Albin Michel


  • remarquable romancière, observatrice souvent cruelle des lâchetés humaines, irène némirovsky, née à kiev en 1903, est l'auteur d'une oeuvre singulière à laquelle l'horreur nazie a mis un terme en 1942.
    largement autobiographique, le vin de solitude (1935) retrace le destin d'une famille russe réfugiée à paris. le déracinement, la solitude, mais aussi la farouche volonté de s'affranchir de tous les carcans sont au coeur de ce huis-clos familial oppressant. irène némirovsky, qui entretenait elle-même avec sa mère des relations très conflictuelles, brosse le portrait sans concession d'une jeune fille qui tente d'échapper à l'emprise de sa mère, une grande bourgeoise mariée à un " juif obscur ", pour laquelle elle n'éprouve que de la haine.
    récit d'une douloureuse libération, ce roman subversif nous rappelle tout le talent d'un des plus grands écrivains du siècle passé.

  • La proie

    Irène Némirovsky

    Portrait d'un Julien Sorel des années 30 sur fond de crise économique, de montée du chômage et d'angoisse diffuse, La Proie est le roman d'un monde qui chancelle.
    Tragique histoire d'amour, ce récit intime et cruel retrace l'ascension et la chute d'un jeune homme d'origine modeste. Trahi par la femme aimée, après avoir vécu une passion pure avec l'héritière d'une dynastie de banquiers, il décide de prendre sa revanche. Mais peut-on forcer le destin ? Mélange d'insouciance et de gravité, d'impatience devant l'avenir et de légèreté de vivre, comme souvent chez Irène Némirovsky, La Proie est un roman inquiet et lucide qui porte l'empreinte de ce grand écrivain, couronné à titre posthume par le prix Renaudot 2004 pour Suite française.
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  • Jezabel

    Irène Némirovsky

    Dans la salle d'un tribunal, se tient le procès d'une femme. Elle n'est plus très jeune, mais a été très belle. Les témoins défilent à la barre, l'avocat et le procureur s'affrontent. Assise dans le box des accusés, elle subit par bribes le récit de sa propre vie : l'enfance, l'exil, l'absence de père, le mariage, les relations houleuses avec sa fille, l'âge, le déclin, jusqu'à l'acte irréparable. Les jurés et le public grondent, s'enflamment. Mais le vrai coupable est-il l'accusée, ou le temps, qui détruit les illusions ?

    Huis clos cruel et inquiétant, ce roman paru en 1936 illustre l'immense talent d'Irène Némirovsky, couronnée à titre posthume par le prix Renaudot pour Suite française. Au fur et à mesure que se révèlent les détails de son passé, anodins ou tragiques, l'héroïne dévoile ses différents visages. Sans jamais porter de jugement, Irène Némirovsky saisit, d'une écriture fluide et avec une rare finesse psychologique, la réalité derrière les apparences, les ambivalences affectives et les contradictions de l'âme humaine.


  • témoin des bouleversements de son siècle, irène némirovsky, morte à auschwitz en 1942, est l'auteur d'une oeuvre étonnante qui fait d'elle un des plus grands écrivains de l'entre-deux-guerres.
    à la croisée des cultures juive, française et slave, cette romancière ne cesse de surprendre par sa modernité. comme la plupart des romans d'irène némirovsky, les chiens et les loups (1940) n'est pas étranger au destin personnel de son auteur. le sentiment d'un inconsolable exil (issue de la
    haute bourgeoisie, irène némirovsky fuit kiev et la révolution d'octobre avec sa famille avant de trouver refuge en france), le poids de la société et la fatalité du destin sont au centre de ce roman qui évoque l'amour insensé de deux jeunes juifs unis par un lointain souvenir.
    ada, une artiste révoltée, et harry, un riche banquier, sont les deux facettes d'une même personne. tragiquement attirés l'un vers l'autre, rien ne peut les réunir, si ce n'est le sentiment de leur propre perte. bercé de mélancolie, ce bouleversant roman sur l'enfance et l'innocence perdues est un chef-d'oeuvre de la littérature, à découvrir, ou à redécouvrir.

  • En 1912, les Brun, petits rentiers parisiens au mode de vie immuable, sacrifient au rituel du dimanche midi et de la promenade aux Champs Elysées qui suit, accompagnés de leurs proches. Il y a là Adolphe, sa fille Thérèse 15 ans, sa belle-mère, son neveu Martial, étudiant en médecine, et son ami Raymond, étudiant en droit, puis leurs amis les Jacquelain, père, mère et fils de 15 ans, Bernard, le bon élève, l'orgueil de ses parents. Enfin leurs voisines Mme Humbert et sa fille Renée, 15 ans elle aussi, et plutôt dégourdie.
    C'est tout ce petit monde qu'Irène Némirovsky va décrire, aucun ne sait alors combien la guerre va mettre à mal leurs espoirs et leur mode de vie.
    Martial, qui s'est marié avec Thérèse, va mourir dans un bombardement, Bernard, engagé très jeune, reviendra plein d'amertume, tandis que Raymond, qui a fait fortune pendant la guerre en commerçant avec les Américains, épouse Renée et entre en politique. Mais c'est surtout le couple Thérèse, jeune veuve, et Bernard, l'ambitieux qui oscille entre son désir de participer à la belle vie de l'entre-deux-guerres et sa conscience morale, qu'Irène Némirovsky va explorer, et l'amour qui peut lier des êtres très différents, comme dans Deux, réédité en 2011.

  • Deux

    Irène Némirovsky

    Quand elle rencontre Antoine Carmontel après la Première guerre mondiale, Marianne a 20 ans et le seul désir de s'amuser. Fille d'un peintre connu et d'une riche héritière, avec ses trois soeurs la vie n'est qu'une suite de bals, de sorties en toute liberté. Puis Marianne s'attache à Antoine, qui n'a envie que d'insouciance et de conquêtes faciles. Ils sont amants, l'issue est donc le mariage. Elle l'aime, il ne l'aime pas, qu'importe.
    Il investit son héritage dans une usine à papier, se prend au jeu du travail, devient l'amant d'Evelyne, la soeur cadette de Marianne qui, elle, se réfugie dans la maternité, et prend pour amant l'ancien ami d'Antoine. Au fil des ans la force des habitudes, du paraître et de la sécurité mutuelle les entraîne vers une forme de complicité qui est plus que toute passion le ciment du lien conjugal.
    Deux, comme le titre l'indique, est une anatomie du mariage, lucide, ironique et cruelle, qui débute comme un roman de Fitzgerald, même légèreté cynique que dans Gatsby, qui se poursuit comme dans un roman d'Aragon, même désir des hommes qui ont connu la guerre de liaisons multiples, même issue pour les femmes que de faire un bon mariage qu'on etrouve dans Aurélien.
    Ce sont du reste les contemporains de Némirovsky mais elle pousse plus loin la satire sociale, l'analyse implacable de la passion et de son désenchantement, les femmes y sont sans doute moins mystérieuses mais terriblement lucides sur leur devenir et sur ce qu'elles éprouvent.
    Tour à tour léger, lucide, grave, insolent, glacé, tendre, c'est un roman terriblement humain.


  • la nostalgie de l'innocence, la peinture sans concession d'une humanité " souffrante ".
    nombreuses sont les affinités qui lient irène némirovsky à anton tchekhov. née un an avant la mort de ce dernier, l'auteur de suite française, couronnée à titre posthume par le prix renaudot 2004, était fascinée par le destin et la personnalité du grand écrivain. cette biographie à la fois précise et intime révèle l'auteur de la cerisaie dans toute sa vérité, ses souffrances et ses espoirs. une enfance " sans enfance ", comme le disait lui-même tchekhov, la violence de son père, fils de serf, l'écriture pour entretenir sa famille, la conscience aiguë d'une condition misérable, la carrière de médecin et le désir de guérir le chagrin.
    dans la vie de tchekhov comme dans son oeuvre, le sublime côtoie l'insignifiant. ce livre, qui est aussi un essai sur la littérature russe dans lequel irène némirovsky évoque brillamment, aux côtés de tchekhov, tolstoï et gorki, scelle la rencontre de deux âmes étrangement proches.

  • Portrait sans concession d'un homme « condamné à vivre », Le pion sur l'échiquier est, dans l'oeuvre d'Irène Némirovsky, un roman à part, qui n'est pas sans rappeler Le Feu follet de Drieu la Rochelle. Marié, père d'un enfant, Christophe Bohun est rongé par le mal-être. Ni son métier, ni sa femme, ni son fils, ni son père vieillissant ne trouvent grâce à ses yeux ; par dessus-tout, il déteste sa propre vie routinière, son manque d'envergure. Son seul plaisir, avec le vague souvenir d'une femme jadis aimée, est le sentiment de liberté que lui procure sa voiture. Lorsque, ruiné, il est obligé d'un renoncer, il prend soudain conscience de cette « peine profonde et incompréhensible » qui le submerge depuis si longtemps.
    Sur fond de crise économique, dans la France des années trente, Irène Némirovsky exprime avec beaucoup de lucidité le désespoir d'un homme dont le paysage intérieur se confond avec le sombre tableau de l'époque, au fil d'un roman cruel qui n'a rien perdu de sa force.

  • À Saint-Elme, les Hardelot sont papetiers de père en fils. La famille est placée sous l'autorité inflexible du grand-père. Promis à Simone, une jeune femme peu attrayante, Pierre, son petit-fils, est depuis toujours attiré par Agnès, avec qui il a grandi. Mais leurs familles ne se fréquentent pas ; elles appartiennent à la petite et moyenne bourgeoisie et chacune garde sa place et ses distances. Ecartelé entre les convenances et ses sentiments, Pierre ne parvient pas à renoncer à Agnès, au risque de rompre avec sa famille... Dans cette chronique d'une bourgeoisie de province bouleversée par la guerre, la grande romancière, Irène Némirovsky dépeint avec délicatesse l'ambivalence des sentiments, explorant la difficulté de vivre, l'engagement, l'amour comme force de résistance aux pressions sociales, mais aussi la lâcheté et la trahison vis-à-vis de soi-même.

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