• Ce recueil essentiel publié chez Armand Colin en 1952 propose trente-trois articles écrits entre 1906 et 1952 par le cofondateur avec Marc Bloch des Annales. Lucien Febvre y développe sa vision d'ensemble du champ de l'Histoire et propose de précieux conseils de méthode et y affirme sa dimension pluridisciplinaires (géographie, sociologie, linguistique, philosophie...) en proposant 11 portraits de grandes figures de ces différentes disciplines.
    Le grand historien y définit l'Histoire "comme un besoin de l'humanité, le besoin qu'éprouve chaque groupe humain, à chaque moment de son évolution, de chercher et de mettre en valeur dans le passé les faits, les événements, les tendances qui préparent le temps présent, qui permettent de le comprendre et qui aident à le vivre. [Il faut pour cela] recomposer la mentalité des hommes d'autrefois ; se mettre dans leur tête, dans leur peau, dans leur cervelle pour comprendre ce qu'ils furent, ce qu'ils voulurent, ce qu'ils accomplirent".

  • Martin Luther, un destin

    Lucien Febvre

    « Luther, un des pères du monde moderne... Luther, en vivant, en parlant, en se montrant lui, a créé, comme tant d'autres, maintes situations de fait, à leur tour génératrices de conséquences spirituelles ou morales qu'il n'avait point envisagées. » Publié en 1928, ce premier ouvrage rencontra un large écho et fut plusieurs fois réédité sans modifications ultérieures si ce n'est une mise à jour de la bibliographie. Il décrit un Luther novateur, soucieux de retrouver les bases spirituelles perdues, selon lui, d'une Église chrétienne traditionnelle dont la hiérarchie étouffait la foi de ses fidèles. Mais aussi un Luther qui « n'avait rien d'un bâtisseur épris de durée » qui a « accompli le schisme sans rétablir l'unité, affaibli et diminué matériellement l'Église catholique, créé des conditions propices à la naissance de sectes innombrables, provoqué la discussion par des laïcs de questions religieuses », et ce faisant, précurseur involontaire des libres penseurs des siècles ultérieurs.

  • Lucien Febvre fut un des initiateurs de la nouvelle école d'historiens français. Dans ce volume il étudie le XVIe siècle, l'aurore des temps modernes. Il cherche à le comprendre de l'intérieur car, dit-il, il est difficile d'imaginer «à quel point la psychologie d'un Français du XVIe siècle ne saurait être celle d'un Français du XXe». Il évoque brillamment toute une civilisation, grâce à une méthode qui permet de comprendre cet homme du XVIe siècle qui ''(doit être intelligible non par rapport à nous, mais par rapport à ses contemporains», auquel il ne faut pas prêter nos idées et nos connaissances, mais qu'il convient de replacer dans son époque, pour pouvoir saisir ses problèmes et sa façon d'être.

  • Philosophie, économie, histoire, sociologie, littérature, histoire de l'art, psychanalyse ... autant de sciences humaines qui délimitent les champs du savoir. Autant de disciplines fondamentales présentes de bout en bout dans la collection "Quadrige", à travers les plus grands auteurs, les plus grands titres, les plus grands textes. Quadrige : des ouvrages d'hier et d'aujourd'hui qui sont aussi des textes pour demain.
    La collection se divise en quatre sections : -- Références (dictionnaires, histoire générale ...) jaune pantone 116 -- Textes (Bachelard, Bergson, Durkheim ...) rouge 2718 -- Essais (Laplanche, Levinas ...) bleu 2728 -- Manuels (Ellul, Denis ...) vert green c .

  • Un siècle après sa soutenance, Philippe Il et la Franche-Comté apparaît comme la matrice de l'oeuvre d'un géant et d'une école. Dès les premières pages, Febvre emprunte aux sciences sociales nées avec le XXè siècle : sa géographie comtoise doit à Vidal de La Blache, son analyse des pratiques marchandes et des rapports contre les pouvoirs proches ou lointains montre une connaissance de la sociologie durkheimienne, ses réflexions sur la psychologie collective des Comtois du XVIè siècle - ses lointains " pays " - reflètent ses nombreuses conversations avec son ami Henri Wallon. Le tout forme pourtant un exemple de recherche historique, car Lucien Febvre se tient toujours à sa seule place d'historien : confrontation légitime avec d'autres approches, ambition anthropologique assumée, mais dans un temps, un siècle et des lieux précis. A la lecture de ce livre majeur, on comprend pourquoi vingt ans plus tard, et Marc Bloch aidant, Lucien Febvre se lancera dans l'aventure des Annales. Et surtout pourquoi, parmi la génération suivante, les plus grands - de Braudel à Le Roy Ladurie en passant par Goubert - ont pris modèle sur cette Franche-Comté.

  • Lucien Febvre fut un des initiateurs de la nouvelle école d'historiens français. Dans ce volume il étudie le XVIe siècle, l'aurore des temps modernes. Il cherche à le comprendre de l'intérieur car, dit-il, il est difficile d'imaginer «à quel point la psychologie d'un Français du XVIe siècle ne saurait être celle d'un Français du XXe». Il évoque brillamment toute une civilisation, grâce à une méthode qui permet de comprendre cet homme du XVIe siècle qui ''(doit être intelligible non par rapport à nous, mais par rapport à ses contemporains», auquel il ne faut pas prêter nos idées et nos connaissances, mais qu'il convient de replacer dans son époque, pour pouvoir saisir ses problèmes et sa façon d'être.

  • Lucien Febvre (1878-1956) est l'un des plus grands historiens du XXe siècle. Inventeur des Annales avec Marc Bloch, il n'a eu de cesse de fédérer toutes les sciences sociales sous la bannière de l'histoire.
    Normalien, agrégé d'histoire, il soutient en 1911 une thèse magistrale, " Philippe II et la Franche-Comté. Étude d'histoire politique, religieuse et sociale ". Cette première grande thèse, en France, d'histoire économique et sociale, va tracer la voie de ce qui deviendra une vingtaine d'années plus tard la nouvelle école historiographique française, au rayonnement international. Dès 1921, il conçoit le projet d'une revue dont l'ambition se situe très loin de l'histoire diplomatique, factuelle ou événementielle, alors à l'honneur. Il imagine une histoire fédérant les sciences sociales et dégagée de toute allégeance à un parti ou à un dogme politique. Ce rêve, il le réalisera en 1929 en étroite collaboration avec Marc Bloch, créant les Annales d'histoire économique et sociale.

    Ce volume réunit un ensemble de compte rendus de lecture de Lucien Febvre, et nous donne a découvrir sa façon de " vivre l'Histoire. " S'inscrivant dans la lignée de Michelet, proche de lui par sa sensibilité, son habileté à écrire et décrire l'histoire, Lucien Febvre avait certes des spécialités, mais son érudition allait bien au-delà. Prodigieuse, elle illumine chaque page de ce livre où il commente sans concession les oeuvres d'une galerie d'auteurs : de Camille Jullian à Fernand Braudel en passant par Henri Pirenne, Marc Bloch, Arnold Toynbee et beaucoup d'autres. Un livre vivant, éblouissant, à l'image de Lucien Febvre.

    Composé de deux textes épuisés, le livre est augmenté de textes inédits qui les éclairent d'un nouveau jour et en font un outil précieux pour les historiens.
    Combats pour l'Histoire et Pour une Histoire à part entière, épuisés depuis longtemps, sont réédités et complétés par des textes et un appareil critique inédits : une préface de Bertrand Müller, spécialiste de l'historien, une biographie écrite, une chronologie, une bibliographie, un index, ainsi qu'un témoignage passionnant du propre fils de l'auteur. Ainsi, ce volume pourra-t-il toucher, au-delà des étudiants et universitaires en sciences sociales, tous les lecteurs de " grands livres d'histoire " et autres amateurs de voyages dans l'érudition.

  • Lettres a henri berr

    Lucien Febvre

    • Fayard
    • 8 Octobre 1997

    Ces 320 lettres de Lucien Febvre (1878-1956) éclairent un moment majeur de l'histoire contemporaine. Elles permettent de mettre en valeur la personnalité méconnue d'Henri Berr (1863-1954), grand intellectuel de la IIIe République, infatigable entrepreneur culturel, fondateur de la Revue de synthèse historique (1900) où Lucien Febvre fit son apprentissage d'historien, et du Centre international de synthèse (1925).C'est dans ce milieu que se sont élaborées de nouvelles conceptions de l'histoire, au-delà du simple respect des règles de méthode léguée par les maîtres. Ce sont elles qui ont rendu possible la création par Lucien Febvre et Marc Bloch, en janvier 1929, de la revue des Annales d'histoire économique et sociale.Ces lettres apportent un témoignage de première main sur la formation et la pensée de Febvre, l'un des plus grands historiens du siècle, saisi dans sa vie et son travail quotidiens. Avec une rude franchise, elles montrent l'histoire en train de se faire, de se critiquer et de s'écrire, mais aussi, très concrètement, elles donnent l'occasion d'assister à la fabrique éditoriale d'ouvrages majeurs comme La Terre et l'évolution humaine et d'une grande collection d'histoire, L'Evolution de l'humanité .Elles dévoilent aussi divers aspects d'un processus de consécration qui, dans la carrière d'un grand universitaire, passe par de multiples candidatures et par des réseaux d'amitié et de sociabilité étendus.Le travail d'édition est éclairé par une savante annotation due à Jacqueline Pluet, ingénieur de recherche à la Maison des sciences de l'homme, et à Gilles Candar, responsable du secteur pédagogique du musée d'Orsay.

  • Le problème de l'incroyance est un magnifique livre sur rabelais, un extraordinaire effort pour faire revivre sa " singulière vitalité ".
    Mais c'est surtout un décisif discours de la méthode historique, dans la mesure oú il ne veut raconter qu'un rabelais possible, participant d'un temps difficile oú la curiosité des hommes était immense, les enthousiasmant et les inquiétant tout à la fois, mais engageant certains d'entre eux dans la voie d'un humanisme évangélique. dans la mesure encore oú l'historien se fond dans son objet d'étude et oú il devient lui-même un humaniste érasmien combattant pour défendre, contre le " sacrilège " de l'anachronisme qui nie l'autre comme différence, la liberté de rabelais d'avoir eu sa vérité, en son temps et en son âme.
    En publiant ce livre durant les jours sombres de 1942, lucien febvre n'était-il pas animé de la même confiance dans la puissance de l'intelligence que celle qui fit inscrire à rabelais, sur la grande porte de thélème, les mots interdisant l'entrée aux " hypocrites, bigots, vieux matagots, marmiteux, boursouflés. " ? ne voulut-il pas écrire un livre à " plus hault sens ", un message d'espérance dans l'avenir de l'histoire ?.

  • Voici la rencontre entre deux géants. Lucien Febvre, l'un des plus grands historiens du XXe siècle, le fondateur de l'école des Annales, évoque dans un texte inédit l'oeuvre de son aîné Jules Michelet (1798-1874), le père du « roman national ».
    Dans ce document majeur, ode et hommage au grand historien de la Révolution française, Febvre démontre que l'écriture par Michelet de l'Histoire de France, entre 1831 et 1869, a débouché sur la conception moderne de la nation française.
    « L'histoire de France, c'est la création de Michelet. » Écrits en 1943- 1944, au coeur même du Paris occupé, ces mots acquièrent un souffl e et une résonance tout particuliers. En réinterrogeant les fondements de l'identité nationale, Febvre distille un message de régénération du sentiment national à la veille de la Libération de la capitale en 1944, prélude à celle de la France.

  • En 1958 était publié, sous la signature conjointe de lucien febvre et henri-jean martin, l'apparition du livre.
    Ecrit par henri-jean martin sous l'inspiration de lucien febvre, cet ouvrage va devenir très vite un classique et provoquer une véritable révolution. pour la première fois, la naissance et la diffusion du livre étaient analysées dans toutes leurs dimensions: intellectuelle, culturelle, économique, sociale, esthétique. les hommes, les ateliers typographiques, l'invention des caractères, l'édition des textes, la mise en pages, tous ces points se voyaient éclairés à travers une grande histoire sociale.
    Ce fut l'acte de naissance d'un nouveau regard historique sur le livre qui n'a cessé depuis de se renouveler. frédéric barbier, directeur d'études à l'e. p. h. e. , assure la postface de cette réédition qui vise à comprendre le travail commun de lucien febvre et henri-jean martin et à montrer l'extraordinaire fécondité de leur ouvrage.

  • En 1950, le grand historien Lucien Febvre, aidé par un jeune assistant en Sorbonne, François Crouzet, se lance un défi :
    écrire, en réponse à une sollicitation de l'Unesco, un manuel "modèle" d'histoire de la civilisation française.
    Oublié jusqu'à aujourd'hui dans un grenier poussiéreux, ce livre veut prouver qu'il n'y a pas "d'identité" française providentiellement surgie de la nuit des temps, mais que la France s'est progressivement créée grâce à un constant métissage ethnique et culturel qui est le coeur battant de sa civilisation. Véritable défense et illustration du caractère "international" et "interdépendant" de toute nation, Nous sommes des sang-mêlés dénonce les tentations de refus de l'autre qui ont conduit aux atrocités des conflits mondiaux du XXe siècle.
    Selon Febvre et Crouzet, l'historien a pour mission, scientifique et éthique, d'éliminer les ferments de haine xénophobe entretenus par l'enseignement d'une histoire trop nationaliste, et d'ouvrir les esprits à l'idée d'une "fraternité" universelle qui serait l'essence même du passé et donc du présent. Livre singulier d'histoire engagée, promotion d'un projet de paix qui serait l'avenir de l'humanité, Nous sommes des sang-mêlés conserve toute sa pertinence aujourd'hui.

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