• Jusqu'à très loin

    Romain Fustier

    Tu m'embrasses me questionnes - sondant mon coeur as-tu aime te balader dans un jardin avec moi - ta gentillesse les boeufs blancs qui paissent en paix dans le bocage pour nous y rendre - tes pas parmi les fleurs les fleurs parmi tes pas - tu e tais un the a tre de verdure au milieu des marais une chambre avec son the a tre de verdure - e tais borde e de sentiers tu bordais les sentiers - e tais quinze hectares dans quinze hectares un labyrinthe dans le labyrinthe - tes le vres sur ma tempe les viviers de ta voix en secret « Tu emme nes mon corps jusqu'a tre s loin », dit le poe me, qui e gre ne en une suite de strophes une histoire d'amour adresse e, en divers lieux traverse s ou l'autre n'est jamais dissocie du paysage. Un poe me en prose a la fac on d'un journal, pour dire les lieux que l'on conserve en soi, ces condense s de temps et d'espace, des de parts, des voyages car le regard y est mieux aiguise - dans cet ailleurs, ce qui fait l'e clat d'un amour, d'un geste, d'une parole subtilement s'accroche.

  • Infini de poche

    Romain Fustier

    • Henry
    • 19 Septembre 2013

    Un parfum de menthe fraîche et tu es sorti de ta léthargie en cette fin d'après-midi où tu démarres la tondeuse une branche de la plante se glisse sous l'engin fauchée (...)

  • Bois de peu de poids se découpe en deux partie 1- été- automne (présenté ici) et hiver- printemps (à venir) . Ce livre tente de saisir l'écoulement du temps, le passage des saisons, continuant et modernisant ce thème lyrique ô combien traditionnel. C'est ici une tentative d'atteindre quelque épique tombé dans le quotidien, de permettre au poème de traduire la parfois difficile traversée des jours, les angoisses et inquiétudes afférentes, en s'adressant par un « tu » au lecteur autant qu'à soi-même. Du lyrisme à rebrousse-poil, en quelque sorte. Les poèmes de Bois de peu de poids seraient aussi une manière d'aller vers plus de réel en débordant la réalité, de rendre palpable un réel plein de vie vécue. L'intime ne serait au fond qu'une porte d'entrée dans ce réel saisi intimement par une émotion à laquelle l'écriture ne va pas céder, la canalisant par une forme. Il s'agit de débusquer sous le quotidien autre chose - quoi ? - qui échappe. À partir de cette chose changeante, mouvante, les vocables vont donner naissance à du concret, du tangible, du bâti - des poèmes.

  • Bois de peu de poids (hiver-printemps) poursuit le cheminement entrepris avec Bois de peu de poids (été-automne). Il s'agit de donner à lire le déroulement de la vie quotidienne, ou plutôt, le ressenti et les émotions liés à l'écoulement des jours. Comme dans un journal de bord, l'écriture semble s'imposer une contrainte. Les vers se succèdent en six strophes de 3-2-1-3-2-1, ordonnées-désordonnées, mimant une symétrie dont elles prennent plaisir à détruire la perspective, tout en la suggérant. Les slashs, eux, donnent aux poèmes un caractère continu-discontinu, le poème progressant par bonds et rebonds, arrêts brusques et reprises, accélérant la grammaire et l'instant.

    Si chaque texte paraît embrasser les lieux et le temps, leur succession relier autrefois à aujourd'hui, si l'amour et les vacances dévoilent une certaine légèreté, la mélancolie, l'inquiétude, l'angoisse ne sont jamais très loin. Après l'été, où le temps donnait l'impression de s'être arrêté, l'automne est venu avec ses jours sombres que l'hiver recouvrira de neige, dans ce deuxième tome, avant que le printemps ne ramène fleurs et fruits. C'est bien du thème lyrique de la fuite du temps dont il est ici question.

  • Prix des Trouvères 2007.
    Grand Prix de Poésie de la Ville du Touquet.
    Elle est née des mains de la même sage-femme.
    Que moi dans la même clinique qui n'existe plus.
    Depuis longtemps elle a donné des miettes de.
    Pain aux mêmes pigeons que moi à Clermont.
    Jardin lecoq au bord du même bassin que moi.
    Qui sait nous avions cinq ans et elle est à peine.
    Plus grande lorsqu'elle admet aujourd'hui qu'.
    Elle me faisait alors un signe de la main pour me.
    Dire que nous étions faits pour nous entendre.


    Une ville allongée sous l'épiderme est suivi de découpant l'asphalte en tranches de toi.

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