• L'épopée d'Alexandre est à la mesure du personnage : nimbée de légende. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, sa geste reste mystérieuse pour le grand public, et pour cause : peu de textes sont traduits en français. L'Inde d'Arrien, La Vie d'Alexandre de Plutarque ou de Callisthène sont accessibles, mais qui a lu le récit de son chambellan Charès de Mytilène, celui de son pilote Onésicrite, de son compagnon Cléarque...oe Ces hommes l'ont pourtant côtoyé chaque jour, ils ont tous écrit sur leur équipée et sur leur chef, et leur témoignage est précieux. Mais les ravages du temps ont réduit leurs oeuvres à l'état de fragments épars et difficiles à présenter, habitués que nous sommes aux oeuvres unitaires, à la lecture linéaire . Le défi était de taille mais il valait la peine : tous ces fragments sont ici présentés, et le lecteur pourra compenser sa vision morcelée par les rapprochements possibles ou les divergences de points de vue entre différents témoignages.
    Le voile sera-t-il alors levé ? Pas tout à fait, car tous ces auteurs, ont interprété les faits en fonction de leurs objectifs (ainsi Ptolémée, futur Pharaon d'Egypte, désireux a posteriori de légitimer son pouvoir). De plus, ces fragments nous sont transmis par des auteurs postérieurs, qui ont pu eux aussi interpréter les faits à leur manière. Mais on pourra néanmoins lire ici pour la première fois ces témoignages directs, et dessiner un portrait d'Alexandre comme une mosaïque riche de toutes ses tesselles enfin réunies.
    Le lecteur disposera du texte grec et de sa traduction, principe de base de cette nouvelle collection avec un commentaire éclairant le texte. Au corpus des Ephémérides royales et des oeuvres des compagnons d'Alexandre (citons, entre autres, Callisthène, Charès, Néarque, Onésicrite, Clitarque, Ptolémée, Aristobule), nous avons joint le récit des historiens ultérieurs qui disposaient de témoignages perdus depuis, sans oublier les récits de témoins restés anonymes.
    La réunion de ces fragments restés épars et inédits et non traduits jusqu'à aujourd'hui permet de constituer un ouvrage accessible au grand public et un outil de travail pour quiconque s'intéresse au personnage d'Alexandre.

  • Le fameux adage Dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es a du plomb dans l'aile. Entre le retour aux recettes du terroir et la découverte des pratiques culinaires du monde entier, entre le goût pour l'exotisme et la recherche d'une alimentation saine et aseptisée, on ne sait plus trop à quelle assiette se vouer. La portée sociale et culturelle de l'acte de manger et le contenu biologique se voient aujourd'hui bouleversés.

    Dans cet ouvrage, pour acquérir un peu de distance historique, l'auteure propose de remonter aux origines de la civilisation occidentale. Le célèbre « régime crétois », protecteur de nos artères, remonte-t-il aux Grecs ? Comment concevait-on, à Athènes, l'acte de manger ? Repas familial ? Rituel religieux ? Partage communautaire ? A-t-on droit à plusieurs services : entrée, plat principal, fromage et dessert ? Connaît-on des interdits alimentaires ? Et ces petites gâteries sans lesquelles se nourrir serait parfois bien fade ? Le lecteur trouvera ces Grecs bien familiers, tout en remarquant que les siècles accumulés ont entraîné des ruptures et de nouvelles valeurs qui les rendent aussi bien lointains. Au moins, il comprendra mieux comment nos habitudes alimentaires se sont constituées et comment elles influencent encore, plus ou moins consciemment, nos peurs et nos désirs.

  • Les auteurs étudient six des livres qui composaient la bibliothèque du Collège Sainte-Marie ; plus précisément, ceux publiés au XVIe siècle, et qui portaient un regard déjà très moderne et anthropologique sur dautres cultures. Abondamment lus, ils témoignent de lobjectif à la fois missionnaire et ethnographique des jésuites.

  • Monde greco-romain

    Janick Auberger

    • Boreal
    • 6 Août 1996

    L'antiquité grecque et romaine, jadis indûment exaltée et naguère injustement délaissée, connaît aujourd'hui un regain d'intérêt qui est peut-être tout simplement fonction à la fois de la prospérité qu'ont connue les idées nées à cette époque et de la distance qui nous en sépare.

    Cette brève synthèse permet au lecteur de poser les principaux jalons historiques depuis l'époque archaïque en Grèce jusqu'à la chute de Rome. Elle propose une réflexion sur la Méditerranée, creuset de la civilisation classique, et montre le rôle qu'y ont joué les grandes cités : Athènes, Alexandrie, Rome, Constantinople... Elle s'attache ensuite à dépeindre le monde dans lequel évoluaient les Anciens sur les plans religieux, social et économique.

    Enfin, elle décrit la perception que les différentes cultures et époques ultérieures ont entretenue de l'antiquité classique, du Moyen Âge jusqu'à nos jours.

  • Athènes connut son heure de gloire au Ve siècle avant J.-C., modèle d'organisation et somptueuse vitrine d'une démocratie qu'elle a contribué à faire éclore. Ses habitants, ces Athéniens, qui ont fait un peu oublier toutes les autres populations de la Grèce et qui semblent
    maintenant éclipsés à leur tour par tout ce qu'ils ont créé et laissé à l'humanité. Un Ve siècle auquel nous donnons le nom d'âge classique de la Grèce, même si les Athéniens ignoraient bien sûr qu'ils vivaient alors à l'âge classique. Ce sont donc ces Athéniens qui feront l'objet de notre visite, dans une Athènes qui pendant une centaine d'années domina politiquement et culturellement le monde grec et qui dépassait, par ses dimensions géographiques et sa population, le cadre habituel d'une cité grecque.
    Même si la démocratie athénienne ne dura guère que cent ans, elle connut toute une évolution, depuis ses balbutiements avant même le VIe siècle jusqu'à sa chute en 404, devant les aristocrates de Sparte. Elle ne fut jamais achevée, jamais parfaite, et les Athéniens eux-mêmes étaient très conscients qu'elle restait perfectible, ne cessant de l'amender, d'adopter des lois pour l'affermir, la rendre plus juste, plus fidèle à son idéal. Mais elle connut, comme tous les systèmes politiques, de bons et de mauvais dirigeants : ne citons que deux d'entre eux, Périclès et Alcibiade, le tuteur et son pupille, qui nous semblent présenter les deux visages antinomiques de cette démocratie. Séduisants tous deux et unis d'ailleurs par une même famille, celle des Alcméonides, mais si différents néanmoins par leur conception du pouvoir et de son exercice. Ce livre vous invite à découvrir l'étrange destin de ce petit peuple, qui a su au Ve siècle attirer dans ses murs les plus grands noms de la culture classique.

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