Bartillat

  • Le cahier noir

    François Mauriac

    Publié clandestinement sous le pseudonyme de Forez en 1943 aux Éditions de Minuit, Le Cahier noir se rattache à la période pendant laquelle Mauriac collabora à la presse clandestine de la Résistance. Par de violentes attaques, l'auteur condamna l'attitude du Maréchal Pétain et des Français qui acceptèrent de composer avec l'ennemi. Il tenta d'imposer des paroles d'amour et d'espoir : « Nous sommes de ceux qui croient que l'homme échappe à la loi de l'entre-dévorement, et non seulement qu'il y échappe, mais que toute sa dignité tient dans la réistance qu'il lui oppose de tout son coeur et de tout son esprit ».
    De tels propos firent courir de grands risques à son auteur, qui retiré dans sa propriété de Malagar, près de Bordeaux, dut fuir pendant quelques heures à pied, dans la campagne, pour ne pas être arrêté. Tant pendant qu'après la Seconde Guerre mondiale, Le Cahier noir a valu à Mauriac l'admiration de nombreux intellectuels.
     

  • De son vivant, François Mauriac n'avait pas repris en volume tous ses écrits journalistiques. Restaient inédits de nombreux blocs-notes, ainsi que des chroniques dignes de prolonger les Mémoires intérieurs et diverses collaborations. Les voilà réunis dans cet ensemble qui couvre la période au cours de laquelle Mauriac se consacre presque exclusivement au journalisme. Ce recueil le révèle constamment souverain dans son art, sautant avec brio de la politique à la littérature, sa curiosité toujours en éveil, mais sur fond d'inquiétude spirituelle.
    Dès son retour de Stockholm, les événements du Maroc incitent Mauriac à « jeter le prix Nobel dans la bataille » de la décolonisation. Avec la même ardeur qu'il a soutenu Mendès France, il milite en faveur du Front républicain, dont l'échec en Algérie le déçoit. Puis il salue le retour du général de Gaulle, qu'il défend même dans la presse internationale. Il n'oublie pas pour autant ses thèmes de prédilection, comme son enfance girondine, la célébration des grands écrivains et l'avenir de la foi.
    Dans sa très grande variété, D'un bloc-notes à l'autre reflète le talent journalistique de Mauriac qui s'épanouit tant dans la chronique ou l'éditorial que dans la conférence ou l'interview. Ce recueil confirme surtout, et avec éclat, qu'aucun écrivain dans son siècle n'a autant que Mauriac élevé le journalisme - la polémique comprise - à la hauteur d'un genre littéraire.

    La présente édition, comme celles du Bloc-notes, de La Paix des cimes et d' «On n'est jamais sûr de rien avec la télévision », est assurée par Jean Touzot, éminent spécialiste de l'oeuvre de François Mauriac.

  • Du journalisme de Mauriac on croyait tout connaître : on avait oublié une petite forme, née en septembre 1959, à L'Express, et restée dans l'ombre étouffante du célèbre Bloc-notes : la chronique de télévision, tenue durant plus de cinq ans et qui n'avait jusqu'à ce jour jamais été reprise en volume. A partir de 1961, le feuilleton s'installe au Figaro littéraire. " Téléspectateur assidu ", le romancier commente avec délectation les programmes de l'époque, qui lui offrent un miroir du monde. L'écrivain nous surprend en dévoilant ses goûts personnels, proches des préoccupations quotidiennes : reportages, pièces de théâtre, émissions culturelles, compétitions sportives, séries policières... Le polémiste redoutable s'interroge aussi sur l'évolution de son temps. Toujours chez lui percent une passion intacte de la littérature et une foi profonde, qui l'aident à comprendre et à aimer ses contemporains. Ce que François Mauriac apprécie dans la télévision, c'est la vue des visages, reflets de l'âme. Les fervents du Bloc-notes retrouveront dans ces chroniques réunies ici pour la première fois ce regard à la fois vif et profond, toujours brillant.

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