• Le philosophe Robert Misrahi l'affirme?: «?Le bonheur, chacun de nous y a droit.?» Et ce spécia­liste de Spinoza d'énoncer, dans ce court et dense dialogue avec Denis Lafay, les conditions ­d'accéder au bonheur. Au bon bonheur, celui que l'on féconde dans «?l'autonomie intérieure, la joie d'amour, la jouissance de vivre?», celui que l'on cultive dans la considération inaliénable ­d'autrui et le principe de réciprocité. Une leçon de vie pour tout individu, et en particulier pour tout entrepreneur aspirant au bonheur pour lui-même, pour ses salariés et... pour l'entreprise.

  • C'est en revenant à Spinoza lui-même, que Robert Misrahi reprend l'oeuvre de libération et qu'il nous livre, dans un ouvrage longtemps resté méconnu, car rejeté en raison de sa nature subversive, le pouvoir de comprendre Spinoza et le Désir.

  • Ce livre aborde l'expérience de la solitude. Non pas cette espèce de solitude qu'est l'isolement médiatique dû à la faible diffusion, à la modeste réception d'une oeuvre faite de nombreux livres. La « notoriété », simple valeur honorifique, ne saurait être par elle-même une valeur digne d'intérêt puisqu'elle ne concerne que des individus considérés seulement dans leur « amour propre », cette libre attitude si détestable, si égocentrique et donc si peu apte à fonder quelque éthique que ce soit.
    La solitude à laquelle je songe est ce sentiment d'isolement et de séparation qui peut survenir en chacun à l'occasion d'une épreuve douloureuse qui ne pourrait être partagée, ou d'une situation sociale de crise ou de conflit, ou bien encore de heurt des « identités ».
    Cette solitude, que j'ai parfois vécue (comme beaucoup d'autres) avec une grande intensité, était « sociale », mais comportait des strates implicites de nature affective : solitude dans les relations sociales, face, par exemple, à l'indifférence profonde de mes contemporains à l'égard d'événements dramatiques survenus en des régions lointaines et me concernant au plus profond de moi-même ; solitude parfois aggravée et soulignée par une séparation affective, une divergence existentielle au coeur même de la relation. Cette double solitude a motivé en moi un redoublement, une focalisation particulière de la conscience de moi-même. J'en vins à me demander quels moyens étaient à ma disposition pour surmonter cette « crise » de la relation.

  • S'appuyant sur une doctrine du sujet libre à deux niveaux, il reconnaît la légitimité d'un bonheur-confort mais en souligne, lui aussi, les insuffisances et les fragilités.
    Il propose alors sa propre doctrine d'un bonheur totalement différent. Elle repose sur un premier acte de conversion réflexive et, confiant dans les capacités de l'être humain, il décrit un tout-autre bonheur.
    Constitué par l'autonomie, la réciprocité et la jouissance charnelle et spirituelle. Cette doctrine à la fois rationnelle et existentielle débouche sur une visée politique, celle d'une démocratie heureuse.

  • Le philosophe Robert Misrahi l'affirme : "Le bonheur, chacun de nous y a droit." Et le spécialiste de Spinoza d'y ensemencer la vocation véritable de l'entrepreneur, ainsi exhorté à épanouir son autonomie, sa créativité, et ses désirs propres mais aussi, par la grâce du principe de réciprocité sacralisant autrui, à faire grandir ceux de toutes les parties prenantes. Ainsi l'individu trouve sens à son existence et l'entreprise, promue conscience et identité, peut aspirer à devenir "sujet" et terreau d'un "bonheur commun". Le philosophe accomplit là sa mission : bousculer, éclairer, et élever au-delà des lourdes et prosaïques lois qui s'imposent à la réalité entrepreneuriale.

  • Tout en présentant une hypothèse originale sur la signifi - cation de la musique de Mozart, l'auteur ne manque jamais de rendre hommage au grand musicologue et spécialiste de Mozart, Jean-Victor Hocquard et, comme celui-ci le fait parfois, il offre à ses lecteurs un travail non de musicologue, mais de simple auditeur, passionné de Mozart.
    Aussi bien les livrets d'Opéras que les textes liturgiques ou maçonniques ne sont liés à la musique que par convention et d'une manière contingente.
    Ce premier pas permet à l'auteur de défi nir une compréhension intuitive de la musique, et de mettre en évidence le fait que le but et l'objet de la musique mozartienne sont bien des affects, mais considérés dans leur essence la plus générale, indépendamment des circonstances anecdotiques que les textes prétendent circonscrire. Le « Incarnatus est » exprime la force, la tendresse et la joie bouleversée de tout amour, indépendamment de tout texte liturgique.
    De même, Robert Misrahi donne des exemples de quelques « affects essentiels » : l'enthousiasme, l'angoisse, le proche et le lointain, l'adoration, la joie même, fondamentale, omniprésente.
    Enfi n l'auteur dégage une sorte d'itinéraire existentiel, indépendant de la chronologie des oeuvres, mais non pas de leur sens. Elles disent toutes et la joie de la perfection musicale, et la joie fi nale de l'accomplissement. Cette joie du grand Désir accompli est le sens même de l'oeuvre de Mozart.
    Si cet Eden existe quelque part, c'est dans et par la perfection réelle et sensible de l'oeuvre de Mozart.

  • Un match de football, un but marqué et cinq cents supporters crient spontanément leur joie. Robert Misrahi voit dans cette réaction immédiate le signe de notre liberté première : une liberté par essence, non choisie, antérieure à toute action. Sans le savoir, sans rien y pouvoir, nous sommes libres!

    Mais il est une autre liberté. Une liberté qui s'apprend. Concrète et réfléchie, véritablement heureuse, elle est à l'origine de toute création.

  • Cette vie est en même temps sa propre invention, saisie et voulue comme telle. Elle met en scène les actes de rupture, les créations et les fulgurances qui sont en fait le déploiement même du Désir et de la liberté. Dans le mouvement concret de la vie, dramatique ou comblée, prend place aussi le mouvement de la réflexion.
    L'auteur suit le fil mnémonique de sa propre pensée et rend compte du travail et de la gestation de chacun de ses livres. L'oeuvre qui a exprimé et construit la vie heureuse est ici éclairée en retour par cette vie même. Une vérité, ni morale ni psychologique, prend forme peu à peu : au-delà de toutes les idéologies du siècle, une philosophie du sujet et de la liberté peut être à la fois le miroir d'une vie et la source même de cette vie.
    C'est la pensée de la liberté heureuse qui crée et la liberté vraie et la joie.

  • Un essai sur l'amour et les moyens d'atteindre un état de joie perpétuelle par son biais, par un examen philosophique de ses sentiments qui permet de vivre au mieux ses relations amoureuses. Fondé sur l'expérience personnelle du philosophe et sur des exemples littéraires, ce programme aborde les thèmes de la culpabilité, du devoir personnel et social, de la morale, de la loyauté, du désir, etc.

  • Tous les sujets recherchent le « bonheur », qui est l'accomplissement de soi.
    Face à ce que l'on appelle « la crise » l'auteur propose un bouleversement total, une conversion des habitudes de pensée et des manières d'agir. Le désir de « bonheur » est la quête de tous.
    En creusant l'essence de la crise, il met en évidence en chacun l'existence d'un grand Désir, animant tous les désirs empiriques.
    Pour dépasser la crise, l'auteur propose d'abord, schématiquement, une doctrine unitaire dépassant le clivage de l'éthique et de la politique. La Visée est alors défi nie comme l'accès à un Préférable (l'amour, le bonheur), c'est-à-dire une vie choisie, à la fois dense et dynamique, fondée sur les principes de l'autonomie, de la réciprocité et de la jouissance.
    Ce but ne saurait être atteint sans que, au préalable, n'aient été remplies deux conditions incontournables : une théorie neuve du sujet (avec une liberté à deux niveaux) et une critique du déterminisme social.
    Cette action ne peut être réellement effi cace que si elle concerne d'abord l'éducation, source de toute société et de toute vie personnelle. L'auteur décrit les principes et l'esprit d'une éducation accordée à la visée eudémoniste. Et il souligne ses rapports à la philosophie. Mais l'éducation ne peut être effi cace sur le long terme que par l'action de médiateurs actifs, Partis, syndicats, associations, medias, édition, tous ayant renouvelé leur esprit.
    Ce qui est proposé n'est pas une utopie mais la prise conscience de la réalité intégrale des sujets humains comme Désir profond et comme liberté à deux niveaux.
    Chacun est responsable du pire et du meilleur. Mais seuls des sujets éclairés peuvent remplacer une démocratie souff rante et un personnel politique hésitant par une démocratie heureuse et un personnel politique motivé.

  • Dans la culture moderne occidentale, la sagesse spinoziste peut valoir comme « un modèle de la nature humaine la plus parfaite », pour reprendre une formulation de Spinoza lui-même. En effet, pour ce philosophe, le sage est un homme libéré de tout préjugé et de toute passion par l'usage constant de la raison pour la conduite de la vie. Ce rationalisme, s'il se réfère à un Dieu-Nature infini, reste essentiellement un souci de l'homme pour l'homme, une sorte d'humanisme. Libéré d'une Providence personnelle et imaginaire, le sage reçoit tous les événements avec sérénité, et cette sérénité rationaliste est toujours en même temps une « béatitude ». Le sage spinoziste, à travers toute l'histoire de la pensée européenne, apparaît donc bien comme l'homme libéré, serein et parfaitement heureux, totalement intégré à l'univers infini et à la société civile où il vit. C'est la prégnance et la perfection de cette sagesse qui nous incitent à interroger de plus près cette philosophie qui nous propose cela même que nous cherchons : la liberté d'esprit et le bonheur vrai.

  • L'auteur pose la question de l'enchantement (et du désenchantement). Il souligne ensuite le constant désir d'une grande joie dans la vie quotidienne ainsi que l'expérience eff ective de toutes les formes de la joie, par exemple, dans l'admiration d'un paysage ou d'une demeure, dans l'allégresse d'une partie de ping-pong ou d'une fi gure de ski (à noter aussi : la conversation, le toast, la lecture, le feu d'artifi ce, etc.) L'auteur ne se contente pas de la description de ces expériences ; il en dégage la signifi cation implicite : toutes disent la réalité eff ective (et méconnue) de ces joies, et chacune implique, enveloppe une signifi cation fondamentale et décisive : par exemple, la fi gure de ski permet de dégager et d'éclairer le concept de conversion (qui rendra possible, ultérieurement, le bonheur) ; le ping-pong permet de distinguer, dans les rapports à autrui, la simple réversibilité et la réciprocité véritable ; la biodiversité permet de relier l'admiration pour la beauté à la recherche du bonheur (ce qu'aucun écologiste ne songe à faire) ; la lettre attendue, la conversation ou le toast permettent de dégager et de souligner la plénitude de certains rapports à autrui, et une sorte de substantialité à travers le temps ; le « voyage aux îles », apparemment simple Désir imaginaire, permet de souligner la réalité et l'universalité du désir d'être (les Iles Borromées en prouvent l'effi cacité et en illustrent l'éventuelle splendeur).
    Toutes ces descriptions et analyses (d'un style simple et clair) tendent à montrer que le désir de joie n'est pas un fantasme. Elles démontrent à la fois la réalité eff ective de l'expérience de la joie, et la signifi cation profonde (« ontologie ») de ces joies quotidiennes ; elles disent la légitimité de la poursuite de la joie, et elles disent surtout la possibilité eff ective de cela qui est visé au-delà d'elles : le bonheur même.

  • L'auteur se propose de dire les contenus du bonheur, en tant que celui-ci est l'activité toujours possible et toujours pensable d'un sujet libre, et une réalité à la fois extrême et accessible.
    Il s'agit aussi d'établir les conditions d'accès à ce bonheur et de déployer en même temps les actes qui le constituent. Car le bonheur d'être est plus qu'un " état " de conscience ou une condition " sociale ; il est l'unité synthétique de quelques formes actives de la joie. La méthode employée ici n'est pas séparable de la doctrine. La phénoménologie en première personne décrit ici le sujet comme libre désir et comme réflexion fondatrice ; cette phénoménologie est existentielle parce qu'elle est opérée par l'existant pour l'existant, se saisissant comme sujet actif.
    Trois étapes, formant les trois axes de la joie, sont analysées : la joie de se fonder soi-même en une première puis en une seconde fondation, la joie d'amour dans un registre tout autre que banal et dont se font l'écho Segalen, Thérèse d'Avila, Saint-John Perse ou Rilke, et enfin les formes poétiques et les formes actives de la jouissance du monde. L'ensemble de ce mouvement se déploie comme un Voyage qui est à la fois progression conceptuelle réflexive et itinéraire d'existence, expérience d'être.
    L'enjeu en est non seulement la signification du désir, mais encore le présent et l'avenir de la philosophie. Par l'analyse de la joie qui anime toute l'existence concrète, s'éclairent à la fois la juste révolte contre l'horreur et la validité de la jouissance et de l'espoir. Se dessine en même temps une philosophie du sujet en première personne, qui est aussi une philosophie de la liberté heureuse.
    S'exprime enfin la portée éthique et substantielle du cheminement d'une oeuvre conçu comme l'affirmation de l'être et du sens.

  • Sartre

    Robert Misrahi

    Par L'Être et le n?ant, Sartre est le premier philosophe ? avoir tent? d'?ta- blir, par l'exp?rience et le raisonnement, cette libert? qui trop souvent ne s'appuie que sur de vibrants appels ou de courageuses revendications. Nous devrons analyser dans le d?tail cette d?monstration pour justi er, ?clairer et renforcer ? la fois notre admiration, la f?condit? de la pens?e de Sartre et l'exigence où nous nous permettons d'aller « plus loin » que Sartre grâce ? Sartre.

  • Pour justifier l'intérêt qu'on prend à la jeunesse, il ne suffit pas de dire qu'elle est l'avenir de la nation.
    Car ainsi on la transforme en un simple outil de l'avenir, on l'instrumentalise, on ne lui accorde qu'une importance dérivée : ce qui importerait serait uniquement l'avenir, c'est-à-dire en fait sa propre disparition.
    Le souci pour la jeunesse doit être actuel et désintéressé. Il doit s'adresser à sa souffrance, à ses difficultés, à sa signification propre et non pas à ses obligations envers la société future. Il convient d'agir vraiment pour la jeunesse elle-même.
    Le véritable commencement d'une action pour la jeunesse sera la claire prise de conscience des caractéristiques mêmes qui font l'essence de la jeunesse. Il faut donc s'interroger sur ses « caractéristiques », ses significations, et ses « potentialités ».
    Ces significations, cette essence ne constituent évidemment pas un « groupe social » homogène, uniforme et constant. Les sociologues ont raison d'affiner leurs descriptions de groupes. « Il y a » des jeunesses :
    Urbaines, rurales suburbaines. Certaines sont au chômage, d'autres non ; certaines sont diplômées, mais bon nombre ne le sont pas. Et ces jeunes gens sont ou ne sont pas issus d'une immigration européenne, asiatique ou africaine. Les différentes époques historiques peuvent livrer des images différentes de la jeunesse.
    La recherche d'une « place » dans la société, la recherche d'une vie et d'un amour accomplis, ou la recherche d'un sens de la vie sont quelques-uns des éléments communs à toute jeunesse. Il faut y ajouter l'essentiel :
    Le fait même de la jeunesse. C'est lui que nous allons interroger, et c'est lui dont nous rechercherons la fécondité.

  • L'auteur propose un parcours à la fois modeste et ambitieux.
    Après avoir dessiné, dans plusieurs ouvrages (Lumière, commencement, liberté, Construction d'un château, Les Actes de la joie, La Jouissance d'être, La Nacre et le Rocher) une doctrine du sujet qui fonde une éthique du bonheur, l'auteur se retourne sur la culture qui l'a précédé et présente quelques textes qui font écho à ses propres recherches. Les spécificités de chaque auteur sont si patentes qu'elles permettent d'écarter l'idée de redondances. Mais la similitude des préoccupations, évidente en chaque étape existentielle, permet de souligner la parenté profonde de tous les humains. L'auteur nous dévoile ainsi un universel concret et un nouvel humanisme.
    À cette modestie philosophique s'ajoute une ambition, elle aussi philosophique. Car il s'agit, pour Robert Misrahi, d'organiser son regard rétrospectif (la suite et l'enchaînement des textes cités) selon un itinéraire précis, à la fois existentiel et logique, un cheminement qui conduit des affirmations de l'angoisse aux constructions de la joie.
    À travers la nuit des souffrances, la quête du Désir, les dénégations du renoncement, la découverte des deux libertés, le courage de la conversion, les approches de l'accomplissement et l'instauration du bonheur d'être, l'auteur trace un itinéraire ascendant. Cet itinéraire, maladroitement suivi par l'humanité au travers d'expériences discontinues, solitaires et mal pensées, est cependant révélateur d'un souci commun et d'un pouvoir partagé.
    Il se pourrait donc que l'expérience multiple de la littérature et de la philosophie, à défaut de cautionner entièrement une doctrine réflexive de la jouissance de vivre, justifie au moins son mouvement et en confirme la pertinence.

  • La Construction du bonheur est, à la fois, un livre et un film... Les deux objets sont, ici, matériellement présents. Mais les deux peuvent être pris séparément. Dans l'un comme dans l'autre y apparaît Robert Misrahi sous des éclairages et des angles changeants. À l'écrit, Robert Misrahi, s'il commence par revenir sur son oeoeuvre livresque, consacré au bonheur et au philosophe eudémonique Spinoza, c'est afin de planter le décor. Très vite il en arrive à l'image. Car c'est là le sujet. Doublement.
    Voilà qui est nouveau. Il y consacre quatre chapitres : La fascination de l'image ; La mise en chantier ; Les premiers tournages ; La création.
    Ce court texte est des plus réjouissants. Il témoigne du courage d'un homme, philosophe de son état, qui n'hésite pas à se prêter à une expérience phénoménologique d'un genre particulier où champ et hors-champ, d'écriture et d'images, se mêlent.

  • Robert Misrahi se propose d'élaborer une théorie du sujet qui prendrait en compte aussi bien le désir que la réflexivité. La méthode employée est une phénoménologie intégrale, seule adaptée à la richesse du pouvoir constituant du sujet, ce pouvoir étant considéré aussi bien dans sa dimension qualitative d'existence et de désir, que dans sa dimension cognitive de réflexion et de raison.
    Cette phénoménologie déploie une anthropologie philosophique, respectueuse de la liberté du sujet et attentive à son mouvement existentiel et réflexif.
    L'anthropologie philosophique, partant du "fait" du sujet, le découvre pourtant comme un acte : celui de la jouissance d'être. C'est la jouissance et la joie qui sont en effet l'origine et la finalité aussi bien de l'existence désirante que de la réflexion constituante. Le sujet ne se constitue et ne se justifie que de cette jouissance d'être et d'exister. Malheur et tragédie ne sont, malgré leur fréquence, que dénaturation de l'existence humaine. Dans cette théorie du Désir-sujet, l'éthique eudémoniste trouve donc son fondement et la joie, sa condition de possibilité.

  • On voit que spinoza combat inlassablement le dualisme.
    Après avoir critiqué le dualisme âme-corps, il combat le dualisme interne à "l'âme" : l'opposition traditionnelle de la volonté et de l'entendement. non seulement la réalité humaine est une (cet esprit-corps que nous étudierons plus loin), mais l'esprit lui-même est un (comme entendement-affirmation, ou entendement actif, c'est-à-dire raison).

  • 2e tirageSpinoza, connu comme "l'athée vertueux", inaugure avec l'Éthique une nouvelle manière de penser l'homme et sa félicité. Cet ouvrage :· dégage la signification éthique et existentielle du monisme ontologique ;· décrit le conception spinoziste de l'homme unifié et de la centralité du Désir ;· analyse l'esthétique de la joie et la sagesse de la béatitude ;· évoque le fondement de la vie sociale et de la démocratie ;· esquisse l'histoire du spinozisme.Robert Misrahi est professeur émérite de l'université Paris I - Panthéon Sorbonne. Il a récemment publié aux éditions Armand Colin, Les Figures du moi et la question du sujet depuis la Renaissance (collection Prépas) et Qu'est-ce que l'éthique ? (collection U).
    L'accès à l'oeuvre. La vie de Spinoza. La signification de l'oeuvre. Le système du monde. La critique des Écritures. La doctrine du Dieu-Nature. Les conséquences doctrinales. La doctrine de l'homme. L'homme unifié. Le Désir et les affects. L'éthique philosophique. Servitude, liberté. L'éthique de la joie. Sagesse et béatitude. Fonction de la politique. Le spinozisme dans l'histoire. Discussion et récapitulation. Conclusion : le sens du spinozisme.

  • Un match de football, un but marqué et 500 supporters crient spontanément leur joie. Robert Misrahi voit dans cette réaction immédiate le signe de notre liberté première : une liberté par essence, non choisie, antérieure à toute action. Sans le savoir, sans rien y pouvoir, nous sommes libres !
    Mais il est une autre liberté. Une liberté qui s'apprend. Concrète et réfléchie, véritablement heureuse, elle est à l'origine de toute création.

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