Langue française

  • Des documents inédits ou non traduits jusqu'à aujourd'hui nous révèlent à quel point Heidegger s'est consacré à introduire les fondements du nazisme dans la philosophie et son enseignement. Dans son séminaire de l'hiver 1933-1934, il identifie ainsi le peuple à la communauté de race et entend former une noblesse politique pour le IIIe Reich, tout en exaltant l'éros du peuple pour le Führer. Or, contrairement à ce qu'on a pu écrire, loin de s'atténuer après 1935, le nazisme de Heidegger se radicalise. Sans jamais dissocier réflexion philosophique et recherche historique, Emmanuel Faye montre que les rapports de Heidegger au national-socialisme ne peuvent se résumer au fourvoiement temporaire d'un homme dont l'oeuvre continuerait à mériter admiration et respect. En se posant en «guide spirituel» du nazisme, Heidegger, loin d'enrichir la philosophie, s'est employé à détruire à travers elle toute pensée, toute humanité. Déjouer cette entreprise, telle est donc la tâche urgente du philosophe.
    Cette nouvelle édition est augmentée
    d'une préface inédite, et de la bibliographie de la discussion internationale à laquelle cet ouvrage a déjà donné lieu.

  • éric Faye Les Cendres de mon avenir « Je regarde la photo de celle que j'ai décidé d'appeler Solange Brillat. Dans l'article de journal qui l'accompagne, daté de novembre 1996, la boulangère qui lui vendait chaque soir une demi-baguette viennoise parle d'une personne « polie et souriante ». Solange Brillat a laissé un dernier signe de vie un samedi de l'été 1996. Ce jour de pluie, elle est sortie, rue des Tournelles...
    Le matin du 20 septembre 2000, il a fait très beau sur Paris. Je me suis posté rue Saint-Antoine, au confluent avec sa rue. J'aurais pu rester là des heures en sentinelle à bâtir des hypothèses ; à attendre le retour de l'irréversible. On écrit des livres. On émet des signaux en morse, en prose. On lance des appels de phare. »

  • Éric Faye
    La Durée d'une vie sans toi

    En cette fin de xxe siècle, on évacue le village de Sauveterre-le-Vieux, afin de désamorcer des obus chimiques datant de la Première Guerre mondiale.
    Un homme, cependant, choisit de rester, à l'insu de tous, dans le village de son enfance, qu'il avait quitté après une déception d'amour. Demeuré seul, Marin Sérianne entre dans les maisons, feuillette les papiers anciens, contemple des photos jaunies.
    C'est alors que surgit une jeune femme, Solange, qui, elle aussi, avait disparu inexplicablement quelques années plus tôt. À eux deux, ils vont tenter de recomposer le passé et de comprendre, si c'est possible, le sens véritable de leur fuite.
    Explorant le même univers que dans Les Cendres de mon avenir, Éric Faye poursuit une oeuvre romanesque exigeante, qui jette sur la réalité la plus prosaïque une lumière noire venue du passé, des non-dits, des mystères.

    Un livre majeur, admirablement dérangeant.
    Jean-Claude Lebrun, L'Humanité.

    On sort de ce fragile roman la tête pleine de rêves. Et de
    cauchemars.
    Fabienne Pascaud, Télérama.

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