• En 1970, en pleine guerre du Vietnam, Pepsi-Cola fait appel au collectif d'artistes EAT (Experiments in Art and Technology) pour réaliser son pavillon à l'Exposition universelle d'Osaka. Fred Turner, spécialiste de l'histoire des médias et de l'émergence de la cyberculture, raconte comment ingénieurs et artistes ont créé l'une des premières installations immersives monumentales du XXe siècle.

  • Fred Turner nous guide au coeur du festival Burning Man, véritable mythe au sein de la Silicon Valley, puis dans les locaux de Facebook, parmi les plus secrets de la planète. Ses observations nourrissent une analyse sur le nouvel usage de l'art comme outil de management et de création d'une culture d'entreprise. Acquisitions, fondations, mécénat : les entreprises utilisent depuis fort longtemps l'art pour manifester leur grandeur et leur rayonnement tant dans leurs bâtiments que dans l'espace public. Depuis quelques années, la Silicon Valley utilise l'art différemment pour créer un nouvel environnement de travail, un nouveau style de vie en entreprise, chaque salarié pouvant apporter ses émotions, son moi profond et sa créativité.
    Pour accompagner leur croissance accélérée, les firmes du numérique ont développé leur propre culture d'entreprise en intégrant un nouvel usage de l'art. On voit ainsi des ingénieurs préparer des performances pour Burning Man, ou des artistes recouvrir de fresques et d'affiches les murs des locaux de Facebook. A l'image des utilisateurs des médias sociaux, les salariés, chargés de « changer le monde », acceptent de rendre floue la frontière entre vie privée et travail, entre leurs sentiments et leur production.
    Dans ce nouvel ouvrage incisif, Fred Turner montre comment les entreprises de tech- nologie ont construit un modèle managérial qui veut rendre invisibles les relations de pouvoir. Elles récupèrent ainsi les idées de la contre-culture, celles d'un monde sans hiérarchie et sans contrats... pour notre bénéfice individuel et pour le plus grand bien des entreprises de la Silicon Valley.

  • Stewart Brand occupe une place essentielle, celle du passeur qui au delà de la technique fait naître les rêves, les utopies et les justifications auto-réalisatrices. Depuis la fin des années soixante, il a construit et promu les mythes de l'informatique avec le Whole Earth Catalog, le magazine Wired ou le système de conférences électroniques du WELL et ses communautés virtuelles. « Aux sources de l'utopie numérique » nous emmène avec lui à la découverte du mouvement de la contre-culture et de son rôle déterminant dans l'histoire de l'internet.

  • «Comment faire émerger et s'épanouir une personnalité démocratique ?» Cette question politique se pose avec force aux États-Unis dès la fin des années trente. Elle va fédérer la plus surprenante des alliances, tant pour agir en politique intérieure qu'à l'échelle du globe : une alliance des scientifiques, des techniciens, des artistes et des designers autour d'un nouveau type de projets culturels de grande ampleur. La capacité à être ensemble et vivre des émotions collectives tout en gardant son individualité apparaît comme un moyen pour former des individus démocratiques. Mais ces premiers designs multimédias prennent à leur tour le risque de devenir des outils de propagande...

    Fred Turner nous entraîne dans un voyage intellectuel qui va de la fin des années trente aux années soixante. Sociologues, psychologues et théoriciens de la communication y retrouvent les artistes du Bauhaus, les grandes expositions, la musique de John Cage, les happenings et l'explosion psychédélique. Ce livre nous offre un nouveau regard critique sur le multimédia, sur les relations complexes entre l'art, les sciences humaines, les utopies démocratiques et la réalité des pouvoirs d'état.

  • Une région ne peut pas se résumer à ses mythes. En photographiant les habitants de la Silicon Valley, des classes moyennes aux sans domicile fixe, Mary Beth Meehan nous montre l'envers du décor. Les récits de vie des habitants, partagés entre le stress, la pauvreté, la pollution et l'absence d'infrastructure collective, dessinent le visage d'une région toxique. Alors que le monde entier ne parle que des succès high-tech, entre campus de marbre des géants de l'internet et richesse excessive de très jeunes milliardaires, Fred Turner dans son essai introductif appelle a plus de responsabilité envers celles et ceux qui vivent et font vivre cette zone économique. Portraits et récits racontent la Silicon Valley réelle, et incitent à réfléchir aux inégalités et aux tensions que construit le capitalisme des objets et services high-tech quand il néglige la vie des humains qui les fabriquent comme de ceux qui les utilisent.

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