• Catherine Binet est l'héroïne de ce portrait. Elle était la compagne de Georges Perec. Elle fut une de mes plus chères amies. Sa destinée chaotique, faite de créativités avortées, d'humiliations au quotidien, mais aussi de réussites artistiques majeures, est exemplaire. Aujourd'hui, je veux raconter nos combats, notre complicité, nos chagrins et nos joies. « Marina Vlady » Ce bouleversant récit évoque ces deux destins de femmes entrelacés dans les malheurs mais aussi dans les joies, jusqu'à la mort de l'une d'elles, Catherine, dont Marina Vlady compose ici le « tombeau », comme on disait à l'époque classique, stèle littéraire non seulement à une amie disparue, mais à une part de soi en allée avec elle.

  • Une météorite, atterrie en plein centre de la Sibérie après des millions d'années de voyage, devait symboliser sur la tombe de Vladimir Vissotsky sa brûlante et trop brève vie.

    Il n'en a pas été ainsi, malheureusement, mais j'ai appris en 1985 que les astronomes de l'observatoire de Crimée ont baptisé une nouvelle planète découverte entre les orbites de Mars et de Jupiter:

    VLADVISSOTSKY Elle porte le numéro 2374 dans le catalogue international des planètes.

    Souvent, je regarde les étoiles et je souris en pensant que parmi cette multitude, un petit point brillant vogue dans l'immensité, que ce corps céleste en mouvement perpétuel est lié à jamais au nom de mon mari.

    C'est bien ainsi.

    Marina Vlady

  • Le fol enfant

    Marina Vlady

    • Fayard
    • 2 Septembre 2009

    « La porte de la chambre ouverte, j'ai failli tomber à genoux. Cet être bardé de tuyaux, de tringles, de plaques, de plâtres, dont seul le haut du visage paraît exempt de blessures, cet être inerte dont les côtes se soulèvent en cadence au rythme de la machine, c'est mon fils. » Dans ce récit intimiste et bouleversant, Marina Vlady raconte la sortie du coma de son fils aîné, victime d'un accident de la circulation. Pendant des semaines elle va aller de chez elle à la chambre d'hôpital où il gît inconscient. Chez elle, elle suffoque de désespoir ; à son chevet, elle parle, elle raconte, elle chante, scrutant le plus infime signe de retour à la conscience.

  • Du coeur au ventre

    Marina Vlady

    • Fayard
    • 13 Mars 1996

    " Ces récits vous révèlent certains de mes secrets.

    Quand, sa vie entière, on a été en lutte contre sa nature, suivi des régimes draconiens, envié ses voisins de table ou, pire encore, ses invités qui savourent votre propre cuisine, quel délice de pouvoir replonger dans ses souvenirs, de retrouver, par la magie de la mémoire, les amis, les proches avec lesquels on a partagé des instants privilégiés, les pays où l'on a découvert des plats simples, voire étranges, des vins capiteux ou légers, la gaieté, le plaisir; bref, la vie! " M.V.

  • 24 images/seconde

    Marina Vlady

    • Fayard
    • 12 Janvier 2005

    « En scène » depuis l'âge de deux ans et demi, Marina Vlady donne sa première réplique à Gaby Morlay devant une caméra à l'âge de dix ans.


    24 images/seconde est l'occasion de « tourner » avec elle autour du monde, d'Espagne en Italie et d'Afrique en Russie, d'évoquer maintes grandes figures du cinéma mondial : John Huston, Alberto Sordi, Anna Magnani, Marcello Mastroianni., pratiquement tous les acteurs de cette génération ou de la précédente, autant de metteurs en scène, aussi divers que Jean-Luc Godard, Ettore Scola, Marco Ferreri ou Orson Welles.


    Mais ce ne serait là qu'un bel album, si chaque portrait de comédien ou chaque évocation de film n'était l'occasion de faire pénétrer le lecteur dans les arcanes du milieu lui-même et trouver réponse à ces questions que chacun se pose en voyant jouer un acteur ou une actrice : comment choisit-on un scénario ? Pourquoi accepte-t-on de tourner un premier film promis à l'insuccès ? Comment se manifeste l'irrépressible envie d'un rôle quand on est prêt(e) à tout pour l'obtenir ? Comment mime-t-on l'amour sous l'oeil de la caméra (et des techniciens) ? Comment évite-t-on de se répéter, de ressembler au « rôle-phare » auquel les autres veulent à tout prix vous identifier ? Et l'actrice n'oublie pas non plus d'évoquer la part la plus créatrice et sans doute la plus vibrante d'une carrière de comédienne : le théâtre.


    Ce livre est aussi l'occasion pour Marina Vlady de raconter des souvenirs beaucoup plus personnels. C'est Simone Signoret qui lui avait conseillé d'écrire son premier livre sur Vissotsky. C'est Léon Schwarzenberg, son dernier compagnon, qui lui tint lieu de premier lecteur pour le manuscrit de 24 images/seconde.


    Un livre où chacune et chacun de ceux qui ont hanté les salles obscures au fil de ces dernières décennies retrouvera le chemin parcouru par Marina Vlady en un demi-siècle d'histoire du cinéma.

  • On n'a pas oublié le livre bouleversant qu'avait écrit Marina Vlady sur Vissotski, le plus célèbre poète et chansonnier russe de la seconde moitié du XXe siècle, l'un des deux hommes qui ont le plus compté dans sa vie, mort au faîte de son talent, ravagé par l'alcool.
    L'alcool symbolisé dans ce livre-ci par ce personnage tout en noir qui en obscurcit les pages comme deux poings sur les yeux pour ne pas voir le trop-plein de malheur. Car le dernier homme à avoir illuminé la vie de Marina succombe ici d'un cancer, lui qui a soigné des milliers de victimes du mal, en guérissant certains, en accompagnant d'autres dans leur agonie avec une incurable humanité.
    Vaillante, Marina l'accompagne à son tour jusqu'à ce qu'il expire dans cet hôpital de Villejuif où il a assisté, soigné, écouté, aidé tant de patients. Après, c'est l'effondrement, d'autant plus que problèmes matériels, dissensions familiales s'en mêlent. Au plus profond de sa détresse et de sa solitude, Marina ne trouve réconfort et oubli que dans la présence de l'« homme en noir », l'ivresse jusqu'au vertige, seule façon de donner congé aux fantômes, au reste du monde et à soi-même.
    Dans ce tunnel, une faible lumière cependant : celle que diffusent les mots alignés sur le papier avec bonheur et qui, comme des cailloux phosphorescents, jalonnent la pente à remonter.

  • Ma cerisaie

    Marina Vlady

    • Fayard
    • 4 Septembre 2001

    C'est une saga authentique, celle de la famille Poliakov, aristocrates russes jusqu'au bout des ongles, extravagants et impécunieux, pathétiques et drôles, débordants de sentimentalité, d'humour, de sens artistique et de fascination pour le malheur. Le récit se coule dans un modèle fictif emprunté à Tchékhov, plus spécifiquement à sa pièce la plus fameuse et la plus souvent interprétée à la scène.

    L'auteur imagine donc de raconter la vie des personnages de La Cerisaie, identifiés à ceux de ses ascendants.

    Le roman démarre à la fin du XIX e siècle avec le voyage d'exil de Lioubov à Paris, le Paris de la Belle Époque où les futurs bolchéviks ont établi leurs quartiers rue Marie-Rose autour de Lénine. Pendant ce temps, en Russie, Ania, la fille de Lioubov, et son époux Pétia ont adhéré à la contestation de l'autocratie, elle en appelant à l'émancipation par l'éducation des masses, lui à la révolte violente par les attentats à la bombe : il mourra abattu d'une balle dans le ventre.

    L'histoire s'accélère et la fièvre monte en Russie : répression stolypinienne, menées terroristes, début de la Grande Guerre, coup d'État bolchévique, guerre civile, mort de Lénine, glaciation stalinienne, grands procès, guerre à nouveau, déstalinisation, timide libéralisation..., et, comme une image inversée sur une plaque photographique, le pendant de ces événements à l'Ouest, vécu par celles et ceux de la famille que l'exil volontaire ou contraint a conduit là... Jusqu'à cet épilogue des années 70 où la jeune fille de Militza, aussi éprise de spectacle que le reste de la famille, montera à son tour sur scène pour interpréter La Cerisaie, et où elle accompagnera sa mère en Russie cinquante ans après que celle-ci en eut été chassée.

    Quatre générations de femmes russes, nobles de naissance et d'éducation, l'esprit de justice et le non-conformisme chevillés à l'âme, saltimbanques et pédagogues de vocation, vivent une traversée du siècle entre la Russie profonde, Moscou, Saint-Pétersbourg et la banlieue parisienne, depuis le dernier règne des Romanov jusqu'à la déstalinisation, ou encore depuis la rédaction par Tchékhov de La Cerisaie à la fin du XIX e siècle et la représantion de la pièce en France par une jeune actrice.

    Marina Vlady a publié chez Fayard Vladimir ou le vol arrêté, Récits pour Militza, Le Collectionneur de Venise, Le Voyage de Sergueï Ivanovitch, la réédition de Babouchka (1979), ainsi que Du coeur au ventre.

  • Récits pour Militza

    Marina Vlady

    • Fayard
    • 6 Avril 1989

    Militza est le doux nom que portaient ma mère, ma soeur, et que j'aurais donné à ma fille, si j'en avais eu une.
    Ces récits, qui entrouvrent la mémoire et laissent vagabonder les souvenirs, sont une chronique douce-amère où se mêlent, au fil des pages, les personnages et surtout les animaux qui ont marqué ma vie.

    C'est un voyage au coeur des événements qui ont forgé mon âme.

    C'est aussi un hommage à ma soeur trop tôt disparue, Militza.
    Marina Vlady

  • Un jeune Vénitien, Angelo Torcellan Dabalà, découvre sur l'écran du cinéma de son quartier le visage d'une star, Giorgia Demeter. Il en tombe éperdument amoureux, comme seul peut l'être un enfant de douze ans. Cette passion va commander sa vie.
    Angelo quittera sa ville natale et traquera Giorgia à travers le monde. Pour posséder cette femme, il ira jusqu'à voler. Il créera même des marionnettes à leur image pour tenter de vivre à travers elles l'impossible accomplissement de son amour.
    Ces deux destinées dissemblables finiront par s'entremêler et se fondre dans un don de soi plus fort que la mort.Dans ce roman de la gloire et de la solitude, sur fond de théâtre et de cinéma, entre Venise, Bayreuth et les rives sauvages du Pacifique, on retrouve, magnifiée, la poignante sincérité qui, avec Vladimir ou le vol arrêté, a valu à Marina Vlady la reconnaissance d'un très large public.

  • " Il lui suffit de regarder Vassilissa, d'écouter sa voix grave, de sentir son odeur de blé mûr pour être plus ivre encore que ses camarades. Et puis, maintenant, il sait que la séparation est proche. Le matin même, il a reçu sa feuille de route... " Face aux montagnes afghanes couvrant l'horizon de leurs pics violets, dans la poussière fine, on faisait la guerre. Une sale guerre dont on ignorait tout au pays. Sergueï comprit alors qu'il était dans un autre monde. Quitter sa fiancée et son village pour deux longues années dans l'armée soviétique, cela avait été dur: en ces temps " héroïques ", chaque garçon se devait d'y croire. Se retrouver à dix-huit ans dans un bataillon disciplinaire commandé par un adjudant sadique, à des milliers de kilomètres, sans comprendre les souffrances qu'on endure, les crimes que l'on vous fait commettre, cela peut rendre fou...

    Le voyage de Sergueï, initiation douloureuse, lui fera découvrir la mort, le désespoir, mais aussi la tendresse, l'amitié. Et, lorsqu'il rentrera, c'est un homme sans illusions qui regardera son pays et le difficile avenir qui l'attend.

    Ce roman vrai d'une génération perdue résonne des accords passionnés de Vissotsky, le héros de Vladimir ou le vol arrêté. De sa voix fervente, Marina Vlady l'accompagne et dénonce les désastres de la guerre pour chanter cette terre russe " éternellement féconde ".

  • Russie éternelle

    Marina Vlady

    • Archipel
    • 20 Octobre 2010

    Un voyage dans la Russie de toujours, celle qui a survécu aux vicissitudes de la politique et aux épreuves de l'histoire : tel est le périple auquel cet ouvrage nous convie. En 150 photos, l'oeuvre de quelque 70 photographes, il nous mène à la rencontre du peuple russe. Dans toute sa diversité : de ces indomptables babouchkas sur qui repose le salut du foyer à ces enfants au sourire rêveur, des redoutables Cosaques aux prêtres déambulant en quête spirituelle. Une myriade de peuples, sur fond de steppes, de lacs gelés, de monastères aux coupoles dorées ou multicolores. C'est aussi à une découverte de la littérature et de la spiritualité russe que nous sommes ici invités. Au fil des photos, les maîtres mots et citations de grands auteurs, choisis par Michel Evdokimov, ponctuent les images : ils se nomment Saint-Séraphin de Sarov, le père Men, Pouchkine, Tolstoï, Dostoïevski. Empreintes d'émotion et de profondeur, les photos, toutes en couleurs, ayant été prises par des photographes qui habitent sur place pour la plupart, ont su capter la lumière au moment où elle était la plus belle.

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