• Avec les découvertes portugaises du XVe siècle, le monde atlantique devient un creuset où se rencontrent des capitaux, une demande et un imaginaire européens ; une main-d'oeuvre en Afrique et des ressources à exploiter en Amérique. Cette convergence inédite génère différents phénomènes : le colonialisme, le développement économique et commercial, mais aussi d'importantes migrations, volontaires ou contraintes, et constitution de nouvelles identités. L'océan Atlantique devient ainsi un espace unique de circulations, d'échanges, d'interactions, pacifiques ou violentes, et donc d'ouvertures, pour le meilleur ou pour le pire, vers des horizons lointains.
    Loin des polémiques et tout à fait inédit, cet ouvrage permet de saisir de manière globale la nature, la diversité et l'ampleur des bouleversements qui affectent le monde atlantique sur quatre siècles, jusqu'aux élans révolutionnaires de la fin du XVIIIe siècle, et comment est née une véritable identité atlantique, faite de confrontations autant que d'échanges et de partage.

  • Si les sorties de guerre ont déjà été l'objet de travaux et de rencontres scientifiques, le basculement inverse a, en revanche, été peu étudié jusqu'à présent. En effet, les historiens ont l'habitude d'enfermer les périodes de conflits entre la date de déclaration de guerre et celle de la conclusion de la paix. Cette approche traditionnelle n'est cependant pas suffisante pour appréhender pleinement ce que pouvait être la réalité de la transition de la paix à la guerre. Les contributions réunies dans ce volume portent précisément sur les modalités et les décalages du basculement dans la guerre. Il s'agit ici de réfléchir aux passages de la paix à la guerre pour savoir comment, à l'époque moderne, les Etats, les sociétés et les individus sont saisis par l'épreuve du conflit armé. En effet, il ne suffit de proclamer la guerre pour que l'état de guerre devienne une réalité immédiate. Ainsi, l'entrée en guerre n'est pas réductible à une rupture nette. C'est bien davantage un processus qui connaît des décalages selon l'objet étudié. En tout cas, il entraîne systématiquement des mutations, des mobilisations et des adaptations sur lesquelles il faut s'interroger.

    Les textes réunis dans ce volume déclinent l'interrogation sur l'entrée en guerre selon plusieurs perspectives. La première porte sur le concept même d'entrée en guerre pour tenter d'en comprendre la nature, la portée et les implications. La deuxième est celle de la politisation interne de l'entrée en guerre, car elle est aussi un acte politique qu'il faut envisager à la lumière des débats propres à chaque société. La troisième perspective est celle des mobilisations des ressources et des adaptations des réseaux découlant de l'entrée en guerre.

  • L'imaginaire entourant le monde nordique se décline du Moyen Âge au XVIIIe siècle sans perdre en intensité. Le Nord est ainsi une toile sur laquelle se projettent des interrogations sur les confins du monde, de l'imaginaire ou de l'humanité. Les représentations du Nord se nourrissent elles-mêmes de leurs fantasmes pour construire un monde ambivalent dans lequel les rigueurs naturelles et le caractère primitif des populations n'abolissent ni le mythe de l'Ultima Thulé hyperboréenne aux habitants proches des dieux, ni celui de l'Arcadie nordique au sein de laquelle règne la douceur et la félicité.

  • Entre mars et novembre 1781, le marquis Pierre Claude de Poterat entreprend un voyage qui le mène jusqu'en mer Noire. Il en rédige un compte rendu dans lequel il livre des analyses politiques, militaires, diplomatiques et économiques, ainsi que des commentaires sur les personnalités qu'il a pu rencontrer. Le texte de Poterat est aussi une invitation à l'histoire des représentations, tant son texte recèle de lieux communs sur la Russie et les Russes.

  • Les relations entre la France et l'Europe du Nord à l'époque Moderne ont été peu étudiées. Pourtant, l'espace baltique est important dans la stratégie française, puisque les puissances de la région sont considérées comme des alliés de revers pouvant opérer des diversions en cas de guerre contre l'empereur. Au début du XVIIIe siècle, alors que le Nord est déchiré par une guerre oppo sant la Suède aux autres pays de la région, les gouvernements de Louis XIV, puis du Régent, multiplient les efforts pour attiser le conflit ou pour restaurer la paix. Ces démarches ne peuvent être comprises que si elles sont replacées dans le contexte de la politique européenne de la France. Au-delà de la reconstitution d'une politique étrangère, ce livre conduit aussi une réflexio n sur l'action extérieure de la France, comme les conditions de travail des diplomates et leur culture politique, mais aussi l'influence des facteurs commerciaux dans le rapport d'État à État. Enfin, dans une perspective de temps long, la révélation de lapuissance russe permet de s'interroger sur le rôle des représentations dans la politique étrangère. Ce travail, dépassant le seu l domaine politique, participe au décloisonnement de l'étude de la politique étrangère et se veut une contribution à l'élaboration de nouvelles perspectives en histoire des Relations Internationales.

  • La neutralité est pratiquée par le Danemark et la Suède puis des Provinces Unies dans les conflits opposant la France à l'Angleterre aux XVIIe et XVIIIe siècles. Entendue comme un véritable choix de politique étrangère, la neutralité s'impose comme une question centrale dans le champ des relations internationales à la faveur du développement des échanges commerciaux et de la radicalisation des pratiques de guerre. Elle est une réalité complexe qui peut être étudiée en considérant le point de vue de différents acteurs : le diplomate, le négociant, le philosophe et le juriste.

    Avec le soutien de l'université de Nantes.

  • À? partir du XVIIe siècle, l'élargissement du champ d'activité de la diplomatie des cours européennes à l'Amérique, à l'Afrique et à l'Asie invite le monde à la table des grandes négociations. Mais parallèlement, au niveau local, la conduite de la diplomatie ordinaire est une affaire d'individus vivant à l'interface des mondes européens et autochtones. Qu'ils participent à la conclusion de traités de paix, à la réussite d'opérations commerciales ou à la traite des esclaves, ils sont les acteurs de terrain de la mondialisation de la diplomatie française. L'influence toujours plus importante des espaces lointains sur la conduite de la diplomatie française est un défi aux multiples dimensions dont ce volume rend compte.

  • La Scandinavie doit avant tout être considérée comme une réalité humaine et culturelle dont le noyau regroupe à l'origine le Danemark, la Norvège et la Suède puis, par extension, la Finlande et les dépendances atlantiques, îles Féroé et Islande. Les deux Etats nordiques, la Suède-Finlande et l'ensemble dano-norvégien, qui se constituent au début du XVIe siècle, forment le cadre de trois interrogations couvrant la période qui s'achève en 1815. La première porte sur les mutations internes de chaque pays, la structuration des sociétés par la Réforme luthérienne, la recherche d'équilibres politiques et les transformations économiques. La seconde perspective est l'étude, à l'échelon régional, des relations interscandinaves, avec notamment l'antagonisme entre le Danemark et la Suède, pivot essentiels de l'histoire nordique à l'époque moderne.
    Enfin, la troisième interrogation doit intégrer une réflexion à l'échelle européenne. Les pays scandinaves connaissent, à des degrés divers, une multiplication et une intensification de leurs échanges avec l'extérieur au cours de la période moderne qui achèvent d'en faire des acteurs à part entière de l'histoire européenne. Toutes ces grandes évolutions se déclinent selon des chronologies et des modalités propres qui, d'une part, constituent l'originalité scandinave et, d'autre part, manifestent son intégration dans l'Europe.

  • L'étude des relations internationales et des contacts diplomatiques au travers des âges ne saurait faire l'économie d'une réflexion sur le rôle et l'importance du recours au droit et aux arguments juridiques. C'est autour de ce postulat que sont réunies les diverses contributions du présent ouvrage qui s'inscrivent dans un espace allant des marges orientales de Byzance à l'Europe occidentale et dans un large champ chronologique, de l'Antiquité tardive à la fin du XVIIIe siècle. Elles cherchent à saisir l'usage que les différents acteurs des relations internationales ont fait du droit et des règles juridiques dont ils disposaient pour éviter, résoudre mais aussi, parfois, générer des conflits. L'argument de nature juridique relève en effet d'un langage fondé sur des valeurs et des références qui permettent l'échange et la controverse entre interlocuteurs partageant a priori une culture politique sinon toujours commune, du moins proche. Plus largement, le droit, considéré comme un moyen de la diplomatie, est non seulement utilisé, mais aussi dévoyé et manipulé, disant ainsi beaucoup des rapports de force des parties en présence.
    Les maniements du droit en diplomatie nécessitent une réelle maîtrise de l'outil juridique et impliquent d'étudier les différents types de protagonistes des relations internationales, qu'ils y soient directement impliqués (ambassadeurs, juristes, souverains) ou que leurs activités et leur sort en dépendent (marchands, négociants, transfuges). Autant d'éléments qui sont au coeur des réflexions de ce volume.

  • Cet ouvrage étudie la notion de périphérie dans la politique étrangère de la France du XVIe au XXe siècle. L'objectif est de savoir si et comment, sur cette longue période, il est possible de caractériser une permanence dans les objectifs diplomatiques et dans les pratiques militaires de la France, tels qu'ils se révèlent au miroir des conflits et des crises des régions situées au-delà de son voisinage. Les régions continentales privilégiées sont celles de la grande dorsale allant de la mer Baltique à la mer Noire, ainsi que l'espace maritime comprenant la Méditerranée occidentale et l'Atlantique.

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