• Comparant les modalités et les logiques de distinction élitiste à l'échelle planétaire et à travers les âges, cet ouvrage constitue une somme absolument inédite.
    Celle-ci repose sur des décennies d'observation dans de nombreux pays, ainsi que sur la consultation de milliers d'études relevant d'une douzaine de disciplines. Au fil de chapitres thématiques, relatifs aussi bien aux attitudes corporelles révélatrices qu'à la distinction par l'intermédiaire des animaux, se voit souligné à quel point la symbolique de l'éminence peut revêtir des formes variées et parfois même diamétralement opposées.
    Après avoir publié deux ouvrages théoriques qui ont été salués comme renouvelant profondément l'analyse du sujet, Jean-Pascal Daloz nous offre ici une fascinante synthèse empirique, attachant toute l'importance qu'ils méritent aux clivages culturels entre les sociétés.
    Jean-Pascal Daloz est Directeur de recherche au CNRS et Faculty Fellow à l'université de Yale. Auparavant, il a notamment été en charge de plusieurs instituts de recherche en Afrique, Senior Associate Member à l'université d'Oxford, Professeur de science politique à celle d'Oslo et il a présidé pendant plus de dix ans le comité des recherches comparatives de l'Association internationale de sociologie.
    Ses nombreux écrits consacrés aux élites, qu'ils portent sur les dimensions symboliques de la représentation politique ou l'analyse de la distinction sociale, ainsi que ses travaux relatifs à l'approche culturelle de la comparaison, ont recueilli un large écho à l'échelon international.

  • Objet majeur de réflexion pour l'analyse politique, la sensible question de la représentation mérite d'être abordée empiriquement, au-delà des essais normatifs qui dominent la littérature sur le sujet. C'est pourquoi, sans négliger l'histoire des idées et les débats contemporains relatifs à la crise de la représentation, le présent ouvrage nous entraîne sur des terrains délibérément concrets. Faisant référence à un large éventail d'études, tant anglophones que francophones, tout en privilégiant une optique comparative, il nous amène à considérer aussi bien le travail de légitimation des représentants au quotidien que les modalités théâtrales de la représentation. Il propose également des développements très novateurs sur la tension entre exigences d'éminence et de proximité. Estimant qu'il est grand temps de cesser de parler de la représentation comme s'il s'agissait d'une réalité univoque, son originalité est de relier constamment la thématique de la prise en charge des intérêts à celle des perceptions et surtout des dimensions symboliques de la relation.

  • Tout autant qu'une étude consacrée à l'un des principaux pays d'Afrique subsaharienne, cet ouvrage propose une réflexion fondamentale sur les élites politiques " en représentation ".
    À partir d'un cadre d'analyse original mettant l'accent conjointement sur les représentations mentales, la représentation des intérêts et les représentations théâtrales, il opère une relecture critique de la trajectoire de ce pays, attentive aux logiques de longue durée. Il interroge les fondements de la légitimation du pouvoir des " Big Men " prétendant représenter les intérêts communautaires ou factionnels.
    Enfin, il accorde une place centrale et très inédite à la thématique de l'ostentation : ingrédient majeur des relations en l'occurrence. Reposant sur des années d'observation, cette recherche contribue au renouvellement de notre compréhension du politique en Afrique noire dans la lignée du précédent ouvrage de l'auteur (Africa Works, rédigé en collaboration avec P. Chabal) qui a recueilli une très large audience internationale.

  • Cet ouvrage se démarque résolument des propos les plus convenus sur l'Afrique noire.
    Face aux tenaces clichés "coeur des ténèbres" et aux contre-discours "Politiquement corrects", il propose des analyses sans concessions, étayées par de multiples enquêtes de terrain.
    Les situations chaotiques des systèmes politiques africains sont appréhendées ici comme des tendances pérennes, paradoxalement profitables à l'échelon des Big Men et de leurs dépendants. A cet égard, les auteurs mettent l'accent sur les dynamiques d'informalisation et sur les relations particularistes - ressources cruciales compensant la vacuité de l'Etat.
    Ils soulignent par ailleurs la nécessité de prendre en compte les logiques culturelles, fortement enracinées, qui s'imposent même aux élites. Dans le domaine économique enfin, ils révèlent la compatibilité entre l'enrichissement de nombreux réseaux et l'insignifiance du développement au niveau des pays.
    A l'encontre des visions immobilistes dénonçant maints archaïsmes, comme des volontarismes postulant un réajustement inéluctable, l'ouvrage démontre que cette région du Monde s'est engagée dans une voie de modernisation...
    Mais selon des modalités peu propices à l'essor d'un ordre à l'occidentale.
    L'Afrique est partie ! - A sa manière.

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