Langue française

  • L'herbe tendre

    Georges Piroue

    Dans un gros oeuf transparent fait pour amuser les grandes personnes lors d'une vente de charité, un petit garçon, une petite fille, sont sur le point d'avoir une histoire... C'est alors que passent les gens... les voyeurs...
    Ainsi pourrait se résumer l'une des nouvelles de Georges Piroué. Ainsi va la vie, précairement née de la fulgurance, amorcée par hasard, générée par miracle, et qui risque presque toujours de mal tourner ou de s'éteindre si l'humour et la poésie sont "étouffés dans l'oeuf".
    Dans nos précédentes livraisons de textes courts à l'Atelier Julliard, nous n'avions pas encore fait place à ce courant de l'inspiration créatrice qui souffle délicatement sur les braises du souvenir nostalgique, attise l'infiniment fragile, le hausse au rang d'une richesse supplémentaire et pourrait bien s'appeler le droit à la rêverie. En faisant entendre la voix de Georges Piroué, qui chante sa vérité par le biais de nouvelles très brèves, communicantes, structurées, nous comblons cette lacune.
    La manière de Georges Piroué ? Celle des préludes de Bach. A la recherche d'une origine, des mystères de l'enfance, de la fragilité du commencement des choses, le poète pique en virtuose le surfil d'une gamme entrecoupée d'une autre gamme presque identique où un simple bémol suffit à créer l'accidentel. La variation... Une nouvelle histoire.

empty