• On trouvera sous ce titre, voulu par l'auteur, les divers éléments qui composent le "Journal" que René Depestre a tenu durant son séjour à Cuba, de 1964 à 1978. Ce document, entièrement inédit, est exceptionnel sur le plan biographique : il constitue un journal intime, souvent très personnel, qui s'organise parfois en roman d'apprentissage. Il l'est également au niveau historique et sociopolitique, René Depestre s'y révélant en témoin capital mais aussi en acteur, maintes fois critique, de la révolution cubaine. D'une écriture originale, mêlant vision lyrique et lucidité réaliste, ce «Cahier d'un art de vivre» est surtout l'oeuvre d'un esprit passionnément épris de son époque, qui en témoigne en philosophe tout autant qu'en poète.

  • « Quand la frénésie de l'or draina au marché la dernière goutte de sang indien / De sorte qu'il ne resta plus un seul Indien aux alentours des mines d'or / On se tourna vers le fleuve musculaire de l'Afrique / Pour assurer la relève du désespoir ».

    La langue de René Depestre est à nulle autre pareille : sensuelle, vaudoue, impertinente, fougueuse et combattante. Celle d'un poète combattant, exilé à Cuba aux côtés de Castro et Guevara avant de dénoncer les dérives du régime. Sa soif de liberté et de justice résonne à chaque vers, dans chaque image, dans chaque trouvaille, dans chaque illumination. Il faut lire René Depestre. On en ressort vivifié.

  • La tante Zaza, à la beauté légendaire, emmène son jeune neveu en vacances à la campagne. Il a seize ans et, ingénument, elle lui fait partager son lit. L'inévitable se produit. Zaza, plus tard, périra dans un incendie, mais son souvenir adorable restera vivant.
    On retrouve dans ces dix nouvelles la même verve caraïbe, le même érotisme heureux qui appartiennent à l'auteur du Mât de cocagne.

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  • Popa Singer

    René Depestre

    Pour fêter dignement le retour de son fils au pays, Popa Singer, matriarche éclairée et indéboulonnable, armée de sa seule machine à coudre et de son utopie personnelle, est bien résolue à résister à sa manière à l'Ubu Roi des Tropiques, le plus atrocement absurde que les Grandes Antilles aient subi : Duvalier, alias Papa Doc.

    Popa Singer va raconter l'histoire de ce duel à Jacmel, ville natale de l'auteur, comme García Márquez racontait le Macondo de la famille Buendia dans Cent ans de solitude. Tout le récit tient dans une éloquente dialectique entre la monstruosité aberrante de Papa Doc et cette « maman-bobine de fil » qui « fera planer son cerf-volant enchanté dans l'azur féminin de l'histoire, en mère nourricière, ravie d'alimenter en brins de toute beauté la machine Singer à coudre les beaux draps d'un réel-merveilleux germano-haïtien. » La fantaisie rabelaisienne se propage en nomenclatures fantasques qui sont en soi des morceaux de bravoure dignes du Mangeclous d'Albert Cohen.

    S'il témoigne avec une joyeuse férocité de l'épouvantable caprice du président à vie, le romancier des enjouements amoureux, styliste hors pair et maître d'une langue incomparablement inventive, mêlant allègre faconde et humour au vitriol, ne lâche rien de son verbe en transe ludique, véritable incendie d'allusions et de métaphores pour dire un monde de folie.

  • «Ce divertissement pourrait s'appeler "neuf histoires d'amour". Le narrateur de ces fictions libertines a assez d'esprit et de malice pour commencer par le récit non d'un fiasco mais d'un échec : la jolie guide qui lui fait parcourir la Chine ne veut rien savoir. Toutes les autres rencontres se terminent à la joie contagieuse des deux participants. Il y a aussi la Haute-Savoie et les sports d'hiver, l'express Paris-Prague, la Yougoslavie, un Japon de rêve, et Cristina, ardente Brésilienne infidèle. La fête de l'érotisme solaire se termine à perte de vie en Haïti, comme il se doit, par le "conte de sorcier", feu d'artifice final.
    Ces textes débordants d'ivresse de vivre, de rires et de conquêtes sont parallèlement nourris par les problèmes qui secouent notre pauvre univers : racisme, guerres, captivités, terrorismes et autres infamies d'État.»

  • Henri Postel, homme d'action d'une île tropicale écrasée sous la dictature de Zoocrate Zacharie (surnommé le Grand Électrificateur des âmes), s'est fermement opposé au tyran. On l'a déchu de son mandat de sénateur et contraint, pour l'avilir, à gérer un piteux bazar dans un quartier populaire de la ville. Il s'inscrit au grand concours annuel du mât de cocagne suiffé qui lui permettrait non seulement de remporter un triple trophée - un gros chèque, des objets de valeur, un fusil mitrailleur -, mais surtout d'aider sa cité à avoir une conscience approfondie de ce qu'un individu, même isolé et apparemment vaincu, peut faire pour retrouver l'estime de ses concitoyens et leur redonner le goût perdu de l'action collective.
    La savoureuse verve de l'écrivain franco-haïtien René Depestre se met au service de la satire, de la révolte et de l'amour.


  • " certains poètes contemporains donnent l'impression de n'être, que des cerveaux, de purs produits de matière grise tarabiscotée.
    quelques mots sur une page, des collisions verbales aléatoires, un vague tropisme mallarméen, un culte du mot seul, une religion de la- phrase pour elle-même, une manie du blanc et de l'espace; de quoi générer un autisme de bon aloi, et s'assurer qu'on ne sera pas lu, aimé, compris ", écrit michel onfray dans la préface dé ce recueil.
    rien de tel avec rené depestre, poète, romancier, essayiste né à jacmel, en haïti, en 1926.
    un demi-siècle après la publication de ses premiers recueils (étincelles, 1945; minerai noir, 1956; journal d'un animal marin, 1964), cette grande voix de la francophonie nous livre un testament poétique: celui d'un homme hédoniste et solaire qui mêle comme personne la sensualité, le lyrisme et la révolte.

  • Révolte et tendresse

    René Depestre

    • Theleme
    • 22 Novembre 2018

    Par cette rencontre à deux voix, Gaël Faye nous invite à un voyage dans l'univers poétique de René Depestre.

    C'est un parcours entre révolte et tendresse, plein d'ironie, de malice et de joie de vivre, partagé par deux humanistes qui se vouent un mutuel et profond respect. Les voix touchantes du "vieux nomade" et du "jeune talent" font résonner la force et la modernité des poèmes de René Depestre, bouleversant témoignage d'un écrivain qui a habité la terre en poète, selon l'expression d'Hölderlin.

  • Poète, romancier, René Depestre est l'une des figures les plus originales de l'avant-garde artistique et intellectuelle de l'après-guerre. Sa vie suit les chaos de l'histoire et en épouse un temps les espoirs : à Paris, il rencontre André Breton, Louis Aragon et les surréalistes, et débat avec le représentant du mouvement de la négritude, Aimé Césaire ; en Tchécoslovaquie, il se lie d'amitié avec Pablo Neruda ; à Cuba, il s'engage auprès de Che Guevara et soutient le régime de Castro.

    C'est toute l'effervescence de cette vie d'engagements, et de désillusions aussi, que restitue ce livre. Il revient sur les grandes questions de la décolonisation et de la négritude. René Depestre, qui se définit lui-même comme « Haïtien errant », entend dépasser les séparations raciales, qui sont autant de pièges où s'appauvrit la diversité des cultures et des corps.

    « Porter tendrement sa couleur de peau », cette paix ne s'obtient que si l'on sait conjuguer la force de l'art et l'ardeur de l'action.

    Texte établi par Jean-Luc Bonniol.

  • Vincent Jacmel, un jeune homme que la nature a doté d'un sexe hors norme, fait rêver toutes les femmes de Haïti. Jusqu'au jour où il rencontre Josefina Finamour, une Cubaine délurée, bien décidée à ne pas se laisser impressionner...
    De conquêtes amoureuses en aventures érotiques, René Depestre nous entraîne avec jubilation dans son univers coloré et libertin.

  • Contient 1 CD audio. Durée d'écoute : 54 mn 14 s

  • Haïti.
    " La Mecque, la Judée de la race noire ", selon Hannibal Price. Le premier peuple noir ayant accédé à l'indépendance dans le sillage de Toussaint-Louverture. Un pays dont le lyrisme surabondant des artistes soulève l'admiration, mais qui n'a cessé de s'auto-tyranniser depuis deux siècles avec un paroxysme sinistre : la dictature de Duvalier et de ses " macoutes ". Ecrivain majeur de ces tropiques fabuleux et improbables, René Depestre a connu un destin tragique.
    Dans ce livre où se mêlent la prose, le vers et la correspondance, les plages de poésie et les digressions autobiographiques, les hommages à Roumain ou à Césaire, il élucide la complexité des liens qui unissent Haïti à la France, et raconte ses errances de Prague à Cuba, en quête d'une rédemption illusoire, avant l'enracinement paradoxal au coeur de l'Occitanie. L'écriture l'aura sauvé de la tentation du désespoir.
    Ces textes tendus forment le bréviaire d'un grand humaniste de réputation mondiale, dont l'oeuvre a été maintes fois saluée et couronnée.

  • Chaque année, dans la ville de Jacmel au sud d'Haïti, a lieu le plus important carnaval du pays, durant les Gras. La plupart des habitants créent et renouvèlent leur costume, librement inspiré de tout ce qui traverse la réalité et l'imaginaire haïtiens. On y croise des diablotins, des animaux lointains, d'anciens indiens, des colons ridicules...
    Tous ces déguisements suscitent autant de rêves que de cauchemars éveillés. Ils sont impressionnants, réalisés avec une dextérité unique par les artisans de la ville. Depuis 2014, fort de ce patrimoine immatériel et artistique, Jacmel est reconnue ville créative d'artisanat et d'arts populaires par l'Unesco.
    Pour transmettre cette magie défilante, Corentin Fohlen a choisi d'isoler chaque personnage de la foule du carnaval en installant son studio en extérieur, et en composant à chaque fois sa propre lumière. Son travail étonnant et précis révèle au-delà de la beauté des costumes, le talent inventif d'un peuple toujours debout.

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