• Je prefere ne pas

    Alain Schifres

    Plus de quarante ans que ce joyeux sociologue impertinent se moque des travers de notre époque. Dans ce recueil très personnel, Alain Schifres, l'auteur des Parisiens et de Sympa, nous explique avec son mauvais esprit et ses belles humeurs comment résister à cette dure époque grâce à l'évitisme dont la règle d'or est : je préfère ne pas.

  • Sympa

    Alain Schifres

    Sont plutôt sympas : les prix bas, les bons plans, la fête des voisins et le rapport qualité-prix. Sont sympas : le nouveau bébé d'Olivia, le petit libraire, les rondeurs chez une femme et l'idée, dans la soupe de cresson, d'ajouter une cuillerée de crème et un peu de ciboulette. Sont très sympas : les spectacles de rue, les applis, les cafés philosophiques, les salons de l'Agriculture et mes nouvelles sandales. Sont encore plus sympas : le même modèle en vert. D'après la vendeuse. Dilettanten. (mot ital.). Personne qui s'adonne à une occupation, à un art en amateur, pour son seul plaisir. Personne qui ne se fie qu'aux impulsions de ses goûts.

  • « Quand la langue en usage général n'est plus que du globish, en l'occurrence du global english, et qu'il n'y a plus ni invention, ni goût ni jugement, il n'y a tout simplement plus de langue. » (Barbara Cassin) Essai sur le « bas franglais », My tailor is rich but my français is poor est écrit avec verve, culture et humour.
    Extrait :
    Le jour où j'ai lu dans Elle que la rue des Rosiers est « en retour de hype », je me suis demandé ce qu'aurait dit mon grand-père.
    La quoi, mon garçon ?
    Dans le coup, si tu veux.
    Oy, aurait dit mon grand-père - semblant douter que la rue des Rosiers eût jamais été dans le coup. Moi de lui expliquer ce qu'est la hype : la fine pointe de la mode, celle-ci ayant elle-même laissé le pas à la fashion, ce mot froissé, et ses fashionistas qui, courant les spots, hantent les flagships et les concept stores (et donc s'en revont shoper dans la rue des Rosiers) avant, tout le foutu fash'pack, de se ruer à la fashion week et pousser des waows à la vue du front row où sourit, énigmatique et frangée, la lèvre repulpée, l'éternelle « toute puissante directrice de Vogue », et, voletant autour, côté red carpet ou backstage, toute la faune des catwalks, la nuée des it girls, des trendsetters et des gay friendly, les beautistas overstated du glam et celles, casual, du street style, tout cela likant, tweetant et bourdonnant du fashion buzz, lequel annonce, écoute ça Pépère, à l'heure que j'écris : le comeback de la sock.
    La chaussette. Son retour.
    Oy, aurait répété mon pépé (c'était un peu chez lui comme le Ugh chez les Indiens des Plaines). Venu avant 14 d'on ne sait quelle Carpathe, il se serait vu repartir de zéro : Mais quelle langue parles-tu, mon garçon ?

  • C'est pour se libérer de la sottise qu'il voyait partout que Flaubert entreprit son fameux Dictionnaire des idées reçues. Pouvait-il rester autrement qu'inachevé ? La bêtise est une énergie du langage, le confort du poncif, le moelleux du convenu. Plus d'un siècle a passé. Telle idée toute faite s'est défaite et dix l'ont remplacée. Lieux communs, tics et préjugés ont fermenté comme des hydrocarbures. Le sol est riche, il suffit de creuser.


    Utilité du Nouveau Dictionnaire : à propos de n'importe quoi, il vous met sous la main une idée prête. En un temps où chacun de nous, surinformé - ou croyant l'être -, et sondable à merci, est tenu d'avoir sur tout chose un avis, cet ouvrage pratique vous autorise à soutenir la conversation sans élever le débat. En quoi, il participe des arts de la table. Tant il est vrai qu'à travailler les esprits s'échauffent et ce sont alors les plats qui refroidissent.


    La pensée Moulinex libère le gourmet. Aussi, bon appétit.


    A travers ses chroniques de L'Express et ses manuels de sociologie ironique - Les Parisiens, Les Hexagons - Alain Schifres observe avec humour et brio ce qu'il a sous son nez. Son Dictionnaire dessine en filigrane le portrait d'une époque.

  • La chute des corps

    Alain Schifres

    " Je suis né le visage bleu, étranglé par le cordon, et depuis il m'arrive sans arrêt des bêtises.
    Laura dit que mon karma veut ça. C'est tout toi ! s'écrie-t-elle. Et la voilà partie de ce rire fracassant qui m'avait fait penser à un déraillement la première fois qu'il avait résonné à mon oreille, à la piscine Deligny, alors que je tombais en tournoyant du plongeoir, telle une mouette foudroyée. Laura se moque, mais elle sait combien l'existence est déroutante et bizarre. Pour maman au contraire, peut-être parce qu'elle avait un camelot pour mari, un de ces "raconteurs d'histoires", l'extraordinaire équivalait au mensonge.
    Le soir où, rentrant de l'école en marche arrière, j'avais heurté un réverbère, elle a fait un foin de tous les diables. Mon Dieu, ce sang. Qui t'a assommé ? Quel est le voyou ? Je veux son nom, Robby. Ainsi sont beaucoup de gens, ils n'imaginent pas qu'on aille dans la vie à reculons. " Robin Bronski a hérité de son père, " marchand volant de l'âge d'or ", une verve poétique truculente, et de sa mère une solide névrose.
    Le blues de ce sexagénaire anxieux se transforme en une confession drôle et pétillante, pleine d'ironie par sa jeunesse, ses illusions et ses amours.

  • Les parisiens

    Alain Schifres

    • Lattes
    • 1 Septembre 1990

    Qu'arrive t-il quand on entasse 1 500 000 provinciaux dans un brave vieux fond de cuvette sédimentaire, fréquenté depuis Clovis par les rois de France et depuis dix ans par les Japonais ?
    Des Parisisens pur jus, sujets de ce livre, où le point de vue de l'humoriste croise le regard de l'entomologiste, sans oublier la démarche du linguiste ni l'approche de l'anthropologue, domaines où l'auteur, page après page, se révèle d'une parfaite ignorance.
    Sans dévoiler l'intrigue, on peut révéler ce dont chacun sera bientôt convaincu : en dehors d'une poignée de gens qui sont réellement frapadingues, les Parisiens sont tous à peu près fous...
    Les amoureux de la capitale trouveront dans cet ouvrage des raisons suplémentaires de l'aimer (et quelques motifs à s'en dégoûter). Ceux qui détestent Paris, grâce à lui le haÏront plus encore (à moins qu'il ne les fasses changer d'avis).
    Alain Schifres Extrait de l'Avertissement laissé à l'entière responsabilité de l'auteur, également journaliste au Nouvel Observateur. L'éditeur tient toutefois à préciser qu'il tient cet ouvrage pour le plus drôle depuis Les carnets du Major Thompson.

  • J'ai publié naguère un Dictionnaire amoureux des menus plaisirs. Les gens étaient perplexes. Voilà ce que déteste un auteur : le client embarrassé. Je ne parle pas d'un éditeur. " Ce qu'il faut, m'a dit le mien, c'est parler aux gens. Les menus plaisirs, c'est bien joli, ça chatoie, mais il y en a tant et tant, cela se décline à l'infini ; au bout du compte, cela ne veut rien dire. " Ainsi, si le premier titre pouvait prêter à confusion avec certains divertissements à la cour de Versailles, le nouvel intitulé ne concerne que des bonheurs simples comme l'oeuf mayonnaise, la vibration de la lumière un matin d'été, le voyage en train, les coquillettes ou bien encore la nuque des femmes. Le bonheur, personne ne sait ce que c'est, mais tout le monde l'éprouve de temps en temps. Au lieu d'empiler mes menus plaisirs comme des cubes, j'ai voulu partager mon bonheur comme un gâteau.
    A. S.
    Alain Schifres a été journaliste au Nouvel Observateur et à L'Express. Il a écrit plusieurs essais et romans, dont Les Parisiens, Les Hexagons, Le Nouveau Dictionnaire des idées reçues, La Chute des corps et Inventaire curieux des choses de la France.
    Dessins d'Alain Bouldouyre

  • Qu'est-ce qui fait courir l'homme, comme d'ailleurs la femme ? le bonheur.
    Les bonheurs, plutôt. ces petits plaisirs succulents, intimes, inattendus, et qu'on savoure sans se presser. alain schifres a, pour nous les faire partager, le sens de la formule et du raccourci. exemples au fil des pages : " fumer la pipe donne de l'épaisseur au frivole, de la contenance au timide, du flegme à l'impulsif. le colérique en est adouci, le tueur en passe pour débonnaire et l'inconstant pour un homme d'habitudes.
    La caractériel s'amollit en bourru et le policier s'arrondit en maigret. c'est un vice qui nous pare de vertus. " " l'homme s'est définitivement séparé du singe quand les cacahuètes salées sont entrées dans les moeurs. " l'auteur n'a pas ménagé sa peine : quant au lecteur, il ne boudera pas son plaisir. ce dictionnaire est leur récompense à tous les deux.

  • Cet inventaire très curieux et fort amusant nous offre une vue en coupe de la France d'hier et d'aujourd'hui. L'auteur y célèbre les produits qui ont traversé le XXe siècle : le savon Cadum, le cachou Lajaunie, le petit Lu, la toile de Jouy, le roquefort, la pointe Bic, etc. mais tout aussi bien ce qui parfume d'un peu d'éternité notre folklore quotidien, à savoir : le béret, le terroir, le système D, le buffet Henri II, le savoir-vivre ou bien encore la marseillaise. Ainsi, sur la France en général et les Français en particulier, Alain Schifres pose une loupe amusée sur nos manies, nos travers, nos expressions favorites, en un mot sur une exception française qui a bien du charme. Cet inventaire est à ce point récréatif, tant l'écriture de l'auteur possède de réels bonheurs d'écriture que son livre mériterait d'être remboursé par la Sécurité Sociale.

  • Le cousin

    Alain Schifres

    • Lattes
    • 27 Août 1997

    SURVIVRE PEUT ÊTRE AUSSI TERRIBLE QUE MOURIR Toute seul dans sa grande maison londonienne, Elisabeth essaie de racommoder une vie effilochée après une rupture douloureuse. Elle vient de se séparer de l'homme avec lequel elle vivait depuis sept ans et se retrouve de plus en plus isolée, avec pour toute compagnie son chat, sa musique et un thriller violent et venimeux qu'elle traduit en tchèque.
    Mais, à mesure que l'été s'enfuit et que les jours raccourcissent, le poison violent et sensuel de la traduction s'insinue dans ses rêves et de drôles de choses se passent dans la maison.
    L'un de ses disques compacts préférés disparaît. Pas de quoi s'affoler, il a dû tomber derrière le buffet de la cuisine, ou bien son ex-amant l'a pris par erreur en passant à l'improviste. Ce n'est en fait qu'un prélude...
    Quelqu'un s'est introduit chez elle ? Elizabeth fait changer les serrures. Mais les bizarreries continuent. Serait-ce un esprit malin, un farfadet en colère, ou est-elle tout simplement en train de perdre la tête ?
    Et puis, une nuit, Elizabeth se réveille à quatre heures du matin et soudain, le coeur chaviré, elle sait qu'elle a toute sa raison. Cette nuit-là, elle découvrira que survivre peut-être aussi terrible que mourir...


    Sarah Dunant est l'auteur de six romans policiers dont Beauté fatale et Poison mortel. Lauréate du Silver Dagger Award, elle tient des chroniques culturelles à la radio. Sensuel et sulfureux, Transgression est son cinquième roman traduit en français.

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