Points

  • La domination masculine est tellement ancrée dans nos inconscients que nous ne l'apercevons plus, tellement accordée à nos attentes que nous avons du mal à la remettre en question.
    La description ethnographique de la société kabyle, conservatoire de l'inconscient méditerranéen, fournit un instrument puissant pour dissoudre les évidences et explorer les structures symboliques de cet inconscient androcentrique qui survit chez les hommes et les femmes d'aujourd'hui.
    Mais la découverte des permanences oblige à renverser la manière habituelle de poser le problème : comment s'opère le travail historique de déshistorisation ? Quels sont les mécanismes et les institutions, Famille, Église, École, État, qui accomplissent le travail de reproduction ? Est-il possible de les neutraliser pour libérer les forces de changement qu'ils entravent ?

  • Le cinquième volume des cours de Pierre Bourdieu au Collège de France, dans lequel celui-ci expose les fondements de son anthropologie économique.

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  • « Même si la souffrance sociale la plus visible se rencontre chez les plus démunis, il y a aussi des souffrances moins visibles à tous les niveaux du monde social. [.] On peut appartenir à un univers prestigieux, mais n'y occuper qu'une position obscure. Être ce musicien perdu dans l'orchestre qu'évoque la pièce de Patrick Süskind La Contrebasse. L'infériorité relative de ceux qui sont inférieurs parmi les supérieurs, derniers parmi les premiers, est ce qui définit les misères de position, irréductibles aux misères de condition, mais tout aussi réelles, et profondes. » Pierre Bourdieu Sous la direction de Pierre Bourdieu, une équipe de chercheurs s'est consacrée pendant trois ans à comprendre les conditions d'apparition des formes contemporaines de la misère sociale. La cité, l'école, la famille, le monde des travailleurs sociaux, le monde ouvrier, le sous-prolétariat, l'univers des employés, celui des paysans et des artisans, etc. : autant d'espaces où se nouent des conflits générateurs d'une souffrance dont la vérité est dite, ici, par ceux qui la vivent.

  • Ce volume rassemble les deux premières années sur les cinq que Pierre Bourdieu consacra au cours de « sociologie générale » par lequel il inaugura son enseignement au Collège de France.

    Prononcées dans une institution au sein de laquelle la place de la sociologie était encore largement à faire, ces leçons exposent d'une manière particulièrement claire et méthodique les concepts fondamentaux qu'il a développés et les différentes traditions, en philosophie et en sciences sociales, avec ou contre lesquelles il les a forgés.

    En raison de l'objectif affiché, ce cours peut être lu comme une présentation systématique de la théorie qu'il a élaborée, doublée d'une reconstruction inédite de sa genèse. Si Bourdieu a continué d'approfondir et de complexifier ses analyses au fil de son oeuvre, l'entreprise menée ici est restée sans équivalent et représente sans doute la meilleure introduction jamais donnée à son travail.

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  • Ce second volume du cours de « sociologie générale » de Pierre Bourdieu complète la présentation systématique de son appareil conceptuel et de sa démarche méthodologique.

    Après avoir insisté, au cours des deux années précédentes, sur les notions d'habitus et de champ, Bourdieu consacre une large part des trois suivantes à celle de capital. Attentif aux difficultés de la transmission des savoirs, le sociologue réorganise par ailleurs son cours en le divisant en deux parties. La première, appelée « leçon », poursuit la présentation formelle de sa théorie. La deuxième, baptisée « séminaire », est quant à elle consacrée à des études de cas. Cet exercice de synthèse, jamais vraiment renouvelé par Bourdieu, offre ainsi un exposé particulièrement accessible et vivant de l'une des entreprises théoriques les plus exigeantes en sciences sociales.

  • Message destiné à être déchiffré, la parole est aussi un produit et un instrument de pouvoir : on peut agir avec des mots, ordres ou mots d'ordre. Mais la force qui agit à travers les mots est-elle dans les paroles ou dans les porte-parole ou, plus justement, dans le groupe même sur lequel s'exerce leur pouvoir ? Il faut intégrer des traditions théoriques fictivement opposées pour construire une théorie du pouvoir symbolique, outil indispensable pour comprendre son terrain d'exercice privilégié, celui de la politique. La politique n'est pas le seul lieu où opère la violence symbolique, cet abus de pouvoir d'autant plus pernicieux qu'il s'exerce dans et par son invisibilité : seule une forme très particulière d'analyse du discours peut le débusquer là où l'on s'attendait le moins à le trouver.

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  • Transversale à l'oeuvre de Pierre Bourdieu, la question de l'État n'a pu faire l'objet du livre qui devait en unifier la théorie. Or celle-ci, à laquelle il consacra trois années de son enseignement au Collège de France, fournit à bien des égards la clé d'intégration de l'ensemble de ses recherches : cette « fiction collective » aux effets bien réels est à la fois le produit, l'enjeu et le fondement de toutes les luttes d'intérêts.
    Dévoilant les illusions de la « pensée d'État », vouée à entretenir la croyance en un principe de gouvernement orienté vers le bien commun, il se montre tout autant critique à l'égard de l'« humeur anti-institutionnelle », prompte à résumer la construction d'un appareil bureaucratique à une fonction de maintien de l'ordre social.
    Mais cette transcription donne aussi à lire un « autre Bourdieu », d'autant plus concret et pédagogue qu'il livre sa pensée en cours d'élaboration.

  • C'est au XIXe siècle que se construit un univers littéraire et artistique pleinement arraché aux bureaucraties d'état, à leurs académies et aux canons du bon goût qu'elles imposaient.
    Pierre Bourdieu, décrivant la structure du champ littéraire dans ses configurations successives, montre d'abord ce que l'oeuvre de Flaubert doit à la constitution du champ, c'est-à-dire en quoi Flaubert écrivain est produit par ce qu'il contribue à produire.
    En définissant la logique - sublimée dans les oeuvres - à laquelle obéissent écrivains et institutions littéraires, Pierre Bourdieu pose les fondements d'une science des oeuvres, dont l'objet serait la production non seulement de l'oeuvre elle-même mais aussi de sa valeur.
    Loin d'anéantir le créateur sous l'effet des déterminations sociales liées à son milieu d'origine, l'analyse de l'espace des possibles qui sont inscrits dans un état déterminé du champ permet de comprendre le travail que l'artiste doit accomplir, contre ces déterminations et grâce à elles, pour se produire comme créateur, c'est-à-dire comme sujet de sa propre création.

  • Le discours économique classique repose sur des postulats qu'il présente comme allant de soi : offre et demande posées de façon indépendante, individu rationnel connaissant son intérêt et sachant faire le choix qui y correspond, règne inconditionnel des prix... Or il suffit d'étudier de près une transaction, comme Pierre Bourdieu le fait ici à propos du marché de l'habitat pavillonnaire, pour s'apercevoir que ces principes ne rendent pas compte de la réalité. Si leur abstraction illusoire est critiquée aujourd'hui par certains économistes, il faut aller plus loin : l'offre, la demande, le marché, et même l'acheteur et le vendeur sont le produit d'une construction sociale, de sorte qu'on ne peut décrire adéquatement les processus dits « économiques » sans faire appel à la sociologie.

  • C'est sur une terre bouleversée et dans un climat intellectuel polémique que Pierre Bourdieu va forger les principaux outils de sa compréhension du monde social, à l'occasion d'un travail sur la parenté, l'économie et les rituels kabyles. Esquisse d'une théorie de la pratique et les trois études ethnologiques qui précèdent cet essai fondamental nous font pénétrer dans l'atelier où Pierre Bourdieu a élaboré les concepts majeurs de sa théorie du monde social.

    Pierre Bourdieu (1930-2002) :
    Professeur au Collège de France, il a écrit de nombreux ouvrages qui ont une influence majeure dans les sciences sociales aujourd'hui.

  • Ce livre présente la théorie anthropologique que Pierre Bourdieu a dû construire pour fonder sa recherche scientifique. Qu'il prenne à revers, pour mieux les résoudre ou les dissoudre, les problèmes que les philosophes " structuralistes " se sont posés, comme celui du " sujet " de l'action, ou qu'il mette à l'épreuve les analyses de Strawson, Austin, Wittgenstein, Kripke - ou des philosophes classiques, délibérément convoqués à contre-emploi -, le sociologue, bien qu'il se défende de " faire le philosophe ", traite de manière tout à fait nouvelle d'un certain nombre de questions philosophiques essentielles. Et l'épure conceptuelle que dégage le commentaire rétrospectif fait apparaître sous un jour totalement nouveau l'une des oeuvres les plus importantes de notre temps.

  • Parvenue à un certain accomplissement, la science de l'homme se doit de livrer l'idée de l'homme qui est impliquée par sa démarche et par ses résultats.
    Dans cet ouvrage, Pierre Bourdieu met l'accent sur les traits de l'existence humaine que le regard scolastique ne peut qu'ignorer : force, coutume, automate, imagination, contingence, probabilité. Il débouche ainsi sur une anthropologie réaliste, placée sous le signe de Pascal, qui rompt avec la spontanéité que la vision savante ratifie beaucoup plus qu'elle ne le croit.

  • Le célibat est un des drames les plus cruels que la société paysanne ait connus au cours des dernières décennies.
    Il a contribué, plus qu'aucun autre facteur, l'émigration mise à part, au dépérissement et à la disparition des petites entreprises agricoles qui étaient au fondement de l'ordre rural d'autrefois. les trois articles rassemblés ici reviennent à trois reprises sur le même problème : comment expliquer le célibat des aînés dans une société connue pour son attachement exceptionnel au droit d'aînesse ? ils offrent la possibilité de suivre, étape par étape, le développement d'une recherche.
    Le dernier, qui présente le modèle explicatif le plus général, permet de comprendre ce qui se livrait et se dissimulait à la fois dans la scène initiale : le petit bal que j'avais observé était une réalisation concrète du marché des biens symboliques qui, en s'unifiant à l'échelle nationale, a voué les paysans, leurs manières, leur tenue vestimentaire et leur corps même à une brusque dévaluation.

  • Comment s'opère une révolution symbolique et comment réussit-elle à s'imposer ? À travers le cas exemplaire d'Édouard Manet, c'est à cette question que Pierre Bourdieu a consacré les deux avant-dernières années de son cours au Collège de France.

    Située en pleine crise de l'Académie, à un moment où la croissance du nombre des peintres remettait en cause la tutelle de l'État sur la définition de la valeur artistique, la rupture inaugurée par Manet a abouti à un bouleversement de l'ordre esthétique. En abordant la genèse des tableaux de Manet comme une série de défis lancés à l'académisme conservateur des peintres pompiers, au populisme des réalistes, à l'éclectisme commercial de la peinture de genre et même aux « impressionnistes », Bourdieu montre qu'une telle révolution est indissociable des conditions d'émergence des champs de production culturelle.

    Cours au Collège de France (1998-2000) suivis d'un manuscrit inachevé de Pierre et Marie-Claire Bourdieu.

  • Donner à (re) lire à presque trente ans de distance l'esquisse d'une théorie de la pratique n'a pas pour but essentiel de rendre disponibles des textes devenus introuvables d'un auteur connu.
    Plus profondément, il s'agit de pénétrer avec un regard neuf dans la forge de l'ethnologue et du sociologue, dans cet atelier, inscrit à jamais dans l'histoire de la décolonisation algérienne, où se sont élaborés les concepts majeurs d'une théorie du monde social qui tente toujours aujourd'hui de briser les fausses alternatives qui empêchent les sciences de l'homme de remplir leur tâche de connaissance et d'émancipation.

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