• « Un soir, Bernard assiste à la reprise d'une de ses pièces. Sans Angeline, son interprète habituelle et sa maîtresse, l'oeuvre perd soudain, à ses yeux, toute substance. Cessant de croire en soi et fuyant Angeline, c'est lui-même que Bernard fuit.
    Être un autre! Tout au long d'un texte concentré, subtil, musical, Bernard se livre à un jeu d'attente et de recherche (le cocasse, le tragique et le rare s'y caressent et s'y heurtent), d'où émerge, un peu froide, un peu dure, claire et pourtant mystérieuse, sa fiancée, puis sa femme, Anne, héroïne d'un récit dont Angeline, dévorante maîtresse, devenue mythe utile, proposera la clef. » N. G.

    « Angeline disparue et Jean-Pierre retrouvé! Non pas! Lorsque, ayant relu un récit célèbre, jadis apprécié, maintenant dédaigné, j'ai été conduit à me pencher, après beaucoup plus de trente ans, sur mon - pratiquement - unique roman, j'y ai rencontré un jeune étranger qui m'a intrigué et ému, qui m'a inité et séduit, et qui n'était pas moi.
    Irrésistiblement, j'ai eu envie de le présenter aux fils de ses contemporains afin que des amis de son âge, d' autres aussi, plus mûrs, fassent sa connaissance et, à son sujet, me donnent leur avis. » J.-P. G.

  • Le thème, l'accent, l'atmosphère de ce roman de J. P. Giraudoux ne surprendront pas ceux qui, dans l'ordre spirituel, croient aux lois naturelles de l'héritage.Jean Blanzat, Le Figaro Littéraire

  • Un roi est une pièce en deux actes.L'action se déroule en l'ère chrétienne, dans la salle d'apparat du Palais Royal d'un pays d'Europe.Aux scènes où l'action le demande, des laquais silencieux introduisent les différents personnages et accompagnent leur sortie.

  • Un recueil de nouvelles de Jean-Pierre Giraudoux publié en 1957.

  • Un texte passionnant de Jean-Pierre Giraudoux, publié en 1967.

  • Contre un théâtre progressiste qui bafoue toute psychologie, qui affectionne le bâclé, voici trois échantillons d'un théâtre d'arrière-garde où la psychologie est reine, où le ton se veut noble, au risque de peser.Abordant un thème qui m'a toujours hanté, la hideuse importance, l'effrayant poids du corps, j'ai essayé, dans le quatuor qu'est Belle, d'illuminer une nudité qui ne soit pas obscène, afin de souligner la nuit où elle se meut, tout en accumulant pour ma joie personnelle, et également, lecteur, pour soutenir ton attention dans un sujet éloigné des soucis du moment, ces atroces mais merveilleuses surprises que l'existence quotidienne nous offre trop chichement : les coups de théâtre.L'Impromptu de Bellac entend être gratuit, protégé de toute profondeur. Ce divertissement à mine de pastiche prouve peut-être une chose : tandis que dans un roman ou une nouvelle il serait la sécheresse, l'artifice au théâtre, dépouillant les sentiments, repoussant les contingences, apprivoisant l'invraisemblable, provoque une pureté qui est de la tendresse.Une puissance mystérieuse m'a contraint de traiter à mon tour dans Au nom du Père le drame simple et peu neuf du prêtre qui a perdu la foi, adaptant au go-t de mécréants une souffrance qui ainsi aura été la mienne.J.-P. Giraudoux

  • Pourquoi écrit-on un roman ? Parce que l'on ne peut pas s'en empêcher. Nul acte n'est plus impératif. Pourquoi lit-on un roman ? Parce que l'on vous a dit de le lire, parce que d'autres le lisent : nul acte n'est plus gratuit. Pourquoi publie-t-on un roman ? Si le livre est de Jean-Pierre Giraudoux, pour grandes que soient les vertus qu'il lui trouve, l'éditeur pervers est certain à l'avance que, devant ce qui apparaît une cabale du silence, la vente se limitera à un nombre dérisoire d'exemplaires. Nul acte n'est plus co-teux.

    Parce qu'il ne savoure le pornographique, l'abscons et le vulgaire qu'à doses homéopathiques, Jean-Pierre Giraudoux exècre pour une bonne part la littérature contemporaine. Mais il ne tient que peu rigueur à ceux qui la fabriquent - auteurs prostitués et critiques maquereaux, tous sont ingénus et il en est de délicieux - cependant ces derniers ont l'air de ne point accepter qu'il récuse leur jeu.

    L'auteur de Fuites s'amuse à penser que, lorsqu'ils seront morts - il leur souhaite une agonie consciencieuse à remords, puis, après rédemption, le paradis qu'ils n'ont pas mérité - lui et son oeuvre existeront encore pour l'exaspérante et lumineuse raison que les générations futures auront la curiosité de connaître le fils de Jean Giraudoux : sans doute s'étonneront-elles que le rejeton d'un des génies de l'écriture universelle n'ait pas été plus abruti par l'humeur d'une époque dont elles se gausseront et qu'il ait peut-être hérité, les inversant, quelques-unes des qualités de son père.

    Fuites est le contraire d'une fuite mais à travers un récit psychologique, une attaque politique de quelque imagination, d'une grande violence, d'une grande passion contre les trois maux où croupit le monde contemporain : le snobisme, le gaspillage et surtout la laideur.

    Puisse le lecteur, dont l'âme est encore saine, ne pas laisser à ses arrière-petits-enfants le soin de découvrir cet essai romanesque - où tour à tour huit héroïnes aident le héros à la méditation - et d'en être, à titre rétroactif, inspirés. Puisse-t-il, toutes affaires cessantes, tenter de décider si le petit livre jaune de Jean-Pierre Giraudoux, inséré naïvement dans le temps d'aujourd'hui, est l'histoire d'une défaite ou celle d'une victoire.

    Sosthène des Presqueuses

  • Je ne crois pas en l'indifférence. Mais je ne crois pas que, pour toucher, les mots, les phrases doivent à tout prix s'amonceler, imitant les montagnes.
    Je ne crois pas en Dieu. Vivre sans Dieu et vivre cependant comme sous un reflet de la Divinité ! Cet état qui est le mien depuis ma post-adolescence, il m'est venu sur le tard l'idée - non, le besoin - d'en proposer l'exemple à des frères inconnus et donc de le décrire et de l'analyser. Pour les aider à vivre ? Mieux, pour faciliter gracieusement leur mort.
    Afin qu'ils sachent bien que je ne suis pas un diplodocus, j'ai évoqué des faits de mon passé, tandis que j'exprimais les méditations qu'a appelées ce qui me reste d'avenir et dont plusieurs, en prime, traitent de la chose publique.
    Je ne crois pas au Diable. Car aujourd'hui le Diable n'est plus Satan mais l'Ov"e"m que mes lecteurs, si, dans la couche conjugale, ils me lisent à voix haute pour bercer leur épouse, prononceront "ovem". Je me suis attaché non seulement à déceler cet Ov"e"m partout où, d'ailleurs, il ne se cache guère, mais aussi à l'asperger farouchement d'encre bénite par l'auteur mécréant de ces lignes.
    Dans un joli volume de la collection "Ce que je crois", Jean Rostand déclarait : "Qui a vraiment ressenti, vécu le tourment de la question intérieure" - le tourment de qui, n'ayant pas la Foi, n'a su la remplacer - "ne parvient pas à concevoir d'où pourrait jamais lui venir l'apaisement." J'aimerais que ce petit livre, modeste en tout cas dans ses proportions, soit, pour ceux qui me ressemblent, une recette de la paix intérieure.J.-P. G.

  • Ayant, en de récentes années, admiré et aimé odile mallet et geneviève brunet, j'eus envie d'écrire, pour ces troublantes jumelles, une pièce bien à elles.

    Mes méditations, plume à la main, furent brèves : {amphitryon} s'imposa où, depuis des siècles, des êtres identiques se heurtaient face à face. un {amphitryon} où l'impudique jupiter serait, pour le même jeu, remplacé par la chaste junon.

    Je n'avais pas oublié que les amours doublement adultérines de jupiter et d'alcmène avaient donné naissance à l'invincible hercule et inspiré, avant mon père, trente-sept {amphitryon}, cinq ou six après lui. quasi inexistante dans l'{amphitryon} de molière - le seul de ceux-ci avec lequel je fusse familier -, combien alcmène était vivante dans l'{amphitryon} de jean giraudoux et comme elle méritait de susciter le nouvel intérêt de junon, autant et plus que la passion défraîchie de jupiter ! de fait, ce n'est pas la légende gréco-romaine qui m'a inspiré, mais le texte bien français de l'auteur de mes jours où, pour la première fois, léda, substituée une nuit alcmène, avait un rôle majeur. la rivale d'alcmène tient dans mon "divertissement" une place essentielle, bien qu'à proprement parler elle n'y paraisse pas.

    Puisque jupiter avait voulu séduire alcmène, junon entend faire la conquête d'amphitryon. cependant, à travers des quiproquos qui sont la trame de la pièce, une force aimable mais sans merci, dédaignant le mari, pour la déesse vers la mortelle. non, lecteur salace, il n'y avait pas le moindre saphisme dans cette suite ingénieuse d'{amphitryon 38}. tout au contraire, grâce aux deux héroïnes, l'amour y cédera la place à l'esquisse d'une action politique, d'une révolution dont le grand soir chute brutale de l'intrigue, se trouve - ni à gauche, ni à droite - dans le coeur comme dans l'esprit de l'homme d'aujourd'hui. jean-pierre giraudoux.

  • Ma première fait miroiter le portrait d'un homme qui, décidant de s'entendre avec la mort, s'arme d'onguents et de solitude.Félicité, onze ans, signe ma seconde... Papa trompe Maman, qui boit. Il ne m'aime ni l'un ni l'autre. Ah, quel malheur d'être une surdouée !Si Laurence, trente-cinq ans, n'avait pas pour la première fois en dix ans menti à Jean-Louis qui en a soixante-dix, aurait-on su dans ma troisième qu'il y a des lettres qui blessent le coupe-papier ?Pour ma quatrième, à ma femme, cette dernière petite mort qui est encore la vie.Ma cinquième débute par une annonce du Nouvel Observateur et se termine à peine en amitié particulière.Ma sixième : deux jumeaux tiennent leur journal. Coups doubles et double cour. Le corps de Gisèle lui porte à la tête.Ma septième est une image. Après cinq ans de manque, Madeleine donne rendez-vous à Antoine sur un banc (précis) de Zurich et l'inaccompli s'achèvera. La vicomtesse d'Ambremeuse ne pouvait faire moins pour ma dernière.Et mon tout forme le Miroir aux fruits d'or. Huit nouvelles. Aux styles de l'amour on naît par l'amour du style.

  • Un Théâtre rassemble l'oeuvre théâtrale de Jean-Pierre Giraudoux, écrite de 1947 à 1974. Deux de ces pièces sont inédites : Tel Père et le Dernier Amant. Trente ans ont passé depuis les Captifs. Pour un éditeur soucieux de marquer parfois des distances avec le goût du jour et ce snobisme que Jean-Pierre Giraudoux se plaît à dénoncer comme un des maux de notre époque, la réunion d'oeuvres éparses et convergeant en un unique volume est apparue comme une nécessité et un devoir.

  • Le coeur doit-il être absent des méditations qui touchent sérieusement aux affaires des États ? Non, semble répondre Jean-Pierre Giraudoux quand, un an après un certain mois de mai, il fait le point à l'usage d'un jeune léniniste.

    Dans un monologue qui est un dialogue à une voix, malgré un commun antigaullisme et un commun humour, se heurtent, antimarxiste, une passion de feu et, marxiste, une passion de glace. Ces passions s'annuleront-elles dans la VIe République ou s'ajouteront-elles l'une à l'autre dans la VIIe République, pour le bien du pays et du monde ? Telle est la question que l'auteur ne pose pas explicitement mais que soulèvera sans nul doute la lecture d'un essai à la fois ardent et raisonné, ingénu et m-ri, divertissant et grave.

    Par un apparent paradoxe, Jean-Pierre Giraudoux - qui fut, à vingt-cinq ans, le benjamin des députés de France - en prenant pour interlocuteur un enragé minoritaire, inaccessible ami, s'adresse bien davantage aux jeunes inconnus, majoritaires de tout repos, auxquels la VIIe République voudrait, par les voies du coeur autant que de l'esprit, donner le besoin et le go-t de l'action politique.

    Copieusement quadragénaire, Jean-Pierre Giraudoux a-t-il, de plus, parlé en lieu et place de parents victimes, volontiers masochistes ? Son livre, en tout cas, leur est également destiné.

  • Un fils aimant juge et condamne un père écrivain qui, clown sublime, va de succès en succès ; un père adorant juge et admire un fils d'une beauté discrète enfoui dans son échec. Où nous mèneront-ils ? Au cours d'une dépression cruelle, Lucien, fils avant tout, héros du "dernier roman", évoque à l'usage de sa jeune épouse, veuve récente de son père, le chemin de croix dont sa vie a été le parcours. Bâtard soumis totalement à son célèbre père, Lucien était-il obsédé par les difficultés, pour lui d'abord filiales, d'une écriture créatrice ? Ou n'avait-il cessé d'être à la recherche, ou plutôt en attente d'une mère inconnue ?

  • Débuts au théâtre compile trois pièces de Jean-Pierre Giraudoux : Les captifs, L'école des hommes et Immortelle.

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