• Ali Benmakhlouf, professeur de philosophie à l'université de Paris-Est, retrace ici le sens de l'engagement des philosophes arabes dans la recherche de la vérité.Lire les philosophes arabes médiévaux avec l'oeil de la philosophie contemporaine pour y trouver des affinités de méthode et de doctrine : tel est le parti pris de ce livre.Lire ces philosophes arabes, c'est aussi les inscrire dans la tradition et le patrimoine de l'humanité, car ils ont su ménager des accès multiples à la vérité où religion et philosophie sont pensées de manière conjointe. Leurs travaux dans de nombreux domaines, comme la médecine, la logique ou l'histoire continuent de nous interpeller comme ils ont contribué à la formation de la pensée européenne.Le médiéval rejoint alors le contemporain dans cette riche histoire qui est celle de l'humain et de l'intellect.Ali Benmakhlouf, pour son livre Pourquoi lire les philosophes arabes ?, est sélectionné pour le Prix Ecritures & Spiritualités 2016 dans la catégorie « essais ».

  • Averroès

    Ali Benmakhlouf

    Ibn Rushd (1126-1198) ? nommé Averroès par le monde latin ?, juge, médecin et philosophe, a joué un rôle décisif dans l'histoire de la pensée : il a recueilli l'héritage d'Aristote et a contribué à le transmettre à l'occident chrétien.
    Plus encore, en recevant le Coran comme une prescription à connaître, et non pas seulement à croire, il a installé la raison au coeur de la Foi. Averroès a méthodiquement entrepris de délimiter le domaine de validité du jugement, d'établir les règles de son « bon » exercice, en prenant soin de préciser les formes optimales d'obtention de l'assentiment : la démonstration, la plus haute forme de connaissance pour les savants, la discussion dialectique et la persuasion rhétorique pour tous les autres, y compris les théologiens.
    Ce livre détaille le grand projet d'Averroès : construire une défense forte de la philosophie, à partir d'une lecture, soucieuse de la lettre, du Coran, et d'une interprétation juridique de la loi religieuse.

  • De Montaigne à Lewis Carroll en passant par Saint-Simon et Flaubert, le philosophe Ali Benmakhlouf explore le statut multiséculaire de la conversation, ce lien humain qui nous fait tenir les uns aux autres par la parole. La littérature est le miroir de nos vies en conversation, surtout quand celle-ci se fait l'écho de l'oralité. Ce qui importe, c'est la manière de dire : le rythme, la voix, le souffle, le silence et les gestes : autant de riches matériaux qui éveillent les esprits. La conversation n'est pas une sagesse toute faite, elle est plutôt une manière de vivre.

  • Ce livre prend appui sur les analyses logiques et ludiques de Lewis Carroll pour souligner le caractère fictif et labyrinthique de l'identité. Contre le sophisme du particularisme culturel, ce livre place l'identité dans une réflexion sur la frontière, en abandonnant comme une notion peu opératoire celle d'appartenance. Comment mettre en avant les observations et les expériences plutôt que les convictions ? Cette question, mise en évidence par des philosophes empiristes comme Hume, sert de pivot pour substituer au débat idéologique contemporain sur l'identité, les constructions fictives des philosophes, des constructions rationnelles qui prennent relais des anciennes épopées.
    Ali Benmakhlouf, professeur des universités, enseigne la philosophie à l'Université de Nice.

  • Certaines questions parmi les plus contemporaines comme celle du « projet parental » pour inscrire l'embryon in vitro dans une lignée humaine, ou celle d'une activité cérébrale détectée par imagerie cérébrale fonctionnelle dans le cas des comas avancés sont à la fois médicales, existentielles et logiques. Pour les aborder et défaire ainsi les crampes mentales, la conscience apeurée d'un monde livré aux technologies et l'inflation de la parole des experts, il faut procéder à une révision des schèmes conceptuels. Ali Benmakhlouf, philosophe logicien, ancien membre du Comité consultatif national d'éthique, grand lecteur de Montaigne et de Lewis Carroll, promeut les deux concepts de compréhension et d'énumération comme permettant d'éviter la double réduction du concept au récit, et de l'éthique à de la technique.
    La démarche défendue dans ce livre assume que l'éthique n'est pas un savoir, bien qu'elle repose sur un savoir. C'est une éthique intégrative de la science, une éthique relative parce que procédurale, mais non relativiste car elle repose sur des raisons et des alternatives sans cesse évaluées et discutées  ; une éthique qui prend le chemin des aventures conceptuelles de la science, non pour se faire science elle-même, mais pour être suffisamment informée en vue de décrire les dilemmes que les choix humains affrontent tous les jours.
      Ali Benmakhlouf, agrégé de philosophie, est professeur à l'Université Paris-Est Créteil et membre senior de l'Institut universitaire de France. Le fil directeur de ses recherches est la logique  ; il est notamment spécialiste de G. Frege et B. Russell, auxquels il a consacré de nombreux ouvrages. Il est actuellement engagé dans les débats sur la bioéthique, notamment dans l'Académie nationale de pharmacie dont il est membre correspondant.

  • Ibn Rushd (1126-1198), nommé Averroès par le monde latin, juge, médecin et philosophe, a joué un rôle décisif dans l'histoire de la pensée : il a recueilli l'héritage d'Aristote et a contribué, avec Maïmonide, à le transmettre à l'occident chrétien, par l'intermédiaire de Thomas d'Aquin, principalement ; plus encore, en recevant le Coran comme une prescription à connaître, et non pas seulement à croire, il a installé la Raison au coeur de la Foi.
    S'appuyant sur la puissante logique d'Aristote, Averroès a méthodiquement entrepris de délimiter le domaine de validité du jugement, d'établir les règles de son " bon " exercice, en prenant soin de préciser les formes optimales d'obtention de l'assentiment : la démonstration, la plus haute forme de connaissance, pour les savants, la discussion dialectique et la persuasion rhétorique pour tous les autres, y compris les théologiens.
    Ce livre essaie de reprendre et de détailler le grand projet d'Averroès : construire une défense forte de la philosophie, à partir d'une lecture, soucieuse de la lettre, du Coran, et d'une interprétation juridique de la loi religieuse. L'oeuvre d'Averroès, penseur andalou, est à la fois une assimilation de la philosophie grecque et une adaptation inventive de celle-ci à la philosophie arabe. Elle indique pour nous les voies possibles d'une commune mesure entre les cultures.


  • michel de montaigne (1533-1592), gentilhomme, magistrat, écrivain.
    un grand oeuvre, les essais, écrit en "conférence" avec la boétie, l'ami prématurément disparu, une curiosité polymorphe, une langue précise, d'une infinie richesse, des lecteurs exigeants - descartes, pascal, rousseau, nietzsche, lévi-strauss, butor. l'humanisme que défend cet homme de la renaissance consiste à limiter l'inhumain sous la forme du rejet de la torture, de la cruauté, et de la justice expéditive; humanisme qui substitue aux idéaux abstraits l'expression de soucis de l'homme en situation concrète.
    philosophe de la comparaison, de la description et de la suggestion, montaigne a porté son attention vers l'histoire et la poésie, les guerres civiles, les guerres de religion, la tension entre les empires, mais aussi les opacités de la conscience ou les échappées de l'esprit. a la recherche d'un nouveau langage, il a défendu l'art de la mise en doute et du retrait, contre toute forme de dogmatisme.
    en cela, son actualité reste entière.

  • La collection " le vocabulaire de .
    " présente les principaux termes dans lesquels s'exprime chaque philosophe, selon un ordre alphabétique, en partant du principe qu'un philosophe n'est intelligible que dans sa langue, dans son vocabulaire propre ou dans le vocabulaire commun qu'il s'approprie.
    L'approche de chaque notion comporte trois niveaux qui sont signalés dans le texte par des pictogrammes (a) : la définition de base, accessible à un étudiant débutant; l'approche scientifique, s'adressant à l'étudiant confirmé, et ce jusqu'à l'agrégation ; et enfin, une approche plus libre, permettant une interprétation plus large, comme par exemple la résonance de la notion au sein du système.

    Chacun des volumes de la collection a le vocabulaire de. " devrait constituer une voie d'accès privilégiée à la lecture et à l'intelligence d'un système philosophique.
    Ibn rushd (1126-1198), dit averroès dans le monde latin, est médecin, juge et philosophe andalou. " ami de la logique ", il a commenté aristote et s'est engagé fermement en faveur d'un islam et d'une législation éclairés par la sagesse philosophique.
    Privilégiant le mode de pensée démonstratif, il a contribué à conforter la grande tradition intellectualiste déjà inaugurée par al fârâbî. fervent défenseur de la transmission du savoir grec dans le monde arabe, il a justifié juridiquement l'usage de la philosophie comme mode rigoureux d'analyse. ce vocabulaire vise à parcourir les notions essentielles qui sont thématisées par averroès en les associant étroitement à leur contexte d'élaboration.
    La tripartition méthodologique (dialectique, rhétorique, démonstration) parcourt les parties dominantes de la philosophie averroïste comme la politique, le droit, la métaphysique ou la religion. elle répond à un souci rationaliste qui animait en continu le philosophe arabe de cordoue. a.

  • Russell

    Ali Benmakhlouf

    Bertrand Russell (1872-1970), mathématicien et philosophe, a durablement marqué le XXe siècle en donnant une impulsion nouvelle à la logique mathématique et la théorie de la connaissance. Il est considéré comme l'un des pères de la philosophie analytique.
    En logique, il a produit le paradoxe qui porte son nom et ouvert la voie à une théorie axiomatique des ensembles. Il a également défendu aussi loin qu'il était possible le logicisme, l'idée que les mathématiques peuvent être réduites à la logique.
    En philosophie, il a renouvelé la compréhension du langage, avec sa théorie des descriptions définies, et montré qu'on pouvait rendre compte de la réalité à l'aide d'une grammaire philosophique, c'est-à-dire d'une syntaxe reposant sur un vocabulaire minimum et des constructions logiques.
    Dans le domaine pratique, Russell n'a pas donné de philosophie à part entière mais s'est engagé : militant pour le vote des femmes dès 1907, pacifiste pendant la première guerre mondiale, neutraliste à la veille de la seconde, il a oeuvré pour rapprocher l'Est et l'Ouest au temps de la guerre froide, lutté contre le surarmement et fondé (avec J.-P. Sartre) un Tribunal International pour juger la guerre menée par les États-Unis au Viet-Nam dans les années 60-70.
    Bertrand Russell a reçu le prix Nobel de Littérature en 1950.
    On examine ici les thèmes et concepts majeurs de ce penseur singulier qui a, entre autres, influencé Ramsey, Wittgenstein, Popper et Quine, en traversant notamment On Denoting, Prinicipia Mathematica, Mysticism and Logic, Human Knowledge, its Scope and its Limits, mais aussi Pourquoi je ne suis pas chrétien. On espère ainsi faire sentir la grandeur d'une oeuvre dont l'actualité ne se dément pas.

  • Lire les philosophes arabes ce n'est pas entrer dans une histoire de la pensée qui serait esclave du texte coranique. C'est tout au contraire découvrir ce qui fait la cohérence de la tradition de pensée de l'humanité jusqu'à nos jours. Car nous pensons encore grâce à ces philosophes dont l'Occident a vite latinisé les noms (Avicenne, Averroès, Avempace, etc.). Leurs thèses sont passées ensuite de manière anonyme dans notre héritage philosophique : il s'agit ici de lever l'anonymat. Lire les philosophes arabes c'est donc prendre en compte la force d'un véritable « engagement en vérité » qui s'est opéré durant le Moyen Âge, en terres d'Islam, un engagement avec lequel la pensée contemporaine résonne fortement. Lire ces philosophes, c'est également prendre conscience des racines d'une politique affiliée à la raison, d'une jurisprudence attentive à la logique aristotélicienne ou encore d'une conception de la santé qui s'allie à la prévention et à l'éthique. Autant d'enjeux contemporains qui amènent, pour les saisir, à revisiter Bagdad et Cordoue.

  • Gottlob Frege

    Ali Benmakhlouf

    • Puf
    • 1 Novembre 1998

    "Gottlob Frege (1848-1925) appartient à cette génération de logiciens dont la tâche fut de penser ensemble une logique philosophique et une logique mathématique. Il fut l'un des premiers avec C.S.Peirce à souligner l'importance en logique de la "généralité", autrement dit de la quantification.

    Légitimer aux yeux des philosophes une entreprise mathématique et aux yeux des mathématiciens une réflexion philosophique fut le double défi logique de Frege.

    Cet ouvrage cherche à restituer l'itinéraire logico-philosophique de Frege en mettant l'accent sur les concepts clefs qui ont guidé son oeuvre et surtout en étant attentif à leur ordre progressif d'apparition." Extraits de l'introduction Table des matières Introduction Chapitre 1. Une écriture des concepts Problèmes et prémisses Contenu jugeable et contenu conceptuel I. La réception de l'Idéographie: L'idée d'une langue caractéristique - Écriture conceptuelle et formules abstraites: La dérivation conceptuelle II. La dérivation conceptuelle: La priorité des jugements sur les concepts - A la recherche du ciment logique - Les propriétés du contenu jugeable III. L'analyse logique : une recherche des simples: Les lois primitives de la logique - Induction sans intuition - Indéfinissables et indémontrables Chapitre 2. Le nombre et la pensée : un lien intime I. Arithmétique et logique II. La justification logique des propositions mathématiques: La double dichotomie kantienne - Les vérités leibniziennes - La définition du nombre cardinal III. Les trois principes fondamentaux: Le principe de la séparation du psychologique et du logique - Le principe de la distinction concept-objet - Le principe de contextualité - Les confirmations IV. L'identité V. Le concept et son extension: Parcours de valeurs et extensions - Le paradoxe et son amendement possible - Intensionnalistes et extensionnalistes - La thèse d'extensionnalité Chapitre 3. Le partage des pensées I. Signe, sens, référence: Saturation et insaturation - Le parler sérieux et la fiction - La saisie des pensées - La correspondance entre les propositions et les pensées II. Le trésor commun de pensées: Penser et saisir des pensées - Causes et raisons - Les lois de l'être vrai Conclusion Bibliographie

  • Ce vocabulaire présente les notions fondamentales qui sont à la base de la philosophie de Frege, une philosophie qui est autant exposée dans des articles que dans ses trois oeuvres majeures.
    L'originalité de ce philosophe réside en grande partie dans la définition nouvelle et parfois dans la caractérisation - quand il s'agit d'éléments simples indéfinissables - de notions de la grande tradition philosophique et logique comme " la signification " (Bedeutung), " la représentation ", " le concept ", la " pensée " (Gedanke) ou " la vérité ".
    Lu et apprécié entre autres philosophes, par B.
    Russell, R. Carnap, L. Wittgenstein, G. Frege est une référence constante de la philosophie des mathématiques, de la logique et du langage du XXe siècle.

  • La bioéthique comme interaction entre les technologies et le vivant prend son élan dans l'éthique médicale, mais ne s'y réduit pas : elle est élargie aux questions environnementales et celles qui sont relatives à la biodiversité. La réduction des inégalités liées à l'accès à la santé, la reconnaissance de la primauté de la personne humaine, sont autant d'enjeux contemporains de nos sociétés. À la lisière d'une biopolitique et d'une éthique en général, la bioéthique ne cesse d'évaluer valeurs et principes, comme les principes de solidarité, de justice, d'autonomie et de bienfaisance, comme ceux de dignité et d'intégrité. Ce livre retrace les questions majeures qui animent la bioéthique aujourd'hui avec la perspective de favoriser un débat public à leur sujet au Maroc.

  • Vocabulaire de russel (le)

    Ali Benmakhlouf

    • Ellipses
    • 12 Septembre 2001

    B Russell (1872-1970) est un philosophe animé par un sens robuste de la réalité et qui a consacré la majeure partie de son oeuvre à la logique mathématique.
    Il en a acquis une méthode pour l'analyse philosophique. Celle-ci n'est pas une falsification de la réalité, mais une dissolution de pseudo-entités et une reconnaissance des constituants ultimes du monde. Russell applique de l'acon systématique le rasoir d'Occam, évitant les hypothèses métaphysiques audacieuses concernant l'existence des choses : il y a ainsi de nombreux symboles auxquels rien ne correspond dans la réalité, mais dont les propriétés permettent d'interpréter celle-ci.
    Russell présente une philosophie du truisme qui prétend résoudre certaines énigmes. Philosophie du truisme, car l'analyse qu'elle promeut, comme une méthode, prend son point de départ dans des données indéniables constituées par les impressions sensibles et les vérités de la logique. C'est aussi une philosophie qui résout des énigmes, comme, par exemple, l'énigme des fausses croyances ou l'énigme relative aux objets inexistants.

  • Ce livre prend appui sur les analyses logiques et ludiques de Lewis Carroll pour souligner le caractère fictif et labyrinthique de l'identité. Contre le sophisme du particularisme culturel, ce livre place l'identité dans une réflexion sur la frontière, en abandonnant les crampes mentales que donne la notion d'appartenance unique. Comment mettre en avant les observations et les expériences plutôt que les convictions et les jugements expéditifs ? Cette question, mise en évidence par des philosophes empiristes comme David Hume ou des logiciens comme Bertrand Russell, sert de pivot pour substituer au débat idéologique contemporain sur l'identité, les constructions fictives des philosophes, des constructions rationnelles qui prennent le relais des anciennes épopées pour penser le mien bien plus que le moi.
    L'identité comme fable philosophique repose sur le réseau sémantique des emprunts et des métamorphoses. C'est une notion qui nous permet de refaire le lien avec la puissance onirique d'un personnage comme Alice dans Les aventures d'Alice au pays des merveilles. L'enseignement des songes d'une part, les exigences du droit d'autre part sont un antidote aux crispations identitaires.
    L'exemple de la culture arabo-musulmane sert de mise à l'épreuve des thèses présentées ici. Cette culture, loin d'être enfermée dans une spécificité, est par bien des aspects - pensons à Averroès - le fonds anonyme de la culture européenne de la Renaissance du XVIe siècle et de celle des Lumières du XVIIIe siècle. Comparer sans égaler les productions culturelles est une activité qui aide à comprendre comment s'inscrivent dans la vulnérabilité des corps l'exil, l'accent, la voix : autant d'expressions flottantes de l'identité.

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