Arlea

  • Dans la France d'aujourd'hui, peu à peu, le peuple perd le pouvoir.
    Il croit détenir la souveraineté. De plus en plus, elle s'exerce sans lui, au profit d'un " gouvernement invisible ", formé par l'alliance nouvelle des propriétaires, des dirigeants d'entreprise et des maîtres des médias. La crise de la politique qui se développe sous nos yeux, cette coupure grandissante entre les élus et les électeurs, entre les dirigeants et les dirigés, n'a pas d'autre origine. En principe, nous vivons sous un gouvernement démocratique, c'est-à-dire le gouvernement du peuple, pour le peuple et par le peuple.
    En réalité, les forces convergentes de la mondialisation, du droit et du corporatisme l'emportent sur la volonté collective de la nation. La démocratie telle que nous l'avons connue, telle que l'ont conçue les pères fondateurs de la Révolution française, s'efface progressivement. Les libertés individuelles demeurent mais les libertés collectives s'étiolent. Une société nouvelle s'impose, que personne n'a voulue : démocratie d'apparence, oligarchie de fait.
    L'ambition de ce livre est de jeter des ponts entre le peuple et les responsables progressistes. Les événements du 11 septembre le démontrent : à l'heure où l'Histoire revient en force, la politique doit de nouveau l'emporter sur l'économie, la souveraineté populaire sur les marchés. Il faut rétablir un lien entre indignation et action, entre protestation et projet, entre le peuple et son gouvernement.
    Il faut explorer les conditions d'une reprise du pouvoir : celle que le peuple d'une grande démocratie doit tenter pour qu'elle redevienne démocratique.

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