• La malédiction

    Jacques Garcin

    Le prix de la liberté sera cette malédiction, qui scellera à jamais leurs destins à tous et le rêve d'émancipation de l'un d'entre eux deviendra au fil du temps un cauchemar pour le reste de la famille. Ni le temps ni la bienveillance d'un oncle dévoué ne parviendront à éloigner ces fantômes qui vont continuer à rôder autour des vivants jusqu'à ce matin froid de janvier.
    Ce roman est tiré d'une histoire authentique plus terrible encore. De la famille frappée par l'épreuve, nul n'est resté pour témoigner. Enfants, quand d'aventure nos jeux nous entraînaient vers ces pierres calcinées où les ronces partaient à l'assaut des maigres murs encore debout, nos parents apprenant le soir nos escapades nous grondaient avec dans la voix un mélange de crainte et de colère :
    " N'approchez pas de la malédiction "

  • En 1975, alors qu'il a tout juste dix-huit ans, Jérôme Garcin écrit pour la première fois à un écrivain qu'il admire, Jacques Chessex. C'est le début d'une correspondance passionnée et passionnante, qui durera plus de trente ans, jusqu'à la mort de Chessex en 2009.
    Ces lettres sont d'abord le lieu, puis le témoin, de la naissance d'une amitié. Une amitié littéraire hors du commun, entre un jeune garçon au seuil de son existence, et un homme de vingt ans son aîné, un écrivain reconnu, exigeant, curieux de tous les excès et objet de tous les scandales.
    Elles sont aussi, ces lettres, le journal de création d'un auteur ma-jeur, l'antichambre de ses oeuvres.
    On y voit passer, en ombres chinoises, les hommes et les femmes qui firent la littérature du second vingtième siècle : des éditeurs - Bernard Privat, Bertil Galland, Jean-Claude Fasquelle -, des jour-nalistes, et des auteurs, comme François Nourissier, Gustave Roud, Francis Ponge ou Yves Berger. On y croise, aussi, année après année, les grands modèles sans cesse convoqués (Flaubert), les inspirateurs obsédants (Jean Paulhan).
    Des méditations sur le métier d'écrire, des émerveillements devant la nature vaudoise, des inquiétudes, des joies, et, surtout, une lan-gue juste, ciselée, d'une grande beauté.

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