Grasset Et Fasquelle

  • En cette maison de jade, le drame et les protagonistes sont aussi authentiques qu'ils sont imaginaires. Summum du roman-vérité qui met en scène la tragédie de la passion : par fol amour, une femme abandonne sa carrière d'écrivain, rompt avec son passé, ses habitudes, pour se faire la Pygmalionne - l'esclave ? - d'un homme sensiblement plus jeune qu'elle et traversant une mauvaise passe. A ces amants épris de leurs corps autant que de leurs coeurs la vie semble neuve et, si quelques épreuves le ponctuent, le bonheur paraît absolu, sans ombre ni tache. Un jour, pourtant, le jeune homme, remis en selle par cette cure d'amour, délaisse sa maîtresse pour une autre. Une héritière jeune et féconde, elle. Du désespoir et du suicide renaîtra une femme libre, déculpabilisée de son âge, de sa stérilité, de ses peurs. Une femme qui comprend qu'on ne "fait" pas un homme, si fragile soit-il. Une femme, enfin, qui redécouvre les joies de ses vies antérieures.

  • Ces vingt et un entretiens sont sans équivalent dans l'histoire littéraire. Leur auteur, Madeleine Chapsal, écrivain, critique littéraire à l'Express de 1953 à 1979, a été la seule à interviewer Bataille ou Tristan Tzara, la première à revoir Céline de retour d'exil, la dernière à entendre Malraux avant sa mort. Ces textes étaient devenus introuvables. En les regroupant, Madeleine Chapsal livre un témoignage essentiel sur ces "monstres sacrés", pour la plupart aujourd'hui disparus. Très proche de plusieurs d'entre eux, vivant au coeur du monde littéraire, elle trace d'eux vingt et un portraits intimistes et inédits qui sont une révélation.

  • « Vous venez de la rencontrer et déjà elle vous fait peur. Qu'est-ce que l'amour d'une femme ? Cela commence par quelques « oui ». Sages, certes, mais répartis avec tant d'art, juste aux points clés. Oui on peut venir déjeuner, s'inviter à dîner. Téléphoner tard dans la nuit. Oui on peut embrasser, le soir quand on se quitte, un peu trop près des lèvres. Oui pour le livre emprunté. Oui aussi pour l'erreur, l'oubli, ou la familiarité subite. Encore oui. Vous voilà grisé. Flatté. De tous côtés cela cède. Éclate. Se dévêt. Vous vous dites qu'un champ magnifique vient de s'ouvrir à votre désir. Au plaisir, au jeu, et - pourquoi pas ? - à la guerre. La guerre amoureuse pour laquelle vous vous sentez superbement armé. Reste un point, qui ne se révèle pas tout de suite : ce beau royaume n'a pas de limites. Ni d'issue. Les oui succèdent aux oui jusqu'à l'infini. D'autant qu'elle exige aussi les vôtres. Vous voilà nageant dans cette mer d'acceptation vers un horizon qui se dérobe. Un jour, c'est certain, ce sera la noyade. Déjà vous suffoquez. C'est ce qu'elle appelle - cet égarement - s'aimer pour toujours. Ou la passion. » M.C.

  • Que peut faire Isabelle, cette femme qui ne veut pas être trompée ? Qui ne supporte pas d'être humiliée par Pierre, l'homme qu'elle aime ? Que peut faire Pierre, cet homme infidèle qui multiplie les aventures pour se chercher lui-même ? Qui a aussi besoin d'en parler avec Isabelle, la femme qui est auprès de lui ?
    Roman de l'amour-passion menacé par la liberté des moeurs - la passion de nos jours est peut-être une survivance écologique en danger de ne plus exister - mais aussi roman du féminisme. D'étreintes en ruptures, de retrouvailles en confidences, de désespoir en révolte, quelque chose change entre les deux amants. A moins que ça ne soit quelqu'un : Isabelle. Un homme infidèle, c'est le roman de la guerre de l'amour. Ecrit par une femme, Madeleine Chapsal, il défend superbement la cause des femmes. Mais d'une façon qui étonne : la cause des hommes n'y est pas oubliée. Ils sont entendus avec tendresse. Peut-être compris.

  • Germaine m'avait dit : "Lâche les choses, garde les mots." Pour elle, pour moi, j'ai écrit Douleur d'août. Dans la douceur de l'amour que la mort n'atteint pas. Ma très chère amie analyste (Germaine dans la Maison de Jade) vit ses derniers jours. De son côté, mon bon compagnon le chien approche de sa fin. Le soleil a beau briller sur la Charente, je le vois cerné d'une brume sinistre. Pourtant les roses continuent de s'épanouir et mes promenades avec mon père ont la lumière de l'été en Saintonge.A Paris, Nadine Trintignant achève dans la fièvre le montage de son film tiré de la Maison de Jade. Quel choc j'ai ressenti, fin juillet, à découvrir sur l'écran mon grand amour devenu celui d'une autre ! La Star et son jeune partenaire ont pris notre place, à Bernard et à moi ! Je me sens comme dépossédée. Cette année, août est terrible ! M.C.

  • Une voix d'abord égarée, sans aveux ni témoins, sans objets ni auditeurs. Une musique douce et triste, et comme absente d'elle-même. C'est une femme, une très jeune femme qui nous conte un exil, une mort innombrable, faite de toutes ces petites morts qui sont la trame d'une vie... Et puis c'est une autre femme, la même dix ans plus tard, qui, d'une détresse sans âge, se fait une mémoire. Ouvrant le "placard de l'enfance", elle en retrace le cours, l'aligne en une histoire, son histoire soudain. Elle, l'exilée, sans nom et sans visage, qui, tandis que le sens filtre à travers les signes qu'elle trace commence de se reconnaître... Quinze ans encore, et c'est "six jours d'absence". Le ton change, la voix s'affirme et le miracle se produit. Ainsi qu'au terme d'une analyse, revient la pièce qui manquait au puzzle de la vie. Au carrefour de l'écriture, apparaît le nom d'un père qui n'était rien, en fait, que l'autre nom de l'Exil. Et comme la lumière de midi écrase toute pénombre, le travail d'un livre dissipe une si haute solitude... Ce livre singulier, écrit et voulu sur vingt-cinq ans, découpé en trois épisodes qui sont autant de témoins d'une quête et d'une odyssée, est peut-être le premier récit d'une "libération par l'écriture".

empty