• Henri iv

    Paul Mironneau

    Henri IV, ce prince amoureux et vaillant continue d'attirer la sympathie.
    Non content d'inspirer la littérature et les arts (nous lui devons des monuments comme la statue du Pont-Neuf, à la pointe de l'île de la Cité, ou la Henriade de Voltaire), il parle à l'imagination populaire et lui représente des images hautes en couleur. Le personnage historique, lui, naît au château de Pau en 1553, et meurt en plein Paris en 1610, assassiné. S'il passe au martyrologe des grandes propagandes, les historiens sont plus partagés.
    Le mari gascon de la reine Margot, le rusé roi de Navarre a dû conquérir le trône reçu en héritage en 1589. Il triomphe avec panache en 1590 à Ivry, reçoit l'onction du sacre, entre joyeusement dans Paris en 1594, et noue, par ses secondes noces, une alliance utile avec les Médicis, se faisant le fondateur d'une royauté revivifiée. Converti au catholicisme en 1593, puis rentré en grâce auprès du Saint-Siège, il n'accorde aux protestants qu'une tolérance partielle, l'édit de Nantes (1598), pourtant mal accepté par une grande partie de ses sujets...
    Les paradoxes de cette figure n'ont pas épuisé la curiosité des générations, à tort ou à raison, la mémoire collective porte à son crédit un souffle de tolérance et d'humanité, et ces valeurs plus actuelles que jamais méritent bien un détour du côté du Vert Galant et de la France de son temps.

  • À l'origine de cet ouvrage, une simple constatation : Henri IV a inspiré les chansonniers, au point de devenir leur modèle : le « roi troubadour » comme le proclamait le chevalier de Piis en 1791. C'est donc autour de cette rencontre singulière entre un genre protéiforme et un souverain passé à la légende que s'ordonnent les 132 textes de chansons retenus, annotés et commentés. Partant des années de la conquête du trône par le Béarnais et courant jusqu'aux derniers feux de la chanson d'auteur dans l'Entre-deux-guerres, cette poésie inégale et modeste parcourt tous les genres - ou presque tous - complainte, éloge, chansons à rire, à boire, à aimer ou à combattre : les traditions s'entrecroisent, en français, en gascon. et parfois en argot.

  • «Gouverner, c'est faire croire», disait Machiavel. Art et pouvoir sont intimement liés, et leur complicité marque de son empreinte toutes les époques. Gouverner, c'est se mettre en scène pour asseoir son autorité, sa légitimité et son prestige. C'est aussi fabriquer des images pour nourrir sa propre légende. L'art, au service des commanditaires mécènes, se fait alors instrument de propagande. Mais il peut également se faire contestataire et bousculer l'ordre établi.

    Fidèle à sa vocation, la troisième saison de la Petite Galerie, espace dédié à l'éducation artistique et culturelle, invite le «visiteur-spectateur» à découvrir le répertoire très codifié du Théâtre du pouvoir de l'Antiquité à nos jours.

    Les oeuvres des collections du musée du Louvre et du Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, du Musée national du château de Pau et du Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, illustrent ici l'évolution des codes de représentation du pouvoir politique.

    L'historien Patrick Boucheron nous ouvre dans cet ouvrage les coulisses de la représentation qui voit se succéder les grands acteurs de l'Histoire: César, Louis XIV, Henri IV, Napoléon...

    Des parcours dans les collections permanentes du musée du Louvre, à la rencontre des figures du pouvoir dans l'Orient ancien, le monde égyptien, l'Empire romain, en terres d'Islam ou dans la France du 17e siècle, prolongent la réflexion.

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