Littérature générale

  • Pour éviter le scandale et protéger les intérêts de leur fille, Bernard Desqueyroux, que sa femme Thérèse a tenté d'empoisonner, dépose de telle sorte qu'elle bénéficie d'un non-lieu.
    Enfermée dans sa chambre, Thérèse tombe dans une prostration si complète que son mari, effrayé, ne sait plus quelle décision prendre. Doit-il lui rendre sa liberté ?

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  • François Mauriac Le Noeud de vipères Vieil avare qui veut se venger des siens en les déshéritant, Louis se justifie dans une sorte de confession qu'il destine à sa femme : elle le précède dans la mort. Dépossédé de sa haine et détaché de ses biens, cet anticlérical sera touché par la lumière in articulo mortis.
    Chronique d'une famille bordelaise entre l'affaire Dreyfus et le krach de Wall Street, Le Noeud de vipères offre les coups de théâtre, les surprises d'un vrai roman. La satire et la poésie y coexistent miraculeusement. C'est le chef-d'oeuvre de Mauriac, et l'un des grands romans du xxe siècle.

    Préface, notes et commentaires de Jean Touzot.

  • De 1952 à 1970, pendant près de vingt ans, François Mauriac a régné sur le journalisme politique, à L'Express puis au Figaro, dont il fut l'éditorialiste vedette. Il y a inventé une catégorie particulière, celle de l'écrivain-journaliste. Il connut à travers son Bloc-notes un rayonnement exceptionnel. Son influence sur l'opinion lui valait d'être craint par les pouvoirs en place, de droite comme de gauche, dont il ne cessa de stigmatiser, souvent avec férocité, la corruption, l'impuissance et la médiocrité.
    Mauriac maniait avec un brio implacable l'art de la polémique et rares sont ceux qui eurent grâce à ses yeux : essentiellement Pierre Mendès France, qu'il défendit avec fougue au moment de son bref passage à la tête du gouvernement, et Charles de Gaulle, auquel il apporta un soutien fervent, notamment durant la guerre d'Algérie et jusqu'à son départ.
    Malgré son peu d'indulgence, Mauriac s'exprimait en tant que chrétien au nom d'une exigence de justice et de charité. Ce sont ces convictions qui inspirèrent son combat en faveur de la décolonisation et contre toutes les formes d'oppression et de discrimination.
    Oeuvre d'engagement, son Bloc-notes raconte et traverse deux décennies d'histoire française comme une véritable dramaturgie romanesque. L'écrivain y livre aussi beaucoup de lui-même, de sa foi, de ses goûts littéraires, de son amour de la nature et des paysages qui lui sont restés familiers depuis son enfance. Témoin tour à tour fasciné, amusé, indigné et plus rarement admiratif d'une actualité souvent tragique, il ne s'éloigne jamais de lui-même en parlant des autres, explorateur inlassable des passions humaines.
    Jean-Luc Barré.

  • Le sagouin

    François Mauriac

    Il semble que François Mauriac ait mis le meilleur de son art dans cette cruelle peinture d'une famille de hobereaux du Sud-Ouest dont l'héritier,. un pauvre homme dégénéré, s'est mésallié en épousant une jeune fille qui n'a pu résister au désir de quitter son milieu bourgeois et de devenir baronne. De cette union mal assortie est né un fils, Guillou. Nous suivons le calvaire de cet enfant, si disgracié physiquement, si sale, si arriéré que sa mère ne l'appelle que "le Sagouin". Nous le verrons aussi tout près peut-être du salut parce que quelqu'un, l'instituteur du village, le traite en être humain. Victime de la haine de sa, mère à qui il ne rappelle que d'odieux souvenirs, victime des préjugés du village, le pauvre Guillou entraînera son faible père dans la tragédie.
    Cette "sombre et parfaite nouvelle" - le mot est de Robert Kemp - est un récit d'une grande intensité qui évoque un monde de haine et de souffrance avec une remarquable sobriété de moyens et un art achevé.

  • De 1952 à 1970, pendant près de vingt ans, François Mauriac a régné sur le journalisme politique, à L'Express puis au Figaro, dont il fut l'éditorialiste vedette. Il y a inventé une catégorie particulière, celle de l'écrivain-journaliste. Il connut à travers son Bloc-notes un rayonnement exceptionnel. Son influence sur l'opinion lui valait d'être craint par les pouvoirs en place, de droite comme de gauche, dont il ne cessa de stigmatiser, souvent avec férocité, la corruption, l'impuissance et la médiocrité.
    Mauriac maniait avec un brio implacable l'art de la polémique et rares sont ceux qui eurent grâce à ses yeux : essentiellement Pierre Mendès France, qu'il défendit avec fougue au moment de son bref passage à la tête du gouvernement, et Charles de Gaulle, auquel il apporta un soutien fervent, notamment durant la guerre d'Algérie et jusqu'à son départ.
    Malgré son peu d'indulgence, Mauriac s'exprimait en tant que chrétien au nom d'une exigence de justice et de charité. Ce sont ces convictions qui inspirèrent son combat en faveur de la décolonisation et contre toutes les formes d'oppression et de discrimination.
    Oeuvre d'engagement, son Bloc-notes raconte et traverse deux décennies d'histoire française comme une véritable dramaturgie romanesque. L'écrivain y livre aussi beaucoup de lui-même, de sa foi, de ses goûts littéraires, de son amour de la nature et des paysages qui lui sont restés familiers depuis son enfance. Témoin tour à tour fasciné, amusé, indigné et plus rarement admiratif d'une actualité souvent tragique, il ne s'éloigne jamais de lui-même en parlant des autres, explorateur inlassable des passions humaines.
    Jean-Luc Barré.

  • Quand il hérite du domaine de Malagar en 1927, François Mauriac est un écrivain reconnu qui jouit à Paris de sa renommée. Ses retours sur les bords de la Garonne lui permettent de s'éloigner du tumulte et des mondanités et ressentir les joies que procure une terre qu'il a faite sienne. Désormais propriétaire d'une exploitation viticole, il a endossé le rôle de maître des lieux, s'intéressant à la gestion de ses vignes, conscient surtout que cette maison sera le lieu de rassemblement d'une famille qui ne cesse de s'agrandir. Et comme il faut une mémoire pour garder la trace des aléas, des événements et des passages en ces lieux, il va utiliser le registre du domaine, le fameux Livre de raison, large cahier qui a servi pendant des décennies pour la tenue des comptes.
    Dans ce document, désormais conservé à la bibliothèque de Bordeaux, exceptionnel parce qu'il s'inscrivait dans le cadre de l'intime et n'était pas destiné au public, on découvre un homme qui surveille son bien, ses revenus et considère avec sérieux ce qui lui a été confié. Se dessine aussi en creux le portrait d'un père puis d'un grand-père attentif aux siens, d'un homme qui voit la vieillesse approcher et dont l'écriture change peu à peu. À l'abri du tumulte que son engagement politique suscite, ces retours en Gironde où il reçoit des visiteurs lui offrent des parenthèses dont il connaît le prix. Et avec une simplicité rare, en quelques phrases, il se confie et ouvre son coeur, moins écrivain qu'homme face au temps.
    Le Livre de raison, enfin révélé, éclaire de sa lumière feutrée l'univers complexe d'un écrivain que sa disparition, il y a cinquante ans, n'a pas condamné aux injustices d'une incertaine mémoire.

  • François Mauriac Genitrix Mathilde Cazenave morte, sa belle-mère jubile : elle va pouvoir reconquérir totalement son fils bien-aimé. Félicité a tort de se réjouir trop vite, car, sur le visage apaisé de la jeune morte, Fernand entrevoit ce qu'aurait pu être le bonheur avec Mathilde. Qui l'a empêché de s'entendre avec elle, sinon sa mère ? Vieil enfant égoïste et gâté, il se retourne alors contre cette « genitrix » coupable de l'avoir trop choyé. Défaite temporaire dont François Mauriac analyse les phases avec une lucidité sans complaisance dans ce roman âpre et poignant, une de ses oeuvres les plus célèbres.

  • Jean Péloueyre est riche mais, d'une laideur peu soutenable. Or voici que pour des raisons pécuniaires on arrange son mariage avec la jolie Noémie d'Artiailh.
    Les deux jeunes époux vont connaître un conflit parallèle, lui entre son amour et la conscience de sa laideur, elle entre son désir d'être une authentique épouse chrétienne et sa répugnance physique pour le mari qu'on lui a imposé.
    Paru en 1922, Le Baiser au lépreux fit scandale et imposa l'univers mauriacien, où les turpitudes cachées des familles bourgeoises se mêlent aux thèmes du romancier chrétien. Il marque le début d'une série de chefs-d'oeuvre qui culminera avec Thérèse Desqueyroux et avec Le Noeud de vipères.
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  • .«Des romans brefs, classiques et purs, l'apothéose d'un genre voué à l'étude des passions. Sur la poésie des forêts bruissantes, l'amour prosaïque brûle dans l'interdit. Au théâtre, et dans les écrits autobiographiques, on trouve le même jeu : on ne sait si la religion l'inspire, ou le désir, ou la culture, ou le talent. Mauriac (1885-1970) a traversé tous les genres littéraires à une vitesse racinienne, en rêvant de Pascal : il est notre XVIIe siècle.» Jean-Yves Tadié.

  • «On ne parle jamais que de soi», avoue Mauriac et il est vrai que si jamais romancier a proféré des doubles si clairs de son moi c'est bien lui, au point que Sartre a pu lui reprocher - peut-être à tort en définitive - d'adopter le point de vue de Dieu pour enfanter des personnages sur quoi l'auteur savait tout au principe. S'il connaissait tout de leur «pauvre chair» et de leur esprit, n'est-ce pas, précisément, parce qu'ils naissaient plus rigoureusement de lui que chez d'autres romanciers? Ce coeur de Mauriac, à la fois janséniste et voluptueux, il le rend - même si on devine que n'est souvent livrée que l'embellie après la tempête - dans ces oeuvres autobiographiques que ce volume rassemble, parcourant l'ensemble de la vie, de l'origine bordelaise - à quoi sans aucune doute toute l'oeuvre est suspendue et vers laquelle Mauriac reviendra comme on tente de revenir à l'enfance - jusqu'aux derniers textes, si graves qu'ils donnent parfois l'impression d'être une parole d'au-delà de la mort. On y rencontre Barrès - celui qui l'a reconnu et dont il faut de quelque façon se délivrer pour être soi - et on y erre du côté de Proust que probablement ou eût aimé être, avec - au passage - ces coups de dents dont Mauriac a le secret. On verra cependant, par les variantes, que Mauriac corrige sa nature en fourrant de velours sa griffe. Le coup - tout chrétien qu'il se veut - n'épargne pas : Montherlant? Faux don Juan. Gide? Petit protestant qui a de mauvaises habitudes. Cocteau? Un arlequin. Et, pour conclure : «Les âmes n'ont pas d'odeur, leur cadavre ne sent pas.» Mais le mémorialiste ne se leurre pas : «S'il existe un seul homme qui tienne son journal pour son agrément particulier [...], il lui reste toujours quelqu'un à duper ; et c'est lui-même.» On pourrait résumer ces pages d'une autre façon : d'un côté il y a la chair mortelle ; de l'autre, il y a Dieu. «Quel homme, quelle femme, s'ils ont aimé, ce qui s'appelle aimer, fût-ce contre toutes les règles et toutes les lois, quel homme, quelle femme peuvent le regretter et n'y pas penser comme au seul moment de leur vie où ils auront vécu?» Mais «celui qui a mis l'infini dans l'amour, seul un être infini peut le combler». Toute la grandeur de ce Mauriac-là, qui cherche le secret de son être, est dans l'aveu de cet écartèlement : «Ma force fut toujours de reconnaître ma faiblesse.»

  • François Mauriac Le Mystère Frontenac Pour Blanche Frontenac, restée veuve avec cinq enfants, le bonheur personnel n'existe pas. La seule chose essentielle est d'agir en vue du bien commun et dans l'intérêt de la famille. Quand le moment sera venu, Jean-Louis, le brillant aîné, obéira aux mêmes liens puissants du sang. Malgré des aspirations différentes, il reprendra l'affaire familiale, deviendra le maître de la fortune afin de protéger les cadets et de maintenir à jamais le mystère Frontenac.

  • François Mauriac Le Désert de l'amour Un soir, dans un bar à jazz de la rue Duphot, Raymond Courrèges retrouve par hasard Maria Cross, une femme entretenue à laquelle, adolescent, il a témoigné une passion ardente et maladroite, qu'elle a repoussée. Dix-sept ans plus tard, ce célibataire, livré à une vie d'ennui et de plaisirs faciles, songe encore à prendre sa revanche sur l'humiliation.
    Mais dans les souvenirs de Raymond, que le visage de Maria fait ressurgir, nous découvrons bientôt d'autres ombres, d'autres blessures, telle la rivalité équivoque, presque contre nature, d'un père et d'un fils pour l'amour d'une même femme.
    C'est à quarante ans que François Mauriac publia ce roman, constat désabusé de la stérilité des passions humaines, illustration mélancolique, dans le Paris noceur des années vingt, du thème pascalien de la misère de l'homme sans Dieu. « Le Désert de l'amour, devait-il écrire, c'est le roman de mon renoncement. Ce pourrait être le titre de mon oeuvre entière. »

  •  François Mauriac La Fin de la nuit «Je n'ai pas voulu donner dans La Fin de la nuit une suite à Thérèse Desqueyroux, mais le portrait d'une femme à son déclin, que j'avais peinte déjà du temps de sa jeunesse criminelle. Il n'est aucunement nécessaire d'avoir connu la première Thérèse pour s'intéresser à celle dont je raconte ici le dernier amour.» F. M.

  • «Des romans brefs, classiques et purs, l'apothéose d'un genre voué à l'étude des passions. Sur la poésie des forêts bruissantes, l'amour prosaïque brûle dans l'interdit. Au théâtre, et dans les écrits autobiographiques, on trouve le même jeu : on ne sait si la religion l'inspire, ou le désir, ou la culture, ou le talent. Mauriac (1885-1970) a traversé tous les genres littéraires à une vitesse racinienne, en rêvant de Pascal : il est notre XVIIe siècle.» Jean-Yves Tadié.

  • De son vivant, François Mauriac n'avait pas repris en volume tous ses écrits journalistiques. Restaient inédits de nombreux blocs-notes, ainsi que des chroniques dignes de prolonger les Mémoires intérieurs et diverses collaborations. Les voilà réunis dans cet ensemble qui couvre la période au cours de laquelle Mauriac se consacre presque exclusivement au journalisme. Ce recueil le révèle constamment souverain dans son art, sautant avec brio de la politique à la littérature, sa curiosité toujours en éveil, mais sur fond d'inquiétude spirituelle.
    Dès son retour de Stockholm, les événements du Maroc incitent Mauriac à « jeter le prix Nobel dans la bataille » de la décolonisation. Avec la même ardeur qu'il a soutenu Mendès France, il milite en faveur du Front républicain, dont l'échec en Algérie le déçoit. Puis il salue le retour du général de Gaulle, qu'il défend même dans la presse internationale. Il n'oublie pas pour autant ses thèmes de prédilection, comme son enfance girondine, la célébration des grands écrivains et l'avenir de la foi.
    Dans sa très grande variété, D'un bloc-notes à l'autre reflète le talent journalistique de Mauriac qui s'épanouit tant dans la chronique ou l'éditorial que dans la conférence ou l'interview. Ce recueil confirme surtout, et avec éclat, qu'aucun écrivain dans son siècle n'a autant que Mauriac élevé le journalisme - la polémique comprise - à la hauteur d'un genre littéraire.

    La présente édition, comme celles du Bloc-notes, de La Paix des cimes et d' «On n'est jamais sûr de rien avec la télévision », est assurée par Jean Touzot, éminent spécialiste de l'oeuvre de François Mauriac.

  • «Des romans brefs, classiques et purs, l'apothéose d'un genre voué à l'étude des passions. Sur la poésie des forêts bruissantes, l'amour prosaïque brûle dans l'interdit. Au théâtre, et dans les écrits autobiographiques, on trouve le même jeu : on ne sait si la religion l'inspire, ou le désir, ou la culture, ou le talent. Mauriac (1885-1970) a traversé tous les genres littéraires à une vitesse racinienne, en rêvant de Pascal : il est notre XVIIe siècle.» Jean-Yves Tadié.

  • François Mauriac a toujours pris le journalisme au sérieux. Il y avait dans chacune de ses chroniques quelque chose d'unique, un mélange électrique de talent et de coeur. La presse convenait à sa nature de grand bourgeois bordelais, catholique, moderne, chamailleur, curieux de tout et d'abord de sont temps. Il reste l'inventeur et le modèle d'un journalisme essentiellement solitaire, même si généreux et tourné vers les autres, soucieux de les convaincre ou de les affronter. Jean-Luc Barré a rassemblé ici les volumes successifs du Journal, ainsi que les recueils du Bâillon dénoué et des Mémoires politiques. Ces textes nous permettent de suivre l'écrivain dans son dialogue avec lui-même et dans la pluralité de ses engagements. Nous le voyons jouer de tous les registres de son talent et passer en "dix lignes", comme le disait Françoise Giroud, "du cri au murmure, de la colère au soupir, de l'actualité à l'éternel, du chuchotement à l'interpellation". Le temps a passé, mais la vigueur est intacte, les mots pétillent sous la cendre. L'épreuve du temps, impitoyable pour les médiocres, est toujours l'alliée des natures complexes. Mauriac ne cesse de s'élever au-dessus de lui-même, de ses foucades et de ses mots. "Ni homme de parti ni dignitaire d'aucun régime", comme l'écrit Jean-Luc Barré dans sa préface, il s'est contenté d'être le témoin assidu de son temps. Et il nous apparaît maintenant comme il fut sans cesse, en réalité, à contre-courant, dérangeant, irritant pour tous les conformismes. Irremplaçable.

  • Dans La Pharisienne (1941), François Mauriac a fait le portrait d'une Maintenon bilieuse qui, forte d'un état de grâce dont elle se prétend l'heureuse bénéficiaire, s'arroge le droit d'intervenir dans la vie des autres avec une autorité sectaire et féroce. La volonté de sainteté peut parfois n'être que le nom déguisé de l'orgueil, de l'insensibilité, des plus destructeurs des péchés. Mauriac délègue à la voix de Louis, le beau-fils de cette marâtre déguisée en pieuse, la tâche de porter un récit ainsi disposé avec toute la complexité qu'il requiert.

  • « Vos lettres, disait Chardonne à Mauriac, sont vous-même plus que tout. » On y rencontre en effet le premier mouvement de la pensée aussi bien que la profondeur d'une lumineuse intelligence, les élans d'une âme sans cesse en éveil, les émotions du moment, la colère, la passion, l'ironie cinglante, la chaleur de l'amitié, l'ambiguïté des sentiments, les doutes, la foi, et tous les combats auxquels cet infatigable polémiste fut mêlé.
    Adressée aux grands de son époque - de Maurice Barrès et Francis Jammes, ses parrains en littérature, au général de Gaulle, dont il fut l'ardent supporter jusqu'à la fin, sans oublier les nombreux amis de jeunesse, et l'essentiel des écrivains français, Montherlant, Valéry, Proust, Paulhan, Cocteau, Drieu La Rochelle, Gide ou Claudel, cette correspondance résume soixante années d'histoire littéraire et intellectuelle, inscrites en filigrane dans la vie ardente de cet éternel adolescent profondément amoureux de la vie, de la beauté des êtres, de la nature, et tiraillé entre des désirs multiples et parfois difficilement conciliables.
    C'est réellement un « Mauriac par lui-même » que ces lettres nous révèlent, indispensable complément du Bloc-Notes et des Nouveaux Mémoires intérieurs pour mieux comprendre, et parfois même surprendre, dans sa vérité la plus intime, l'homme, le témoin capital, engagé corps et âme dans les combats majeurs de son temps, en se faisant le défenseur, lors de la guerre d'Espagne, sous l'Occupation, puis lors des guerres coloniales, des rebelles et des insoumis.
    Réunie et présentée par Caroline Mauriac - l'épouse de Jean Mauriac, second fils de l'écrivain -, cette correspondance constitue un pan essentiel de l'oeuvre mauriacienne. Elle rassemble les deux volumes des Lettres d'une vie parus chez Grasset en 1981 et 1989, et plus d'une centaine de lettres inédites considérées jusqu'ici comme trop « sulfureuses » pour être publiées. Destinées aux quelques hommes qui ont beaucoup compté dans sa vie affective, elles confirment les véritables penchants du créateur des Anges noirs et du Désert de l'amour et laissent entrevoir les « abîmes de tendresse » dans lesquels il n'a cessé de se débattre.

  • L'agneau

    François Mauriac

    Créée en 1964 sous le nom de Garnier Flammarion, la collection GF s'adresse aux élèves de lycées, aux étudiants et à tous ceux qui privilégient la qualité de l'édition des oeuvres classiques.
    Collection de poche de référence pour la littérature française et la philosophie, forte de plus de 1000 titres, elle continue de renouveler la lecture des grands textes en proposant des traductions inédites et des appareils critiques régulièrement mis à jour.

  • A propos des Anges noirs (1936), une revue pieuse demandait qu'on ne le mette pas entre toutes les mains, « parce qu'il pourrait troubler les âmes pures et candides ». Gabriel Gradère, jeune homme séduisant et cynique, livre à l'abbé Forcas le récit de ses pires méfaits. Roman d'apprentissage à la première personne, relatant la vie de Gabriel depuis l'enfance. Le séminaire. Une jeunesse débauchée. Et le déclin de la vie, quand il rencontre Forcas, prêtre de campagne à l'âme généreuse et bienveillante. Ces deux hommes que tout oppose se rencontrent, se découvrent, se comprennent. Loin de tout manichéisme, François Mauriac se promène en équilibriste à la frontière improbable du bien et du mal.

  • Orphelin de mère, Jacques est un enfant malingre, un rêveur solitaire pétri de catholicisme. Sa cousine Camille, délurée, d'un an sa cadette, le fascine et l'effraie. Bientôt, il l'aimera... Il la désire, il la divinise, mais qu'aime-t-on, à 15 ans, si ce n'est l'amour mêmeoe "La femme que je cherche existe et m'attend", dira-t-il dans sa quête d'une autre Camille...

  • Ruiné par sa maîtresse, Oscar Révolou, un grand notaire bordelais, se suicide. Cette mort fissure la façade en même temps qu'elle révèle les fondations de deux familles estimées. Quand l'argent se retire des maisons bourgeoises, les coeurs apparaissent à sec, et ce n'est pas beau à voir.Une véritable banqueroute de l'âme, à laquelle n'échappent, in extremis, que deux figures du sacrifice : Rose, la répudiée christique, et Pierre, le jeune poète révulsé...

    Roman de la damnation, de la prédestination, les Chemins de la mer constitue une sorte de sommet de la noirceur et du pessimisme mauriaciens.

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