• Le service civique fait aujourd'hui figure de dispositif d'État supposé mobiliser la jeunesse, l'ancrer dans les valeurs de la République. Rendu universel en 2015, ses promoteurs tendent à traiter les jeunes comme s'ils étaient tous également en mesure à répondre à cet appel.
    Le livre repose sur une enquête par entretiens menée auprès de jeunes effectuant un service civique en situation de décrochage scolaire (des années collège aux premières années de l'enseignement supérieur).
    Dans les faits, le service civique donne lieu à des formes d'appropriation variées qui sont les fruits des parcours des jeunes, des ressources et des intérêts qui en ont résulté.
    Des jeunes exclus de l'école et en mal d'insertion professionnelle sont-ils en mesure de s'approprier un dispositif d'État universel et qui entend développer, hors travail, un sens de l'engagement civique, faiseur de cohérence nationale ?
    Le temps du Service civique, sorte de répit dans des histoires individuelles lourdes, est un moment favorable pour que les jeunes s'expriment sans trop de retenue sur leurs expériences douloureuses de décrochage.

  • Le sport est la forme par excellence de l'incorporation du social. Les enquêtes présentées dans ce livre revisitent la notion d'espace des sports pensée comme un champ de possibles variable suivant les époques et les lieux afin de montrer, selon trois entrées, comment le social entre dans les corps. Une première approche s'attache au travail par lequel les institutions comme l'École, l'État, l'Église ou la médecine ont codé les sports pour y imposer leurs visions du monde.

    L'attention se porte ensuite sur les clubs dits « de loisirs », au sein desquels les pratiques corporelles donnent sens à l'intériorisation des normes sociales. Une dernière voie d'analyse opère un déplacement d'objet, en comparant cinq nations européennes dont les définitions de l'excellence sportive cristallisent, dans le corps même des athlètes, des héritages politiques contrastés.

    Ces enquêtes présentées dans ce livre conduisent à interroger l'universalisme du sport que l'on peut tenir comme un fait, mais qu'il faut aussi considérer comme un marquage symbolique opéré par les organismes supranationaux. Le paradoxe est que les luttes ouvertes entre les formes d'universalisme sportif se fondent sur des interprétations conflictuelles des règles internes qui font justement la singularité du sport.

  • La conduite automobile, pratique ludique et aristocratique à ses débuts, est devenue tardivement une affaire d'Etat (à partir des années 1970). Si la route tue moins, elle continue à frapper en priorité les catégories les moins intégrées socialement. La deuxième partie de l'ouvrage fait entrer dans la "boîte noire" du travail de communication engagé dans l'élaboration, la diffusion et la réception des politiques de sécurité routière.

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