• A la fin du XIXe siècle, dans la Russie tsariste, un jeune fonctionnaire qui se rêve écrivain part en mission pour quelques mois dans une région reculée, aux confins de l'Ukraine. Ses rapports avec les paysans et petits fonctionnaires du cru sont difficiles, et les semaines passent dans un ennui pesant. S'égarant en forêt au cours d'une chasse, il fait par hasard la rencontre d'une énigmatique jeune femme, qui vit avec sa mère dans une maison isolée ; elles y ont été reléguées après que les villageois s'en sont violemment pris à elles, les accusant de sorcellerie...
    Récit à consonance autobiographique, La Sorcière Olessia parut en 1898 ; c'est une des nouvelles les plus célèbres d'Alexandre Kouprine (1870-1938), alors jeune écrivain dont Tchékhov avait fait l'un de ses plus proches amis.

  • Le duel

    Alexandre Kouprine

    • Sillage
    • 27 Novembre 2018

    Georges Romachov est un jeune sous-lieutenant naïf et rêveur, que ses penchants littéraires éloignent des autres officiers. Cantonné dans une lointaine province, il ne parvient pas à se résigner à la vie du régiment, faite de beuveries, d'exercices absurdes, de liaisons sans charme, de brutalités permanentes envers les soldats et de fins de mois difficiles. Il a pour seul ami le plus cultivé, mais aussi le plus ivrogne et le plus endetté des sous-officiers.

    Autant par désoeuvrement que par passion, il s'éprend de l'épouse d'un lieutenant, belle jeune femme coquette et dévorée d'ambition...

    Paru en 1904, Le Duel est le chef-d'oeuvre d'Alexandre Kouprine (1870-1938). Largement autobiographique, il fait le portrait d'une armée tsariste en décomposition, dans une société archaïque traversée de ces forces nouvelles qui mèneront tout droit à la Révolution de 1917

  • Le Bracelet de grenats ne raconte pas seulement une histoire d'amour impossible, presque risible tant elle est touchante ; c'est aussi le portrait subtil d'une aristocratie dŽclinante.
    PersuadŽs de constituer un monde ˆ part, sans que leurs privilges ne reposent plus sur rien, les personnages de Kouprine vivent dans un univers o tout est jeu, o les apparences priment largement la rŽalitŽ ÐÊo tout ce qui passe les bornes de la mesquinerie est condamnŽ ˆ mourir.

    Paru en 1911, Le Bracelet de grenats est, avec Le Duel et Moloch, l'une des plus belles rŽussites de Kouprine.

  • Un jeune homme, Ivan Timofeïevitch, en mission pour plusieurs mois aux confins de l'Empire russe, dans une région reculée et sauvage à la limite de la Russie, de l'Ukraine et la Pologne, vit dans un village où les habitants le regardent avec méfiance, et a pour seule compagnie un paysan auquel pour passer le temps il tente d'apprendre à lire et écrire. Un jour, parti chasser, il s'égare et tombe par hasard sur une pauvre cabane, perdue au milieu des forêts, où vivent une vieille femme et sa petite-fille, la jeune et belle Olessia.
    Olessia lui fait retrouver le chemin du village, et lui explique que toutes deux vivent à l'écart de tous car les villageois les considèrent comme des sorcières...
    Dans la solitude de la nature, dans le silence des forêts, une des plus belles histoires d'amour de la littérature russe, et de toute la littérature.
    Comme on laisse passer l'amour possible est une préoccupation majeure dans l'oeuvre d'Alexandre Kouprine. Elle se conjugue avec le témoignage réaliste dont est victime la beauté singulière. La sorcière supposée du récit Olessia (1898), la jeune juive, la mal mariée résignée de force, ces différents personnages semblent voués à disparaître dans l'oubli et l'incertitude, bannis par les frayeurs de la communauté, ses codes, sa violence et sa délation.
    Très célèbre en Russie, Olessia était l'un des récits favoris de son auteur et largement autobiographique.
    Il a fait l'objet de plusieurs adaptations au cinéma, dont l'une en 1956 avec Marina Vlady et Maurice Ronet : La Sorcière.

  • Les merveilles de la création russe, parfois oubliées du grand public en France, deviennent accessibles dans toute la finesse de l'écriture originale, soutenue par des traductions retravaillées sur les pages en face-à-face.

    La collection se poursuit avec un auteur délicieux : Kouprine, dont le pendant français serait Maupassant. L'écrivain ne put accepter les valeurs de la nouvelle Russie soviétique et se réfugia pendant 17 ans en France.

    Sa nouvelle Le Bracelet de grenats, écrite en 1910 et basée sur des faits réels, est un des plus beaux récits d'amour jamais écrit, qui célèbre des sentiments dévoués, désintéressés et qui subliment la vie - une réflexion qui traverse nombre de romans russes et fait leur beauté.

  • « Mutilez l'homme tant qu'il vous plaira, mais jamais, jamais, vous n'arriverez à vaincre l'art!» Le Gambrinus, du nom du dieu germanique de la bière, est une taverne de marins et malandrins où excelle Sachka, un humble violoniste respecté de tous - jusqu'aux jours de 1905 où l'enthousiasme vaincu d'un espoir de liberté s'inverse en fureur pogromiste - « les mêmes hommes ». Le Bracelet de grenats est le don d'un amour si parfait qu'il en semble irréel - et imprime sa marque dans le coeur. Le Soleil liquide paraît comme un roman d'anticipation où bientôt s'abolit le mirage de la science. Longues nouvelles, romans brefs, témoignent de la « chatoyante polychromie du talent » d'Alexandre Kouprine (1870-1938), comme l'espérait l'auteur de ces traductions exemplaires.

  • Les douze Récits de vie de Kouprine se déroulent dans la Russie tsariste de 1900 à 1917 en passant par la révolution de 1905. Ils nous font entrer dans la vie quotidienne et les antagonismes des catégories sociales de la société de cette époque : les partis politiques nouveaux (Martyr de la mode), la situation de la femme (Issu de la rue, Une vie paisible), la vie du soldat (En manoeuvres), la vie dans un foyer d'enfants (Courageux fuyards), le rôle de l'Église dans les bonnes moeurs ou la politique (Une vie paisible, L'anathème), la répression (L'offense)...

  • Sulamite

    Alexandre Kouprine

    « Mille fois l'homme croit aimer, mais une seule fois il connaît le véritable amour. Des milliers d'êtres s'imaginent qu'ils aiment, mais à deux d'entre eux seulement Dieu envoie l'amour. » Non sans correspondances peut-être avec la Salomé d'Oscar Wilde, le roman-conte poétique de Sulamite atteste la multiplicité d'inspiration d'Alexandre Kouprine (1870-1938). Une nouvelle de 1913, La Puissance du rêve, présente ironiquement un auteur connaissant enfin la consécration grâce à la Sulamite, qui est alors un opéra : voici suggérée le dépassement des genres formels dans une exemplarité mythique empruntée à l'Ancien Testament - ici le Cantique des cantiques. Et la passion qui s'affirme librement dans un moment d'apothéose n'est pas autodestructrice.

  • C'est un jeune home de vingt-trois ans qui, en 1893, publie à Saint-Pétersbourg Clair-obscur. Kouprine y dénonce l'injustice de la condition féminine, l'hypocrisie des relations matrimoniales, héritage de la vieille Russie, celle d'avant l'abolition du servage, en 1861.

  • Débarrassé de tout moralisme pesant, La Fosse aux filles provoquera un immense scandale lors de sa sortie en 1915. Ce roman réaliste établira Alexandre Kouprine comme l'une des principales figures de la littérature humaniste russe du XXe siècle.

  • Longues nouvelles traduites du russe par Henri Mongault. Les Lestrygons sont au début du XXe siècle un peuple mythique, descendant d'anthropophages, pêcheurs rivés sur la mer Noire où ils recherchent dans la rudesse et la naïveté nourriture, trésors et signes pieux, quand les touristes sont partis, et que l'auteur seul les côtoie et évoque avec affection dans ce récit de 1911. Attentif, proche des délaissés, Kouprine (1870-1938) dessine dans « La noce » le portrait d'un soudard progromiste posté dans une humble ville du shetl. «Émeraude» est ce cheval surdoué que l'on soigne jusqu'à ce qu'apparaisse une tare le rendant inapte aux concours. Des pauvres acteurs dans une troupe de fortune ignorante de l'art connaissent une solidarité secrète.

  • Monstrueuses formes obscures de la mine qui effraient un jeune mineur, monstrueuses machines de fer qu'il faut nourrir sans se lasser, monstres au service de l'argent... Dans le monde difficile de la mine et des hauts-fourneaux de la Russie des années 1890 en pleine révolution industrielle, l'amitié, l'amour, l'espoir de jours meilleurs sont aussi insatiables. L'auteur entremêle avec brio le monde du travail, le monde des affaires et celui de l'amour.

  • De nos jours, le progrès scientifi que est le moteur du progrès social. Mais s'accompagnet- il d'un progrès moral ? Quand un génial inventeur se propose de liquéfi er la lumière du soleil pour en faire une énergie inépuisable, se rend-il compte que de bêtes sentiments humains peuvent faire échouer son projet ? Dans bien des siècles, les derniers nobles seront parqués, tandis que les anciens révolutionnaires en viendront à regretter ces illustres temps d'action où il était possible de faire le sacrifi ce de soi-même. Dans un lointain passé, les rois étaient, bons, ou sots, ou cruels, mais ils étaient rois et donc respectés, même quand le sort s'acharnait sur eux.

  • Dans les six récits de ce livre, Alexandre Kouprine décrit la vie d'animaux en mettant en scène leurs relations avec les humains. Le chat est fidèle à ses maîtres. L'éléphant fait la joie d'une fillette. Les ours font face aux chasseurs. Le chien désire sa liberté. Le bouc vit chez des paysans et au régiment. Les étournaux vivent leur vie sauvage ...

  • On trouve en Amérique des hommes qui, paraît-il, murmurent à l'oreille des chevaux. En Russie, c'est l'inverse : ce sont les chevaux qui murmurent à l'oreille des hommes... Les plus grands écrivains russes ont rapporté les confidences de ces chevaux bavards, qui ont pour noms Kholstomier, Émeraude, Libussa. Réunies pour la première fois, les nouvelles de Carl Sternheim, d'Alexandre Kouprine (inédite en France) et de Léon Tolstoï (accompagnée de photos rarissimes) nous en disent long sur les pensées secrètes des quadrupèdes - et davantage encore sur celles des bipèdes. Faire parler les chevaux : ce vieux rêve d'écrivain a fini par constituer un genre à part entière, ce que, dans son introduction, Jean-Louis Gouraud appelle la littérature hippophone - et dont les trois textes rassemblés ici sont les chefs d'oeuvre.

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