Bandes dessinées / Comics / Mangas

  • I am the eggman

    José Parrondo

    Les strips de José Parrondo fonctionnent comme des énigmes. Le trait est simple, les images épurées, le style minimaliste, l'attraction instantanée. Mais face à ces pages à priori muettes, les questions affluent : cette fenêtre est-elle un tableau ? Ce paysage est-il factice ou réel ? Cet arbre est-il plat ou en volume ? Y a-t-il un Eggman ou plusieurs ? Est-il ici ou ailleurs ? L'action se déroule-t-elle à l'extérieur ou à l'intérieur ? Ce qui nous regardons est-il vraiment ce que nous voyons ? Autant de questions que chaque lecteur devra négocier avec son moi profond pour en découvrir le non-sens qui mène au rire véritable.
    Eggman, petit oeuf doté de courtes pattes et de yeux ronds comme des billes, nous entraîne dans un univers insolite où les jeux d'échelle, le trompe-l'oeil et l'illusion règnent en maîtres. Tableau, longue-vue, fenêtre, escalier, serrure, bulles de bande dessinée, ronds, carrés, tirets parsèment ses aventures. En mêlant objets identifiables et éléments purement graphiques, José Parrondo s'amuse avec les signes et les codes de la bande dessinée pour créer un univers délicieusement absurde et plein de dissonances poétiques, tout en jonglant sans retenue avec la rétine et l'intelligence de ses lecteurs.
    Pour cet album, José Parrondo alterne à nouveau les techniques : aux strips muets en noir et blanc viennent s'ajouter une série de peintures à l'acrylique mélangeant dessins, jeux de mots ainsi que quelques photographies.

  • « Il y a l'univers, et puis la Main ».
    La Main est faite d'une paume, d'un dos, de cinq doigts.
    Si les quatre lettres qui composent son nom s'ouvrent d'une majuscule, c'est qu'il ne s'agit pas d'une main banale, prolongation ordinaire du bras d'un corps plus vaste. La Main est autonome, et souvent solitaire. Elle aimerait avoir des amis. Elle peut se rêver autre. Elle n'est ni droite ni gauche, parfois agile, souvent maladroite.
    Bravant sa timidité, elle explore le monde qui l'entoure et quand elle rencontre son double, c'est pour mieux se reconnaître.
    Alternant les techniques, trait et pochoir, José Parrondo utilise ici son propre outil de travail comme personnage à part entière et poursuit de son esprit minimaliste et poétique sa quête de l'absurdité du quotidien.

  • Rien

    José Parrondo

    « Le rien contient du rien et rien d'autre », mais le rien renvoie-t-il nécessairement au vide, à l'absence, à l'inexistant ? Finalement, rien n'est moins sûr. Et comme José Parrondo n'est sûr de rien, il observe, il s'observe parmi les autres et le monde qui l'entoure. Il s'égare aussi et ses déambulations l'amènent à d'infimes découvertes et à des révélations microscopiques. Il nous murmure à l'oreille que les choses n'attestent pas de leur présence mais révèlent au contraire, en négatif, un ordre inversé et insoupçonné. Son sens de l'absurde questionne avec impertinence et fantaisie l'endroit, l'envers, le dedans, le dehors et plus largement le monde des apparences. C'est une quête de sens et de soi très discrète et, dans sa légèreté, il y a une mélancolie perçant à travers des observations malicieuses.
    Alternant des courtes bandes dessinées, des illustrations, des gravures, des photographies et des micro-textes, avec Rien, José Parrondo poursuit sa voie minimaliste en multipliant les techniques et les possibilités de raconter. Elles se font écho, produisent des frottements entre elles, ponctuent et font progresser un récit qui suit son bonhomme de chemin jusqu'à toucher tout un chacun.

  • "Si je n'étais pas né, ce livre n'aurait pas existé ou alors ce serait un autre qui l'aurait écrit" : heureusement la question ne se pose pas et nombreux ont été ceux qui ont prêté une oreille attentive à l'exercice sobre et modeste entrepris par José Parron-do dans Parfois les ennuis mettent un chapeau.
    La première édition s'est évaporée aussi vite qu'elle était arrivée en librairie.
    Voilà donc réédité ce petit carnet, sous une forme sensiblement différente qui af-firme d'autant plus ses qualités de bréviaire des choses de la vie. Composées d'une phrase attelée à un dessin synthétique au crayon de couleur, ou à l'aquarelle, les dessins de José Parrondo interrogent avec malice le sens commun et jouent avec les échelles de temps, de taille et d'espace. Corps de métiers, imagerie populaire ou encore cycles de la nature (et si c'était les feuilles qui perdaient leurs arbres ?), l'auteur recrée un rapport au monde quasiment ludique avec un ton qui rappelle parfois le Journal de Jules Renard.
    Parfois les ennuis mettent un chapeau, dans la parfaite continuité de La Porte, éclaire alors certaines vérités d'une lueur tout à fait poétique.

  • Avec Histoires à emporter, José Parrondo détourne savamment la forme du conte et fait de la formule con-sacrée "il était une fois" une ritournelle pour mettre en scène un cortège d'histoires qui sont leurs propres personnages. Les saynètes se succèdent alors en un subtil jeu de miroir qui guide la lecture. C'est tout à la fois, l'histoire des histoires, des histoires dans l'histoire et des histoires qui font l'histoire. Des histoires à venir, passées, qui se répondent, qui se croisent ou se mor-dent la queue.

  • josé Parrondo n'avait pas encore expérimenté la Collection Mimolette. Ce sera chose faite avec Les monstres ne savent pas lire l'heure, qui mettra en scène Monsieur Poupée aux prises avec un monstre, un squelette d'animal et une bande de moules... Pour enfants ? Peut-être, mais tordus, et pour adultes tordus aussi...

  • La porte

    José Parrondo

    Il était temps que José Parrondo fasse son entrée dans la prestigieuse collection Ciboulette, et il le fait de surcroît en quadrichromie, mais aux crayons de couleur. Nul doute que La Porte constitue l'un de ses travaux en bande dessinée les plus aboutis, et il serait bon que ce livre contribue à mieux faire connaître la personnalité de Parrondo, qui sous ses airs d'enfant sage, est l'un de ceux qui savent le mieux utiliser le langage de la Bande Dessinée pour aborder des contrées aussi rares en ce domaine que la Poésie ou la Philosophie. Le dessin de Parrondo, identifiable au premier coup d'oeil, est extrêmement synthétique, délicat et poétique. La Porte est en effet une sorte de récit initiatique décalé, que le dessin, lié à l'enfance (tant par le style que par la technique) rend d'autant plus effectif : les tribulations de ce personnage inséparable de sa porte nous paraissent dès lors comme autant de réponses à des énigmes éternelles et informulables.

  • Un marcheur somnambule trébuche sur un caillou anodin et c'est alors le début d'une étonnante réaction en chaîne qui va tenir en haleine le lecteur tout le long des 48 pages de cette bande dessinée de l'auteur belge José Parrondo. Cette sarabande graphique menée sur un rythme d'enfer met aux prises une invraisemblable tripotée de personnages plus ou moins «proteïformes». Une colonie de fourmis frondeuses, un promeneur en haut de forme, un couple de poissons belliqueux, etc... se télescopent pèle-mêle et réinventent même à l'occasion quelques-unes des plus belles inventions de l'homme : la roue, le levier... rien que ça... en tout simplicité... ni plus ni moins !!!
    Dans cette véritable apologie du mouvement perpétuel, l'auteur bringuebale ses personnages sans ménagement au cours d'un palpitant voyage au fil de l'eau... liquide, solide et gazeuse...
    Un récit tout en rondeur qui tourne en rond, ponctué d'onomatopées et autres bruitages divers et empreint de cet étrange poésie minimaliste et bruitiste si chère à Parrondo.

  • Humour, imagination, fantaisie : tout est réuni pour plonger les enfants dans un délicieux bain de bande dessinée.

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