• « La Cinquième République a accompagné toute ma vie et ses Présidents -nos Rois- aussi : d'abord de loin, puis de plus près, enfin de très près.
    De là l'envie d'un regard rétrospectif sur cette cohorte de huit monarques, qui se veut aussi distancié vis-à-vis du mythe de De Gaulle que d'un Emmanuel Macron que j'ai vu naître à la politique. ».
    A.M De Gaulle, la dialectique des contradictions ; Pompidou, le génie de la normalité ; Giscard d'Estaing, un être paradoxal ; Mitterrand, du bon usage de Machiavel ; Chirac, un hussard nihiliste ; Sarkozy, un entrepreneur en politique ; Hollande, un journaliste guerrier ; Macron, un ovni « habité » : ces huit portraits à la pointe sèche restituent à la fois la quintessence des hommes et des époques, avec des saillies surprenantes, des jugements inattendus, des confidences savoureuses.
    Une histoire de France en accéléré, qui montre bien, au fil de la Vème République, la dépossession progressive du pouvoir et la difficulté croissante à l'exercer, au sommet de l'Etat.

  • «  La vie m'a donné, depuis quarante ans, l'opportunité de me trouver au carrefour de plusieurs mondes  : économique, politique, médiatique, intellectuel. Ils constituent, à eux quatre, l'essentiel de ce que les populistes baptisent «  le système  » afin de mieux le vomir et de ce qu'ils nomment avec hostilité «  les élites  » afin de les vouer à la vindicte publique. Aussi la tentation m'est-elle venue de décrire «  le système  » de l'intérieur, tel qu'il m'est apparu et que je l'ai vu se métamorphoser.
    C'est sans doute, de ces quatre mondes, le politique qui a le plus persévéré dans son être et l'univers médiatique qui a été le plus bouleversé. La vie capitalistique et la sphère intellectuelle se sont contentées de muter sans que leurs fondamentaux aient volé en éclats.  »A.M.Analyses, portraits, récits, souvenirs, confidences: ce livre bref est certainement la meilleure introduction au fonctionnement réel de quatre piliers du pouvoir français et de leur évolution dans les dernières décennies, par un «  frontalier  » qui les connait tous de l'intérieur et qui n'a pas peu contribué à les rapprocher.

  • Treize ans après s'être essayé au même exercice avec Ce monde qui vient , Alain Minc se lance dans Une humble cavalcade dans le monde de demain.
    Il analyse ici les questions fondamentales que l'on peut se poser depuis la France sur l'avenir du monde et qui, selon les réponses qui leur sont apportées, devraient guider la vision stratégique et les décisions politiques d'un véritable homme d'Etat.
    La montée irréversible de l'inégalité peut-elle conduire à une forme de révolution ? Compte tenu des munitions utilisées pour surmonter la crise économique et financière de 2008-2009, et donc de l'impossibilité de les employer à l'avenir, la prochaine crise risque-t-elle d'être finale? Quel sera le dénouement de la guerre de trente ans qui s'est ouverte au Levant ? La démocratie libérale que nous avons crue éternelle après la chute du communisme est-elle durablement menacée par la vague populiste ? Désormais privé de chef, les Etats Unis s'étant mis aux abonnés absents de l'Histoire, le monde est-il condamné à une instabilité chronique ? Les Etats sont-ils confrontés de la part des GAFA à un défi mondial qu'aucune entreprise n'a jamais porté à ce degré et dont ils n'ont pas la solution ? Existe-t-il d'autres espoirs en matière d'environnement que de faire un pari sur l'addition des décisions égoïstes prises par chaque gouvernement et non sur d'illusoires accords internationaux ? L'Europe se ferme-t-elle les yeux sur la bombe démographique que lui jette l'Afrique ? Et d'autres interrogations de cette ampleur qui dessinent les lignes d'horizon à partir desquelles s'inscrira à l'avenir l'action publique, au-delà des vicissitudes du quotidien et des soubresauts journalistiques d'une actualité myope.

  • Au rythme de chapitres brefs et enlevés qui sont autant d'étapes, de Vercingétorix jusqu'à aujourd'hui, Alain Minc nous raconte une histoire de France qui surprend et qui séduit.
    Promeneur de l'histoire, il nous fait découvrir des chemins encore inexplorés, de Sully à Pinay, de Turgot à Mendès France. Il s'autorise tout ce qui est interdit aux historiens de métier : rompre les enchaînements de faits ; illustrer le passé par le présent en de saisissants rapprochements (Louis XI était-il mitterrandien ?) ; créer sa propre hiérarchie des points de bascule de notre roman national au mépris des vérités établies...
    Au terme de ce braconnage sur les terres historiennes, cette vaste fresque objective, colorée par un regard subjectif, recompose une histoire personnelle de la France, passionnante de bout en bout.

  • Existe-t-il encore un intérêt collectif quand nul ne s'en estime responsable

  • Spinoza un roman juif

    Alain Minc

    Spinoza est le premier d'une généalogie très particulière, celle de ces marginaux juifs, tous en lisière de leur communauté et parfois en opposition violente avec elle, tous intellectuels de rupture, tous sans ascendant, mais tous à l'origine d'une descendance, souvent éblouissante ou parfois peu honorable.
    Spinoza, Marx, Freud, Einstein : étonnant quadrige qui illustre l'idée, guère acceptable pour les autorités établies de la communauté juive, que le judaïsme n'est jamais aussi décisif sur le cours de l'humanité que lorsqu'il s'installe hors de ses propres murs. C'est à la lisière de la pensée juive que les juifs sont les plus créatifs : le Talmud comme méthode, le monde comme horizon, le porte-à-faux comme démarche.
    Franc-tireur d'un peuple lui-même cardinal et marginal : existe-t-il meilleure posture intellectuelle ? Le judaïsme d'aujourd'hui se plaît à annexer Spinoza parmi les grands ancêtres ; le fait-il, comme toutes les institutions établies, par un réflexe intelligent de récupération ? Ou est-il prêt à concéder que l'esprit juif est à son meilleur lorsqu'il emprunte les chemins de traverse et se joue des frontières intellectuelles ?.

  • Alain Minc
    Ce monde qui vient

    Depuis que l'Histoire s'est remise en mouvement, après la chute du communisme, tout, partout, sans cesse, n'en finit pas de se transformer.
    A quoi, dès lors, ressemblera ce monde qui vient oe

  • L'optimisme historique s'efface : un règne de plus de trois siècles s'achève, qui avait postulé à la fois le progrès et l'ordre. Progrès, croyait-on, de notre civilisation, puisque, malgré ses faux pas, l'Histoire se devait d'aller dans la bonne direction : le millénarisme communiste n'aura fait que pousser jusqu'à l'absurde cette conviction. Ordre, parallèlement, du monde qui finissait par trouver un équilibre, impérialisme, colonialisme ou concert des nations aidant... Un cycle ne se bouclerait-il pas qui, par une apparente régression, nous ramènerait vers un nouveau Moyen Âge ?
    Tout ne procède certes pas de la chute du communisme, mais tout s'y ramène. À l'aune des grands effondrements, l'onde de choc est sans égale depuis peut-être la disparition de l'empire romain. L'après-communisme ne se résume ni au triomphe incontesté de l'économie de marché, ni à la vengeance des nations, ni à un hypothétique imperium américain. C'est cette incapacité de découvrir le principe fondateur du monde postcommuniste qui, à sa manière, nous ramène à un nouveau Moyen Âge.
    À nous de penser l'incertain avec le même soin qu'autrefois le probable, d'inventer de nouveaux concepts, de réestimer le rôle de l'État, d'essayer de réagencer les jeux complexes de poulies et de contrepoids qui structurent les rapports internationaux. Hier, nous avions le droit d'être fatalistes par optimisme ; nous devons désormais être audacieux par pessimisme.

  • L'âme des nations

    Alain Minc

    "Ce livre ne se veut ni un traité des relations internationales, ni un essai ethnographique. Il part d'une conviction forgée au rythme d'innombrables lectures, toutes faites avec la liberté du promeneur et la nonchalance de l'amateur. Le sentiment s'est ancré de plus en plus fort en moi que les pays, comme les individus, ont un ADN et que si, pour eux aussi, un partage s'est établi entre l'inné et l'acquis, leur nature profonde a largement conditionné leur comportement sur la scène internationale. Loin de moi l'idée de croire, pour les Etats, à un déterminisme génétique, mais rien n'est explicable dans leurs actions, leurs attitudes, leurs ripostes sans avoir aussi à l'esprit les ressorts de leur identité, telle qu'elle a pesé sur leurs relations au monde. De là la quête inachevée, superficielle, contestable, voire provocante de l'ADN des acteurs qui occupent, depuis un demi millénaire, le théâtre européen."

  • « L'intellectuel moderne naît, à mes yeux, au XVIIIe siècle, lorsqu'il échappe à la mainmise royale et à l'omniprésence religieuse.
    C'est la société qui constitue désormais son bain amniotique et non plus la monarchie et l'Eglise. Il prend place pour un face-à-face avec le pouvoir : cet affrontement définit son identité autant que le travail de création. L'intellectuel pense le monde : les mots sont des actes, les idées des armes, les théories des canons. C'est une spécialité très française. C'est donc à la rencontre de ce personnage que je suis parti.
    En quête aussi d'une réponse à une question lancinante : pourquoi les intellectuels français se sont-ils mis, au fil des décennies, à penser de plus en plus faux ? Pourquoi parviennent-ils à mener souvent des combats empreints d'humanisme et simultanément à divaguer idéologiquement ? Pourquoi la nuance, la mesure, l'équilibre sont-ils devenus aux yeux de la plupart, y compris aujourd'hui, des mots obscènes ? De même qu'historien du dimanche j'ai osé une Histoire de France, intellectuel de pacotille, je prends le risque de plonger au coeur de la corporation la plus durablement puissante de notre pays.
    De multiples pas de côté, des impasses voulues, des choix assumés, des raccourcis osés, des coq-à-l'âne délibérés, d'innombrables jugements à l'emporte-pièce ; tous les ingrédients sont là d'un procès en sorcellerie. Mais un peu de mauvaise foi souriante n'est pas interdit vis-à-vis des intellectuels qui cultivent souvent la mauvaise foi grinçante. »A. M.

  • Au nom de la loi

    Alain Minc

    Je ne suis ni mis en examen, ni juge d'instruction, ni magistrat du siège, ni procureur, ni avocat, ni professeur de droit, ni conseiller d'Etat, ni membre du Conseil constitutionnel, ni plaideur, ni juriste, ni légiste, ni arbitre, ni constitutionnaliste.
    Autant de raisons de garder un silence prudent et sage face au moloch judiciaire. Bien davantage que toute autre institution publique ou privée, la justice exige des lettres de créance en bonne et due forme de tous ceux qui ont l'outrecuidance de s'intéresser à elle. N'en ayant aucune, sauf le droit légitime du citoyen éclairé de s'interroger sur la révolution clandestine qui, sans crier gare, a bouleversé en France la hiérarchie des pouvoirs, et muni pour tout viatique d'une naïveté à la Candide, je m'autorise un aveu : s'il est un domaine où le discours " politiquement correct " va au-delà du supportable, c'est bien la justice.

  • Antiportraits

    Alain Minc

    Ce livre est un choix hédoniste.
    Ces hommes d'Etat m'ont toujours, les uns intéressé, les autres fasciné. A force de les fréquenter, ils finissent, dans l'esprit et dans la mémoire, par se répondre. Pourquoi, dès lors, suivant un procédé qui a eu de bien illustres précédents, ne pas les mettre face à face ? Frédéric II et Richelieu sont aussi différents que leur action a été proche : ce pervers et ce monstre sont à la fois dissemblables et voisins, Bismarck et Clémenceau, le conservateur révolutionnaire et le Révolutionnaire conservateur, ressemblent aux deux pôles d'une même histoire, celle si longtemps incompatible de l'Allemagne et de la France.
    Disraeli et Churchill, le Byron conquérant et le Falstaff résistant, témoignent de cette particularité si britannique de n'engendrer de grands chefs qu'excentriques. Harry Truman et Helmut Kohl, ces médiocres de génie, illustrent un style d'hommes d'Etat auquel la France, trop aristocratique et trop élitiste, est peu habituée : ils incarnent cette réalité étrange, la banalité du bien. Appariés à partir d'une mitoyenneté, d'un contraste ou d'un ressort identique, ces quatre couples ont davantage fait l'histoire qu'elle ne les a fabriqués : sans eux, elle aurait, pour le mal ou pour le bien, pris une route différente.
    A leur manière et parmi tant d'autres, ils témoignent que rien n'est jamais écrit et que ni le destin, ni la fatalité, ni pour beaucoup la Providence ne sont nos seuls maîtres.

  • La social-démocratie classique et l'Etat providence, non contents d'être devenus complètement incapables d'arbitrer les problèmes qui leur sont soumis, ont de plus en plus d'effets pervers. Le vieux discours sur la "justice sociale" ne sert, bien souvent, qu'à produire plus encore d'injustices. Ces nouvelles injustices, ces nouvelles inégalités, moins quantitatives que jadis, tournent, le plus souvent, autour de biens immatériels (le temps, la qualité de la vie, etc.) et induisent de nouveaux clivages sociaux. Des remèdes "révolutionnaires" sont donc nécessaires. Avec, au coeur de la thérapeutique, cette thèse qui fera scandale : c'est en faisant jouer les mécanismes du marché qu'on redonnera corps au vieux rêve égalitaire. Alain Minc reste un homme de gauche. Mais un homme de gauche moderne, rompant avec les archaïsmes de sa famille politique.Par ses thèses autant que par son itinéraire, Alain Minc fait un peu figure de modèle ou de maître à penser pour les "têtes d'oeuf" de sa génération.

  • " Le conformisme a changé de camp. Ce n'est plus le vieux conformisme bourgeois qui règne, mais un nouveau " politiquement correct " à la française. Il est l'apanage des maîtres du moment : féministes, gays, communautaristes, croisés de l'anti-mondialisation, dévots de la pureté, apôtres du populisme, parmi d'autres. Leur discours est omni présent ; leurs aspirations triomphent ; leurs fantasmes fabriquent désormais l'imaginaire collectif. La société a abdiqué devant eux, comme elle le faisait autrefois devant les seules classes dirigeantes. Etonnant renversement de perspective : est devenue dominante l'idéologie de ceux qui ont l'intelligence de se présenter encore comme les dominés. " Ni Dieu ni maître " : pourquoi le plus beau des principes ne s'appliquerait-il pas à nos nouveaux maîtres ? Pourquoi échapperaient-ils à toute interpellation? Pourquoi, exhibant, tels des quartiers de noblesse, leurs souffrances passées, ou leur marginalité d'hier, seraient-ils à l'abri de la critique qu'ils ont, à juste titre, développée à notre endroit ? " Dix épîtres à nos nouveaux maîtres pour lever cette chape de plomb :Premier épître : à nous-mêmes, les mal pensantsDeuxième épître : aux féministesTroisième épître : aux gaysQuatrième épître : aux communautaristes de tous acabitsCinquième épître : aux zélotes des " ONG "Sixième épître : aux croisés de l'anti-mondialisationSeptième épître : aux obsédés de l'anti-américanismeHuitième épître : aux dévots de la puretéNeuvième épître : aux apôtres du néo-populismeDixième épître : à nous-mêmes, hypothétiques bien-pensants

  • Pourquoi se risquer, aujourd'hui, dans un éloge vibrant de Mirabeau ? Et pourquoi célébrer, à l'heure des déferlantes populistes, un tribun réputé pour son tempérament, sa petite vérole et son jeu plus ou moins trouble entre une monarchie agonisante et une Assemblée Constituante découvrant les vertus du parlementarisme ? Sans doute parce que Mirabeau fut, en son temps, le seul homme politique qui aurait pu "arrêter la révolution" (l'expression est de François Furet) ; qui aurait pu, par son talent de démiurge et sa position d'aristocrate rallié aux principes nouveaux , prévenir la Terreur et réconcilier l'Ancien Régime avec la Révolution.
    Sa mort prématurée (en avril 1791) coïncida avec le basculement de la France dans une tourmente - qui fut, en même temps, la matrice du pire et le creuset de notre modernité politique. C'est cet homme-là qu'Alain Minc fait ici revivre : de sa folle jeunesse à sa passion interdite pour Marie-Antoinette, des vaines réformes de Necker à celles de Calonne, de ses dettes ruineuses à l'invention de la Monarchie Constitutionnelle, de sa prétendue "corruption" à son amour de la vie, de ses séjours en prison à son rôle majestueux lors de la réunion des Etats Généraux.
    Au fil de cette évocation, se dessine, en filigrane, un idéal politique : que se serait-il passé si cet homme avait pu poursuivre son oeuvre ? La France serait-elle devenue une sorte d'Angleterre ? Et les Français auraient-ils alors pris goût à ce "réformisme" auquel ils semblent, hélas, allergiques ?

  • « La société française est devenue un simple agrégat d'individus : il est urgent pour notre avenir de réinventer un contrat social.
    Dès lors que, réduit au rôle d'ingénieur de la réalité, l'Etat a perdu son rôle central, il nous faut le contourner par au-dessus et par en-dessous : d'un côté par l'utopie européenne, de l'autre par l'ennoblissement de la société du bas, celle des micro-solidarités. Ne nous trompons pas de diagnostic : le mal français n'est plus ce qu'il était. » A. M

  • Ce ne sont pas dix prophéties mais dix métaphores.
    Derrière chaque journée se glisse un événement plausible : qu'il survienne ou non, il illustre un enjeu crucial de l'avenir.

  • « L'Allemagne est désormais, à mes yeux, le pays le plus démocratique et le plus sain d'Europe. Incroyable renversement historique! Mais prisonniers de leur pessimisme et de leur anti-germanisme primaire, les Français croient le succès allemand irréversible et menaçant. Rien n'est plus faux. Cette Allemagne qui va connaître économiquement un relatif déclin, n'aspire malheureusement qu'à être une "grosse Suisse" prospère et paisible. C'est pour nous, Français, une tâche paradoxale et noble que de la pousser à ne pas être un acteur édenté mais à exercer le magistère tempéré qui lui revient. »Alain Minc

  • La france de l'an 2000

    Alain Minc

    Quels sont les grands défis de l'an 2000 ? Quelles grandes actions économiques et sociales s'imposeront à la France dans les années à venir ? Assurer une croissance sans inflation capable de favoriser l'emploi. Rendre plus efficace l'État-providence. Adapter notre système productif à la mondialisation des échanges. Sur ces problèmes-clés pour la société française, Édouard Balladur a demandé à Alain Minc d'animer la réflexion d'un large éventail de personnalités. Son rapport s'affirme déjà comme un classique.

  • Ma vie avec marx Nouv.

  • "Ce livre est le fruit d'une vieille fascination vis-à-vis des choix que les individus ont faits pendant la guerre. Fascination d'autant plus grande que je suis issu d'un milieu de juifs communistes pour lesquels l'alternative n'existait pas : s'ils ne résistaient pas, ils mourraient. De ce point de vue, les figures liées de Moulin et Bousquet sont fascinantes. Même milieu petit-bourgeois, radical, franc-maçon, républicain. Même ambition de provinciaux. Même carrière préfectorale jusqu'en 1940 avec un Bousquet plus courageux et plus brillant. Et l'un devient progressivement Moulin et l'autre Bousquet.
    Etait-ce écrit ? Non. La vie est pleine d'embranchements et de chemins de retour. Qui sait ainsi que Moulin a été pendant six mois un préfet diligent du régime de Vichy avant d'être mis à la retraite d'office ? Ne l'aurait-il pas été, quel aurait été son itinéraire ? Bousquet est pris dans l'engrenage de l'ambition et de la carrière bureaucratique - mais tout en planifiant la rafle du Vel d'Hiv, il aide des résistants. Aurait-il décidé à l'été 1943 quand la victoire alliée se dessinait de rejoindre la Résistance, qui serait-il devenu ?
    Ce livre mêle les itinéraires de Moulin et de Bousquet, du héros et du salaud, les suit pas à pas et essaie de comprendre leurs évolutions psychologiques, les décisions, les concours de circonstances, les hasards, les moments de vérité. Une vie n'est jamais complètement écrite. Il n'y a pas un ADN du bien ou du mal : c'est une lente évolution qui fait pencher d'un côté ou de l'autre."Alain Minc

  • " L'autodérision des Européens désespère. Elle alimente l'indifférence, voire le mépris des autres à notre endroit. Rançon de sa mauvaise conscience coloniale, culpabilité d'avoir engendré au vingtième siècle les pires dictatures, souvenir de sa marginalisation pendant les décennies de la guerre froide : l'Europe n'est plus fière d'elle-même. Elle se sait en déclin démographique ; elle se sent en recul économique ; elle se croit perdue ; elle rit tristement à l'idée même d'incarner un modèle de société. Or non seulement c'est le cas, mais c'est " le " modèle. A l'aune des valeurs de liberté, de justice, de démocratie, d'équilibre, il est exemplaire et même, au sens propre du terme, exceptionnel.
    Un peu de fierté, que diable ! Etre enfin fiers de ce que nous sommes constitue un préalable. L'humilité interdit toute stratégie ; la fierté l'autorise. "

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