• En dépit de la prolifération des publications dont le paysage fait l'objet depuis une quarantaine d'années, nous manquons d'un véritable traité théorique et systématique. Le livre d'Alain Roger comble ce vide.
    L'auteur s'attache à exposer, dans une langue accessible au plus large public, les principales questions que soulève, aujourd'hui, la notion, si maltraitée, de «paysage». On trouvera donc ici une histoire du paysage occidental - Campagne, Montagne, Mer -, ainsi qu'une réflexion sur les débats qui divisent actuellement les spécialistes : quels sont les rapports du paysage et de l'environnement? Qu'en est-il de cette mort annoncée du paysage? Quelle politique convient-il de mener dans ce domaine?
    L'ouvrage est engagé. Il dit son refus de tous les conservatismes. Il se veut aussi ludique - le paysage peut-il être érotique? - et, surtout, optimiste. L'hommage aux artistes qui, siècle après siècle, ont inventé nos paysages se double d'une confiance fervente en tous ceux qui poursuivront cette aventure esthétique, à condition que nous ne restions pas prisonniers d'une conception frileuse et patrimoniale du paysage.

  • Notre époque voit se multiplier, dans la confusion des repères et du vocabulaire, des conflits qui témoignent que le paysage devient un enjeu social d'une importance déterminante.
    Il importait de mettre en relief quelques idées fortes, combinant unitairement diverses échelles d'espace et de temps pour saisir, de manière cohérente, pourquoi la notion de paysage n'existe ni partout ni toujours, pourquoi la société française de cette fin de millénaire est si avide de paysage, pourquoi, suivant les cas, le passage d'une autoroute peut massacrer ou au contraire aviver l'identité d'un lieu...
    Pourquoi, en somme, le paysage, en dépit de son apparente évidence, est une invention toujours nouvelle de la réalité.
    D'où ces cinq propositions pour y voir plus clair dans notre paysage - notre façon de voir le monde, laquelle a subi au xxe siècle une mutation d'ampleur équivalente à celle qui, au début des temps modernes, vit apparaître consécutivement la notion de paysage et le point de vue scientifique.
    Cinq propositions qui articulent cette mutation cosmologique - ce bouleversement de l'ordre que nous voyons dans le monde - aux problèmes d'aménagement concrets qui se posent à une société en quête d'identité à travers le sens de son environnement.

  • Existence amont

    Alain Roger

    Un récit d'enfance sur Saint-Nazaire, mais aussi une réflexion sur la ville dans une langue très poétique.

  • Qu'est-ce que la bêtise ? Comment est-elle possible ? En dépit de quelques tentatives (Flaubert, Bloy, Barthes, Deleuze), personne ne s'est vraiment essayé à répondre à ces questions simples et essentielles. La philosophie a failli à sa mission, et c'est à réparer cet oubli que s'emploie Alain Roger.
    On s'est fourvoyé quand on a voulu voir dans la bêtise une chute dans l'animalité. Elle devrait être définie, non par rapport à l'intelligence, mais de façon autonome. Loin donc de dénoncer l'irrationalité de la bêtise, comme si elle enfreignait les lois de la raison, Alain Roger montre au contraire qu'elle s'autorise de celles-ci, et même s'en réclame avec fatuité : " La bêtise n'est pas une carence ni une déficience : si elle pèche, c'est par excès. " Ce qu'il nomme la raison suffisante.
    Face aux carences de la philosophie, Alain Roger se tourne vers la littérature et le théâtre. L'abondance des références littéraires donne à penser que la bêtise est d'abord l'affaire des écrivains : " On pourrait même se demander s'ils ne l'ont pas inventée. " Une des fonctions de la comédie, et la principale peut-être, serait ainsi de " nuire à la bêtise " et, par la catharsis du rire, de nous en délivrer. Rappelons que le mot bréviaire désignait autrefois un livre de prières destiné à se prémunir du Malin...

  • On ne voit jamais mieux le monde que depuis ses marges : conviction partagée par les protagonistes de ce récit, dans lequel le lecteur retrouvera le lieutenant de police Kermahé, confronté une seconde fois dans sa courte carrière aux réalités urbaines et sociales. Comme dans son précédent roman - À dégager voie douze -, l'auteur a construit son intrigue en partant de ces paysages qu'il fréquente assidûment, intégrant leurs contrastes dans un itinéraire qui mène de Villeneuve-Saint-Georges à Aulnay-sous-Bois.

    Dans le second volet de ce qui est devenu un diptyque consacré à la banlieue, la géographie des destins se dessine peu à peu, traçant des routes, discutant des frontières et des points de passage, redonnant un semblant d'ordre au monde romancé.

  • Embellir le regard et, par lui, la nature, c'est la fonction de l'art. L'histoire du nu est celle du regard que les hommes ont porté sur la nudité, la chronique somptueuse de leur délectation. Mais l'art ne se borne pas à fonder la beauté naturelle. Il modèle les moeurs. Il donne forme et norme aux comportements. La sexualité est soumise à ses modes. Une enquête sur le nu dans les paysages.

  • Isotopes

    Alain Roger

    Stan Kaminsky, son ancien coéquipier et instructeur, réservait au lieutenant de police Sauveur Kermahé un ultime enseignement. Par-delà la mort, la banlieue, théâtre de leur première rencontre, leur permettra de nouer un dernier dialogue où il sera question de liberté et de promenades dans la ville. Que savaient-ils, finalement, l'un de l'autre ? Et d'eux-mêmes ? Sans l'insistance de ces deux personnages, imaginés voici bientôt dix ans pour arpenter la banlieue*, ce livre n'aurait peut-être jamais vu le jour.

    Isotopes tente de composer une sorte de portrait fractionné, des hommes comme des lieux.

  • Remission

    Alain Roger

    Eric Lemaire, atteint de leucémie, met à profit sa seconde rémission pour se racheter auprès des femmes qu'il a meurtries. Il y va, croit-il, de sa survie. Ce libraire épicurien, grand amateur de femmes, de livres et de vins, s'engage alors dans la voie dramatique de la rédemption, qui le pousse à commettre le pire : l'inceste et le crime. Eric Lemaire est au centre d'un récit constellé de femmes : Cécile, Solange, Dominique le petit androgyne d'autrefois, épouse résignée d'un pharmacien lepéniste, et Viviane, la soeur d'Eric, tour à tour tendre et agressive ; d'autres encore : Ingrid, Odile, Marion aux seins ronds et dorés, Isabelle, indolente et droguée, Dédée d'Envers, la Belge truculente ; mais surtout, Seloua Noureddine, la jeune Beur, figure de la grâce, dont l'arrivée mystérieuse bouleverse la rémission. ({Rémission}, n.f. : diminution temporaire des symptômes d'une maladie mais aussi, grâce, pardon, salut.) Par l'auteur de {la Travestie}.

  • La travestie

    Alain Roger

    Nicole Armingault, avocate, mène une vie terne et austère. Mais la nuit venue, elle s'enflamme depuis qu'elle a découvert son plaisir solitaire : se travestir, donner le change. Bientôt, ces jeux vestimentaires ne lui suffisent plus. Il lui faut d'autres vies, de vraies métamorphoses. Elle abandonne tout, s'enfuit à Paris où, anonyme, elle pourra se livrer corps et âme à son vice, n'être plus enfin que la Travestie. Commence alors un voyage de ville en ville, de femme en femme ; Myriam, Solange, Anne-Marie, Christine, Marianne, Annie, autant de proies pour Nicole, dont c'est désormais l'obsession : voler la vie des autres, prendre leur place même au prix du crime. Elle sera tour à tour proxénète et prostituée, professeur et femme de ménage, enceinte et à l'agonie, avec la même fièvre, le même oubli de ses mues antérieures, la même fascination de la féminité.

  • Par delà le Vrai et le Faux est un essai libre de jeunesse qui souhaite révolutionner la philosophie et son approche. Ecrit en 1964-1965, il préfigure l'explosion de 1968. Texte riche, fort et clair qui mêle des essais et des textes en prose. Il ne fut jamais publié mais il aura été fondateur de la vision de la philosophie d'Alain Roger, aujourd'hui largement reconnu en tant que philosophe (Bréviaire de la bêtise, Gallimard, 2008) et écrivain (Jérusalem !, Jerusalem !, Gallimard, 1965).
    Ce texte sera lu et recommandé par Gilles Deleuze, professeur et ami d'alors d'Alain Roger. Voici ce qu'en dit Alain Roger lui-même dans son avant-propos : " il fut rédigé voilà un demi-siècle, au cours des années 1964-1965. J'émergeais alors d'une décennie ingrate, essentiellement vouée aux tâches universitaires (préparation du concours d'entrée à l'ENS de la rue d'Ulm, agrégation de philosophie), puis aux servitudes militaires (grenadier-voltigeur au 5ème Régiment d'infanterie).
    Libéré de ces contraintes, je vécus alors une sorte d'état de grâce, une période d'euphorie et d'effervescence intellectuelle, s'exprimant par une compulsion littéraire et libertaire qui n'était pas sans analogie avec l'écriture automatique des surréalistes (...) On sortait à grand' peine de la guerre d'Algérie (1954-1962), qui coïncidait avec mes années d'austérité, je voyais des policiers partout, dans la rue comme dans la pensée, et j'aspirais plus ou moins consciemment à une sorte de mai 68, qui révolutionnerait la philosophie, sans aucune obédience idéologique.
    J'étais plutôt, même si ce mot ne figure pas dans mon manuscrit, un anarchiste de l'écriture. Ni Dieu, ni maître ! Pas même Nietzsche. (...) "

  • L'île grecque d'Hydra : motif autour duquel s'est construit ce recueil de poésie qui s'autorise des incursions dans le champ du carnet de voyage, de la prose descriptive ou du journal intime. Chaque circonstance ou chaque épisode des déambulations de l'auteur dans l'île, chaque observation ou chaque pensée devenant, finalement, dans cette approche sensible du lieu, prétexte à passer de la poésie de l'espace à l'espace de la poésie.

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