• Le Diable a rôdé en Europe pendant des siècles, à l'affût de tous ceux qu'il pouvait dévorer. Fascinés par sa férocité, les penseurs européens n'ont pas seulement subi sa présence hostile, ils ont transformé son visage, ils lui ont attribué de nouveaux noms, un statut, une voix et c'est en fonction de lui qu'ils ont organisé la vie sociale. Ce livre est le portrait biographique d'une figure protéiforme et impure, d'une créature bien réelle sous la plume de Saint Augustin, devenue pur esprit sous l'autorité des auteurs scolastiques, à la fois adversaire de Dieu et des hommes, serpent tentateur, dragon cruel, chef des démons et des sorcières, « seigneur de ce monde » et personnification du Mal ...
    Ce livre est aussi une histoire culturelle et intellectuelle qui décrit les préoccupations et les pensées de femmes et d'hommes vivant en ce bas monde, et qui met en lumière le fait que les doctrines théologiques et philosophiques sur le Diable et les démons ne sont pas uniquement des théories : elles s'inscrivent si profondément dans les pratiques sociales qu'elles vont jusqu'à décider de la vie et de la mort des individus.Dans cet essai magistral et incisif, Kurt Flasch revisite le grand récit du progrès de la pensée grâce à ce négatif photographique que constitue la figure du Diable.

  • Élevé dans une famille catholique, entouré de croyants respectueux de sa personnalité, Kurt Flasch avait tout pour rester chrétien. Ses nombreux ouvrages révèlent un spécialiste éminent de la philosophie grecque et un historien sourcilleux du christianisme. Il examine ici, à plus de 80 ans, les textes des origines à aujourd'hui et s'émeut de la cruauté et de l'injustice du Dieu de l'Ancien Testament, ce Dieu d'un seul peuple. Le Nouveau Testament fourmille d'invraisemblances et de contradictions que Kurt Flasch détaille avec gourmandise. Le christianisme est en rupture avec l'héritage de la philosophie grecque et avec la raison universelle. Il est inadapté à l'esprit de notre temps, dont l'auteur n'est pas l'ennemi. La religion et la foi n'ont pas le droit de revendiquer la vérité. Celle-ci en dehors des sciences dures et de la critique historique est source d'intolérance. Ayant laissé la religion sur son chemin, Kurt Flasch goûte avec délices les fruits de la culture, celle du christianisme y compris, dans une acceptation sereine de la condition humaine qu'il propose à ses lecteurs.

  • Dirigeant spirituel, dominicain et homme politique, comment maître Eckhart a-t-il traversé les conflits religieux de son époque ? Cet essai dresse un bilan de la puissante pensée de Maître Eckhart depuis son sermon en 1294 jusqu'à sa mort en 1327. Condamnée par sa propre Église, sa philosophie fut qualifiée de monstrueuse par ses formules excessives. L'auteur revient sur l'enseignement d'Eckhart et la portée de ses affirmations tant à son époque que pendant les siècles qui suivirent, puisque sa pensée toucha des intellectuels tels que Nicolas de Cues, Hegel, Heidegger, Robert Musil. A partir de textes et de la présentation de l'agitation du monde intellectuel spécifique au XIIIe siècle, Kurt Flasch introduit à la lecture du Maître en plaçant son essai sous l'angle de sa philosophie du christianisme.
    Kurt Flasch est professeur émérite de l'Université de Bochum.
    Catherine König-Pralong est maître-assistante à l'Université de Fribourg.

  • Comment écrire une histoire qui présente le passé dans sa dimension étrangère passée ? Dans les deux textes traduits ici, Kurt Flasch pose cette question de manière historique, à partir de l'oeuvre du philosophe Wilhelm Dilthey (1833-1911). Sa réponse en forme de proposition se dessine sur le canevas d'une discussion de la théorie diltheyenne de la compréhension. Cette théorie raffinée thématise la possibilité d'une rencontre entre l'historien et les " grands hommes " du passé. Selon Dilthey, l'historien peut comprendre le passé dans son présent dans la mesure où ses propres expériences vécues lui permettent de revivre ce qui a été vécu par autrui. La théorie de Dilthey postule donc un vecteur transhistorique et un lieu originaire du sens : la vie de l'esprit ou vie psychique. Dans la lecture de Kurt Flasch, la théorie de Dilthey vient incarner un moment révolu de la réflexion historiographique, antérieur à Verdun, Kafka et l'Ecole des Annales. Kurt Flasch projette dans le passé et pare de sa différence celui qui figure souvent au côté de Martin Heidegger comme l'un des deux principaux fondateurs de l'herméneutique philosophique actuelle. La question initiale est donc reformulée ainsi : comment écrire l'histoire aujourd'hui, en renonçant à " comprendre " les hommes du passé ?

  • Cet essai présente la biographie intellectuelle, de Nicolas de Cues (1401-1464), philosophe et homme d'Eglise au parcours unique. En exposant l'évolution et les développements de la pensée du cardinal, il met en lumière ses multiples centres d'intérêt et replace sa philosophie dans le contexte tourmenté des débats du XVe siècle. Il initie à l'oeuvre d'un auteur dont le grand spécialiste de la Renaissance italienne, Eugenio Garin, prétendait qu'il était le plus grand penseur de son siècle. A la manière de Nicolas de Cues, cet ouvrage traite sans pesanteur de questions essentielles.

  • Ce livre est iconoclaste.
    Il renonce à présenter la philosophie médiévale à la manière traditionnelle d'une " histoire des problèmes ". Kurt Flasch y montre le lieu de naissance de chaque pensée, qu'il insère de manière originale dans son contexte historique et culturel. Il fait entendre la signification pratique et politique des oeuvres les plus prestigieuses du Moyen Âge philosophique, d'Anselme à Abélard, d'Averroès à Albert le Grand, de Thomas d'Aquin à Guillaume d'Ockham, de Maître Eckhart à Nicolas de Cues.
    La polémique et le conflit ouvert servent de fil conducteur aux idées, ainsi restituées au lieu de naissance de la pensée, puisque le débat intellectuel y recouvre des positions philosophiques, théologiques ou politiques tranchées. Kurt Flasch esquisse une histoire de la philosophique à l'état de dispute et de contradiction, ce qui donne à cette histoire une tonalité vivante. Cette approche a suscité de nombreuses critiques, souvent virulentes.
    Dans une postface inédite, Kurt Flasch répond ici à ses critiques, et clarifie les présupposés de sa méthode.

  • Cet essai présente la biographie intellectuelle de Nicolas de Cues (1401-1464), philosophe et homme d'Église au parcours unique. En exposant l'évolution et les développements de la pensée du cardinal, il met en lumière ses multiples centres d'intérêt et replace sa philosophie dans le contexte tourmenté des débats du XVe siècle. Il initie à l'oeuvre d'un auteur dont le grand spécialiste de la Renaissance italienne, Eugenio Garin, prétendait qu'il était le plus grand penseur de son siècle. À la manière de Nicolas de Cues, cet ouvrage traite sans pesanteur de questions essentielles.

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