• C'est l'automne sur la mer Noire. Un homme jardine dans le parc de sa datcha. Il ne sait pas qu'il n'a plus que trente mois à vivre. Il est l'un des puissants de ce monde, il s'appelle Staline. Danilov, jeune peintre, est convoqué pour créer une fresque en son honneur. Il découvre alors l'étrange rituel du Petit Père des peuples : tous les jours, ce dernier s'allonge sur un divan et raconte ses rêves...

    « Tu te souviens ? Je t'avais promis que toi aussi, un jour, tu respirerais le parfum de Staline... »

  • À l'automne 1428, Johannes Van Eyck se voit confier par son maître, Philippe de Bourgogne, une très étrange mission : aller au Portugal peindre un portrait qui révélera la vérité intime de l'infante Isabel. À trente ans, peut-elle être encore vierge et belle, comme le prétend la rumeur ? Diaboliquement habile dans son art mais courtisan soumis, Johannes se plie au caprice du duc. Une lutte s'engage alors entre le valet de peinture et la princesse, maîtresse dans l'art de la dissimulation.

  • Berthe, vous pouvez douter de tout,  mais pas de cela. Vous portez l'amour  en peignant. La main qui tient votre pinceau  est celle de l'amour. Rien ne pourra se faire  de beau sans lui. Qu'importe si vous  ne savez pas où cela vous conduira, pour qui et comment. Cela viendra  et ce sera votre oeuvre.1945, à Paris. Paul Valéry, vieux solitaire indifférent  à la fureur des temps, doit en admettre l'horreur.  Cherchant la lumière, il rouvre le carnet hérité  dans sa jeunesse de Berthe Morisot, peintre du silence  et de l'absolu. Dans ses mots, il affronte l'exigence vitale  de beauté qui fut sa quête. Revient alors le souffle  de la vie, malgré tout.

  • PRAGUE, automne 1787. Casanova, parvenu au seuil de la vieillesse, éblouit les salons et commence l'édition de ses Mémoires. Au même instant, Mozart achève la création de Don Giovanni. Hanté par la mort et la désaffection des Viennois envers sa musique, il transforme l'opéra-bouffe en drame de la faute et la rédemption. Casanova est ulcéré par cette vision noire du mythe de Don Juan.
    À l'époque plus célèbre que Mozart, Casanova vit de ses souvenirs. Sa vie est son oeuvre, et il veut laisser l'image de sa gloire de séducteur. Il est révulsé par le livret de Don Giovanni. Un viol est au coeur du drame. Pour Casanova, jamais Don Juan ne sera un violeur : sa puissance et sa raison d'être résident dans la séduction. Il affronte Mozart, tente de changer le livret, incapable de percevoir la tension spirituelle de cette oeuvre qui révolutionne la musique de son temps.

    PRAGUE, automne 2006, année Mozart. Venue passer une semaine d'amour à Prague, Juliette est aussitôt délaissée par son nouvel amant, Franz. L'apaisement et la réconciliation avec elle-même lui viendront d'Angus, un curieux personnage qui semble si bien connaître les détails de l'affrontement entre Casanova et Mozart qu'on pourrait croire qu'il l'a vécu.
    Le refus de Franz de faire l'amour déstabilise Juliette. Pleine de honte et de colère, elle reprend vie auprès d'Angus Farel. Il la peint, lui fait traverser la musique de Don Giovanni et évoque pour elle Mozart et Casanova. Parole et regard, armes du Don Juan éternel transcendées par l'art, rendent à Juliette beauté et désir.

    L'anecdote de la rencontre de Casanova et Mozart a excité, depuis l'origine, l'imagination des historiens et des romanciers. J. -D. Baltassat en joue pour poser ces questions aux réponses incertaines : Pourquoi, aujourd'hui encore, sommes-nous émus par la musique de Don Giovanni ? L'art peut-il encore nous offrir l'apaisement dans le tourment de notre monde ?
    Empruntant avec brio et humour au genre épistolaire du XVIIIe tout autant qu'au langage le plus contemporain, entrelaçant dans une puissante mise en abîme époques et personnages, L'Almanach des vertiges questionne le sens et la fonction de la création artistique.

  • Une folie de rêves Nouv.

    "Depuis qu'il menait la plus grande partie de sa vie ici dans le Dessous, dans sa Chapelle, des rencontres, il en avait fait de tous les acabits. Mais ceux-là, c'était autre chose." La pluie de novembre fait déborder la Seine. Rien qui empêche Mikelangelo, admirable faussaire et grand peintre ignoré, d'achever le ciel de sa fresque: sa grande oeuvre accomplie trente mètres sous la colline de Passy et du Trocadéro.

    Mais hasard et destin mettent sur son chemin un gamin, Hakim, et cinq girls, Maalu, Nadira, Sila, Antoinette, Lovette, égarées dans le ventre de Paris. En route pour la mythique Youké, elles cherchent une tanière pour se protéger de la pluie, du froid et des faiseurs-de-putes.
    Voilà qui rappelle bien des choses à Mikelangelo. Voilà que soudain, dans son royaume labyrinthique du Dessous, il a une autre grande oeuvre à accomplir : offrir à ces errants une pincée de jours légers. Et, qui sait, peut-être même leur donner la force d'atteindre cette Youké de leurs rêves....

  • Un fils d'institutrice et un ancien instituteur (tous deux romanciers) se sont rencontrés un jour en Cévennes.
    Ils se sont racontés des histoires d'école, et ils ont évoqué cette morale d'autrefois, cette formidable morale laïque et civique qui a sauvé la République et pour ainsi dire construit la France dans laquelle nous vivons. Aujourd'hui, où l'heure semble au " retour de l'éducation civique ", sait-on seulement ce qu'elle a été ? Comment et à quel prix elle fut efficace ?
    Pour nous faire sourire, nous hérisser, et nous faire un peu réfléchir aussi, Jean-Daniel Baltassat et Michel Jeury nous proposent le fruit de leur enquête dans les archives de l'école...
    Ni l'un ni l'autre n'ont la nostalgie d'un mythique âge d'or, et c'est avec autant de férocité que de tendresse qu'ils se souviennent du temps des diatribes sans mesure et du bonnet d'âne qui coiffait les fortes têtes.
    " Pourquoi les méchants sont-ils malheureux ? Et pourquoi l'homme bon est-il heureux ? " Si les " Hussards " de la République ont échoué à nous convaincre qu'ils détenaient la réponse à ces questions, peut-être leurs errements nous aideront-ils à mieux voir ce que l'école, aujourd'hui, peut encore tenter pour former de " bons citoyens ".

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