• L'Université´ est un thème peu pre´sent dans le de´bat d'ide´es en France. Les me´dias peuvent consacrer des pages entie`res ou des longs reportages TV a` la re´forme de l'ENA ou aux conventions ZEP de Sciences-Po Paris. Mais de`s qu'on parle « universite´ » en France aujourd'hui, les me^mes mots de´pre´ciatifs reviennent : « e´chec » en premier cycle, « fac parking », « usine a` cho^meurs », etc. Pourtant, les universite´s, aujourd'hui presque mille´naires, jouent un ro^le de´cisif en cette pe´riode de ge´ne´ralisation du baccalaure´at et des scolarite´s supe´rieures. Elles promeuvent nombre d'enfants des classes populaires, pre´sentent d'excellents taux d'insertion et surtout occupent une place irremplac¸able dans le paysage franc¸ais de la recherche et dans la formation au savoir critique. Elles me´riteraient d'e^tre remise au centre du syste`me d'enseignement supe´rieur.
    Ce livre sur et pour l'université, habituellement si décriée ou déniée, cherche justement à souligner combien les proce`s qui lui sont faits ratent l'essentiel.

  • Si, dans les années 1970-1980, l'"échec scolaire" était au centre des discours sur l'école dans les quartiers populaires, les questions de "violences scolaires" ou de "déscolarisation" dominent la scène depuis les années 1990, surtout à propos du collège présenté comme le "segment" où se concentrent les difficultés de l'école.
    Une attention nouvelle est ainsi portée aux processus de ruptures scolaires qui touchent d'abord des collégiens issus de milieux populaires. Les auteurs reconstruisent les parcours de ruptures scolaires de ces collégiens et analysent tour à tour l'effet de plusieurs dimensions : la précarité et les ruptures familiales ; les difficultés scolaires où se nouent apprentissage, conflits avec les enseignants, sanctions de l'institution ; la sociabilité juvénile qui oscille entre l'isolement et l'attraction du groupe de pairs.
    Refusant la vaine quête d'une cause unique, ils insistent sur l'articulation entre ces différentes dimensions et montrent l'enchaînement des processus au sein de plusieurs parcours de collégiens. S'appuyant sur une enquête intensive de deux ans, ce livre aborde des questions qui taraudent en profondeur l'école et alimentent le débat sur le "collège unique". Il apporte aussi des connaissances fines sur la dégradation des conditions d'existence d'une fraction des familles populaires et sur ses effets en termes de scolarisation et de socialisation.
    Il s'adresse à tous ceux qui sont concernés par les questions scolaires et sociales ainsi qu'aux étudiants et chercheurs en sciences sociales et en sciences de l'éducation.

  • Comment l'école interprète-t-elle les facilités et les difficultés d'apprentissage des élèves ? Comment cette interprétation influence-t-elle leur scolarité et l'idée qu'ils se font d'eux-mêmes ? Les résultats de l'enquête -menée pendant plusieurs années dans des écoles maternelles, pour l'essentiel - présentée dans ce livre permettent de répondre à ces questions. En croisant les regards sociologique et psychosocial, Mathias Millet et Jean-Claude Croizet décortiquent le quotidien des classes et révèlent comment les difficultés cognitives, pourtant nécessaires aux apprentissages, sont transformées en un problème.
    Ils montrent que ces premiers apprentissages scolaires sont aussi, pour les élèves, une première confrontation aux inégalités. L'étude met en évidence les logiques quotidiennes d'une violence symbolique par laquelle élèves comme enseignants se persuadent que les verdicts scolaires disent la valeur des individus. Elle montre comment ces élèves et ces enseignants développent, dès l'école maternelle, des interprétations qui personnalisent les "échecs" ou les "réussites" et, ce faisant, les détournent des apprentissages.
    Cet ouvrage contribue ainsi de manière décisive à l'analyse de la manière dont l'école réduit ou augmente les inégalités sociales.

  • La collection "Le lien social", dirigée par Serge Paugam, directeur de recherche au CNRS, propose des essais d'interprétation sociologique, historique et économique des sociétés contemporaines. Elle a pour ambition de s'appuyer sur les méthodes et les moyens techniques des sciences sociales, sans renoncer pour autant à la réflexion philosophique sur le sens des expériences vécues et l'interprétation des évolutions globales de la société.

empty