• La divine liturgie byzantine : une liturgie du sublime Nouv.

    La Divine Liturgie désigne, dans la tradition byzantine, la célébration de l'eucharistie. Sa célébration se démarque par sa beauté singulière, beauté qui ne saurait être réduite qu'à l'esthétique, puisqu'elle reflète la beauté divine qui se révèle à travers la célébration liturgique comme par un jeu de miroirs. En ce sens, la Divine Liturgie byzantine est une liturgie du Sublime parce qu'elle est une théophanie : elle nous révèle Dieu, son acteur principal, qui est Beau et Bon. Le présent ouvrage nous y initie en nous présentant les acteurs, les costumes, le décor, la musique, et le déroulement : l'action du Verbe fait chair, afin de donner sa chair en nourriture pour la vie du monde.

  • La présente étude est consacrée à l'une des phases essentielles de la « synthèse byzantine » : la réforme liturgique associée au nom de Cyprien Tsamblak, né vers 1330 dans la région de Trnovo (Bulgarie), disciple du patriarche de Constantinople Philothée Kokkinos. Étroitement lié à cette grande figure de l'hésychasme byzantin du XIVe siècle, Cyprien fit un séjour à l'Athos où il fut ainsi initié à l'enseignement des moines hésychastes. Il devint par la suite métropolite de Kiev et de Lituanie (en 1375), avant d'être définitivement intronisé métropolite de Kiev et de toutes les Russies, siège qu'il occupa à deux reprises de 1381 à 1382, puis de 1390 jusqu'à sa mort en 1406. Imitant son maître Philothée qui avait canonisé l'ordo néo-sabaïte à l'origine de l'actuel rite byzantin, Cyprien entreprit une grande réforme liturgique en Russie à la fin du XIVe siècle. Jusqu'alors, deux Typika étaient en usage : le Typikon de la Grande Église de Constantinople dans les cathédrales et les églises paroissiales, et le Typikon du patriarche Alexis le Stoudite, observé dans les monastères. Cyprien s'efforça d'uniformiser la liturgie en opérant une grande synthèse consistant en l'introduction d'un seul et unique typikon néo-sabaïte observé à la fois dans les monastères et les églises séculières.

    En plus de raconter dans le détail les particularités de la réforme liturgique du métropolite Cyprien, ce livre évoque aussi l'ambiance historico-culturelle, et par-dessus tout spirituelle, du mouvement hésychaste de l'époque, pressentant les caractéristiques essentielles du métropolite-liturgiste, découvrant ses motifs, démontrant de manière convaincante que son but n'était pas tant une réforme qu'une restauration : un retour à la tradition patristique et monastique dans le contexte du renouveau hésychaste. Cela résume à la fois la manière dont la liturgie byzantine s'est développée et les problèmes ultérieurs qu'ont posés ses sources existantes non seulement aux liturgistes d'autrefois mais aussi aux chercheurs d'aujourd'hui.

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