu'elle n'est. Ne dit-on pas souvent qu'elle serait un défi à relever, un test pour s'éprouver, une expérience qui, une fois dépassée, pourrait même nous enrichir ? Farouche adversaire d'un tel « dolorisme », Ruwen Ogien ne trouve aucune vertu à la souffrance : à ses yeux, ce qui ne tue pas ne rend pas plus fort, et la résilience n'est pas la panacée.

    Un livre fort, une pensée vive qui nous aide à comprendre le quotidien de la maladie, à prendre conscience qu'elle a bien des causes, mais certainement pas des raisons.

  • Dans la plupart des sociétés démocratiques modernes, on considère que la sexualité est une fonction du corps humain qu'on peut mettre à la disposition d'autrui sans problème si on le fait librement et gratuitement. Mais si c'est pour de l'argent, on s'expose à la réprobation morale et à la répression de l'État, sous certaines conditions prévues par la loi. Ce qui pose un problème politique ou moral dans nos sociétés, ce n'est donc pas de donner du sexe mais de le vendre. Pourquoi ?
    En réalité, le problème est plus général. Il ne concerne pas seulement le sexe, mais tout le corps humain, qui serait protégé par un principe de non commercialisation ou de non marchandisation, dont la valeur serait à la fois légale et morale. Ainsi, en France, la légalisation de la gestation pour autrui est envisagée mais à titre gratuit exclusivement. Les dons de rein, de sang, de sperme sont permis, mais leur vente, interdite. Une fois toutes sortes de raisons mineures écartées, c'est sur le même principe que repose finalement la disqualification morale de la prostitution et, plus généralement, de tout échange de sexe contre de l'argent. Mais qu'est-ce qui justifie ce principe de non commercialisation des éléments et des fonctions du corps humain ? Sur quoi l'opposition morale radicale entre le don et la vente estelle fondée ? Avec brio, clarté, humour, et force exemples à l'appui, l'auteur remet en question le principe kantien de « dignité humaine », en examinant parallèlement le débat autour des mères porteuses et du don d'organes, et celui qui continue de diviser profondément partisans et adversaires de la liberté de se prostituer. Un essai décapant, accessible aux spécialistes comme aux novices en philosophie morale.

  • Contrôle plus strict des images ou des écrits à caractère " pornographique ", censure à tout va sous prétexte de protéger " la jeunesse ", les " sentiments des croyants " ou la " dignité humaine ".
    Désormais, faute de pouvoir s'attaquer directement aux pratiques sexuelles des individus, les nouveaux croisés de l'ordre sexuel s'en prennent à leurs représentations littéraires et artistiques. en partant de questions simples, ruwen ogien propose un ensemble d'arguments en faveur de la liberté d'offenser : pourquoi n'est-on pas libre de voir ce qu'on est libre de faire ? et pourquoi donc exiger des oeuvres sexuellement explicites des qualités artistiques qu'on ne demande pas aux oeuvres d'autres genres ? le mauvais goût est-il un crime ? a qui profite vraiment la critique des morales du consentement ? un manifeste brillant et subversif, pour la liberté d'expression et de création, et contre la panique morale.

  • " Dans leur état présent, les lois de bioéthique et d'autres du même genre relatives - la procréation et - la fin de vie, n'ont rien de particulièrement permissif. Elles interdisent les mères porteuses, la sélection des embryons selon des critères de convenance, les recherches sur les cellules souches. Elles n'autorisent pas les gays, les lesbiennes et les femmes jugées trop " âgées " à bénéficier de l'assistance médicale à la procréation. Elles criminalisent toutes les formes d'aide active à mourir, même en cas de demande manifestement libre et éclairée d'un patient incurable en fin de vie, auprès d'un médecin dont les convictions éthiques ou religieuses n'y sont pas défavorables. Elles excluent l'avortement tardif sans motif approuvé par un collège de praticiens spécialisés. Je voudrais donner des raisons d'aller dans une direction opposée, moins paternaliste, plus respectueuse des libertés individuelles. " R.O.

  • Les ministres de l'Education se succèdent, l'idée demeure : il serait urgent d'introduire à l'école un enseignement de morale. Non parce qu'il faudrait former, comme on en défendit longtemps l'idée, de bons patriotes prêts à tout pour sacrifier à la nation, mais parce qu'il faudrait contenir, discipliner, vaincre un ennemi intérieur, une classe dangereuse qui ne partagerait pas les « valeurs de la République ».
    Qui sont ces réfractaires ? Pourquoi vouloir leur enseigner la morale ? Et d'abord quelle morale ? Pourquoi faudrait-il surtout qu'elle soit « laïque » ?
    Ruwen Ogien, dans ce nouvel ouvrage incisif et décapant, s'attaque à bien des idées reçues, révèle les lignes de force et les insuffisances d'une ambition profondément conservatrice : substituer à l'analyse des problèmes de notre temps en termes de justice sociale leur compréhension en tant que conflits de valeurs.
    Ouvrage de philosophie, ouvrage d'intervention. Capital pour aborder, sans préjugés ni précipitation, cette grande question de la morale à l'école.

  • Il s'agit, au sens exact, d'un « journal philosophique », élaboré au fil des semaines, et dont les différents chapitres correspondent aux grands thèmes de notre actualité. Certains de ces textes ont été publiés dans des journaux. D'autres sont inédits. Et s'inspirent méthodiquement des outils philosophiques mis au point par Ruwen Ogien : refus de tout « moralisme » ; éthique libérée des notions de « Bien » et de « Mal » ; liberté absolue du jugement.
    Les thèmes abordés ? Du « mariage pour tous » à la Procréation Médicalement Assistée ; de l'euthanasie au suicide ; de la liberté d'opinion à Dieudonné ; de la « défaite de la pensée » à l'éducation scolaire ; de la question des « migrants » au communautarisme. Chaque fois, Ruwen Ogien tente de conjurer le « catastrophisme » pour considérer les problèmes avec un esprit impitoyablement libre.
    Exemple : le texte qui donne son titre à ce volume : il s'agit, pour Ruwen Ogien, de critiquer les thèses fort célèbres de Samuel Huntington sur « le choc des civilisations ». Le théoricien y développait l'idée selon laquelle les « cultures » (de l'occident, de l'islam) sont inconciliables - mais qu'est-ce qu'une « culture », demande-t-il ? Et, à partir de là, il « déconstruit » la totalité des arguments de Huntington. Puis, sous un pavillon (ironiquement emprunté à Giraudoux), il définit une vision du monde qui, sans être naïve, ne prophétise jamais le pire - qui, en général, fait le succès des essayistes au détriment de la vérité.


  • une réflexion morale libre de toute dépendance à l'égard du religieux, irréductible au naturalisme et à l'économisme est-elle encore possible ? en ce début de xxi siècle, on parle beaucoup de " valeurs morales ".
    mais ce que ces deux mots recouvrent, chez ceux qui les emploient le plus fréquemment et le plus bruyamment, ce sont des engagements de nature plus religieuse que morale contre le droit de choisir sa mort ou d'avorter, la recherche sur les cellules embryonnaires, le mariage gay ou lesbien etc. de nombreux savants et philosophes se proposent d'expliquer tous nos comportements en examinant leurs fondements " naturels ", c'est-à-dire leur base physique ou génétique.
    tout y passe : la timidité, la gourmandise, la joie de vivre et le " sens moral " aussi ! d'autres voudraient appliquer le modèle de l'agent rationnel ou égoïste à toutes sortes de conduites apparemment non économiques comme les choix amoureux ou les comportements dits " moraux " ou " altruistes ". mais ces programmes naturalistes ou économistes aboutissent à l'élimination de la réflexion morale plutôt qu'à une meilleure compréhension de ce qu'elle est.
    dans ces conditions défavorables, la question de l'avenir d'une réflexion morale non religieuse, irréductible au naturalisme et à l'économisme peut en effet se poser. je voudrais donner des raisons de ne pas y renoncer. ruwen ogien.

  • Vous trouverez dans ce livre des histoires de criminels invisibles, de canots de sauvetage  qui risquent de couler si on ne sacrifie pas un passager, des machines à donner du plaisir que personne n'a envie d'utiliser, de tramways fous qu'il faut arrêter par n'importe quel moyen, y compris en jetant un gros homme sur la voie.
    Vous y lirez des récits d'expériences montrant qu'il faut peu de choses pour se comporter comme un monstre, et d'autres expériences prouvant qu'il faut encore moins de choses pour se comporter quasiment comme un saint : une pièce de monnaie qu'on trouve dans la rue par hasard, une bonne odeur de croissants chauds qu'on respire en passant.
    Vous y serez confrontés à des casse-tête moraux. Est-il cohérent de dire : "ma vie est digne d'être vécue, mais j'aurais préféré de ne pas naître" ? Est-il acceptable de laisser mourir une personne pour transplanter ses organes sur cinq malades qui en ont un besoin vital ? Vaut-il mieux vivre la vie brève et médiocre d'un poulet d'élevage industriel ou ne pas vivre du tout ?
    Cependant, le but de ce livre n'est pas de montrer qu'il est difficile de savoir ce qui est bien ou mal, juste ou injuste. Il est de proposer une sorte de boîte à outils intellectuels pour affronter le débat moral sans se laisser intimider par les grands mots ("Dignité", "vertu", "Devoir", etc.), et les grandes déclarations de principe ("Il ne faut jamais traiter une personne comme un simple moyen", etc.).
    C'est une invitation à faire de la philosophie morale autrement, à penser l'éthique librement.

  • Le réalisme moral

    Ruwen Ogien

    • Puf
    • 4 Février 1999

    Cet ouvrage est en réalité composée de deux parties complémentaires :

    Première partie -- Une introduction au réalisme moral, Qu'est-ce que le réalisme moral par Ruwen Ogien Deuxième partie -- Essais sur le réalisme moral (textes de différents auteurs contemporains) -- La théorie morale et l'absence de pouvoir explicatif, par Geoffrey Sayre-McCord -- Valeurs et qualités secondes, par John McDowell -- Une épistémologie pour le réalisme axiologique, par Christine Tappolet -- La vérité, l'invention et le sens de la vie, par David Wiggins -- L'éthique et la motivation humaine, par Thomas Nagel -- La connaissance morale, par Charles Larmore -- Stratégies de modération du réalisme moral, par Stelios Virvidakis -- Vérité morale et justification morale, par Fabrice Pataut -- La réalité morale, par Mark Platts

  • Le rasoir de kant

    Ruwen Ogien

    Dans le domaine métaphysique, Ockam suggérait de recourir à un rasoir pour éliminer les entités superflues. Le Rasoir de Kant, fait jouer ce même principe d'économie dans le domaine moral, et permet ainsi de dessiner les contours d'une morale minimaliste, mais non moins propre à la vie sociale. Plus de deux cents ans après Diderot, Ruwen Ogien repose, à sa manière, la question du supplément au voyage de Bougainville concernant les « inconvénients d'attacher des idées morales à certaines actions qui n'en comportent pas ».
    Ses analyses décevront les amateurs de certitudes et réjouira ceux qui se refusent à faire entrer la réflexion morale dans des « moules à gaufres ».

  • Pourquoi tant de honte

    Ruwen Ogien

    Les animaux peuvent-ils avoir honte ? Le souvenir de la honte peut-il faire honte ? Peut-on partager sa honte comme on partage sa joie ou sa douleur ? Le morceau honteux est-il inclus dans les parties honteuses ? On boit sa honte.
    Peut-on aussi la manger ? Peut-on avoir honte sans être coupable ou être coupable sans avoir honte ? Doit-on se suicider si on a eu très honte, ou peut-on se contenter de tuer tous les témoins ? etc. Après La honte est-elle immorale ? qui proposait une analyse de la honte du point de vue de sa valeur morale, Pourquoi tant de honte ? voudrait, en cinquante questions et beaucoup moins de réponses, donner un aperçu amoral de cette émotion, dont on annonce périodiquement la disparition mais qui continue, évidemment, de prospérer.

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