• Zabe

    Claude Mauriac

  • A la fin du mois d'août 1944, Claude Mauriac travaille auprès du général de Gaulle. Il est son secrétaire particulier et le reste jusqu'en septembre 1948. Il demeure encore, les cinq années suivantes, proche de lui. C'est le journal de ces rencontres que voici. On découvre un de Gaulle peu connu dont, avec le recul, bien des déclarations et des réactions apparaissent prophétiques. Le de Gaulle des premières années à Paris, alors que la guerre n'est pas achevée, celui de la Libération, puis de la victoire. Mais aussi l'affrontement presque aussitôt commencé avec les partis politiques, l'abandon du pouvoir et la longue traversée du désert qui suit, à Marly, à Colombey, puis à Paris, avec la tentative avortée du R.P.F. Peu nombreux sont, dans son entourage, les témoins de cette époque. Aucun, sans doute, n'a su si bien regarder et écouter de Gaulle que Claude Mauriac.

  • André Breton et les surréalistes ont changé notre vision du monde. Voici les annales de leurs victoires et de leurs défaites. La Révolution, L'Au-delà, Le Réel, Le Surréel, L'Amour : en cinq chapitres denses, rigoureux et documentés, Claude Mauriac se penche sur l'oeuvre et la vie de Breton. Il analyse le surréalisme dans ses rapports à l'esthétique, à la politique, à la religion, à la vie comme cryptogramme. L'histoire de la littérature, de Sade à Rimbaud, de Benjamin Constant à Lautréamont, s'en trouve rétrospectivement éclairée. Textes en main, cet essai intransigeant rend justice à un considérable, ainsi qu'à l'école littéraire la plus importante depuis le romantisme où brillèrent, aussi, Aragon, Eluard et Desnos.

  • Romans, essais, tthéâtre : claude mauriac (1914-1996) a laissé une oeuvre riche et variée que dominent les dix tomes du temps immobile, bâtis à partir d'un journal déconstruit.
    Restait à découvrir l'activité de toute une vie au service des périodiques les plus divers. ce livre retrace le parcours d'un journaliste qui n'a pas seulement compté comme critique des films ou des livres. sensible à l'actualité changeante et mobile, ainsi qu'en témoigne notre titre, il a su épouser son siècle. il est présent en tchécoslovaquie à la veille de l'invasion hitlérienne. il fait revivre l'atmosphère excitante de l'après-libération.
    A l'ombre de son père et du général de gaulle, dont il fut le secrétaire. il rencontre et célèbre une élite, ce qui ne l'empêchera pas, après mai 68, de combattre en faveur des exclus, aux côtés des intellectuels. a la fois nostalgiques et ouvertes à la modernité, ces chroniques reflètent l'attachante personnalité de claude mauriac.

  • Singulière et fascinante aventure que celle-ci. né dans le sérail et "diariste" dès l'enfance, claude mauriac prend sa vie en notes depuis un demi-siècle : tout ce qui a compté dans les lettres, la pensée, la politique aura défilé sous ses yeux. le témoignage est unique : ces milliers de pages sont le reflet d'une époque, saisi par l'observateur idéal. mais on ne vit pas impunément avec son "journal" il finit par vous habiter à son tour. y revenant sans cesse, le relisant avec une curiosité panique, l'auteur est devenu le serviteur de son oeuvre, cédant à la tentation proustienne de retenir le temps, de l'immobiliser, avec des méthodes empruntées à joyce, et même au nouveau roman. tel un géologue, il pratique les coupes de terrain, il sonde la durée, rapprochant par de subites concordances des événements très éloignés les uns des autres, mais qui semblent se répondre et se compléter par-delà les années. a la poursuite de quelques thèmes essentiels, c'est un perpétuel va-et-vient de 1930 à nos jours, film de montage dont la savante composition égare et captive à la fois. voici le piranèse du journal intime... et claude mauriac gagne le pari de cette immense entreprise poursuivie avec l'acharnement passionné des créateurs : il y est devenu son propre personnage, plus vrai que le vrai. hors du temps.

  • Alittérature, ce mot créé il y a onze ans par Claude Mauriac est, depuis, passé dans le langage courant de la critique littéraire.

    C'est aux écrivains d'avant-garde, d'Antonin Artaud à Georges Bataille et de Nathalie Sarraute à Alain Robbe-Grillet, que l'auteur de l'alittérature contemporaine consacrait en 1958 ses analyses. Il notait alors :

    " L'alittérature (c'est-à-dire la littérature délivrée des facilités qui ont donné à ce mot un sens péjoratif) est un pôle jamais atteint, mais c'est dans sa direction que vont, depuis qu'il y a des hommes et qui écrivent, les auteurs honnêtes. Aussi l'histoire de la littérature et celle de l'alittérature sont-elles parallèles. " D'où ce nouvel essai, De la littérature à l'alittérature, où Claude Mauriac étudie des écrivains d'autrefois, littérateurs par excellence et alittératures en puissance, de Froissart à Flaubert.

    Ainsi sont décelées les sources de l'alittérature contemporaine. Claude Mauriac doit non seulement à ses travaux critiques mais à ses propres recherches romanesques de pouvoir lire d'un regard neuf les chefs-d'oeuvre de la littérature française. Si nous nous trouvons peu dépaysés, ce n'est point parce que ces auteurs, de Retz à Cyrano de Bergerac, de Le Sage à Diderot, de Nodier à Hugo, sont tellement célèbres que nous croyions ne plus rien avoir à en apprendre. C'est au contraire parce que ce que nous prenions aujourd'hui, dans la littérature la plus avancée, pour des découvertes, est plutôt la forme actuelle d'une recherche d'âge en âge et d'auteur en auteur poursuivie. Si bien que nous trouvons, avant la lettre, du Samuel Beckett chez Paul Scarron et du Nathalie Sarraute chez Marivaux.

    La littérature pure en pure alittérature tend à se fondre à chaque époque dans les oeuvres qui, au lieu de répéter celles qui les ont précédées, essayent des formes nouvelles. Claude Mauriac s'engage dans des chemins anciens, où nous sommes en pays de connaissance pour, soudain, partir avec nous en reconnaissance. Les bonheurs de la culture et les joies de l'exploration s'allient subtilement. À l'alacrité de l'auteur répond, du même élan et dans la même joie, celle du lecteur.

  • « F. - Toute une vie, tous les deux.1905. - Valse de l'époque dans le lointain.
    F. est vêtue d'une robe rose.
    H. - Toute une longue vie, nous deux, sans se quitter. Ça n'en finit pas, la vie.
    F. - Ça n'en finit pas, le bonheur. Il me semble qu'hier encore, je veux dire : il y a très peu de temps, j'étais une petite fille. Et me voici fiancée... »

  • Claude Mauriac tient son Journal depuis plus de quarante ans. De ces milliers de pages, il avait seulement publié jusqu'ici celles qui concernaient André Gide. Il nous en présente aujourd'hui de nouveaux extraits relatifs à l'amitié souvent contrariée qui les unit, Jean Cocteau et lui.

    C'est donc Jean Cocteau que nous rencontrerons, entendrons. Un Jean Cocteau aussi brillant que l'on pouvait attendre mais qui ne ressemble pas à sa légende : plus sensible, plus sincère, plus attachant aussi que l'on croyait.

    Autour de lui, le Paris de l'immédiate avant-guerre, de la drôle de guerre, fugitivement de l'Occupation, enfin de l'après-guerre. Mais ce ne serait rien ; ce n'est rien pour l'auteur qui nous propose avec Une amitié contrariée le premier chapitre d'une oeuvre à laquelle il travaille depuis cinq ans et dont les matériaux, considérables, sont ceux de son Journal. Cette oeuvre, dont voici publiée l'une des parties achevées, est intitulée le Temps immobile.

    Avec de petits blocs de temps, souvent éloignés les uns des autres et que rapprochent une logique interne (l'unité des thèmes, des êtres, des lieux) ou l'apparente déraison de motivations secrètes, Claude Mauriac ne recompose pas sa vie, il compose une oeuvre dont le temps est le sujet.

    Il s'agit de la première utilisation dans la littérature de la technique du montage d'actualités anciennes. Temps mêlés. Vie où il ne se passe rien mais où passe le temps. Durée immobilisée et vaincue.

    Jean Cocteau n'e-t-il pas été poète et célèbre que ce livre, qui ne ressemble à aucun autre, n'e-t rien perdu de son intérêt. Jean Cocteau cesse d'y être l'auteur de son oeuvre pour devenir l'un des personnages de celle de Claude Mauriac.

  • Il s'agit donc de la suite du "{Temps accompli}" qui, on le sait, complète et boucle l'édifice du "{Temps immobile}". Dans ce volume, Claude Mauriac revient sur certains épisodes de sa vie : de ses engagements "libanais" à sa déception d'homme de gauche, de ses conversations avec Cocteau à une évocation de Drieu la Rochelle, de Malagar à l'Ile Saint-Louis. Choses vues ou entrevues, vécues ou rêvées.

    Avec ce volume Claude Mauriac apporte à son entreprise de diariste les dernières touches de mémoire.

  • Ce tome IV du "Temps accompli" succédant au "Temps immobile" est divisé en trois parties dont la première, {Journal de l'été 1940}, est un témoignage sur la France et les Français à la veille de la catastrophe qui va s'abattre sur eux et les réduire en esclavage quatre ans durant. Claude Mauriac, en 1940, a un peu moins de trente ans. La seconde est intitulée : {Cinquante-deux ans plus tard}. Ce qui veut dire que Claude Mauriac est octogénaire ; le grand âge s'est abattu sur Claude qui, impitoyable et pathétique, en raconte l'horreur. La troisième et dernière partie : {Oui, mais alors que faites-vous du lac Tibériade ?} est, on l'aura compris, une manoeuvre de diversion. Un homme réduit, par la mort proche, à l'essentiel, s'interroge.

  • Est-on plus neuf parce qu'on vient de vous transplanter le coeur d'un autre ? Rachel, à peine remise de son opération, aurait plutôt le sentiment que sa jeunesse vient de la quitter à jamais, d'autant que Jérôme, après treize ans de bonheur, lui avoue son amour pour Marie-Ange. Tout serait fini pour elle, soudain, si elle ne rencontrait un jeune homme, et l'émerveillement de vivre encore une fois une passion, brève, chaste, avec ce Matthieu à la peau sombre. Jérôme, le temps rompu, Matthieu, le temps retrouvé : peu à peu s'établit l'étrange équilibre de cette algèbre amoureuse, tandis que les mois, les années passent sur ces quelques semaines de crise.

    Avec un art très sûr de l'esquive et de l'allusion, comme s'il s'agissait d'instants saisis au vif, de notations quotidiennes, impressionnistes, fugitives, Claude Mauriac réussit à capter le frémissement de l'éphémère dans cette belle méditation romanesque, où la fantaisie et l'imaginaire disent gravement l'amour, ses variations, ses surprises, à travers le temps immobile de nos vies.

  • "Il n'y a pas de rencontres, il n'y a que des rendez-vous." Cette formule de Raymond Abellio illustre si bien la recherche, le principe même du Temps immobile, que Claude Mauriac lui emprunte le titre de son septième tome, où l'on retrouve, traqués sur un demi-siècle, ces signes et ces correspondances, qui révèlent entre les événements ou les êtres tant de liens mystérieux jusque-là jamais décelés. Des Croix-de-Feu au Bateau pour le Vietnam, du Front populaire à la Marche de la survie au Cambodge, de François Mauriac élu sous la Coupole à François Mitterrand seul au Panthéon, le Journal de ce témoin privilégié, qui rêvait jadis d'être historien, se répond sans cesse à lui-même, à travers les années, fourmillant de personnages, de faits, de sensations. Sous le regard complice (malgré eux) de Claudel, de Léautaud, de Green, des frères Goncourt ou de Jules Renard, l'extraordinaire entreprise de Claude Mauriac, cet effort d'une vie entière, cette "cathédrale pathétique", comme l'a dit un lecteur, continue de se bâtir devant nous. Sans précédent ni semblable. Et derrière tant de visages entrevus ou scrutés avec soin, intimes, célèbres, inconnus, celui de l'architecte se profile aussi, d'une honnêteté, d'une discrétion presque sans exemple dans notre littérature, où son nom, désormais, s'inscrit à son tour, et à sa vraie mesure.

  • Avec {Bergère ô tour Eiffel}, Claude Mauriac poursuit sa quête de reflets et de concordances ; il élargit encore un peu plus le champ de ses investigations à mesure que les années coulent, comme se propage une onde à la surface de ses eaux. Sa quête s'arrête surtout, cette fois-ci, à la période de l'Occupation et aux plus récents événements traquant les liens secrets qui les unissent, à quarante ans de distance.

    A l'heure des partages, des renoncements, des maisons qu'on abandonne et des amis qui vous quittent, nombreuses sont les ombres qui surgissent de ce montage mélancolique et minutieux. Elles se nomment ici Cocteau, Jouhandeau, Georges Auric, Chardonne, Jean Prévost, t'Serstevens, Duhamel, compagnons parmi d'autres de cette merveilleuse promenade sans fin, qui ruse avec le temps et rend aux passés divers la frémissante vérité d'un éternel présent.

  • Avec ce neuvième tome du Temps immobile, Claude Mauriac atteint l'avant-dernière étape d'une entreprise folle, mais qui appartient déjà à l'histoire de la littérature. Le titre de ce nouveau volume est à lui seul un symbole. En effet, l'arrière-grand-père, le grand-père et le père de François Mauriac étaient négociants en bois merrains à Bordeaux, sous le nom de Mauriac et fils - appellation qui, dans les familles où les fils succèdent aux pères, a des implications plus intimes que commerciales. C'est le mystère de la transmission, donc du temps, que ce livre s'applique à célébrer avec une sensibilité parfaite : chronique des plaisirs et des jours offerte en contrepoint à la symphonie de l'histoire, drames privés et événements publics, grande politique et petites histoires se trament alors en une sorte de Journal des Goncourt revisité par le nouveau roman.

  • Avec ce dixième volume du Temps immobile, Claude Mauriac arrive au terme d'une oeuvre qui vit le jour en 1957 devant la tour Saint-Jacques. De ces milliers de pages qui témoigneront longtemps en faveur de notre siècle on a souligné, ailleurs et souvent, la portée singulière : voulaient-elles permettre l'irruption du Nouveau Roman dans le journal intime ? S'agissait-il au contraire, de prolonger la sage folie d'Amiel ou la ferveur des Goncourt ? L'avenir en décidera, qui seul offre son vrai profil à la rêverie des écrivains. De François Mauriac à de Gaulle, de Foucault à Genet, de Cocteau à Clavel ou à Mitterrand, de Paris à Malagar, cette chronique a capturé nos saisons dans son filet de mots et d'épiphanies, et elle les tient à jamais, intelligibles enfin. L'oncle Marcel, cet autre grand chasseur de temps est au rendez-vous de cet ultime épisode. Ce dernier volume comporte un index des noms cités dans le Temps immobile.

  • Les écrivains ont l'habitude de s'abriter derrière ce masque : sont-ils les auteurs de leurs propres oeuvres ? Ont-ils été les instruments de forces à eux-mêmes obscures ? Tourbillon d'images et d'idées, complicité soudaine avec l'inconnu. Claude Mauriac en a été le premier étonné. Bande dessinée sans images, pastorale astrale, fantaisie fantastique. Métaphysique-fiction, aussi, peut-être. De façon à peine moins étrange, roman d'amour, assurément.

  • Longtemps, très longtemps, claude mauriac s'est imaginé qu'il pouvait demeurer le contemporain de sa propre vie. c'est à l'exploration de ce présent perpétuel que furent consacrés, pour l'essentiel, les dix volumes du {temps immobile}. puis, avec l'âge, claude mauriac s'est avisé que le temps avait repris ses droits. il s'est avisé qu'il avait lui-même vieilli, et que dans sa vie arrivait l'instant où le passé enfin s'éloigne. sa mémoire voulut donc enregistrer ce lent évanouissement - du {temps immobile} au {temps accompli} - et l'architecte qui avait eu l'intuition de son éternité fictive recueillait, dans la mélancolie, le bruit que font les souvenirs avant de s'effacer. d'où ce nouveau livre dans lequel un écrivain offre un ultime séjour à ceux qui furent les héros de ses jeunesses et de ses maturités : de julien green à michel foucault, de françois mauriac à de gaulle ou à mitterrand. aveux ? confidences ? atomes d'existence incendiés et révolus ? projets ou regrets ? destins revisités ? tout se fond, ici, dans la couleur d'un crépuscule dont seule triomphe la littérature.

  • Dans ce volume - le second du "Temps accompli" - Claude Mauriac a choisi de se pencher, exclusivement, sur son Journal de l'année 1938. Pourquoi l'année 1938 ? Précisément, parce qu'il s'agit "de ne pas oublier" comment la France, les intellectuels et le monde ont vécu les derniers instants de l'avant-guerre, et parce que l'avant-guerre d'alors ressemble singulièrement à la période que nous vivons aujourd'hui.

    Imminence des dangers, querelle de nationalismes, arrogance allemande, xénophobie française - tout cela, à l'évidence, appartient aussi bien à l'année 1938 qu'à notre temps. D'où le charme, l'utilité de ce journal qui, d'heure en heure, raconte "ce qui se passait". On voit les gouvernements aux prises avec une économie en panne, les écrivains aux prises avec leurs ambitions, etc.

empty