• Écrit à la deuxième personne du singulier, Procédure Dublin rayonne d'une présence amie, mais garde jalousement son mystère, entre mise à distance et confession. Une proximité particulière qui redouble la force d'un récit tanguant constamment entre l'acharnement et la désillusion, l'amitié et le désespoir. Celui que porte, inscrit à même sa chair, Aminata, jeune Malienne immigrée d'Afrique en France via l'Italie où un règlement européen (la fameuse procédure Dublin) la contraint de retourner sous bonne garde, après une incarcération sinistre dans un centre de rétention normand. Un destin marqué par la violence, qu'elle soit familiale ou administrative, une existence d'accablements et de blessures, que la narratrice décide d'assumer, de presque endosser à la faveur d'une fuite en avant amicale, quasi amoureuse. Elle-même dont les jours sont une succession d'épreuves, entre un aïeul paysan aux mains aussi noueuses que baladeuses, un ex-mari bringueur terrassé par un AVC et une mère toujours vaillante, mais dont le mode de vie lui est de plus en plus étranger. Alors, face à cette solitude, sa rencontre avec Aminata semble, paradoxalement, une bouffée d'air, une ouverture, la chance de reprendre pied dans une réalité qui ne se paie d'aucun mot, forte de la crudité vraie d'une destinée contrainte. Un "road book bluesy" et une méditation âpre, du don de soi au retour sur soi, Procédure Dublin nous offre un condensé émotionnel, sans fard ni pose, d'un tragique contemporain, présent et urgent.

  • " j'ai mis du khôl sur mes paupières, du rouge dolce vita sur mes lèvres (le numéro 014 de dior).
    ça faisait femme. enfin. presque. quand sait-on pour de bon si on est une femme ? quand sait-on qu'on est enfin soi-même ? " ce que l'on sait de juliette jourdan : peu de chose, finalement. elle a un chat, elle réussit plutôt bien les spaghettis aux fruits de mer, elle ne sait pas faire un créneau, elle n'aime pas les dimanches, elle est fan d'amanda lear et de dolly parton, elle adore les choses de georges perec (son livre de chevet), elle écoute muse et maria callas en boucle.
    Son film préféré : monstres & cie. son héroïne : emily the strange. c'est à peu près tout.

  • « En fait, à la première audition, mon oeuvre s'est révélée à moi d'une manière insolite, étrange, beaucoup plus moderne que je n'imaginais, peut-être à certains points de vue la plus moderne de toutes les oeuvres entendues ce soir-là. »Maurice Racol (1908-1988), avocat de profession et musicien de passion, a composé pendant près de 60 ans. Ayant acquis une vaste culture générale, il a vécu son oeuvre musicale et poétique en totale indépendance et s'est trouvé face à une nécessité devant l'histoire : créer un nouveau langage. Notons que ses contemporains ne l'ont pas désavoué ; en témoigne l'imposante correspondance échangée avec des personnalités connues des arts et des lettres : René Char, Marie-Jeanne Durry, Pierre Barbizet... Pour ne citer qu'eux. Voir l'index à la fin de ce petit livre.Si Denise Jourdan-Hemmerdinger et Maurice Racol ne se sont jamais rencontrés, ils ont longuement dialogué dans l'enthousiasme de leurs travaux respectifs. En sa qualité de chercheure musicologue au CNRS (spécialisée sur la musique de la Grèce antique), la valeur des partitions et la colossale correspondance manuscrite du compositeur ne pouvaient lui échapper. Par cet essai, l'auteur et Juliette Racol entendent rendre hommage à un musicien qui n'a pas cherché à briller, mais avant tout à créer de façon impérative et absolue. Exceptionnel et inédit, cet opuscule repose sur des informations de la main du compositeur, mises directement à la disposition des interprètes et des musicologues, et pas uniquement.Et surtout et avant tout le but de cet Essai consiste à sauver de l'indifférence et de l'ignorance, une oeuvre manuscrite qui risquait de disparaître. N'est-ce pas, essentiellement, le devoir fondamental du musicologue et de l'éditeur ?

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