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    En lisant A place du mort ; nous mesurons la reconnaissance que nous devons à son auteur. Parce qu'il donne une forme belle et émouvante à la matière trop informe de nos souvenirs, et parce qu'il nous restitue ainsi la proche présence du confrère ou de l'ami : sa générosité, sa droiture, ses colères toujours possibles, le regard vif sous le haut front, l'expression matoise, la moustache frémissante, ce visage pointu où l'on pouvait reconnaître quelque chose de la fouine, comme si Pascal-Arthur Gonet avait choisi de ressembler à l'animal emblématique de ses grands talents d'enquêteur.
    Mais nous sommes aussi émus par tout ce que nous ignorions. Il y a une force bouleversante dans ces pages où Gilbert Salem évoque la sévère dignité avec- laquelle Pascal-Arthur est allé à la rencontre de sa propre fin. A notre reconnaissance devrait pourtant s'en ajouter une autre. Celle de n'importe quel lecteur, aussi éloigné soit-il des cercles journalistiques, qui trouvera dans le livre de Gilbert Salem un récit d'une beauté poignante, où l'amitié qui en occupe le coeur ne cesse de croître par-delà la mort.
    A la place du mort est un livre d'écrivain, même si c'est un journaliste qui tient la plume. Michel Audétat, L'Hebdo.

  • Ils ne s'étaient pas revus depuis trente ans. Au lendemain de Noël 2002, trois anciens collégiens surdoués se reconnaissent par hasard lors d'une soirée chez une jeune amie commune. Des retrouvailles plus amères que douces, troublées par des subterfuges de la mémoire, et des jeux de rôle, des mirages. Leur randonnée nocturne dans une cité fluviale parodie les épopées à l'ancienne.
    À partir d'une brève de comptoir, l'auteur a gonflé la galéjade, l'a surdimensionnée pour en faire un roman à tiroirs, à chausse-trapes qui défient Dieu lui-même, mais qu'on aime - même si on ne dira pas grand bien de l'institution chrétienne...
    Dans son quatrième récit de fiction, Gilbert Salem s'est évertué à ne jamais se projeter dans ses protagonistes. Simon, Jean-Baptiste et Vladimir s'expriment à la première personne, mais ont été créés de toutes pièces. Ils ont fini par imposer à l'auteur leurs tempéraments respectifs, ainsi que la trame de leurs destins qui trouvera, dans une lumière d'aurore, un dénouement mélodramatique.

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