Hb Editions

  • George sand n'a jamais joué les théoriciennes en matière de littérature.
    Encore moins les critiques : on trouverait au contraire dans son oeuvre maint passage oú elle dit sa méfiance à l'égard de la critique littéraire. pourtant, cette oeuvre est riche de réflexions, d'argumentations, de rapports d'expériences, d'interrogations sur la littérature et le travail d'écriture. la correspondance surabondante, comme les nombreuses préfaces, notices, etc. à des éditions et surtout des rééditions de ses livres, sont lourdes de textes qui, sans jamais avoir l'apparence de traités, finissent par constituer un ensemble éclairant sur la littérature, le métier d'écrivain, le roman, les problèmes techniques de la narration.


  • en politique, george sand eut quelques fermes convictions: elle fut républicaine et crut, tout au long de son existence, que les hommes et les femmes de son temps devaient se dévouer à l'idéal d'une république égalitaire.
    sur les termes qui pouvaient qualifier cet idéal elle ne fut jamais regardante: socialisme ? communisme ? avant les définitions rigoureuses de marx, on n'était pas avare de mots au milieu du xixe siècle, et george sand moins que quiconque. [. ] elle croyait avant tout, en disciple de rousseau et en héritière du siècle des lumières, à l'égalité en droits des hommes entre eux. et comme sa culture et son éducation avaient aussi été chrétiennes, elle y ajoutait la volonté de partager les biens de ce monde afin que la pauvreté et le malheur n'injurient pas l'éminente dignité des hommes.
    d'où ses réticences à l'égard de la sacro-sainte propriété qui permet d'entretenir les différences sociales et de présenter la misère non comme un problème à résoudre mais comme un mal inévitable.

  • George sand et victor hugo n'ont jamais eu d'autre relation qu'épistolaire.
    Leur "correspondance croisée " est publiée ici intégralement pour la première fois. pour trouver ces lettres, il fallait jusqu'ici se lancer dans une double et improbable expédition à travers les oeuvres complètes de leurs deux auteurs. elles nous révèlent la profonde estime réciproque qui tempéra les relations entre ces deux " monstres sacrés " de leur siècle, lesquelles relations n'ont certes rien perdu à rester distantes, vu le caractère de george et l'ego de victor.
    Ces deux-là n'étaient pas faits pour se rencontrer. par contre, leurs échanges épistolaires nous apportent un éclairage utile sur la vie des gens de lettres au temps de george sand.

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